Cère (Landes)

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Cère
Cère (Landes)
L'église Saint-Martin de Cère.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Landes
Arrondissement Mont-de-Marsan
Intercommunalité Communauté de communes Cœur Haute Lande
Maire
Mandat
Michel Bareyt
2020-2026
Code postal 40090
Code commune 40081
Démographie
Population
municipale
412 hab. (2018 en augmentation de 0,24 % par rapport à 2013)
Densité 10 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 59′ 34″ nord, 0° 32′ 01″ ouest
Altitude Min. 42 m
Max. 99 m
Superficie 39,87 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Mont-de-Marsan
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Haute Lande Armagnac
Législatives Première circonscription
Localisation
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Cère

Cère est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département des Landes (région Nouvelle-Aquitaine).

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune de Cère est située dans la partie centrale du département des Landes, à 15 km au nord de Mont-de-Marsan et à 14 km au sud de Labrit, chef-lieu de canton et de la communauté de communes du Pays d'Albret à laquelle elle appartient. Composante des Petites-Landes, le territoire de Cère est limitrophe au nord du territoire du parc naturel régional des Landes de Gascogne, et au sud de la communauté d'agglomération de Mont-de-Marsan. C'est en ce sens que la position géographique de Cère est particulière : à cheval sur deux territoires opposés, elle se rapproche, en termes d'évolution territoriale, plus de Mont-de-Marsan que la plupart des autres communes de la communauté de communes du Pays d’Albret.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Cère et ses communes environnantes

Les sept communes limitrophes sont :

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Le territoire communal s'étend sur 3 987 hectares de l'espace forestier des Landes de Gascogne. La surface boisée à Cère est de 3 650 ha, soit environ 95 % de la surface communale, dont 930 sont propriété de la commune. L'altitude varie de 44 m aux abords de l'Estrigon, affluent droit de la Midouze, à près de 100 m d’altitude au nord-est du territoire.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Cère est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Mont-de-Marsan, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 101 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[5],[6].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (94,1 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (96,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (57,5 %), forêts (36,6 %), zones agricoles hétérogènes (2,6 %), terres arables (2,3 %), zones urbanisées (1,1 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

En 840, les Normands détruisent le village.

En 1361, Arnaud de Lescun soutient un procès contre les Clarisses de Mont-de-Marsan, relatif à certains droits seigneuriaux dans la paroisse. Ces mêmes Clarisses disputent à Poyferré de Cère, la légitimité du titre d'écuyer et de seigneur de Cère. Par arrêté de la Cour du 9 octobre 1777, elles sont déboutées[réf. nécessaire].

En 1569, les Huguenots pillent l'église et enlèvent tous ses ornements[8]. Ses ruines subsistent encore en 1866, année où la nouvelle église est bâtie, grâce à l’aide de Poyferré de Cère, par l'entrepreneur Fleuran et l'architecte Forignan, qui avait également conçu celle de Mugron. Les églises de Cère et de Mugron ont en effet le même clocher à quatre clochetons. Les vitraux de Cère sont créés par la Maison Goussard de Condom.

Jean-Marie de Poyferré de Cère (1768-1858) est connu à la fois comme parlementaire et agriculteur. En 1806, Napoléon Ier le nomme chef de l'établissement de mérinos dans les Landes. En 1808, Poyferré de Cère a en effet la mission de ramener d'Espagne, en vertu du traité de Bâle, les premiers moutons mérinos (au total 1200 seront sélectionnés) et de les acclimater au département des Landes. L'élevage de moutons mérinos n'a pas de lendemain : il s’avère inefficient. Ces bêtes ne peuvent résister au régime des maigres pâturages et l'on doit revenir à la brebis landaise. Inspecteur principal des Bergeries impériales, tel est le titre de l'initiateur qui paie, d’ailleurs, de ses deniers, son expérience désastreuse. À la pointe des combats incessants, il obtient du Parlement des mesures législatives en faveur de l'agriculture, qui ne sont pas restées sans lendemain, ouvrant ainsi une ère plus prospère au monde agraire. La colonne commémorative des Bergeries impériales est érigée dans le parc du château de Cère.

Commune essentiellement sylvicole, une exploitation sidérurgique tente un effort d'implantation localement, vers 1874, mais l'usine ne fonctionne que peu de temps.

En 1920, il y a encore sur l'Estrigon un moulin typique. Faute de rentabilité, ce dernier disparaît. Ses vestiges sont visibles dans un site fort pittoresque, à mi-chemin entre Cère et Brocas-les-Forges. On l’appelait le « Moulin de Caillaou ». À « Caillaou », existent aussi les vestiges de l’ancienne forge de Cère.

Le matin du , les troupes d'occupation allemandes ayant quitté Mont-de-Marsan font halte sur la route nationale no 651, près de la gare de Uchacq-et-Parentis, tandis que des éléments de l'arrière garde achèvent de faire exploser les dépôts de munitions en bordure de voie ferrée. La route sur Brocas-les-Forges est barrée par des arbres abattus, et les côtes des « Claous » se prêtant à la guérilla, sont tenues par le groupe du lieutenant Gailhac, de Labrit avec neuf FFI armés de mitraillettes et de grenades. Le groupe Croharé, d'abord échelonné sur la route de Sabres, est vite transporté en camion aux approches du Pont de Cère ; 34 FFI sont présents. Il est 10 h. Les Allemands ont achevé la destruction des dépôts de munitions et sont déjà installés dans le village, occupant des points stratégiques : plateau du château de Rivoyre, pavillon de Camparrouy, place de l'église où s'installent des ambulances, tandis que des camions s'étirent sous les arbres en bordure de chemins. À 12 h, on laisse croire à l'ennemi que les Américains, maîtres de Bordeaux, descendent vers Mont-de-Marsan avec des forces blindées importantes, tandis que des milliers de FFI se concentrent à Mont-de-Marsan. Cette nouvelle arrive aux oreilles du commandant Bauer qui dispose immédiatement ses troupes pour une attaque éventuelle. Pendant ce temps, le capitaine Croharé demande des renforts à Mont-de-Marsan. Il n'en reçoit pas malgré la promesse faite. Ainsi donc, 34 FFI au pont de Cère et 9 aux côtes de Claous reçoivent la mission de tenir en échec une masse de 900 soldats allemands. Le couvre-feu est ordonné à 18 h : toute personne rencontrée en dehors de sa maison sera fusillée sans avertissement.

Les enfants sont éloignés dans la forêt ; les jeunes gens de la résistance, sans arme, assurent les liaisons avec les groupes de FFI, les ravitaillent, se renseignent. À 16 h, les premiers coups de feu éclatent, et aussitôt, c'est le combat. Les Allemands font pleuvoir dans la direction du pont de Cère un déluge de mitraille ; canons de D.C.A., mitrailleuses lourdes et légères, canons antitanks, mitraillettes, fusils, grenades entrent en danse. Le combat dure jusqu'à h du matin.

Le groupe Gailhac prévenu, quitte les « Claous », longe l'Estrigon et vient jusqu'au pont de Cère appuyer ses camarades. La troupe se trouve encerclée, et la seule mitrailleuse lourde dont dispose le groupe Croharé ne peut envoyer une seule rafale. Il faut encore se replier, longer l'Estrigon, s'appuyer aux fermes des Petit et Grand Gahéra, Petit Hazères. Les pièces de D.C.A. tonnent et incendient les granges, brûlant en quelques instants bêtes, matériel agraire, fourrage, grain, etc. Pendant ce temps, un FFI du groupe Croharé, le chasseur Gilbert Benay, 22 ans, domicilié à Libourne, est légèrement blessé par des éclats d'obus à la cuisse et l'épaule. Il essaie de suivre ses camarades et parvient à se réfugier à la ferme du Moulin, se cache dans le grenier après avoir été soigné par les résistants de Cère. Les allemandes l'ont vu, bondissent, font claquer leurs pistolets dans la maison, mettent la main sur le blessé, tenant pour terroristes les cinq petits maquisards de Cère qui ont aidé Benay, et les obligent à le transporter sur une brouette jusqu'au village, devant l'école. Le soldat est laissé là, sur la brouette, pendant plus de deux heures. L'instituteur est à son tour arrêté. Enfin Benay est transporté près du cimetière ; les résistants de Cère faits prisonniers doivent creuser la tombe. Le blessé déclare qu'on n'a pas le droit de le fusiller, car les prisonniers allemands faits par les FFI sont épargnés ; il est catholique et demande à mourir en chrétien et dit « Je meurs pour la France et je suis fier d'avoir combattu pour elle ». Treize fusils le mettent en joue. Benay s'écroule ; le coup de grâce lui est donné par un sous-officier. Ses cinq camarades lui ferment les yeux, puis sont placés à leur tour au poteau d'exécution pendant de longues minutes. Les allemands les enferment ensuite dans l'église toute la nuit, leur laissant croire qu'ils seront fusillés à l'aube.

Le lendemain, le soldat français assassiné repose dans le cimetière après avoir été mis en bière. À une heure du matin, les Allemands, se croyant toujours encerclés, font éclater des rafales dans toutes les directions et tuent un des leurs. À h, la fusillade cesse. Il faut fuir à tout prix. La route vers Brocas, momentanément dégagée, la colonne s'ébranle lentement, abandonnant sur le champ de bataille camions, charrettes, chevaux, armes, munitions, vivres, vêtements, de quoi remplir plusieurs camions et emportant 10 morts et plusieurs blessés.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
         
    Édouard Poyferré de Cère    
         
1995 2001 Joseph Mouchez   Retraité
mars 2001 2008 Jean-Pierre Fontan   Enseignant
mars 2008 2014 Dominique Cazaux   Fonctionnaire territorial
mars 2014 mai 2020 Jean-Pierre Fontan DVG[9] Retraité de l'enseignement
mai 2020[10] En cours Michel Bareyt    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[11]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[12].

En 2018, la commune comptait 412 habitants[Note 3], en augmentation de 0,24 % par rapport à 2013 (Landes : +3,31 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
500427438421497461445452502
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
544597553512529468461450436
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
426410442384357347306282273
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
249254225258279274383399407
2017 2018 - - - - - - -
411412-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Voies[modifier | modifier le code]

87 odonymes recensés à Cère
au 29 décembre 2013
Allée Avenue Bld Chemin Clos Impasse Passage Place Quai Rd-point Route Rue Square Villa Autres Total
0 0 0 4 [N 1] 0 0 0 0 0 0 10 4 [N 2] 0 1 [N 3] 68 [N 4] 87
Notes « N »
  1. Chemin de Lartigue, chemin de Saint-Avit, chemin départemental 651, chemin du Moulin.
  2. Rue de l'Écureuil, rue des Prairies, rue du 21-Août-1944, rue Gilbert-Benay.
  3. Villa Sainte Eutrope.
  4. Autres voies non identifiées en relation avec des écarts, lieux-dits, hameaux, zones industrielles, lotissements, résidences, quartiers, etc.
Sources : rue-ville.info & annuaire-mairie.fr & OpenStreetMap

Édifices et sites[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Martin de Cère.
  • Fronton de Cère.
  • Four à pain.
  • Château de Cère. Édifié au XVIIIe siècle par la famille de Poyferré, seigneur et baron de Cère[15].

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes et cartes[modifier | modifier le code]

  • Notes
  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.
  • Cartes
  1. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 18 avril 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Carte IGN sous Géoportail
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 28 mars 2021).
  3. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le 28 mars 2021).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 28 mars 2021).
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le 28 mars 2021).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 28 mars 2021).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statitiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 18 avril 2021)
  8. Voir : Guerres de religions dans les Landes
  9. « Résultats municipales 2020 à Cère », sur Le Monde.fr (consulté le 1er juillet 2020).
  10. « Michel Bareyt, nouveau maire de Cère », Sud Ouest édition Dordogne/Lot-et-Garonne, , p. 30.
  11. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  12. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  15. « Château de Cère », sur visites.aquitaine.fr (consulté le 23 septembre 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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