Bullshit

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Bullshit est une expression d'anglais américain qui signifie littéralement « merde de taureau » ou « merde de bison ». Elle est l'équivalent de « foutaises », ou « conneries ». En tant qu'interjection, elle sert à dénoncer un mensonge ou une exagération et la traduction la plus juste serait « ce sont des foutaises », « ce sont des conneries »[1] dans la plupart des cas. Bullcrap en est une version plus modérée. Ces expressions s'emploient aux États-Unis.

Philosophie[modifier | modifier le code]

Selon Harry Frankfurt[2], le bullshit se distingue à la fois du mensonge et de la vérité, en ceci que ni l'un ni l'autre n'ont d'importance dans les conneries : le mensonge implique une intention délibérée de cacher la vérité, tandis qu'un bullshiteur[Quoi ?] pourrait prêcher indifféremment le vrai ou le faux, à partir du moment où cela sert ses intérêts, sans que cela ne l'implique émotionnellement ou intellectuellement. Harry Frankfurt souligne que sous ce terme dédaigneux se cache en fait un « trait culturel saillant » de la société contemporaine, que la majorité du discours est en fait du bullshit : des données non-vérifiées, mal interprétées, mal formulées, parfois vraies, parfois fausses, étendues sans aucune rigueur et à profusion, emportant une conviction inébranlable parce que dénuée de toute base réelle.

Principe d'asymétrie des idioties[modifier | modifier le code]

Le principe d'asymétrie des idioties ou loi de Brandolini[3], plus connu sous sa dénomination originale de bullshit asymmetry principle, formulé publiquement pour la première fois en janvier 2013 par Alberto Brandolini, un programmeur italien[4], énonce que :

« La quantité d'énergie nécessaire pour réfuter des idioties est supérieure d'un ordre de grandeur à celle nécessaire pour les produire. »

Il en ressort que la désinformation a un avantage important, rétablir la vérité étant particulièrement coûteux.

Cette locution a été rendue célèbre après qu'une photo montrant une diapositive d'une présentation par Brandolini à XP2014, le , a été postée sur Twitter[5].

Une réflexion similaire avait été formulée par le passé, mais elle se concentrait davantage sur la vitesse de propagation que sur l'idiotie, alors que le propos de Brandolini s'intéresse à la difficulté de réfuter[6].

Ce principe est l'une des raisons pour lesquelles il ne faut pas renverser la charge de la preuve.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire Collins
  2. De l'art de dire des conneries, cité par Niall McLaren dans Psychiatry as bullhit.
  3. (en) « Brandolini’s law », sur Ordre spontané on blogspot (consulté le 1er mars 2015) : « Here is what seems to be the very first appearance of what must, from now on, be known as the Brandolini’s law. »
  4. (en) Alberto Brandolini, « Bullshit Asymmetry Principle - Twitter », sur Twitter (consulté le 1er mars 2015).
  5. (en) Tim Farley, « Bullshit asymmetry principle », sur Twitter (consulté le 1er mars 2015).
  6. (en) « Brandolini’s law », sur Ordre spontané on blogspot (consulté le 1er mars 2015) : « it’s not that much about the speed of dissemination of bullshit but rather about the inherent difficulty to refute bullshit ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-François Marmion, Psychologie de la connerie, Éditions sciences humaines, 2018
  • Carlo Cipolla, Les lois fondamentales de la stupidité humaine, Editions PUF, 2012

Articles connexes[modifier | modifier le code]