Caban

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Icône de paronymie Cet article possède un paronyme ; voir : opération Caban.
Exemple de caban de surplus militaire produit par un fournisseur de l'US Navy

Le caban est un manteau court, chaud et imperméable. Il peut comporter une capuche, le col est large et les poches situées sur les hanches comportent généralement un rabat. Il est le plus souvent foncé (noir ou bleu) avec une boutonnière double et croisée et de six boutons souvent ornés d'une ancre.

Ce sont les premiers navigateurs européens au XVe siècle qui en popularisèrent l'usage[1].

Le caban est décrit pour la première fois en 1845 dans une lettre du Ministre de la Marine. Initialement, il se caractérise par une rangée de dix boutons frappés d'une ancre comme les pointes de son col. Les matelots eux-mêmes savaient le rendre imperméable au moyen d’un apprêt constitué de goudron, de suif et d’huile de térébenthine. Il a remplacé le paletot jusqu'alors en usage, en 1874. Long au départ, il se raccourcit et ressemble alors à une capote plus qu'un paletot [2].

Cette pièce de l'uniforme du marin est descendue « dans la rue » après l'apparition des friperies. Si auparavant, elle était présente dans le civil, c'est parce que les anciens engagés ou conscrits pouvaient la garder mais en enlevant les boutons symbole de la Marine Nationale. Depuis, le caban est passé d'un usage de tous les jours dans les milieux modestes à un statut de prestige. Figure emblématique du look de « loup de mer », ce vêtement devenu classique, a été détourné par les grands couturiers et a fait une apparition généralisée dans les rues notamment pendant la saison 2006—2007. Le premier couturier a l'avoir revisité fut Yves Saint Laurent en 1962. Puis Jean-Paul Gaultier, Yohji Yamamoto entre autres. Le caban participe de la légende du personnage de Corto Maltese.

C'est de ce manteau que serait tiré le nom de l'actuelle République gabonaise Gabon. En effet, quand les navigateurs portugais pénétrèrent en 1472 dans l'estuaire du fleuve, ils le baptisèrent Rio de Gabão, en raison, dit-on, de la forme des côtes de l'actuelle capitale Libreville et sa proche région, semblable à un caban (gabão en portugais)[3]. Par la suite l'état du Gabon conserva cette appellation.

Usage : le double boutonnage du caban permet de le fermer d'un côté ou de l'autre selon la direction du vent, suivant que l'on soit de la bordée bâbord ou tribord.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le vêtement, M.N. Boutin-Arnaud, S. Tasmadjian, Éditions Nathan, 1997. (ISBN 2-09-182472-0)
  2. Les marins font la mode : exposition musée national de la marine 24 février-26 juillet 2009, V. Alemany, D Allannic, V. Alliot, A. Paris, Gallimard, 2009. (ISBN 978-2-070124572)
  3. Trésor de la langue française au Québec (TLFQ), L'aménagement linguistique dans le monde

Annexes[modifier | modifier le code]

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