Caliban (Shakespeare)

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Caliban
Personnage de fiction apparaissant dans
La Tempête.

Caliban, par William Hogarth
Caliban, par William Hogarth

Sexe Masculin
Activité Esclave
Famille Sycorax (mère)

Créé par William Shakespeare
Pièces La Tempête

Caliban est un personnage de fiction de la pièce de théâtre La Tempête de William Shakespeare. Il s'agit d'un personnage monstrueux et vil, esclave du mage Prospero et fils de la sorcière Sycorax.

Origine et inspiration[modifier | modifier le code]

Dans son livre Les Tsiganes, Jules Bloch indique que Shakespeare aurait utilisé le mot Rrom "kaliben" signifiant « noirceur, ténèbres »[1]. Les Roms ont commencé à immigrer en Angleterre un siècle avant que Shakespeare écrive The Tempest. Cette étymologie rrom, kaliban ou cauliban, avait déjà été émise comme hypothèse par Kluyber en 1895[2],[3],[4] et reprise au XXe siècle par des spécialistes reconnus de l'œuvre de Shakespeare comme Chambers (1930) et les Vaughan (1993)[5],[6].

Toutefois une autre hypothèse suppose que son nom serait une anagramme de « canibal ». Il aurait été inspiré par la lecture d'un chapitre des Essais de Montaigne, Des cannibales (essai XXXI, livre I)[7], repris en partie dans la pièce.

Interprétation[modifier | modifier le code]

Dans un cadre de critique de la colonisation, Caliban a été désigné comme symbole de l'indigène opprimé. C'est le cas en particulier dans la pièce Une tempête d'Aimé Césaire.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le poète et auteur dramatique français Émile Bergerat utilisa le nom de Caliban (ainsi que celui d'Ariel, autre personnage de La Tempête), comme nom de plume - qu'il inclut également dans plusieurs titres de ses œuvres.

Le nom de Caliban, en référence au personnage de cette pièce, a été donné à :

  • une lune d'Uranus, découverte en 1997 (les différentes lunes de la planète se rapportant toutes à des personnages de Shakespeare et d'Alexander Pope).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jules Bloch, Les Tsiganes, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1953
  2. (en) Albert Kluyber, « Kalis and Calibon », dans A. E. H. Swain (trad.), Englich studien, vol. XXI, , p. 326–328.
  3. (en) John Holland, A Hystorical Survey of the Gypsies, Londres, , p. 148 (édition à compte d'auteur)
  4. (en) B. C. Smart (dir.) et H. T. Crofton (dir.), The Dialect of the English Gypsies, Londres, , 2e éd., p. 92.
  5. « Caliban appears to be derived from the Gipsy cauliban, 'blackness' » ((en) K. E. Chambers, William Shakespeare: A Study of Facts and Problems, vol. 1, Oxford, Clarendon Press, (lire en ligne [PDF]), p. 494
  6. (en) Alden T. Vaughan et Virginia Mason Vaughan, Shakespeare's Caliban: A Cultural History, Cambridge University Press, , p. 33-34
  7. Éric Aeschimann, Antoine Compagnon et Pierre Manent, « Un printemps avec Montaigne », Le Nouvel Observateur, no 2580,‎ , p. 120.

Articles connexes[modifier | modifier le code]