Céroplastie

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Modèles anatomiques en cire, La Specola, Florence, Italie

La céroplastie, ou céroplastique, est l'art de modeler la cire.

Elle se développe en tant que sous-discipline de l'anatomie avec les travaux de l'abbé sicilien Gaetano Zumbo, en particulier à compter du moment où il s'associe avec le chirurgien français Guillaume Desnoues. Son essor rapide la conduit à se transformer en proto-industrie à Bologne puis surtout Florence au milieu du XVIIIe siècle. Aidé par des artistes comme Clemente Susini, Felice Fontana y travaille pendant vingt ans à l'établissement de véritables collections qui deviennent une étape obligée des voyageurs de passage dans la ville. Puis, au XIXe siècle, portée par l'engouement de l'époque pour la monstruosité, la céroplastie bascule de la représentation du normal à celle du pathologique, ce qui entraîne finalement sa relégation aux champs de foire, où elle disparaît en tant que filière au début du XXe siècle, à l'exception notoire du musée du docteur Spitzner, dont les collections étaient encore visibles jusqu'au milieu des années 1970, notamment à la Foire du Midi à Bruxelles.

Parmi les céroplastes célèbres, on peut citer Clemente Susini, Caspar Bernhard Hardy et Jules Talrich.

Histoire des modeleurs parisiens[modifier | modifier le code]

Les modeleurs de cire, ou modeleurs anatomiques réalisaient des pièces anatomiques artificielles : le précurseur fut Jean-Baptiste Laumonier.

Guy aîné, précesseur de Vasseur. Il publia : Guy (aîné naturaliste), Anatomie en cire, anatomie humaine et comparée, phrénologie, histoire naturelle, 1845 : liste des modèles en cire que l'on pouvait voir chez lui.

la maison Tramond, créée vers le milieu du XIXe siècle au 9, rue de l'Ecole de Médecine, spécialisée dans les modèles anatomiques et ostéologiques. P. G. Tramond présenta aussi des bustes moulés sur des types ethniques divers, des squelettes d'animaux… Il travailla avec un dénommé Vasseur (Tramond successeur) 1877, contemporain de Talrich fils.

Louis Auzoux créa de nombreux modèles d’anatomie « clastique » (comportant des pièces démontables). La Maison Auzoux, reprise par la Veuve Auzoux (assistée d’un monsieur Montaudon) était installée 56, rue de Vaugirard et vendit de très nombreuses pièces très utilisées dans l'enseignement secondaire et supérieur (médecine humaine et vétérinaire).

Jules Baretta 40, rue Bichat (dans un angle du jardin de l’hôpital St-Louis) est connu pour des pièces d'anatomie en « pâte plastique » représentant les maladies de la peau. Elles étaient exposées au musée de l'hôpital. Baretta était autorisé à en faire des copies qu'il vendait, notamment à l'étranger, sans doute au musée créé par (en)Erasmus Wilson.

Jules Talrich, 1826-1904 « Modeleur de la faculté de médecine de Paris, » 97 bd St-Germain, réalisa des « modèles d'anatomie et travaux d'art en cire résistante et Staff-Peint ». Il possédait en outre une collection de cires artistiques : bas-reliefs (portraits, dont celui d'Adrienne Lecouvreur, qui pourrait être d'Antoine Benoist, des hauts-reliefs et des figurines.

On peut (ou on a pu) voir des cires anatomiques ici : musée Spitzner, Musée d'anatomie Delmas-Orfila-Rouvière, Musée Dupuytren, Musée d'histoire de la médecine (Paris)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Regard de l'anatomiste. Dissections et invention du corps en Occident, Rafael Mandressi, Éditions du Seuil, Paris, 2003.
  • Le Voyage d'Italie, dictionnaire amoureux (article "Zumbo", p. 663 à 666), Dominique Fernandez, Éditions Plon, Paris, 1997.

Voir aussi[modifier | modifier le code]