Côte d'Or II

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Côte d'Or II
Image illustrative de l’article Côte d'Or II
Côte d'Or II au départ de la Route du Rhum 2010
Autres noms Paul Ricard
Type trimaran
Classe Ultime
Fonction Course au large
Gréement Cotre
Histoire
Architecte Xavier Joubert
Chantier naval ACX Brest
Lancement 1986
Équipage
Équipage 1 a 12
Caractéristiques techniques
Longueur de coque 22,85 m
Maître-bau 19 m
Tirant d'eau 0,6 / 3 m
Voilure 309 m2 au prés 755 m2 au portant
Carrière
Pavillon Drapeau du Portugal Portugal

Le Côte d'Or II est un trimaran, réalisé à partir de la coque centrale du trimaran Paul Ricard et mis à l'eau en septembre 1986[1]. C'est le dernier bateau d'Eric Tabarly

Un bateau de légende[modifier | modifier le code]

Une Modification du Paul Ricard[modifier | modifier le code]

Le côte d'or II n'est autre que la modification par l'un des plus grands marins français Éric Tabarly de l'ancien Paul Ricard. Car Tabarly ne possédait pas les fonds suffisants pour construire un foiler hauturier neuf[2]. La coque centrale en aluminium du Paul Ricard (16,5 m) a été rallongé par le milieu et à l'aide d'une jupe longue de 3,5 m. La longueur de la coque centrale devient 22,85 m et est achevée à Lorient aux chantiers de la Perrière. La volonté persistante de Tabarly de créer un voiler pour la haute mer est une idée qu'il a dès 1975 et qui aboutit finalement avec ce trimaran en 1986, c'est avec l'aide de l'architecte Xavier Joubert. Seuls la coque en aluminium et le safran du Paul Ricard seront conservés pour le Côte d'Or II.

Les caractéristiques du Côte d'Or II[modifier | modifier le code]

Le mat est maintenu à l'aide de bastaques qu'il faut donc régler à chaque changement d'amure.

Les bras de liaisons de la coque aux flotteurs, les flotteurs, les foils sont tous en matériaux composites ce qui leur confère une grande souplesse. Ainsi avec une partie centrale très rigide et de petits flotteurs plus souples, le bateau peut ainsi atteindre de grandes vitesses même dans de mauvaises conditions de mer. Éric Tabarly serait parvenu à dépasser les 40 nœuds avec ce trimaran. En navigation il arrive de voir disparaitre les flotteurs sous le vent immergés.

Innovations technologiques[modifier | modifier le code]

Les foils à 45° de Côte D’Or II sont équipés d’un volet de bord de fuite ce qui était unique. Ces volets étaient également actionnés par un vérin, commandés depuis le cockpit, ce qui permettait ainsi de modifier l'angle d'incidence de ces volets et permettait au bateau d'augmenter son couple de redressement, ainsi avec une surface de toile plus importante le voilier restait tout de même stable.

Une autre invention de Tabarly a également été replacée sur le bateau, le safran est équipé d'une double barre, le plan du safran est conçu en deux parties. Le barreur peut ainsi au choix faire pivoter tout le safran ou seulement sa partie arrière. Ce procédé permet de diminuer les efforts du barreur et d'avoir un contrôle plus fin du voilier.

Histoire du Côte d'Or II[modifier | modifier le code]

Les années Tabarly[modifier | modifier le code]

La Route du Rhum 1986[modifier | modifier le code]

Mis à l'eau en septembre dès novembre il subit sa première avarie avec Éric Tabarly , rompant son flotteur bâbord au cours de la Route du Rhum. Cette Route du Rhum 1986 est un massacre : Vatine entre en collision avec un cargo, Tony Bullimore heurte un OFNI (Objet Flottant non Identifié). Olivier de Kersauson abandonne, Hervé Cléris chavire, Charente Maritime, Jet Services ne finissent pas non plus. Après Côte d'Or II dans la tempête, Dominique Marsaudon, chavire à son tour. Et Florence Arthaud se déroute pour rechercher Royale II retourné qui dérive sans aucune trace de Loïc Caradec.

Lors de cette Route du Rhum et de la casse du flotteur Pen Duick VI, qui se rend aux Antilles, se trouve à 8 miles de Côte D’Or II. Le bateau peut ainsi être remorqué par Patrick Tabarly. L’avant du flotteur échoue et est retrouvée à Perros-Guirec par un cantonnier mécontent de trouver une « saloperie » encore abandonnée par un plaisancier.

1987 Les victoires et la chute[modifier | modifier le code]

Côte d'Or II est en avril 1987 remis à l’eau après réparation. Ainsi réparé, il remporte sa première place en étant vainqueur du grand prix de Brest avec Patrick Tabarly (frère d'Éric Tabarly) à la barre, en mai, Patrick récidive en remportant la course des multicoques de la Trinité/Mer.

En juin Côte d'Or II reçoit un nouveau mât en carbone et un jeu de voiles neuves. Ce qui lui permet d'être, en juillet, 5e de la course de l’Europe co-skippé par Eric et Patrick Tabarly.

Les deux frères tenteront en octobre La Baule Dakar mais après huit jour de course par une mer est croisée et un vent de 20 nœuds, alors qu'Eric Tabarly est à la barre sous le spi de tête de 570 m2. Le flotteur bâbord plonge, le bateau pivote, se retrouve vent de travers, et se retourne. Les Tabarly déclenchent leur balise de détresse. Ils passent une dizaine d’heures à califourchon sur la coque centrale avant qu’un bateau de la marine portugaise ne vienne les récupérer…

Repéré par avion le 29 octobre, le bateau est retrouvé par des pécheurs portugais qui le remorquent à Funchal et le pillent de son contenu. Au port, le bateau est remis à l’endroit. Les réparations sont jugées trop onéreuses et Côte d'Or II est mis en vente 2 millions de francs.

La renaissance[modifier | modifier le code]

Miguel Subtil un informaticien portugais rachète ce voilier en 1988, il le remet à l'eau en 1995. Il retrouve enfin son mât en 1998. En 2002, Côte d'Or II, son propriétaire et Patrick Tabarly naviguent jusqu'à Lorient. C'est à Lorient que se trouve La Cité de la voile et Côte d'Or II pourra rejoindre les autres Pen Duick. Mais au terme de ce monnayage le voilier démâte et manque de peu de tuer Patrick Tabarly. Le bateau est sorti de l'eau, et se retrouvera à Lorient et ensuite à Hennebont jusque 2010.

Un nouvel homme va vouloir à nouveau remettre à l'eau le Côte d'Or II, Bertrand Quentin. Son travail puis avec l'aide d'amis ce sont les strates, les pièces qui seront remplacées, mais en essayant de garder le plan de pont d'origine imaginé par Éric Tabarly. C'est le lycée nautique d'Etel qui installera l'ancien moteur de Gitana XII. C'est également avec les anciennes voiles de l'IDEC de Francis Joyon que s'habillera désormais Côte d'Or II. En 2009 Côte d'Or II est donc grâce à l'aide de Bertrand Quentin et de son équipe, amarré à la Cité de la Voile. C'est aussi avec Bertrand Quentin que s'aligne Côte d'Or II pour la Route du Rhum 2010[3] dans la catégorie Ultime, au côté des équipes telles que de Groupama skippé par Franck Cammas, Gitana Team 11, ou Sodébo qu'il prend le départ. Mais son skipper Bertrand Quentin a dû au deuxième jour de course être hélitreuillé[3] à cause d'un malaise cardiaque.

Les courses de Côte d'Or II[modifier | modifier le code]

  • Novembre 1986 : Route du Rhum, abandon après casse du flotteur.
  • Avril 1987 : vainqueur du grand prix de Brest avec Patrick Tabarly.
  • Mai 1987 : vainqueur du trophée des multicoques de la Trinité/Mer, avec Patrick Tabarly comme skipper
  • Juillet 1987 : 5e de la course de l’Europe aux mains des frères Tabarly.
  • Octobre 1987: Abandon de la Baule Dakar.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]