Cabrera (îles Baléares)

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Cabrera
Image illustrative de l’article Cabrera (îles Baléares)
Géographie
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Localisation Mer Méditerranée
Coordonnées 39° 09′ N, 2° 57′ E
Superficie 11,15 km2
Point culminant Na Picamosques (172 m)
Administration
Communauté autonome Drapeau des îles Baléares Îles Baléares
Île Drapeau de Majorque Majorque
Commune Palma
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations

Géolocalisation sur la carte : Îles Baléares

(Voir situation sur carte : Îles Baléares)
Cabrera
Cabrera

Géolocalisation sur la carte : Espagne

(Voir situation sur carte : Espagne)
Cabrera
Cabrera
Le port de Cabrera.

Cabrera est une île de l'archipel espagnol des Baléares. Elle se situe au sud de Majorque dont elle dépend administrativement, faisant partie de la commune de Palma. Elle constitue un parc terrestre et maritime protégé depuis 1991.

Géographie[modifier | modifier le code]

Cabrera est la plus grande île d'un petit archipel, éponyme, composé de dix-neuf îles ou îlots. Celui-ci fait lui-même partie de l'archipel des Baléares. Cabrera et Conils sont les deux plus grandes îles de cet ensemble, situé au sud-est de Majorque, à onze kilomètres de la côte de Colonia de Sant Jordi, par exemple.

Cabrera fait archipel avec les îles et îlots de: Na Foradada, Na Pobra, Illot Pla, Na Plana, L'Esponja, Illa dels Conils, Na Redona, Illa de ses Bledes, Cabrera elle-même (la plus grande île), L'Imperial et les Estells de Fora (cités du Nord au Sud).

Le parc national de Cabrera totalise 10.021 hectares[1] dont 1.318 hectares terrestres.

L'île est apparue il y a trente cinq millions d'années, à l'oligocène[2]. Son point culminant se trouve à 172 mètres au dessus du niveau de la mer ; les fonds marins plongent à 118 mètres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Durant l'antiquité, Cabrera est utilisée par les Phéniciens, par les Carthaginois ainsi que par les Romains. Les épaves romaines, fracassées contre les roches abondantes, y sont fréquentes[3].

Au Moyen-Âge s'y trouve un monastère[4], dont les ruines subsistent au Clot des Guix.

L'île sert ensuite de base à des pirates qui ravagent la méditerranée. L'édification du fort, à la fin du XIVe siècle, participe au système de défense de Majorque contre les pirates, venant essentiellement de leurs bases algériennes.

Monument d'hommage aux soldats français prisonniers à Cabrera

En 1809, Cabrera fut utilisée comme camp d'internement (ou de concentration)[5] pour les prisonniers français durant la Guerre d'Espagne ou Guerre d'indépendance espagnole.

Avec une nourriture insuffisante, sans soin, seuls 3.600 hommes (sur environ 9.000 emprisonnés)[6] survécurent à ce qui est considéré par certains historiens[Lesquels ?] comme l'un des premiers camp de concentration connu de l'histoire[réf. nécessaire][7],[8],[9].

Ainsi que le relatent les mémoires du général Baron de Marbot, après la capitulation de Baylen le 18 juillet 1808, les 25 000 hommes de l'armée du général Dupont furent d'abord entassés sur des pontons stationnés dans la rade de Cadix ; mais une fièvre épidémique fit de tels ravages parmi eux que les autorités espagnoles, craignant que Cadix n'en fût infesté, reléguèrent les survivants dans l'île déserte de Cabrera, qui ne possédait ni eau ni maison.

Chargé de rapatrier les survivants, l'enseigne de vaisseau Louis Pujol a laissé un témoignage poignant des conditions de séjour dramatiques qu'il y découvrit[10].

Le phare de n'Ensiola est construit en 1870. Il est complété par celui de l'îlot voisin, le Phare de Na Foradada en 1926.

Article détaillé : Phare de Na Foradada.

En 1916, des sous-marins allemands y relâchent, ravitaillés par les sociétés de Juan March[11] causant de dures pertes aux alliés en méditerranée[12]. Le propriétaire privé est exproprié : l'île devient intégralement militaire.

En 1936, un hydravion républicain, avarié, est capturé par l'armée nationaliste. Cabrera sert de base aux protagonistes de la guerre civile. Près de quatre cents miliciens anarchistes y débarquent le 13 août 1936, en vue du débarquement républicain à Majorque, du 16 août. Les sous-marins B-3 et B-4[13], venant initialement de leur base de Mahon participent, avec les forces aériennes italiennes, à mettre en échec le débarquement républicain de Porto Cristo[14] du 16 août 1936[15], puis accostent à Cabrera, le 1er septembre.

Le 1er avril 1944, un Dornier Do 217 de la Luftwaffe, venant d'Istres s'accidente en mer après une panne mécanique. L'un des membres d'équipage est enterré au cimetière de Cabrera[16].

L'île est utilisée comme camp de manoeuvres militaires jusqu'en 1986.

Le 29 avril 1991, l'archipel de Cabrera est déclaré parc naturel, terrestre et maritime : il devient une zone naturelle protégée[17], tout en conservant, pour partie, un statut de terrain militaire.

Parc national, zone naturelle protégée[modifier | modifier le code]

L'archipel est protégé au titre de parc national de l'archipel de Cabrera. D'une surface de 100 km2 (dont 13 km2 de terre), il comprend un musée, un château du XIVe siècle et un office de tourisme.

La randonnée et la plongée y sont autorisées.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.mapama.gob.es/es/red-parques-nacionales/nuestros-parques/cabrera/ficha-tecnica/default.aspx
  2. https://www.mapama.gob.es/es/red-parques-nacionales/nuestros-parques/cabrera/valores-naturales/isla.aspx
  3. https://sciencepost.fr/2017/02/decouverte-de-lepave-dun-navire-romain-a-sombre-y-a-1-800-ans-aux-baleares/
  4. https://www.monestirs.cat/monst/annex/espa/balear/ccabrera.htm
  5. http://www.illesbalears.es/fra/ilesbalears/nature2.jsp?SEC=NAT&id=00000144&lang=0003
  6. https://www.mapama.gob.es/es/red-parques-nacionales/nuestros-parques/cabrera/historia/default.aspx
  7. http://napoleon-histoire.com/drame-de-cabrerale-drame-de-cabrera-le-consulat-et-le-premier-empire/
  8. https://viagallica.com/baleares/ile_cabrera.htm
  9. https://criminocorpus.hypotheses.org/13553
  10. Enseigne de vaisseau Louis Pujol : « Le rapatriement des prisonniers de Cabrera (1814) », Revue rétrospective, premier semestre 1890, p.357-360 (site Gallica)
  11. https://elpais.com/cultura/2014/07/15/actualidad/1405454284_194441.html
  12. https://ultimahora.es/noticias/local/2016/09/04/218266/1916-verano-dramatico-mar-balear.html
  13. http://www.fideus.com/bayo%20deseado.htm
  14. http://www.duboysfresney.fr/index.php?page=docu6032
  15. http://ibdigital.uib.cat/greenstone/collect/premsaForanaMallorca/index/assoc/Perlas_y/_Cuevas_/1986_mes/08_n0656.dir/Perlas_y_Cuevas_1986_mes08_n0656.pdf
  16. http://incidentessgm.blogspot.com/2013/11/dornier-do-217.html
  17. https://www.mapama.gob.es/es/red-parques-nacionales/nuestros-parques/cabrera/guia-cabrera_tcm30-63011.pdf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]