Bureau d'affrètement

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Le bureau d'affrètement ou bourse d'affrètement organisait les opérations de transport fluvial de marchandises pratiqués par la batellerie Artisanale.

Présentation[modifier | modifier le code]

Gérés par l'Office National de la Navigation (ONN) les bateaux y étaient classés dans l'ordre chronologique de leur disponibilité. Les offres de transports étaient affichées par destinations sur un tableau mural avec la qualité de la marchandise, le tonnage,le prix de fret et les dates de mises à quai. A l'appel du nom du bateau le marinier pouvait accepter ou refuser un des transports proposés. On passait ensuite au suivant. Les séances avaient lieu plusieurs fois par semaine et tous les jours dans les ports de mer comme Le Havre, Dunkerque et Rouen. Les bureaux d'affrètements ont été créés après les grandes grèves de 1936. Auparavant, les mariniers devaient se rendre dans les bistrots où se traitaient les accords avec le courtier ou le rabatteur qui était souvent le patron du café. Il était coutumier de devoir concrétiser avec "un dessous de table" que l'on remettait au courtier en plus de sa commission. Ces pratiques ont abouties par une ségrégation car le courtier avait ses préférences envers certains mariniers plus généreux ce qui, en période sèche, privilégiait les "favoris", laissant de côté les autres. Il n'était pas rare d'être 3 voir 6 mois sans un fret ce qui conduisit beaucoup de mariniers à trouver un travail à terre et à cause de cette situation difficile, des conflits très virulents débouchèrent sur des grèves. Devant cette détermination, l'Etat créa les bureaux d’affrètements, permettant ainsi une vue générale sur l'ensemble des transports offerts avec une juste répartition et des tarifs réglementés. Ils ont géré le transport fluvial pendant plus de 60 ans jusqu'au Traité de Maastricht qui a rendu le marché libre en l'an 2000 ce qui eut pour conséquence la suppression de ces établissements avec une baisse conséquente des prix de transports. Le manque à gagner est compensé par une augmentation du tonnage et une rotation plus soutenue sur les canaux à grand gabarit. La réduction importante des effectifs par le plan de déchirage des années 80 conduit à une cale réduite de 7400 actifs en 1974 à environ 750 en 2015 mais avec une progression des automoteurs de fort tonnage de 1200T à 3000T sur les grands axes comme la Seine et le Rhône.