Bulle du carbone

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Représentation de la bulle du carbone : l'utilisation des réserves connues d'énergies fossiles émettrait 2 795 milliards de tonnes de CO2 alors que la limite de 565 milliards de tonnes ne devrait pas être franchie pour espérer limiter le réchauffement climatique à 2 °C (Carbon Tracker Initiative, 2013).

La bulle du carbone est une notion récente renvoyant à une perte massive de la valeur des investissements dans les combustibles fossiles à la suite des accords et mesures à l'échelle mondiale visant à limiter le réchauffement climatique à un seuil précis (comme celui de 1,5 °C par rapport au climat préindustriel).

Un tel objectif ne concède à l'humanité qu'une allocation de 886 milliards de tonnes de CO2 à émettre entre les années 2000 et 2050 : soit seulement 20 à 25 % des réserves connues (sans parler de celles restant à découvrir) de combustibles fossiles peuvent être utilisées, le reste devant rester sous terre.

Historique[modifier | modifier le code]

En 2008, le climatologue James Hansen et ses collaborateurs (Administration américaine de l'aéronautique et de l'espace) publie un article scientifique montrant que, si on veut préserver les conditions qui ont permis le développement de la civilisation, la concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère devrait être réduite à 350 parties par million au maximum[1] (la moyenne était de 400 parties par million en 2015[2]).

En 2009, un article publié par Malte Meinshausen et ses collaborateurs dans la revue scientifique Nature analyse qu'il ne faut pas émettre plus de 1 000 gigatonnes de dioxyde de carbone entre 2000 et 2050 pour avoir 75 % de chances de limiter le réchauffement climatique à 2 °C[3]. Cela est considéré comme une avancée importante, dans la mesure où c'est la première fois que le problème climatique est posé sous forme de « budget carbone » à ne pas dépasser[4].

Cette publication sera suivie du rapport Carbone non exploitable : les marchés financiers portent-ils une bulle carbone de Carbon Tracker Initiative, relayé notamment Bill McKibben[4],[5]. Ce rapport met en évidence que les réserves connues d'énergies fossiles correspondent à l'émission de 2 795 milliards de tonnes de CO2.

Description[modifier | modifier le code]

Les industries fossiles ont valorisé en bourse des réserves qui, selon les objectifs internationaux, ne devraient pas être extraites et utilisées[4]. D'un point de vue financier, cela signifie que les réserves restantes sont des actifs voués à perdre toute valeur, représentant environ 28 000 milliards de dollars. Cette perte de valeur serait en quelque sorte équivalente à l'éclatement d'une immense bulle, d'où le choix de cette expression (« bulle du carbone »).

Il s'agit d'un des aspects du risque carbone. Par ailleurs, en plus des raisons éthiques et légales, la bulle du carbone est une des motivations avancées pour le désinvestissement des énergies fossiles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. James Hansen, Makiko Sato, Pushker Kharecha, David Beerling, Robert Berner, Valerie Masson-Delmotte, Mark Pagani, Maureen Raymo, Dana Royer et James Zachos, « Target Atmospheric CO2: Where Should Humanity Aim? », The Open Atmospheric Science Journal, volume 2, pages 217-231, 2008. C'est cette limite qui est à l'origine du nom de l'organisation 350.org.
  2. « Les émissions de CO2 sont toujours trop élevées », Le temps, lundi 14 novembre 2016 (page consultée le 14 novembre 2016).
  3. Malte Meinshausen, Nicolai Meinshausen, William Hare, Sarah Raper, Katja Frieler, Reto Knutti, David Frame and Myles Allen, « Greenhouse-gas emission targets for limiting global warming to 2°C », Nature, volume 458, pages 1158-1163, 2009.
  4. a b et c Article « Histoire de la bulle carbone », La revue durable, numéro 55 (intitulé « Libérons-nous des énergies fossiles ! »), août 2015, pages 36-39.
  5. (en) Carbon Tracker Initiative, Unburnable Carbon : Are the world’s financial markets carrying a carbon bubble?, (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]