Comité radicalement anticorrida

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Comité radicalement anticorrida Europe (CRAC Europe)
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi de 1908
But Abolition de la corrida et protection de l'enfance
Zone d’influence Europe
Fondation
Fondation 1991
Fondateur Jacques Dary et Aimé Tardieu
Identité
Siège 35 rue de l'Aubépine, Strasbourg (France)
Président Jean-Pierre Garrigues
Vice-président Roger Lahana
Secrétaire Laurence Andrieux
Trésorier David Joly
Affiliation FLAC
Méthode non-violence
Financement Cotisations, dons, legs, produits des manifestations et fêtes
Site web anticorrida.com

Le Comité radicalement anticorrida (CRAC) est une association française de lutte contre la corrida, créée en 1991, à l’initiative de Jacques Dary et Aimé Tardieu, sous l'impulsion de Lilianne Sujanszky, directrice de la SPA tout au long des années 1980 puis directrice de la fondation Brigitte-Bardot durant les années 1990.

Historique[modifier | modifier le code]

Initialement, le R de CRAC signifie « réformiste » ; au début des années 2000, l'idée que le combat devait prendre une forme différente s'est imposée et le R est devenu « radicalement » pour souligner qu’aux yeux des membres de cette association, une seule voie avait un sens, celle de l’abolition pure et simple de la corrida.

Deux précisions ont été ajoutées par la suite. La première est la mention « pour la protection de l'enfance », la seconde est le mot « Europe » pour situer l'enjeu à un niveau qui dépasse les frontières. Depuis fin 2007, le CRAC est ainsi devenu le CRAC Europe, régi par la loi mosellane de 1908.

Le CRAC Europe est affilié à la Fédération des luttes pour l'abolition de la corrida (FLAC) qui regroupe les principales associations anti-corrida françaises et du collectif Non à la honte française qui rassemble plus de 200 associations de la cause animale.

Actions[modifier | modifier le code]

Le CRAC Europe a mené plusieurs actions qui ont eu un impact médiatique important. Les principales sont les suivantes.

Manifeste demandant l'abolition de la corrida[modifier | modifier le code]

Le manifeste du CRAC Europe demandant l'abolition de la corrida a été signé par 1 649 personnes (au 19 août 2012)[réf. nécessaire] de différents milieux : politique, artistique, littéraire, juridique, scientifique, vétérinaire, associatif, religieux, sportif, du monde des médias et de la société civile.

Plusieurs propositions de loi demandant l'abolition de loi ont été déposées à ce jour, en particulier par les parlementaires Geneviève Gaillard, Muriel Marland-Militello et Roland Povinelli, conjointement avec le CRAC Europe[réf. nécessaire]. Aucune n'a été mise à l'ordre du jour pour le moment.

Manifestations contre la pratique de la corrida par des mineurs[modifier | modifier le code]

Le 8 octobre 2011, le CRAC Europe, Droits des animaux (France) et Animaux en péril (Belgique) ont investi les arènes de Rodilhan, petit village à quelques kilomètres de Nîmes. L’agglomération nîmoise organisait la finale de « Graines de toreros », spectacle de corrida dont les toreros sont des adolescents et les taureaux, de jeunes veaux. Une soixantaine de militants est allée s'enchaîner sur le sable de l'arène pour empêcher que ce spectacle se tienne, dans une action directe non violente. De nombreux spectateurs sont descendus dans l'arène et les ont roués de coups. L'une des militantes a été déshabillée et a été victime d'attouchements divers. Un autre a reçu le jet d'une lance à incendie à bout portant dans l'oreille. La scène a été filmée et reprise par la plupart des chaînes de télévision, ainsi que par la presse française[1] et internationale. À la suite de ces événements, de nombreuses plaintes ont été déposées par les militants agressés, l'identification de leurs agresseurs ayant été facilitée par les vidéos mises en ligne.

Quelques mois plus tard, en juillet 2012, la mairie de Rodilhan annonçait qu'elle arrêtait définitivement d'organiser de tels spectacles.

Une action similaire (organisée par le CRAC Europe, la fondation Brigitte-Bardot et Animaux en péril) a eu lieu à Rion-des-Landes le 24 août 2013, où 126 militants anti-corrida ont envahi le ruedo d'une arène pendant qu'une seconde équipe se chargeait de filmer et photographier l'événement.

Question prioritaire de constitutionnalité en vue d'abroger la corrida[modifier | modifier le code]

En septembre 2011, le CRAC Europe et l’association Droits des animaux ont saisi le tribunal administratif de Paris d’un recours en annulation contre la décision d’inscription de la corrida au patrimoine immatériel de la France.

Dans le cadre de cette procédure, une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) a été soulevée, visant à contester la constitutionnalité de l’article 521-1 du code pénal, selon lequel les peines relatives à la cruauté contre les animaux domestiques ne s’appliquent pas aux corridas « lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ». L'argumentation de cette QPC était basée sur le fait que cette exception crée de facto une inégalité des Français devant la loi : la plupart d'entre eux sont condamnés s'ils commettent des sévices envers les animaux, alors qu'une minorité peut y avoir recours en toute légalité (il s'agit d'une douzaine de départements du sud de la France)[2].

Le Conseil d’État a saisi le Conseil constitutionnel, qui a siégé le 10 septembre 2012[3] pour écouter les plaidoiries des parties. Le 21 septembre, il a rendu une décision[4] selon laquelle l'alinéa permettant la corrida était conforme à la Constitution[5],[6].

Triple manifestation pour l'abolition de la corrida à Alès[modifier | modifier le code]

Les 11 et 12 mai 2013, de 1 200 (selon la police) à 5 000 sympathisants anti-corrida (selon les organisateurs) ont participé à la manifestation qui prenait la forme de trois défilés en deux jours dans les rues d'Alès, ville où est née le CRAC, à l'initiative de ce dernier et avec le soutien des 200 associations du collectif, en particulier la fondation Brigitte-Bardot, One Voice, la SPA, Animaux en péril, PETA, CAS International, la fondation 30 millions d'amis, L214 et Europe Écologie Les Verts.

Le 7 mai, la mairie d’Alès avait pris deux arrêtés pour interdire les rassemblements près du centre-ville et des arènes afin de prévenir des affrontements entre les manifestants et les amateurs de corridas et créé de ce fait une tension extrême. Après que Brigitte Bardot fut intervenue publiquement et qu'un tribunal administratif eut débouté le CRAC de son référé contre ces arrêtés, la préfecture avait fini par autoriser la manifestation, mais éloigné un peu le parcours des lieux sensibles du centre-ville[7]. L'évènement a eu un large retentissement médiatique.

Opération Parlement[modifier | modifier le code]

Le 15 septembre 2014, le CRAC Europe et ses partenaires (la fondation Brigitte-Bardot, Animaux en péril, la SNDA et les Éditions du Puits de Roulle) ont organisé la distribution du livre Corrida la honte aux 925 parlementaires français (577 députés et 348 sénateurs).

Le 4 novembre 2014, une conférence de presse est organisée conjointement par le CRAC Europe et Damien Meslot à l'Assemblée nationale pour présenter publiquement cette opération de lobbying auprès des parlementaires, nommée Opération Parlement par le CRAC Europe.

Non-lieu à la demande de suppression de l'inscription de la corrida à l'inventaire du patrimoine[modifier | modifier le code]

Le , le tribunal saisi en appel par les associations CRAC Europe et Droits des Animaux, rend un non-lieu stipulant que « La décision d'inscription de la corrida à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France doit être regardée comme ayant été abrogée », jugement entraînant l'abrogation de fait[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir par exemple les articles de 20 Minutes, Rue89, Le Nouvel Observateur ou Le Point.
  2. « L’avenir de la corrida suspendu à la décision des sages », sur La Croix. Consulté le 27 septembre 2013.
  3. Huffington Post.
  4. Communiqué de presse du Conseil constitutionnel.
  5. Voir par exemple le Huffington Post ainsi que les autres quotidiens nationaux du 21 septembre 2011 et les principales chaînes d'information (TV et radio).
  6. « Le Comité radicalement anti-corrida dénonce une "dictature tauromachique" », sur Le Parisien. Consulté le 27 septembre 2013.
  7. Libération.
  8. Abrogation sur france24.com.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]