Building Information Modeling

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Building Information Modeling, Building Information Model (BIM) ou dans sa transcription française Modélisation des données du bâtiment (MIB)[1], Bâti et informations modélisés[2], modèle d’information unique du bâtiment,ou encore Maquette numérique du Bâtiment (MNB), est une technologie et des processus associés pour produire, communiquer et analyser des modèles de construction (Eastman, 2011). Le BIM se définit à la fois comme :

  • un processus de gestion et de production de données ;
  • un modèle unique du bâtiment ;
  • un logiciel parce qu’il fonctionne en intégrant une série de logiciels.

Bien que le BIM facilite la faisabilité de projets conçus de bâtiments, il n'aide pas la qualité de la conception architecturale, environnementale, économique et urbaine dans des phases en amont des projets. Il s'agit plutôt d'un ensemble d'outils (processus, modèle, logiciel) visant à orienter la mise en œuvre vers certains procédés et à faciliter la communication autour d'un projet de construction.

Définition[modifier | modifier le code]

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En général, cette maquette est affichée dans un logiciel de modélisation dynamique utilisant les trois dimensions, afin d'augmenter la productivité dans la faisabilité des projets de bâtiments et leurs constructions. Le processus produit le Building Information Model (BIM en abrégé), qui englobe la géométrie de la construction, les relations spatiales, les informations géographiques, les quantités ainsi que les propriétés des éléments de construction. Le BIM ainsi créé lors du processus de projet du bâtiment pourrait être utilisé lors de son exploitation mais aussi lors de sa démolition (aspects structurels, empreinte écologique des matériaux, réutilisation, etc.).

Lors de sa conception, un bâtiment passe par différentes étapes. Sur un processus traditionnel, une quantité d'informations importantes est perdue entre chaque étape car en général les acteurs ne sont pas les mêmes et n'utilisent pas les mêmes outils et donc pas les mêmes formats de données.

Mais ce qui est encore plus coûteux, c'est que ces informations sont en général saisies plusieurs fois par différents corps de métiers : l'électricien, le plombier, l'équipementier réseau, le chauffagiste, le bureau d’études structures, etc. saisissent tous les mêmes données géométriques du même bâtiment. On estime que les informations relatives à un bâtiment sont saisies en moyenne sept fois. Ces saisies multiples sont sources d'incohérences, de retards de livraisons et d'augmentation du coût de l'ouvrage bâti. Ces incohérences peuvent dégénérer en procès. On estime à largement plus de 10 milliards d'€ le coût annuel des incohérences dans le bâtiment en France.

Avec le BIM, les informations sont capitalisées à chaque étape. Ainsi, l'ensemble, ou tout du moins une bonne partie des résultats de chaque étape du processus, sont rassemblés dans la maquette (forme et matériaux, calculs énergétiques, chauffage, climatisation, aéraulique, emplacement des équipements, alarmes et sécurité, maintenance, etc.).

Explication du terme anglais[modifier | modifier le code]

Comme souvent avec les termes techniques, le terme « Building Information Model » est abrégé, ce qui en fait un jargon hermétique (surtout pour ceux qui ne parlent pas anglais), alors que sa réalité ne désigne ni plus ni moins qu’une maquette numérique, c’est-à-dire une modélisation.

La traduction « modèle d’information du bâtiment » est un anglicisme puisqu’en français un « modèle » ne désigne pas le produit d'une imitation ou d'une reproduction, mais la chose qui, grâce à ses caractéristiques, peut servir de référence à la production de ces imitations[3].

Or le BIM anglais ne désigne pas un modèle générique de bâtiment que l’on pourrait copier-coller et appliquer à n’importe quel contexte. Chaque maquette numérique est une entité propre à une construction particulière. Elle contient les données d’un bâtiment particulier existant ou projeté.

Origines du mot « BIM » et vocabulaire connexe[modifier | modifier le code]

Le « Building Information Model », en anglais, aurait d’abord été employé aux États-Unis par Charles M. Eastman[4].

L'architecte Phil Bernstein, conseiller chez Autodesk, fut le premier à utiliser le terme BIM pour « Building Information Modelling ». Jerry Laiserin aurait alors aidé à populariser et à standardiser le terme[5], comme nom commun pour la représentation numérique du processus de construction, proposée jusqu'alors par les sociétés Tekla, Bentley Systems, Nemetschek, Allplan, Graphisoft, et Autodesk, pour faciliter les échanges d'informations et interopérabilités au format numérique. En accord avec celui-ci[6] et d'autres[7], la première mise en œuvre du BIM fut réalisée en 1987 par le logiciel ArchiCAD de la société hongroise Graphisoft, avec son concept avancé du virtual building.

Le BIM peut être complété par le PLM (Product Lifecycle Management)[8]

Green Building XML (gbXML) est un format qui prend de l'ampleur, il est une partie du BIM qui vise la conception et l'utilisation des bâtiments à basse consommation. Le gbXML est utilisé comme entrée de plusieurs logiciels de simulation, et est exporté par les logiciels CAD les plus utilisés.

Le « BIM manager » est un nouveau métier (souvent travailleur indépendant sous contrat à durée déterminée (CDD), mais au service d'une demande croissante qui lui permet d'aussi exercer comme salarié intégré dans les service de bureaux d’études, agences d'architectures, groupes de BTP.
En France, un cursus spécialisé a été créé par le CSTB début 2014. Il travaille en lien avec le directeur technique du projet (en tant qu'adjoint éventuellement) pour produire le plan BIM du projet et ses règles de réalisation (« comment découper le projet en zones ? Quelles sont les familles d’objets à utiliser ? »). C'est aussi lui qui prépare les réunions de coordination, assemble les maquettes et le cas échéant « réalise les rapports de conflits consacrés aux interférences des différentes copies de la maquette »[9].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le format de fichier IFC[modifier | modifier le code]

Le format IFC (Industry Foundation Classes) est un format de fichier orienté objet utilisé par l'industrie du bâtiment pour échanger et partager des informations entre logiciels. L'IFC est un des formats utilisables pour échanger entre différentes plateformes BIM[10]. L'IFC, dans sa version communément utilisée actuellement (v2.3) ne permet pas un échange complet des informations du BIM.

Dans le BIM, à l'instar d'autres formats, le format IFC permet la mise en commun de données entre les acteurs de la construction. Ces objets supportent le cycle de vie complet d'un bâtiment incluant la conception, la documentation, la construction, l'exploitation, la gestion des installations (facility management) et, enfin, la démolition et l'élimination[11].

Quelques logiciels BIM[modifier | modifier le code]

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Législation relative au BIM[modifier | modifier le code]

Lors de la refonte des directives européennes relatives aux marchés publics début 2014, les textes ont promu l'usage du BIM comme devant devenir la norme lors des futurs marchés publics de travaux. Chaque pays européen réalise la transposition des directives dans son droit national. En France, le secteur de l'ingénierie se réjouit de la systématisation probable de cet outil, tout en avertissant du fait que la maîtrise d'ouvrage et les entreprises du BTP devront eux aussi apprendre à manier cet outil[12].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • "The Business Value of BIM in Europe", sur le site de McGraw Hill Construction, au format PDF rassemble des données statistiques sur l'implantation du BIM en Europe de l'Ouest (France, Angleterre, Allemagne),sur les bénéfices recensés dans les bureaux utilisant le BIM, sur la répartition du BIM par secteurs, Architectes, Ingénieurs, contractants.
  • A Brief History of BIM par Michael S. Bergin
  • Réglementation et norme BIM pour le bâtiment sur Xpair - déc 2014

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rémy Mario (Bureau de Marseille du Moniteur), « Le BIM, pierre angulaire de la ville intelligente et durable », Le Moniteur Architecture,‎ (lire en ligne)
  2. BIM France, « BIM – Bâti et informations modélisés », sur BIM France,‎ (consulté le 27 août 2014)
  3. « MODÈLE, subst. masc. », sur Trésor de la langue française informatisé,‎ 2004 (consulté le 1 septembre 2014)
  4. Yessios, C.I. Are We Forgetting Design? AECbytes Viewpoint #10 2004, http://www.aecbytes.com/viewpoint/2004/issue_10.html
  5. Laiserin's explanation of why 'BIM' should be an industry standard-term
  6. Graphisoft on BIM
  7. Building Information Modeling Two Years Later –Huge Potential, Some Success and Several Limitations
  8. PLM et BIM sur le site de Dassault Systèmes
  9. Sébastien Chabas (2015) Les métiers du numérique : le BIM manager monte en puissance, Batiactu 16/02/2015
  10. http://www.buildingsmart.com/bim
  11. http://www.archicadwiki.com/IFC
  12. Olivier Baumann, « « Face à la conjoncture, l'ingénierie ne doit pas cesser d'innover » - Nicolas Jachiet, président de Syntec-Ingénierie », Le Moniteur, no 5787,‎ , p. 22-23 (ISSN 0026-9700)