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Cabotin

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Le cabotinage est à l'origine une manière de jouer héritée du théâtre de foire et des amuseurs publics du Moyen Âge, utilisée tout au long de l'histoire du théâtre. Le terme de cabotin, ou cabot, peut aussi désigner de manière péjorative un comédien qui s'appuie sur des effets pour attirer sur lui l'attention du public.

Le cabotinage est un jeu hérité du théâtre de foire, fondé d'avantage sur le geste et la mimique que sur l'usage réthorique de la parole. C'est un style de jeu physique et expressif basé sur l'improvisation bouffonne, dans lequel le comédien n'a pas de texte, ou le modifie avec des effets de rupture, de reprise et de variation[1].

Un cabotin est aussi, de manière péjorative, un acteur qui en fait trop, qui surcharge son jeu pour attirer l'attention. Il se met lui-même en valeur plus qu'il ne sert son rôle, et s'appuie sur des effets visant à lui attirer la reconnaissance du public[2],[3]. Le cabotinage consiste parfois à reprendre les modèles spectaculaires véhiculés par les médias, et plait généralement au public, y compris dans ses manifestations les plus voyantes[3].

Selon le metteur en scène Jacques Copeau, le cabotinage ne se limite pas à la parole de l'acteur. Il décrit par exemple un « cabotin du muscle », qui ne pense qu'à impressionner par l'exhibition de sa force physique, ou des cabotins de la mise en scène, metteurs en scène ne pensant qu'à impressionner le spectateurs par des effets scéniques[4].

Historiquement, on a souvent désigné par ce terme de mauvais comédiens jouant dans des théâtres ambulants[2].

Le cabotinage est rattaché au théâtre de foire et à la manière de jouer des amuseurs publics (jongleries, parades, cortèges, prologues, etc.). Selon Vsevolod Meyerhold, metteur en scène et théoricien du théâtre, le cabotinage était fréquemment utilisé au Moyen Âge dans le théâtre des mystères. Depuis la fin du Moyen Âge, il est utilisé par les formes de théâtralités anti-littéraires : farce, pantomime, cabaret, commedia dell’arte... Au XXe siècle, il est utilisé par une partie du théâtre militant, notamment pour l'agitation et la propagande[1].

Références

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  1. a et b Julien Vella, « Dialectiques du cabotinage », Théâtre/Public, no 248,‎ , p. 94-100 (lire en ligne)
  2. a et b Jean-Marie Piemme, « CABOTIN », dans Michel Corvin, Dictionnaire encyclopédique du théâtre à travers le monde, Bordas, (ISBN 9782842608019), p. 242
  3. a et b « La capacité de jeu », dans Jean-Pierre Ryngaert, Jouer, représenter : Pratiques dramatiques et formation, Armand Collin, , 152 p. (lire en ligne), p. 25
  4. Patrice Pavis, « Cabotin du muscle », dans Dictionnaire du théâtre, Armand Collin, , 620 p. (lire en ligne), p. 42