Bureaux de sécurité et de prévoyance

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Bureaux de sécurité et de prévoyance ou les « BSP », étaient l’extrême cellule de base de la police politique secrète de la Sécurité militaire algérienne entre 1965 et 1988[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Mission[modifier | modifier le code]

C'est l'œil de l’État - FLN au cœur des entreprises nationales, syndicats, administrations, associations, université, médias, etc.

Dès le Coup d’État du 19 juin 1965, le colonel Boumédiène a mis sur pied un filet policier serré autour de la population pour parer efficacement à toute « déviance » politique et débusquer tout esprit rebelle à l'idéologie officielle. La très puissante et redoutée Sécurité militaire « SM » bras séculier de l'armée, avait besoin de relais au sein de la société civile pour tenir cette dernière bien en main. La fonction créant l'organe, la « SM » mit sur le pied les « BSP » (Bureaux de sécurité et de prévoyance)[2].

Structure[modifier | modifier le code]

Ses employés rendaient fidèlement et directement compte de tout ce qui s'y passait (menus faits comme grosses tensions, conversations et état d'esprit des uns et des autres), à un agent de la Sécurité militaire responsable, lui, d'une sorte de cellule mère officiellement installée au siège des différents ministères de tutelle. Cette toile d'araignée a efficacement fonctionné pendant plus de deux décennies jusqu'à la grande secousse d'octobre 1988, prélude à l'ouverture « démocratique » du régime.

L'agent civil de la Sécurité militaire, chargé du mouchardage de ses collègues, trié sur le volet en fonction des classiques critères d'allégeance et d'obéissance, n'était pas rémunéré pour ses bons et loyaux services. Seul apparemment comptait pour lui le fait d'être un des éléments, si minime soit-il, du système, ce qui lui permettait de bénéficier des innombrables passe-droits tirés de cette corruption d'influence qui a caractérisé les régimes de Boumédiène et Chadli Bendjedid. À ne pas négliger non plus, l'inexprimable sentiment de ne pas avoir à subir le poids oppressant de la machine répressive, étant l'un de ses infimes rouages. Connu de tous, le titulaire du bureau de sécurité et de prévoyance (qui prit rapidement le nom de sa raison sociale : « BSP ») avait ses entrées à la direction, s'occupait en sous-main de la section syndicale de l'UGTA et de la cellule FLN de l'entreprise, espionnait, rapportait, bloquait ou, au contraire, favorisait les promotions professionnelles, contrôlait tout le monde, y compris ses supérieurs hiérarchiques. Flatté ouvertement mais haï en secret, il n'avait de comptes à rendre à personne honnis à son mandant de la « SM », dont il recevait quotidiennement instructions et orientations[3].

Dissolution et l'ouverture « démocratique »[modifier | modifier le code]

Lorsque les « BSP » sont tombés en désuétude après l'explosion d'octobre 1988, les langues se délièrent et les Algériens s'aperçurent avec effroi que le « BSP » officiel n'était en fait pas le plus à craindre. Machiavéliquement, en effet, l'État avait désigné des sous-traitants, en quelque sorte, autrement plus dangereux. Les vrais policiers de base du système étaient en effet anonymes, confinés dans l'ombre; il s'agissait souvent d'amis et de confidents dont il semblait impensable de se méfier.

Les « BSP » ont été dissous en 1989, juste après l'instauration du multipartisme en Algérie.


Notes et références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. Le français en Algérie Édition Duculot, Bruxelles. 2002
  2. Youcef Zirem, Algérie - la guerre des ombres. Coédition GRIP - Édition Complexe, 2002.
  3. Miloud Zaater, L'Algérie de la guerre à la guerre (1962-2003), Edition L'Harmattan. 2004

Liens internes[modifier | modifier le code]