Burning (film)

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Burning
Description de cette image, également commentée ci-après
L'équipe du film au festival de Cannes 2018.

Titre original 버닝
Réalisation Lee Chang-dong
Scénario Lee Chang-dong
Oh Jung-mi
Acteurs principaux
Sociétés de production Pinehouse Film
Now Film
NHK
Pays d’origine Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
Genre thriller dramatique
Durée 148 minutes
Sortie 2018

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Burning (hangeul : 버닝 ; RR : beo-ning, littéralement « Brûlant ») est un thriller dramatique sud-coréen coécrit et réalisé par Lee Chang-dong, sorti en 2018. Il s'agit de l'adaptation de la nouvelle Les Granges brûlées (納屋を焼) de Haruki Murakami (1983)[1],[2], lointainement inspirée de L'Incendiaire (Barn Burning) de William Faulkner (1939)[3].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Jongsu, un jeune homme emprunté et plutôt introverti, travaille à Séoul comme livreur à mi-temps. Au cours d'une livraison, il croise sans la reconnaître Haemi, une ancienne voisine et camarade de classe, devenue animatrice d'événements commerciaux à Séoul. Elle l'identifie (ils sont originaires du même patelin : Paju, non loin de Séoul) et à son initiative, ils refont rapidement connaissance. Il a fini ses études, fait son service militaire et veut devenir écrivain; elle apprend la pantomime et veut devenir actrice. Ils se revoient et bientôt couchent ensemble dans le petit studio où elle vit avec son chat. Presque immédiatement après, elle informe Jongsu qu'elle s'apprête à partir en voyage en Afrique noire et lui demande de bien vouloir nourrir son chat en son absence.

Jongsu retourne à la ferme familiale à Paju (tout près de la frontière avec la Corée du Nord), ferme dont il doit s'occuper (il reste notamment un veau), car son père vient d'être emprisonné pour "faits de violence" envers un policier (il lui a lancé une chaise dessus et lui a amoché le bras) et doit passer en jugement. Utilisant la camionnette de son père, il se rend régulièrement dans le studio de Haemi pour nourrir le chat Choffo, sans jamais le voir cependant, et il s'y masturbe à chaque fois, obnubilé par le souvenir de la jeune fille (qui est probablement son premier amour).

Haemi lui téléphone pour qu'il vienne l'attendre à l'aéroport. Mais au désappointement de Jongsu, Haemi rentre de son voyage en compagnie de Ben, un Coréen un peu plus âgé qu'elle, mais beau, très à l'aise, qu'elle a rencontré à l'aéroport de Nairobi. Le trio part manger dans un restaurant; au cours du repas Haemi décrit un coucher de soleil sur le Kalahari qui lui a brisé le coeur et fond en larmes, ajoutant qu'elle souhaiterait pouvoir disparaître ainsi. Jongsu observe et écoute. Ben semble surpris par les larmes de la jeune fille, indiquant qu'il n'a plus jamais pleuré depuis sa petite enfance. Pendant le repas, Ben a passé un coup de fil et une relation lui a ramené sa Porsche Carrera et l'a garée devant le restaurant. Au sortir de celui-ci, Haemi a le choix entre être ramenée chez elle par Jongsu (et la vieille camionnette agricole de son père) ou par Ben et sa luxueuse Porsche. Elle rentre avec Ben et Jongsu, sûrement humilié, ne peut que s'incliner : il est pauvre, Ben est riche.

Lors d'une seconde soirée passée dans un quartier chic de Séoul avec les amis de Ben, Haemi raconte un autre souvenir de voyage : une danse des "bushmen" sur la recherche du sens de la vie, puis elle en fait la démonstration candide devant toute la tablée des amis de Ben, lequel exprime son ennui ou sa gêne en baillant discrètement. Tous vont ensuite danser frénétiquement aux rythmes d'aujourd'hui dans une boite chic et branchée.

Jongsu est plongé dans son travail quotidien à la ferme, quand Haemi l'appelle à l'improviste pour lui dire que Ben et elle sont en route pour chez lui. Il a à peine le temps de se changer que le couple (?) arrive à bord de la Porsche. Jongsu les reçoit dans la cour de la ferme et les trois jeunes gens y passent une soirée à boire, discuter, grignoter, fumer du cannabis (tout ça apporté par Ben) et une atmosphère troublante s'installe assez vite. Après avoir partagé un joint offert par Ben, Haemi danse poitrine nue devant les deux garçons, et elle s'endort peu après. Les deux jeunes hommes l'installent à l'intérieur sur un canapé puis retournent discuter dans la cour seul à seul. Jongsu parle de son père colérique et révèle à Ben qu'il aime Haemi. Celui-ci se contente d'en rire silencieusement, puis révèle à Jongsu qu'il pratique un étrange passe-temps : brûler tous les deux mois environ une de ces serres recouvertes de plastique qui pullulent dans la campagne et la défigurent. Ben précise même que la serre, qu'il projette de faire flamber dans les prochains jours, est vraiment toute proche de chez Jongsu.
Un peu plus tard, la nuit étant bien tombée, les deux invités surprises repartent en Porsche, Haemi quittant Jongsu sans un salut, après que celui-ci lui a reproché d'avoir, durant la soirée, dansé devant eux poitrine nue "comme font les putains".

Les jours suivants, Jongsu tente à plusieurs reprises de la joindre sur son portable sans y parvenir : elle est toujours sur répondeur, sauf une fois où Jongsu semble distinguer des bruits de course et de lutte, sans qu'aucune parole ne soit prononcée. Parallèlement, Jongsu, obsédé par l'annonce faite par Ben d'incendier très prochainement une serre toute proche de sa ferme, sillonne le voisinage jour après jour, en camionnette ou en courant, sans jamais trouver une seule serre récemment détruite par le feu.

Mais le silence de Haemi se prolonge et Jongsu se met à sa recherche. Il passe successivement à son studio (dont le code d'entrée a été changé, si bien qu'il ne peut y pénétrer), s'inquiète de sa disparition auprès de la gardienne de l'immeuble (qui, finalement, lui ouvre le studio, qu'il retrouve "débarrassé" du chat et rangé de façon complètement impersonnelle, comme si on avait voulu y effacer la présence de la jeune femme), puis questionne ses collègues de travail (ou la "chef-animatrice"). Il interroge également le professeur dispensant les cours de pantomime que Haemi prenait régulièrement, et enfin la proche famille de celle-ci (sa mère et sa soeur qui tiennent ensemble un petit restaurant, probablement à Paju).
Il ressort de cette espèce d'enquête que personne n'a de nouvelles récentes de Haemi et qu'elle semblait endettée et très seule.

Jongsu se tourne alors vers Ben pour savoir ce qu'elle est devenue. Celui-ci lui présente sa nouvelle petite amie et affirme ne pas avoir de nouvelles de Haemi qui se serait, dit-il avec désinvolture, "évaporée" (comme de la fumée). De plus en plus soupçonneux vis à vis de ce "Great Gatsby" coréen, Jongsu entreprend de filer Ben dans ses déplacements en voiture... sans rien trouver de significatif. Mais comme il insiste dans sa filature, Ben finit un soir par le surprendre, alors qu'il stationne dans sa camionnette en bas de son immeuble et toujours très à l'aise et souriant, il l'invite à monter chez lui où il organise justement pour ses amis un pot qui doit démarrer incessamment, dans une petite demi-heure.
Dans le grand appartement hyper-design de Ben, Jongsu, se rendant aux toilettes (spacieuses et luxueuses) y découvre une première trace de Haemi : sa montre rose (montre que Jongsu avait gagnée, au tout début de l'histoire, dans une loterie animée par la jeune fille, montre qu'il lui avait spontanément offerte puisque c'était une montre pour femme et qu'elle portait depuis) qu'il trouve dans un tiroir, parmi d'autres bijoux féminins dépareillés. Surtout, lorsque le chat du lieu s'échappe dans le parking, Jongsu parvient à le récupérer en ayant l'idée de l'appeler "Choffo", ce qui convainc le chat de venir à lui, alors qu'un peu avant, Ben le lui avait présenté comme un chat errant qu'il venait juste d'adopter et à qui il n'avait pas encore donné de nom. Ces deux éléments ou indices (la montre, le chat) confirment tous les soupçons de Jongsu à l'endroit de Ben, et une question l'assaille : la serre toute proche de chez Jongsu que Ben devait brûler ou détruire, était-ce une serre ou... une jeune fille, en l'occurrence Haemi ? Ben est-il un incendiaire multi-récidiviste comme il s'en était vanté ce dernier soir passé à trois dans sa ferme ou... un serial killer ?

Jongsu va se révéler sujet, comme son père, aux explosions de colère. Le lendemain, après avoir donné rendez-vous à Ben dans un endroit isolé, Jongsu le poignarde à mort, le réinstalle tout sanglant dans sa Porsche, vide sur celle-ci le contenu d'un bidon d'essence et le fait flamber avec sa voiture.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Information icon with gradient background.svg Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse et développement[modifier | modifier le code]

Le projet sur l'adaptation des nouvelles de Haruki Murakami commence en . Il est retardé suite à un conflit entre l'écrivain et la production NHK qui détient les droits d'auteur[1],[6],[7].

L'histoire est adaptée de la nouvelle Les Granges brûlées (納屋を焼), que l'on retrouve dans le recueil L'éléphant s'évapore (象の消滅) de Haruki Murakami — édité deux fois en France, aux Éditions du Seuil en 1998 et aux Éditions Belfond en 2008[2]. Au Festival international du film de Busan en , le réalisateur Lee Chang-dong précise que « c'est une histoire de jeunes gens de nos jours. Quand ils pensent à leur vie et au monde, cela doit faire un mystère »[1],[7]. En , la production révèle qu'elle n'a fait qu'apporter le motif original[8].

Distribution de rôles[modifier | modifier le code]

Kang Dong-won et Yoo Ah-in seraient, dès 2016, pressentis pour participer au film, sauf que les médias n'en sont pas avertis[6].

Le , Yoo Ah-in est engagé pour interpréter le rôle de Jong-soo, un jeune homme cherchant à résoudre le mystère de la disparition de la jeune femme qu'il aime[9],[10].
Trois jours après, Jeon Jong-seo est pressentie pour le rôle de Hae-mi, la jeune femme dont Jong-soo tombe amoureux ; sa participation au film est confirmée par la presse le 14 septembre[11],[12],[13].
Le 20 du même mois, on apprend que Steven Yeun fait également partie du casting du film et qu'il y tient le rôle du mystérieux Ben[14].

Tournage[modifier | modifier le code]

Lee Chang-dong et l'équipe du tournage débutent leurs prises de vues le , et les achèvent le à Paju dans la province du Gyeonggi[15].

Accueil[modifier | modifier le code]

Festival et sorties[modifier | modifier le code]

Premier film réalisé par Lee Chang-dong en huit ans[1], Burning est sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes qui a lieu en [4],[16]. Il s'impose comme l'un des grands favoris de la critique[17],[18],[19] mais n'est pas au palmarès dont on blâme l'oubli[20]. Il remporte néanmoins le Prix FIPRESCI.

En Corée du Sud, il sort le en avant-première dans les salles[5]. Quant à la France, il est prévu le .

Critiques[modifier | modifier le code]

Serge Kaganski des Inrockuptibles souligne que c’est « admirablement mené, photographié, mis en musique, laissant toujours planer une part d'incertitude, Burning nous hante longtemps après la projection »[21] et Yannick Vely du Paris Match prévient que « le film dure 2h30 mais il a le même effet d'un grand roman : on ne peut s'empêcher d'en tourner vite les pages pour arriver au dénouement final »[22].

Box-office[modifier | modifier le code]

Au premier jour de sa sortie nationale en Corée du Sud, Burning se place au second rang du box-office sud-coréen avec 52 324 spectateurs au total[23].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) Sonia Kil, « Lee Chang-dong Lights Up Haruki Murakami Adaptation Burning », sur Variety, (consulté le 12 avril 2018).
  2. a, b et c Vincy Thomas, « Une nouvelle d'Haruki Murakami bientôt au cinéma », sur Livres Hebdo, (consulté le 12 avril 2018).
  3. (en) « Top 100 Most Anticipated Foreign Films of 2018: #12. Lee Chang-dong's Burning », sur Ion Cinema, .
  4. a et b (en) Charles Barfield, « Burning Teaser: Filmmaker Lee Chang-dong Is Back With His First Film In 7 Years », sur The Playlist, (consulté le 12 avril 2018).
  5. a et b (en) Park Jin-hai, « Lee Chang-dong's Burning to hit screens », sur The Korea Times, (consulté le 12 avril 2018).
  6. a et b (en) Pierce Conran, « EE Chang-dong Announces New Project at BIFF », sur KOFIC, (consulté le 12 avril 2018).
  7. a et b (ko) TongTongTv 통통영상, « 이창동·허우 샤오시엔·고레에다 히로카즈 '아시아 영화 거장의 만남' (부산국제영화제, BIFF, 아시아영화의 연대를 말하다) [통통영상] », sur YouTube,‎ (consulté le 12 avril 2018).
  8. (ko) « [MD픽]유아인 ‘버닝’, 하루키 원작 ‘헛간을 태우다’는 어떤 내용인가 », sur Mydaily,‎ (consulté le 12 avril 2018).
  9. (ko) « 이창동 신작 '버닝' 유아인 출연 확정…9월 크랭크인[공식] », sur The Daily Sports,‎ (consulté le 12 avril 2018).
  10. (en) Bae Seung-hoon, « Yoo Ah-in joins cast of Lee Chang-dong film », sur Korea Joongang Daily, (consulté le 12 avril 2018).
  11. (en) Bae Seung-hoon, « Director Lee to release Burning next year », sur Korea Joongang Daily, (consulté le 12 avril 2018).
  12. (ko) « [공식] 신예 전종서, 이창동 신작 '버닝' 파격 캐스팅…유아인과 호흡 », sur The Sports Chosun,‎ (consulté le 12 avril 2018).
  13. (en) Pierce Conran, « Newcomer Jeon Jong-seo Joins Yoo Ah-in on Lee Chang-dong Project », sur KOFIC, (consulté le 12 avril 2018).
  14. (en) « [SBS Star] Steven Yeun to Join Yoo Ah-in's Burning », sur SBS Star, (consulté le 12 avril 2018).
  15. (en) « In Production, Burning », sur KOBIZ (consulté le 12 avril 2018).
  16. KST, « «Burning» de Lee Chang-dong choisi en sélection officielle à Cannes », sur Yonhap, .
  17. « Cannes 2018 - Burning de Lee Chang-dong : et si c'était la Palme d'or ? », sur Télérama,
  18. « Burning tops Screen's final 2018 Cannes jury grid with record score », sur Screen International,
  19. « Tableau final des étoiles de la critique », sur Le Film Français
  20. « Les films qui auraient dû être palmés à Cannes (les coups de cœur du "Masque & la Plume") », sur France Inter,
  21. Serge Kaganski, « Cannes 2018 : "Burning" de Lee Chang-dong, autre sérieux postulant à la Palme », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 21 mai 2018).
  22. Yannick Vely, « Burning de Lee Chang-dong - la critique - Festival de Cannes », sur Paris Match, (consulté le 21 mai 2018).
  23. (en) « Korean film, news, actor, movie, cinema, location & Korean Film Archive », sur Korean Film Biz Zone, (consulté le 21 mai 2018).

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]