Cabinet noir

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant l’histoire de France
Cet article est une ébauche concernant l’histoire de France.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (février 2009).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » (modifier l'article, comment ajouter mes sources ?).

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ou cette section adopte un point de vue régional ou culturel particulier et nécessite une internationalisation. (indiquez la date de pose grâce au paramètre date)

Merci de l'améliorer ou d'en discuter sur sa page de discussion ! Vous pouvez préciser les sections à internationaliser en utilisant {{section à internationaliser}}.

Caricature de 1815 dénonçant le Cabinet noir, Bodleian Libraries.

L'expression « cabinet noir » désignait un service de renseignement, chargé de l'inquisition postale et de cryptographie. De tels services œuvraient dans la plupart des pays européens, dès l'établissement des services postaux.

Définition[modifier | modifier le code]

Le cabinet noir interceptait pour le compte des gouvernants de nombreuses correspondances, afin de repérer et censurer les opposants politiques, et s'informer des courriers diplomatiques ou militaires. Cette pratique, en vigueur dès l'ouverture de la poste au public, a été l'une des motivations de l'institution du monopole postal, présenté publiquement comme un moyen de protéger les usagers.

En 1841, l'ancien précepteur de Louis-Napoléon Bonaparte porte sur le cabinet noir le jugement moral suivant[1]:

« Le nom de cet établissement, qui à lui seul est une flétrissure pour les gouvernements qui en ont fait usage, désigne le bureau secret entretenu dans des temps de funeste mémoire à l'intendance générale des postes, et dont l'infâme spécialité consistait à amollir les cachets et à violer le secret des correspondances privées. Les serviteurs de la monarchie se firent longtemps un jeu de ce crime, qu'ils exploitèrent largement pour perdre de bons citoyens, complaire au roi et à ses maîtresses et grossir le nombre des victimes de la Bastille. Cette inquisition de la police ne tomba qu'avec la royauté, et l'on eût dû croire qu'elle n'avait pas survécu aux honteux abus dont la révolution nous a débarrassés. Malheureusement, il n'est que trop prouvé qu'il faut compter le cabinet noir au nombre des attentats commis par l'empire et la restauration contre la liberté des citoyens. Nous nous plaisons à croire que cette scandaleuse institution sera laissée désormais aux monarchies absolues. »

— Philippe Le Bas, Dictionnaire encyclopédique de la France

Les dénonciations répétées de ces pratiques ont eu un grand retentissement public au cours du XIXe siècle, à mesure qu'elles étaient dévoilées après la chute des gouvernements impliqués. L'expression « cabinet noir » est alors devenue très courante.

Elle peut prendre un sens plus large, en particulier pour désigner des services plus ou moins secrets chargés de déchiffrer les messages codés. En effet, les courriers diplomatiques étaient généralement codés et l'art du décryptage était aussi indispensable que celui du décachetage. Ainsi, entre 1736 et 1750, « plusieurs milliers de lettres et de dépêches ministérielles ont été manipulées, c'est-à-dire, décachetées, lues, copiées, déchiffrées, et ensuite adroitement recachetées et expédiées pour leur destination » par un cabinet secret de l'Électorat de Saxe[2].

Elle peut également désigner des cellules politiques occultes, sans qu'elles soient nécessairement chargées d'espionner le courrier. Elle a par exemple été appliquée au comité royaliste responsable de l'insurrection du 2 au 4 septembre 1856 dans le Canton suisse de Neuchâtel[3].

Elle figure parfois en français dans des textes en langue étrangère[4],[5], y compris pour qualifier des institutions officielles comme le Government Code and Cypher School (GC&CS)[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

En France, ce service prit de l'importance sous Richelieu, et fut nommé officiellement Cabinet du secret des Postes (Louis XV). Il demeura actif sous la Révolution, le Premier Empire, la Restauration, la Monarchie de Juillet et le Second Empire.

Les origines de la poste royale et du non-respect du secret des correspondances[modifier | modifier le code]

Si des officines équivalentes au cabinet noir ont sévi pendant des siècles dans la plupart des États européens, le présent article se limite principalement aux faits à propos desquels l'expression française a été employée explicitement par certains auteurs.

En France, le véritable fondateur des postes semble avoir été Louis XI. Dans l'Édit sur les Postes du 19 juin 1464, il est stipulé que les postes sont créées uniquement pour le service du Roi et de son gouvernement (article 1), mais le pape et les princes étrangers des nations amies peuvent en bénéficier moyennant finances, et en s'engageant à en respecter les règles (art. 10). Il instaure en particulier un contrôle aux frontières empêchant la libre circulation du courrier international (art. 11), et précise que les agents du service postal doivent prendre connaissance de toutes les correspondances, en s'assurant qu'elles ne contiennent rien qui soit contraire au service du Roi (art. 13-17)[7]. La censure ne s'embarrassait donc pas encore de la contrainte d'agir secrètement, même si Maxime Du Camp y voit déjà l'origine du cabinet noir[8].

La delación secreta en la República de Venecia. Ce tableau de Ricardo María Navarrete y Fos (musée d'Almeria) représente probablement le doge Francesco Foscari lisant une lettre de dénonciation. A Venise vers 1450, personne n'était à l'abris de la violation du secret des correspondances, pas même le fils du doge qui en fit la cruelle expérience.

En 1454, les statuts de l'inquisition de la République de Venise comportait des directives organisant le contrôle systématique des correspondances, en particulier l'article 22: « Tous les deux mois le tribunal se fera apporter la boîte du courrier de Rome, et les lettres en seront ouvertes pour prendre connaissance des correspondances que les papalistes pourraient avoir avec cette cours »[9]. Selon Pierre Daru, « Les moindres nouvelles insérées dans une correspondance pouvaient être un grave délit. D'abord on le punissait de la peine du bannissement, ensuite on imagina de faire couper la main qui avait tracé la lettre »[9]. Le fils du doge Francesco Foscari fut lui-même condamné à l'exil à cause d'une lettre interceptée. A la même époque, Maximilien Ier du Saint-Empire a fait également usage de cette « inquisition épistolaire »[10] pour surveiller les princes germaniques. Au siècle suivant, Charles Quint s'en est servi contre Philippe Ier de Hesse pour le faire incarcérer, puis contre la ligue de Smalkalde. Selon Alfred Michiels, les « jésuites et les Espagnols » était alors devenus experts en «  l'art de surprendre, d'ouvrir et de recacheter les lettres  », et ils l'employaient sans restriction.

Il faut attendre l'édit de 1576 pour que la poste du roi de France soit mise officiellement à la disposition des particuliers, mais cet accès semble avoir été limité en pratique « au port des sacs et papiers de justice seulement »[11]. C'est Richelieu qui mit définitivement le service des postes à la disposition du public, et qui créa la « poste aux lettres »[7]. S'il est difficile d'établir avec certitude qui organisa le premier cabinet secret attaché à cette poste, Tallemant des Réaux relate dans ces Historiettes que Richelieu rémunérait grassement un certain Rossignol « qui n'était pas malhabile à déchiffrer ». Il permit notamment d'écourter de huit jours le siège d'Hesdin en juin 1639, « à cause d'une lettre en chiffre qu'on intercepta, par laquelle ceux du dedans demandaient secours. Rossignol la déchiffra et fit réponse en même chiffre, au nom du cardinal infant, qu'on ne les pouvaient secourir, et qu'ils traitassent »[12].

Dix ans plus tard, le viol du secret des correspondances semble avoir été couramment perpétré par le parti de la Fronde, comme en témoigne par exemple une lettre adressée par Colbert à Mazarin en août 1651[13]. Dans son introduction aux Lettres, instructions et mémoires de Colbert (p. LXXXV), Pierre Clément rapporte Colbert fut lui-même victime de telles pratiques, alors qu'il envoyait à Mazarin un mémoire destiné à nuire à la réputation du surintendant Fouquet (voir La disgrâce de Fouquet dans l'article consacré à Colbert): ce mémoire « arrêté par le surintendant Nouveau, créature et pensionnaire de Fouquet, était envoyé en copie à celui-ci par le courrier même qui portait l'original».

Établissement du « cabinet du secret des postes »[8][modifier | modifier le code]

Le cabinet noir s'est manifesté depuis l’ouverture des postes royales aux particuliers et l’institution du monopole[réf. souhaitée]. Le véritable mobile de cette ouverture au public semble même avoir été, à l'origine, de placer la circulation des correspondances sous le contrôle royal, car elle a permis de mettre fin aux diverses postes particulières des grands seigneurs, des prélats et des universités.

Les agents des postes royales pouvaient ainsi lire ces lettres et en transmettre alors au gouvernement les extraits les plus compromettants. Ceux-ci étaient alors examinés par le monarque en son « cabinet noir »[réf. souhaitée], ce qui fut à l’origine de nombreuses disgrâces et condamnations.

Le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle nous apprend que « c'est sous Louis XIV que fut créé le cabinet noir, par un ministre complaisant, qui ne se fit aucun scrupule de violer le secret des lettres pour instruire son maître des motifs qui faisaient correspondre entre elles certaines personnes. Dans ce but, il n'avait trouvé rien de plus simple que de charger des employés spéciaux du soin de décacheter les lettres des particuliers, de prendre connaissance du contenu et de faire un extrait qu'on mettait sous les yeux du roi de France et de Navarre »[14]. Le duc de Saint-Simon et Madame de Maintenon en ont laissé des témoignages[7]. Le « ministre complaisant » est certainement Colbert qui, le 12 juillet 1682 par exemple, écrit à un intendant de police afin qu'il appréhende des individus suspects. L'identité de ces personnes, impliquées dans un réseau de communications préjudiciables au roi, figurait dans « des lettres qui ont esté interceptées  »[15].

Une femme occupée à cacheter une lettre, gravure par Étienne Fessard (1714-1777) d'après Jean Siméon Chardin: une garantie de confidentialité bien insuffisante selon Madame de Sévigné.

Cette pratique jugée contraire à la légitimité monarchique, et fustigée, entre autres, par la marquise de Sévigné[16], était très impopulaire et soulevait l’hostilité de toutes les classes de la population[réf. souhaitée].

Selon Pierre Larousse, ce n'est que sous la Régence (1715-1723) qu'elle fut régulièrement établie par l'abbé Dubois[14]. Ce conseiller du Régent l'utilisa pour déjouer la Conspiration de Cellamare. Le 16 juillet 1718, il écrit à l’abbé de Targny, supérieur hiérarchique de Jean Buvat : « Le prince de Cellamare a envoyé ici un mémoire que je n’ai qu’entrevu, mais dans lequel j’ai reconnu au premier coup d’œil l’écriture de votre écrivain de la Bibliothèque du roi [Buvat]. Il n’est point blâmable d’avoir fait cette écriture, mais il pourrait être important de savoir qui lui a procuré la pratique de l’ambassade d’Espagne, et ensuite d’observer si on pourrait faire quelque usage de lui pour avoir des copies de ce qu’il écrit pour cet ambassadeur, ou du moins pour être averti de tout ce qu’il écrit, et en savoir le sujet et ce qu’il pourra en retenir. Si honnête garçon que soit votre écrivain, comme il s’agit du service de l’État, il ne doit pas faire scrupule de donner toutes les lumières qu’il pourra. Il manquerait tout au contraire au devoir de fidèle sujet du roi, s’il ne contribuait pas en tout ce qu’il pourra à ce qui peut être de son service »[17]. Buvat ne semble pas avoir été informé de ce courrier par Targny, mais il alla trouver Dubois pour dénoncer la conspiration à la fin de cette même année[18].

Le même article du Dictionnaire universel du XIXe siècle décrit précisément l'organisation du « cabinet du secret des postes » sous Louis XV. Il semble que ce comité ait été composé de 22 membres rémunérés secrètement sur des fonds détournés du ministère des affaires étrangères, mais ces détails n'ont été rendus publics qu'en 1829, et ils sont donc sujets à caution. Madame du Hausset, femme de chambre de Madame de Pompadour, rapporte qu'elle a entendu dire que le ministre Choiseul se plaisait à divertir ses amis avec les intrigues amoureuses révélées par des lettres décachetées[19], mais peut-être s'agit-il de médisances sans fondement.

Depuis le le XVIe siècle, le secret des postes au service de la dynastie des Habsbourg n'a cessé de se perfectionner sous la direction de la maison de Thurn und Taxis, grâce à un réseau de « loges épistolaires » réparties sur L'ensemble territoire germanique[10]. Les princes allemands n'ont pas tardé à réagir en créant leur propres loges, mais Alfred Michiels considère que la maison d'Autriche gardait « une supériorité incontestable » en la matière. Au XVIIIe siècle, la multiplicité de ces loges épistolaires est confirmée par Voltaire, qui écrit: «On a prétendu qu’en Allemagne vos lettres, en passant par cinq ou six dominations différentes, étaient lues cinq ou six fois, et qu’à la fin le cachet était si rompu qu’on était obligé d’en remettre un autre»[20]. Le ministre Heinrich von Brühl a organisé à la cour de Saxe un cabinet noir particulièrement efficace, que Guillaume de Garden décrit en détail[2]. Ce dernier auteur dénonce la généralisation du procédé dans toutes les cours d'Europe, où il était pratiqué avec plus ou moins d'habileté, et parfois des erreurs dans la manipulation des cachets qui en trahissaient l'usage routinier, comme par exemple à Londres. Pour souligner le niveau de maîtrise atteint par le cabinet secret de Brühl, Garden raconte l'anecdote suivante: ayant reçu une dépêche dont le cachet était visiblement contrefait, un ambassadeur de Saxe s'est plaint auprès du ministre de la cour où il était en mission. « Il est vrai, répliqua le ministre, vous avez à Dresde de meilleurs graveurs que nous n'en avons ici ». Catherine II avait aussi un redoutable cabinet noir[21], comme tous les autres tsars et le régime soviétique, même si ce dernier commença par honnir cette pratique[22].

Premières tentatives pour instaurer le principe d'inviolabilité des correspondances pendant le règne de Louis XVI et au début de la Révolution française[modifier | modifier le code]

Dans ses Questions sur l'encyclopédie publiée en 1775, Voltaire déclare ironiquement qu'en France « jamais le ministère qui a eu le département des postes n’a ouvert les lettres d’aucun particulier, excepté quand il a eu besoin de savoir ce qu’elles contenaient »[20]. Mais l'état d'esprit était en train de changer avec l'avènement de Louis XVI. Le 17 août 1775, le conseil du roi produisit un arrêt condamnant fermement une interception de lettres privées, et annulant un verdict fondé sur cette correspondance, dont le contenu n'aurait jamais dû être porté à la connaissance du tribunal[7],[23]. On doit probablement cet arrêt à l'influence du ministre Turgot, nommé surintendant des Postes la même année[24]. Mais François Arago a écrit à son sujet[25]:

« Non, assurément, les honnêtes gens n'étaient pas bien dans un temps ou Turgot, ministre, mandait à notre confrère [ Condorcet ]: « vous avez grand tort de m'écrire par la poste; vous nuirez ainsi à vous et à vos amis. ne m'écrivez donc rien, je vous prie, que par des occasions ou par mes courriers. »

Le cabinet noir décachetant les lettres adressées à un ministre! En faut-il davantage pour caractériser une époque? »

— François Arago, Caritat de Condorcet

De fait, le successeur Turgot à la surintendance des postes, Claude-Jean Rigoley, semble avoir repris les méthodes du règne précédent[26]. Le 3 décembre 1780, il écrit à Jean-Charles-Pierre Lenoir, lieutenant général de police de Paris: « Je joins ici deux copies de lettres de la Douay que j'ay arresté. Je vous prie de les lire, et de me mander si vous voulés que je l'es laisse aller. En ce cas, elles partiroient demain. Avez-vous remply votre projet, afin que de mon côté je fasse arrester ces lettres s'il y en a »[27].

Cahier de doléances de l’ordre du Tiers–État du bailliage de Nemours pour les États–Généraux de 1789. Chapitre 15 «de la Poste aux Lettres»: remontrances dénonçant l’existence d’une « commission secrète connue de tous», siégeant à Paris et chargée d’intercepter et de surveiller la correspondance. Archives nationales de France.

En France en 1789, de nombreux cahiers de doléances des bailliages réclamèrent l'abolition du cabinet noir[7]. Cette revendication était si universellement partagée que, dans son rapport de synthèse du devant les États généraux, le comte de Clermont-Tonnerre avait mis l'inquisition postale sur le même plan que les lettres de cachet, en ces termes[28]:

« La Nation française s'élève avec indignation contre les lettres de cachet, qui disposaient arbitrairement des personnes, et contre la violation du secret de la poste, l'une des plus absurdes et des plus infâmes inventions du despotisme. »

Le 27 juin 1789, cette « invention » était toujours utilisée, comme le prouve une lettre envoyée par un abbé, et qui est parvenue à son destinataire avec un timbre apposé par les services postaux, alors qu'elle avait été incluse par l'abbé dans un courrier scellé et adressé à un autre correspondant[29]. La question du secret des lettres a été longtemps débattue par l'Assemblée nationale constituante, et il fallut attendre le 5 décembre 1789 pour voir le respect de ce secret stipulé dans un arrêté, puis confirmé par décret le 10 août 1790, tandis que « la dépense du travail secret » (300 000 livres par an) était supprimée[7].

Retour à la censure postale sous la première République française[modifier | modifier le code]

Même si la Convention girondine a maintenu officiellement le principe d'inviolabilité des correspondances, le décachetage des lettres était pratiqué à nouveau dès 1792. Dans une lettre datée du 10 août 1792, « Madame Jullien » (l'épouse de Marc-Antoine Jullien) fait le récit des événements de cette journée: « La Commune, qui s'est fait apporter toutes les lettres reçues aujourd'hui, les a décachetées, et en a, dit-on, trouvé trente-deux d'un général dévoué à la cour et au roi, qui feront trente-deux chefs d'accusation contre lui, en prouvant le coup monté du 10 août, célèbre désormais dans l'histoire de notre révolution »[30]. Peu après sa nomination au ministère de l’Intérieur en mars, Roland ordonnait l'ouverture systématique des lettres au passage des frontières, et un mémoire du directoire des postes daté du 8 janvier 1793 faisait état d'accusations d'ouverture de courrier à Paris et en province[7].

Le 9 mai 1793, la Convention vota un décret ordonnant l'ouverture systématique du courrier adressé aux Émigrés. Ces lettres étaient transmises au Comité de sûreté générale, qui les utilisaient pour faire arrêter les personnes soupçonnées d'« intelligences contre-révolutionnaires » [7]. Mais le contrôle de la correspondance concernait également le courrier destiné à des personnes restée en France, et ces lettres leur parvenaient « estampillées: Administration de surveillance, ou révolution du 31 mai »[31]. L'interception du courrier fut utilisée dans de nombreuses circonstances comme les noyades à Nantes[7], l'arrestation de Philippe Égalité[32], ou la guerre de Vendée[33].

Après l'épisode de la Terreur, la surveillance épistolaire semble avoir été limitée à nouveau au courrier international, avec un retour à un véritable cabinet noir dont les méthodes et l'organisation secrète ont été décrites en détail dans les registres des correspondances de l'administration postale[7]. Le 25 octobre 1795, à la veille de la passation de pouvoir au Directoire, une des dernières dispositions adoptées par la Convention fut de rappeler dans un article du nouveau code pénal l'interdiction de violer le secret des lettres, à l'exception des celles « venant des pays étrangers ou destinées pour ces mêmes pays »[7].

Le Directoire poursuivit cette surveillance des lettres étrangères[34], au nom de « la patrie en danger », pour lutter contre les conspirateurs « ci-devants », alors alliés aux ennemis de la France. Le 17 janvier 1796 un arrêté ordonnait l'interception de toutes les lettres en provenance ou à destinations des territoires occupés par les Chouans[7].

Le cabinet noir du Consulat et du 1er Empire[modifier | modifier le code]

Le général Montholon, compagnon de captivité de Napoléon Ier, rapporte les propos suivants, qui auraient été tenus par l'Empereur lors d'un dîner à Sainte-Hélène[35]:

« La violation du secret des lettres date, en France, du règne de Louis XIV; mais c'est sous Louis XV que fut établi le cabinet noir de l'administration des postes. Je n'ai rien changé à son organisation, j'ai seulement mis à la tête un homme d'une extrême probité; et je n'ai laissé aucun de mes ministres pénétrer ce mystère infernal. En résumé, c'est une mauvaise institution, qui fait plus de mal que de bien. Il arrive si souvent au souverain d'être de mauvaise humeur, fatigué, influencé par des causes étrangères à l'objet soumis à sa décision! et puis les Français sont si légers, si inconséquents dans leurs correspondances comme dans leurs paroles! J'employais le plus souvent le cabinet noir à connaître la correspondance intime de mes ministres, de mes chambellans, de mes grands officiers, de Berthier, de Duroc lui-même. Que de fois j'ai surpris le secret de leur dégoût des fatigues de la guerre, de leur mauvaise humeur, parce que je les éloignais des plaisirs de Paris pour leur service près de moi, ou pour l'intérêt de l'État! Tous étaient plus ou moins frondeurs, tous se fussent crus perdus s'ils avaient su que je connaissais la confidence de leur grognerie. Quelquefois, cependant, la violation du secret des lettres m'a été utile. » L'Empereur allait nous dire de curieux détails à ce sujet quand tout à coup... « Mais me voilà faisant de l'indiscrétion politique. Lisons Delphine. »

— Charles-Tristan de Montholon, Récits de la captivité de l'empereur Napoléon à Sainte-Hélène »

Dès le Consulat, Bonaparte a laissé de nombreuses lettres où il ordonne de surveiller le courrier privé. Claude Ambroise Régnier, tout à la fois « grand juge », ministre de la justice, et ministre de la police, est ainsi sommé de faire espionner la correspondance du duc d'Avaray[36]. Dans ses mémoires, Bourrienne révèle que « Monsieur Delaforest, directeur général des postes, travaillait quelquefois avec le premier consul; et l'on sait ce que cela veut dire, quand un directeur général des postes travaille avec le chef du gouvernement »[37]. Par exemple, il rapporte que « dans une de ces séances laborieuses  », Bonaparte lut une lettre où Kellermann exprimait sa « mauvaise humeur » à son encontre, avant de la recacheter pour la faire parvenir à son destinataire. Vers la même époque, Barbé-Marbois a « lu chaque matin, pendant trois ans, le portefeuille sortant du Cabinet noir ». Cependant, selon ce ministre, « sur 300 000 lettres environ qui partaient chaque soir de Paris pour la France et le monde, dix ou douze seulement étaient copiées et souvent par extraits de quelques lignes »[7].

A la fin du Consulat, Antoine Marie Chamans de Lavalette fut nommé directeur général des postes. Dans ses mémoires, il déclare avoir limogé les directeurs qui livraient des lettres à la police, et rompu toute communication avec le ministre Fouché[38]. Même s'il désapprouvait la violation du secret de la correspondance, il n'en continua pas moins à en user pour servir l'Empereur[39],[40]. Dans Histoire de ma Jeunesse, François Arago avoue avoir dû décacheter et étudier les lettres interceptées à bord d'un navire en provenance de Majorque, sur ordre de Dubois-Thainville. C'était en 1809, et Arago n'avait alors que 23 ans[41].

Espionnage épistolaire au Congrès de Vienne, pendant les Cent-Jours et sous la Restauration[modifier | modifier le code]

En Autriche, l'occupation française avait provisoirement interrompu l'activité des loges épistolaires, mais elle fut rétablie dès 1814[10]. Le Congrès de Vienne fut une occasion particulièrement propice au cabinet noir dirigé par le baron Franz von Hager[42].

Pendant les Cent-Jours, le ministre de l'Intérieur Carnot rappela aux préfets que l'inviolabilité du secret des lettres était inscrite dans les lois, et qu'ils devaient veiller à la faire respecter[7].

Caricature représentant Lavalette s'échappant de prison après avoir échangé ses vêtements avec ceux de sa femme (Bodleian Libraries). Ce directeur des postes, qui avait organisé le « cabinet noir » de Napoléon 1er, fut condamné à mort lors de la seconde Restauration de 1815. Il réussit à s'évader grâce à la complicité de trois Anglais... qui furent eux-mêmes condamnés à cause d'une lettre interceptée par le nouveau « cabinet noir » de Louis XVIII.

Lavalette, le directeur des postes de Napoléon, avait contribué activement au retour de l'Empereur au printemps 1815, et c'est probablement la principale cause de sa condamnation à mort lors de la seconde Restauration qui suivit les Cent-Jours[7],[38]. Après une évasion rocambolesque, il put s'enfuir hors de France grâce à la complicité de trois Anglais. Une lettre où l'un d'entre eux racontait ces événements fut interceptée par la police française, ce qui leur valut d'être condamnés. Le cabinet noir semble en effet avoir été rapidement réorganisé par le nouveau régime, qui instruisit plusieurs procès d'épuration sur la base de lettres interceptées, comme ce fut le cas pour le duc de Rovigo[43]. Dans une note sur la Correspondance inédite de Mme Campan avec la Reine Hortense, Jean Alexandre Buchon écrit qu'en 1816 « le cabinet noir existait alors dans toute sa rigueur; toutes les lettres étaient lues, copiées, commentées, et pouvaient donner matière à des accusations graves fondées sur les interprétations les plus frivoles »[44].

En 1815, le ministre de l'intérieur Vaublanc nomma Jules Anglès en tant que préfet de police à Paris, et il semble que le viol du secret des correspondances ait été alors considéré comme un procédé usuel dans les enquêtes policières. Des personnalités politiques de premier plan étaient ainsi espionnées, à commencer par Talleyrand et l'empereur Alexandre 1er de Russie, lors de son séjour à Paris pour conclure la Sainte-Alliance, ainsi que des anciens officiers des armées napoléoniennes comme les généraux Berton et Foy, ou le colonel Bourbaki[45]. Mais cette pratique s'intensifia surtout à partir de 1822, sous l'impulsion du président du conseil Villèle, après les nominations de François Franchet d'Esperey à la direction générale de la Police, de Guy-Louis Delavau à la préfecture de police de Paris, puis celle de Vaulchier à la direction des postes le 4 août 1824, moins de deux mois avant la mort de Louis XVIII. Les quatre volumes du Livre noir de Messieurs Delavau et Franchet fourmillent d'exemples d'espionnage épistolaire[46]. Ce « cabinet noir de la préfecture de police » surveilla tout spécialement l'ambassade d'Angleterre[47].

Procès–verbaux de la Chambre des députés. Session du 3 mai 1828. Discussion à la suite de la pétition de Germain contre les abus qui existent dans l’administration de la Poste concernant le secret des lettres. Débat sur l’existence d’un cabinet noir et sur le non–respect du secret des correspondances. Archives nationales de France.

L'avènement de Charles X ne modifia pas sensiblement l'organisation de la police, mais après la démission de Villèle en 1828, de nombreuses voix s'élevèrent contre le cabinet noir, en particulier celle de Louis Stanislas de Girardin lors de sessions de la chambre des députés. Le 1er février 1828, Antoine Roy, ministre des finances dans le nouveau gouvernement libéral, annonça par arrêté la fin du cabinet noir[48]. Selon d'autres sources, il ne fit que déclarer que ce cabinet n'existait pas[49]. Selon Maxime du Camp, il s'agissait d'une supercherie destinée à calmer l'opposition, et le cabinet n'aurait fait que déménager en cette occasion[8]. Un avocat à la Cour royale de Paris, Germain, fut l'un des premiers à publier un opuscule accusant Vaulchier de violer le secret des lettres[43], et il déposa une pétition qui fut débattue à la chambre des députés le 3 mai 1828[49]. Sommé de révéler si le cabinet noir avait existé, le député Vaulchier déclara qu'il n'avait pas à en répondre devant la Chambre, mais qu'il consentait à être traduit devant une autorité compétente. La pétition de mise en accusation fut rejetée lors du vote, mais Vaulchier dut finir par démissionner de la direction des postes l'année suivante.

Des cabinets noirs ont été dénoncés dans de nombreux pays européens à cette époque. Le Figaro du 2 septembre 1828 rapporta que « la police de la poste » portugaise fonctionnait « d'une manière toute particulière »: lorsqu'une lettre décachetée s'avérait compromettante pour son destinataire, la police attendait que ce dernier vint la réclamer pour l'arrêter[50]. En 1829, le Courrier de Smyrne d'Alexandre Blacque accusa Ioánnis Kapodístrias, gouverneur de l'État grec indépendant, d'avoir instauré un « tribunal secret d'inquisition », ce dont il se défendit énergiquement[51]. En 1830, Charles II de Brunswick organisa un cabinet noir dans son duché, peu de temps avant sa destitution[52]. Selon Le Figaro du 28 septembre 1830, « toutes les lettres venant de France » étaient « ouvertes par le cabinet noir du comte d'Espagne »[53].

De la Monarchie de Juillet au second Empire[modifier | modifier le code]

Dans l'article consacré au « cabinet noir » de son Dictionnaire populaire illustré, Décembre-Allonier attribue au gouvernement de Louis-Philippe le mérite d'avoir supprimé « cette institution »[54]. Cependant, Jacques Crétineau-Joly a reproduit une lettre du ministre Horace Sébastiani dans laquelle «  il constate lui-même la violation [du secret de la correspondance], sans en témoigner un étonnement quelconque, comme habitué depuis longtemps à ces manières de faire par lui, pour lui ou contre lui »[55].

Installé en France depuis 1831, Louis de Potter a continué à publier en Belgique, et correspondu, entre autres, avec Adolphe Bartels. En 1839, ce dernier fut traduit devant la Cour d'assises du Brabant pour incitation à la révolte dans l'armée[56]. A la même période, Potter fut accusé d'intelligence avec des anti-monarchistes français, et la police perquisitionna son domicile pour y saisir des documents, dont des lettres écrites par Bartels. Potter soupçonna le gouvernement belge d'être à l'origine de cette accusation calomnieuse. Il écrivit alors un lettre ouverte à un avocat-général bruxellois, Jules d'Anethan, qui semblait avoir pris une part active dans la transmission aux autorités belges d'une copie des lettres de Bartels saisies par la police française. Il adressa cette lettre ouverte à Bartels pour qu'il la publie dans le journal Le Belge, mais le courrier ne parvint pas à destination. Potter accusa alors le gouvernement belge d'avoir recours à un cabinet noir violant le secret des correspondances[57].

Lors de la révolution de 1848, Étienne Arago prit la direction générale des postes, et il contribua largement à la réforme postale de la deuxième République. Il écrivit à propos de sa prise de fonction: « mes regards découvrirent un reste immonde du Cabinet-Noir de la monarchie, fonctionnant encore, à l'insu des ministres de la République, dans les bas-fonds de deux ministères, ténébreuse succursale qui fut supprimée... tout le temps du moins de mon administration »[58].

Le cabinet noir fut rétabli par Napoléon III.

La fin du cabinet noir?[modifier | modifier le code]

Cette inquisition postale multiséculaire, et utilisée par tous les régimes, prit fin à la suite de la réforme postale, qui en instaurant le port-payé d'avance par voie de timbre-poste à très bas prix, a, en moins de 20 ans, entrainé une importante multiplication des boîtes aux lettres, et donc de l'anonymat des expéditeurs, et provoqué un accroissement considérable du volume des correspondances (passées, selon Arthur Maury, de 185 millions de plis transportés en 1853, à 365 millions en 1869).

Ainsi, la réforme postale de Rowland Hill a engendré les deux facteurs, différés mais inexorables, de la disparition du cabinet noir, et donc de la liberté de correspondre : l’anonymat de l’expéditeur et le volume accru des correspondances.

Seul désormais l'état de guerre allait légitimer l'ouverture systématique du courrier destiné à l'étranger par la censure postale, mais alors de façon officielle et non occulte, sanctionnée par l'apposition de cachets et bandes de fermeture bien apparents. (voir : histoire postale).

Le régime juridique actuel du secret des lettres est soumis au principe du secret de la correspondance.

Expression moderne: Cabinet noir d’Yves Bertrand[modifier | modifier le code]

Yves Bertrand, à la tête de la Direction centrale des Renseignements généraux (DCRG) de 1992 à 2003 avant de rejoindre l’IGPN, est soupçonné d’avoir constitué un « cabinet noir » au profit de Jacques Chirac, Dominique de Villepin, sous le contrôle du supposé « cerveau » Philippe Massoni, dont Yves Bertrand aurait été l’exécutant[59].

Le rôle du « cabinet noir » d’Yves Bertrand aurait été double : éteindre les nombreuses affaires judiciaires susceptibles de menacer Jacques Chirac et allumer les contre-feux nécessaires ; monter les « chantiers » pour abattre les opposants, les rivaux et les gêneurs[60].

Ainsi les carnets secrets d'Yves Bertrand, saisis en 2008 lors d'une perquisition sur l'affaire Clearstream et publiés par Le Point, révèlent qu'il s'est attaqué à Charles Pasqua, Lionel Jospin, Nicolas Sarkozy, Daniel Vaillant et Bruno Gaccio et qu'il a protégé Jean-Pierre Chevènement, Jacques Chirac et Dominique de Villepin[61].

Soupçon de cabinet noir à l'Élysée[modifier | modifier le code]

Sous le quinquennat de Francois Hollande entre 2012 et 2017, des articles de presse et des ouvrages d'investigation font état d'un cabinet noir à l'Élysée[62],[63].

Le 23 mars 2017 sur France 2, invité de L'Émission politique présentée par David Pujadas, François Fillon affirme en direct que les affaires qui lui valent une mise en examen sont pilotées par le président de la République. Selon lui, il existe un cabinet noir de l’Élysée qui fait fuiter les auditions dans les journaux et fait remonter toutes les écoutes au chef de l’État. Pour étayer ses dires, il s'appuie sur le livre Bienvenue Place Beauvau publié le même jour par des journalistes du Canard enchaîné. L'Élysée dément le soir même l'existence d'un cabinet noir et les journalistes démentent avoir évoqué la présence d'un cabinet noir à l'Elysée, indiquant qu'« il n'est pas possible d'en apporter la preuve formelle comme il n'est pas possible de prouver le contraire »[64],[65]. Cependant, ils portent des accusations très graves contre François Hollande et dénoncent la présence auprès du Président de la République d'une « structure clandestine, aux ramifications complexes », que six élus Les Républicains (Bruno Retailleau,Christian Jacob, présidents respectivement des sénateurs et députés LR, Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, Luc Chatel, Nathalie Kosciusko-Morizet et Philippe Bas) qualifient d'« association de malfaiteurs ». Ils saisissent le procureur de Paris et le procureur national financier et leur demandent de donner « les suites » qu'ils jugent « utiles » aux 17 passages du livre dans lesquels, selon eux, les faits révélés sont des faits de « corruption », de « trafic d'influence », d'« atteinte à la vie privée » et d'« abus d'autorité » commis au sommet de l'Etat[66].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Théodore Claudon, Le Cabinet noir et M. de Vaulchier, Paris, Éd. Constant-Chantpie, , 32 p., in-8° (lire en ligne [PDF]).
  • Professeur Yves Maxime Danan, Histoire postale et libertés publiques, L.G.D.J., Paris, 1965.
  • Comte d’Hérisson (Maurice d’Irisson d’Hérisson), Le Cabinet noir : Louis XVII, Napoléon, Marie-Louise, Paris, Paul Ollendorff, , VIII-350 p., in-12 (lire en ligne [PDF]).
  • Émile Lambry (précédé d’une lettre de Théodore-Jacques Bonvalet), Les Mystères du cabinet noir sous l’Empire et la poste sous la Commune, Paris, Éd. Dentu, , 70 p., in-16 (lire en ligne [PDF]).
  • Gilles Perrault, Le Secret du Roi, 3 volumes, Fayard.
  • Gustav Schenk, Histoire du timbre-poste, traduit de l'allemand, Plon, Paris, 1959.
  • Eugène Vaillé, Le Cabinet noir, Paris, P.U.F., 1950.
  • Eugène Vaillé, Histoire générale des Postes françaises, 7 tomes, Presses universitaires de France, Paris, 1947-1955.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Le Bas, Dictionnaire encyclopédique de la France, t. 3, Paris, Firmin Didot Frères, coll. « L'Univers / Histoire et description de tous les peuples », (lire en ligne), p. 518
  2. a et b Guillaume de Garden, Traité complet de diplomatie ou théorie générale des relations extérieures des puissances de l'Europe, t. 2, Paris, Strasbourg, Librairie de Treuttel et Würtz, (lire en ligne), p. 85-100
  3. Rapport du procureur général de la Confédération suisse à la Chambre d'accusation fédérale sur l'insurrection royaliste des 2, 3 et 4 septembre 1856 dans le canton de Neuchâtel, Berlin, chez les principaux libraires de l'étranger, , 80 p. (lire en ligne), p. 15
  4. (da) E. von Halling, Det hemmelige russiske politi. (Okranaenog Cabinet Noir), Nordiske Forfatters Forl., , 79 p.
  5. (en) William Le Queux, The German Spy System from Within, Library of Alexandria, (ISBN 978-1-465-60798-0, [id=zdkYDAAAQBAJ&printsec=frontcover&dq=%22cabinet+noir%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjIprC_qIDTAhUJJcAKHXgaBos46AIQ6AEIOjAF#v=onepage&q=%22cabinet%20noir%22&f=false lire en ligne])
  6. (en) Jennifer Siegel, For Peace and Money: French and British Finance in the Service of Tsars and Commissars, New York, Oxford University Press, , 304 p. (ISBN 978-0-19-938783-0, lire en ligne) :

    « The GC&CS - the best cabinet noir of the post-war period »

  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Alexis Belloc, Les postes françaises : recherches historiques sur leur origine, leur développement, leur législation, Paris, Firmin-Didot, , 783 p. (lire en ligne)
    a) p. 16-24; b) p. 59; c) p. 154-5; d) p. 230; e) p. 252-4; f) p. 257-8, 261, 267; g) p.291, 298-9; h) p. 303-4; i) p. 324-7; j) p. 327-336; k) p. 324; l) p. 340; m) p. 410; n) p. 412-413; o) p. 416-421
  8. a, b et c Maxime Du Camp, Paris, ses organes, ses fonctions et sa vie dans la seconde moitié du XIXe siècle, t. 1, Paris, Librairie Hachette, , 488 p. (lire en ligne), p. 49-68
  9. a et b Pierre Daru, Histoire de la République de Venise, t. 6, Paris, F. Didot, , 533 p. (lire en ligne), p. 403, 214-215
  10. a, b et c Alfred Michiels, « Le secret des lettres en Autriche », Le Magasin de Librairie, Paris, Charpentier, vol. 4,‎ , p. 230-243 (lire en ligne)
  11. Ernest Delamont, Notice historique sur la Poste aux lettres dans l'antiquité et en France, Bordeaux, A. Pérey, , 148 p. (lire en ligne), p. 27
  12. [« publié sur le manuscrit inédit et autographe » de] Tallemant des Réaux, Monmerqué (éclaircissements et notes), de Chateaugiron (éclaircissements et notes) et Taschereau (éclaircissements et notes), Les Historiettes, vol. 2, Bruxelles, J. P. Meline, , 300 p. (lire en ligne), p. 125-128
  13. Jean-Baptiste Colbert et Pierre Clément (éditeur) (préf. Pierre Clément), Lettres, instructions et mémoires de Colbert, vol. 1 : 1650-1661, Paris, Imprimerie impériale, , 587 p. (lire en ligne), p. 113
  14. a et b Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris, Larousse, , 1175 p. (lire en ligne), p. 17
  15. Jean-Baptiste Colbert et Pierre Clément (éditeur) (préf. Pierre Clément), Lettres, instructions et mémoires de Colbert, vol. 6 : Justice et police, affaires religieuses, affaires diverses, Paris, Imprimerie impériale, , 531 p. (lire en ligne), p. 176
  16. Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné et Monmerqué (éditeur), Lettres de Madame de Sévigné, de sa famille et de ses amis, t. 2, Paris, Librairie Hachette, , 554 p. (lire en ligne), p. 417
    Lettre de Madame de Sévigné à Madame de Grignan datée du 18 novembre 1671
  17. Charles Aubertin et Pierre Palpant (version numérique), L'Esprit public au XVIIIe Siècle, Chicoutimi, Univerité du Québec à Chicoutimi, , 504 p. (lire en ligne), p. 120-121
  18. Jean Buvat et Émile Campardon (éditeur), Journal de la Régence : 1715-1723, Paris, Plon, , 528 p. (lire en ligne), p. 3
  19. Nicole du Hausset et Quentin Craufurd (annotateur), Mémoires de Madame Du Hausset, femme de chambre de Mme de Pompadour avec des notes et des éclaircissemens historiques, Paris, Baudoin frères, , 313 p. (lire en ligne), p. 63-64
  20. a et b Voltaire, Dictionnaire philosophique, t. 20, Paris, Garnier Frères, (lire en ligne)
    version wikisource du texte publié initialement à Genève en 1775 dans Questions sur l'Encyclopédie par des Amateurs (t. 4)
  21. Joseph Esneaux et L. E. Chennechot, Histoire philosophique et politique de Russie, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, vol. 4, Paris, J. Corrréard Jr, , 505 p. (lire en ligne), « Catherine II, Mesures tyranniques », p. 386
  22. Armand Mattelart, La communication-monde: Histoire des idées et des stratégies, Paris, La Découverte, (lire en ligne), chap. 1 (« L'émergence des réseaux techniques, le spectre du « Cabinet noir » »)
  23. Gustave Schelle, Oeuvres de Turgot et documents le concernant, t. 5 : (1775-1781) Turgot, ministre (suite) et Turgot dans la retraite, Paris, Librairie Félix Alcan, , 794 p. (lire en ligne), partie 5, chap. 207 (« Questions diverses, VII. Postes, 1. Arrêt du Conseil cassant un arrêt du Conseil supérieur du Cap, au sujet d'une interception de lettres privées »), p. 125
  24. « Louis 16 le Restaurateur de la liberté », sur histoirdefrance.fr,‎ (consulté le 5 avril 2017)
  25. François Arago, Oeuvres complètes de François Arago, t. 2, Paris, Gide, , 703 p. (lire en ligne), « Caritat de Condorcet. Biographie lue en séance publique à l'Académie des sciences, le 28 décembre 1841 », p. 184
  26. Gerald Messadié, Marie-Antoinette, la rose écrasée, Montréal, L'Archipel, , 440 p. (ISBN 978-2-8098-1293-0, lire en ligne)
  27. Pierre Manuel, La police de Paris dévoilée, t. 1, Paris, J. B. Garnery, , 330 p. (lire en ligne), « De la police, sur les espions », p. 232-233
  28. extrait des Archives parlementaires, 1re série, tome VIII, page 284, séance du 27 juillet 1789).
  29. Alphonse Aulard, Études et leçons sur la Révolution Française, vol. 6, Cambridge University Press, , 318 p. (ISBN 978-1-108-03502-6, lire en ligne), « L'abbé Barbotin », p. 191
  30. Rosalie Jullien et Édouard Lockroy (éditeur), Journal d'une bourgeoise pendant la Révolution, 1791-1793, Paris, Calmann Lévy, , 360 p. (lire en ligne), « [Lettre] LIV. A son fils, Paris, 10 août 1792 », p. 229
  31. Georges Touchard-Lafosse, Souvenirs d'un demi-siècle: 1789-1836, vol. 4, Paris, Librairie de Dumont, , 384 p. (lire en ligne), chap. 3 (« 1793. (Suite.), Origine du cabinet noir »), p. 120-121
  32. Alexandre Dumas, Histoire de la vie politique et privée de Louis-Philippe, vol. 1, Paris, Dufour et Mulat, , 312 p. (lire en ligne), chap. 17, p. 102-105
  33. Marie-Louise-Victoire de la Rochejaquelein, Mémoires de Madame la marquise de la Rochejaquelein, Paris, Dentu, (lire en ligne), p. 107-108
  34. Daniel Baruch, « Introduction aux Nuits de Paris », dans Louis-Sébastien Mercier, Nicolas Edme Restif de La Bretonne, Paris le jour, Paris la nuit, Robert Laffont, coll. Bouquins, 1990, p. 611-612.
  35. Charles-Tristan de Montholon, Récits de la captivité de l'empereur Napoléon à Sainte-Hélène, t. 1, Paris, Paulin, , 476 p. (lire en ligne), chap. 7 (« Longwood. Détails sur Longwood et sur la vie intérieure de Napoléon »), p. 211-212
  36. Napoléon Ier, Correspondance de Napoléon Ier : publiée par ordre de l'Empereur Napoléon III, t. 9, Paris, H. Plon, , 608 p. (lire en ligne), « 7142 - Au Citoyen Régnier, grand juge, ministre de la justice (30 septembre 1803) », p. 9
  37. Louis-Antoine Fauvelet de Bourrienne, Mémoires sur Napoléon, le Directoire, le Consulat, l'Empire et la Restauration, t. 4, Paris, Auguste Ozanne, , 294 p. (lire en ligne), p. 90
  38. a et b Antoine Marie Chamant de Lavalette, Mémoires et souvenirs du comte Lavallette: aide-de-camp du général Bonaparte, conseiller-d'état et directeur-général des postes de l'empire, vol. 2, Bruxelles, J. P. Meline, , 453 p. (lire en ligne), p. 9-10
  39. Emmanuel de Las Cases, Mémorial de Sainte-Hélène, ou journal où se trouve consigné, jour par jour, ce qu'a dit et fait Napoléon durant dix-huit mois, t. 1, Paris, Magen et Comon, , 516 p. (lire en ligne), p. 159-160
  40. Georges Lacour-Gayet, Talleyrand : 1754-1838, t. 2 : 1799-1815, Paris, Payot, , 495 p. (lire en ligne), chap. 9 (« Presbourg »), p. 169
  41. François Arago, Oeuvres complètes de François Arago, t. 1, Paris, Gide, , 638 p. (lire en ligne), « Histoire de ma Jeunesse », p. 84-85
  42. Robert Ouvrard, Le congrès de Vienna: Carnet mondain et éphémérides (1814-1815), Paris, Nouveau Monde éditions, , 570 p. (ISBN 978-2-369-42072-9, lire en ligne), chap. 11 (« Une ville sous haute surveillance »)
  43. a et b M. Germain, Du secret des lettres, et de la nécessité de mettre en accusation M. de Vaulchier, Directeur-Général des Postes, Paris, Moutardier, , 67 p. (lire en ligne), p. 19
  44. Jeanne-Louise-Henriette Campan et Jean Alexandre Buchon (notes et introduction), Correspondance inédite de Mme Campan avec la Reine Hortense, Paris, Alphonse Levasseur, , 356 p. (lire en ligne), p. 179
  45. Froment, La police dévoilée depuis la Restauration, et notamment sous Messieurs Franchet et Delavau, Paris, Lemonnier, , 379 p. (lire en ligne), p. 19-30, 93-94, 168-170, 303-328, 329-350
  46. Le Livre noir de Messieurs Delavau et Franchet, ou répertoire alphabétique de la police politique sous le ministère déplorable; ovrage imprimé d'après les registres de l'administration; précédé d'une introduction par M. Année, vol. 1-4, Paris, Moutardier, (lire en ligne)
  47. Froment, La police dévoilée depuis la Restauration, et notamment sous Messieurs Franchet et Delavau, Paris, Lemonnier, , 420 p. (lire en ligne), p. 309-345
  48. Jean-Gabriel-Maurice Rocques Montgaillard, Histoire de France: depuis l'année 1825 jusqu'à l'avènement de Louis-Philippe, vol. 3, Paris, Moutardier, , 471 p. (lire en ligne), p. 51-52
  49. a et b L'ami de la religion et du roi, journal écclésiastique, politique et littéraire, vol. 55, Paris, Librairie écclésiastique d'Adrien le Clere et Cie, , 412 p. (lire en ligne), « N° 1434 du mercredi 7 mai 1828 », p. 398
  50. « Bigarrures », Le Figaro, no 245,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  51. André Papadopoulo-Vretos, Mémoires biographiques-historiques sur le président de la Grèce, le comte Jean Capodistrias, t. 2, Paris, Arthus Bertrand, , 420 p. (lire en ligne), p. 134-138
  52. L. A. Chaltas, Le duc Charles de Brunswick avant et depuis la Révolution de Brunswick en novembre 1830, Paris, Alexandre Mesnier, , 299 p. (lire en ligne), p. 43-44, 69-73
  53. « Bigarrures », Le Figaro, no 269,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  54. Décembre-Alonnier, Dictionnaire populaire illustré d'histoire, de géographie, de biographie, de technologie, de mythologie, d'antiquités, des beaux-arts et de littérature., vol. 1, Paris, 800 p. (lire en ligne), p. 441
  55. Jacques Crétineau-Joly, Histoire de Louis-Philippe d'Orléans et de l'Orléanisme, vol. 2, Lagny frères, , 524 p. (lire en ligne), p. 178
  56. Louis Bertrand et Gustave Swaelens (éditeur numérique), Histoire de la démocratie et du socialisme en Belgique depuis 1830, t. 1, Bruxelles, Dechenne et Cie, , 252 p. (lire en ligne), p. 141-144
  57. Louis Joseph Antoine De Potter, Révolution belge 1828 à 1839. Souvenirs personnels avec des pièces à l'appui, vol. 2, Bruxelles, Meline, Cans et Cie, , 325 p. (lire en ligne), chap. 50, p. 113-125, 244-252
  58. Étienne Arago, L'Hôtel de ville de Paris au 4 septembre et pendant le siège : Réponse à M. le comte Daru et aux Commissions d'enquête parlementaire par M. Étienne Arago ancien maire de Paris, Paris, J. Hetzel, , 408 p. (lire en ligne), chap. 2 (« Organisation nouvelle de la mairie de Paris »), p. 60
  59. « Guy Birenbaum : », sur Le Monde.fr (consulté le 19 avril 2016)
  60. Guy Birenbaum, Le cabinet noir : Au cœur du système Yves Bertrand, Paris, Les Arènes, , 233 p. (ISBN 2352040639)
  61. « Carnets noirs des RG : les révélations », sur ladepeche.fr,‎ (consulté le 2 avril 2017)
  62. Geoffroy Lejeune, « Exclusif. Révélations sur le cabinet noir de l'Elysée », sur valeursactuelles.com,‎ (consulté le 2 avril 2017)
  63. Marion Mourgue, « Le récit troublant d'un cabinet noir à l'Élysée », sur lefigaro.fr,‎ (consulté le 2 avril 2017)
  64. « "Cabinet noir" à l'Élysée : Didier Hassoux dément les propos de Fillon », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  65. « Fillon accuse Hollande d'animer un cabinet noir, l'Élysée condamne », sur leprogres.fr,‎ (consulté le 25 mars 2017)
  66. « Après "Bienvenue place Beauvau", six élus LR saisissent la justice », La Dépêche, 27-3-17

Sur les autres projets Wikimedia :