Budzas

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Mbuza (homonymie) et Budza.
Budja
Mbuzá
Description de cette image, également commentée ci-après

Danse budza vers 1910.

Populations significatives par région
Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo 468 000
Population totale 468 000
Autres
Langues ebudza, lingala
Religions christianisme, animisme
Ethnies liées Bapoto, Mongo, Ngandi, Ngombe, Soko

Les Budja, Budza ou Mbuza, (parfois francisé Boudjas) sont un peuple de la République démocratique du Congo. Ils se situent principalement dans la province de la Mongala et le secteur et commune de Bumba. Les Budja sont des Bangalas, l'appellation qu'on donne à tous les habitants limitrophes de la partie nord du fleuve Congo.

Le Territoire de Bumba possède des villages tel que Bandala, Yamisiko, Yapaka, Yakenge, Bonzo, Kwanza, Monzamboli, Manga, Ebonda (un centre missionnaire de protestant), Yaligimba, Yakoloko et beaucoup d’autres. Ce peuple a constitué la majorité de la force publique du Congo lors de l'indépendance; et raison pour laquelle, plusieurs hauts gradés de l'Armée en sont issus, notamment des généraux qui occupèrent le poste de Chef d'États Majors Généraux du Congo-Kinshasa.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Budza vivaient originalement dans le Bas-Uele, mais ont été poussés à migrer par les Azande, les Babenza et les Babati eux-mêmes poussés par les Arabes au XVIIIe siècle[1].

Selon la tradition orale, les Budza ont deux frères comme ancêtres. Le premier appelé Budja ou Budza, et le second Eloa, un guerrier vaillant. Les descendants d’Eloa sont appelés Budja Eloa, et les descendants de Budza, simplement Budza[1].

Eloa est un lointain ancêtre dont on sait peu de choses sur lui. Ses descendants, les Budja Eloa habitent la partie Nord du territoire de Bumba. Terriens par opposition à leurs frères riverains, leur territoire n'est pas clairement délimité. Appelés parfois les « Abo Abo », dérivé de mbi nilogi bo (moi, je dis), leur identité repose sur egenza, leur variété locale fortement apparentée au parler des Babenza et des Ngombe. Les terriens comprennent et parlent la langue des riverains, mais pas inversement. Sur la base des critères linguistiques, on peut dès lors délimiter l'emplacement de cette communauté qui est répandue dans le secteur Yandongi et dans les groupements ci-après : Auma, Bokoy, Bondunga, Yalisika, Yambila et Yanzela. Sans frontières communes, la même variété est parlée à Bolupi dans le secteur Mondzamboli et dans les groupements Bokoy et Gongo dans le secteur Bandayowa.

Au début du XXe siècle, les Budja sont connus pour leur hostilité vis-à-vis des autorités de l’État indépendant du Congo qui ont imposé le transport d’ivoire et de caoutchouc, ils se révoltent d'ailleurs de 1903 à 1905[2],[3].

Noms[modifier | modifier le code]

Plus près de nous fin XIXe siècle, début XXe siècle, il y a eu Eseko, un autre guerrier Budja Eloa, fils de Mongangu et de Mamosebeni, originaire de Bondongo, groupement Yalisika, farouche opposant à la colonisation. Le groupement Yalisika se compose des villages que voici de l'Est à l'Ouest : Bosanga, Yamadzo, Bokombo, Yamahimbi, Yamuha, Bondongo, Bwehe, Yamono et Bongolu. L'actuel chef de groupement s'appelle Ambena.

Sur le plan linguistique, chez les Budja Eloa, Ya, Bo et Boso sont des préfixes qui signifient : fils de, descendant de, originaire de, appartenant à. Placés au début d'un nom propre, ils signifient : descendant de. Suivis du nom propre, ils indiquent la filiation. C'est ainsi que la plupart des noms de villages commencent par Ya ou Bo ou encore Boso pour désigner la descendance. Exemple : Yabia signifie descendant d'Abia; Bondunga signifie descendant de Ndunga et Boso Lisika signifie descendant de Lisika. Lihau ya Bisebi signifie Lihau fils de Bisebi, etc. Le substantif Litungu s'emploie aussi pour désigner un groupement, par exemple : Litungu la Elumba signifie le clan d'Elumba. Chez les Budja, on emploie le préfixe Monga, par exemple : Monga Makundu, fils de Makundu.

Les noms budja eloa les plus courants : Abia, Abuba, Adogo, Alunga, Ambalu, Ambena, Ambele,Angumo, Atundu, Aundu, Bosa, Botulu, Djonga, Ebele, Eboma, Ekutsu, Elenga, Elumba, Enzongo, Esande, Eyenga, Ezando, Lieko, Lihau, Lisika, Lingango, Litungu, Maamomi, Mabe, Madjo, Magbeta, Maboso, Makambo, Makundu, Mangongo, Mbongo, Mbuli, Mambune, Monama, Mongali, Mopotu, Mosala, Motuta, Ndongo, Nzia, Tinda, etc.

Certains noms ont une signification, tels par ex. : Mopotu : village abandonné; Litungu : clan; Ndiwa ou Memba : sorcier; Nzia : chemin, voie; Ekutsu : ce qui a une odeur; Maboso et Mangongo : le premier et deuxième des jumeaux; Magbeta et Monama : arc-en ciel ou génie; Mongali : Dieu; Tinda : enfant dégagé par les jambes; Djonga : maléfice; Ndongo: critique, calomnie.

Culture[modifier | modifier le code]

Comme d’autres cultures de la région, lorsqu’un membre de la famille n’a pas d’enfant, il ou elle reçoit la charge d’un enfant d’une sœur ou d’un frère si ce dernier en a plusieurs.

Les veuves, lorsqu’elles ont eux un ou plusieurs enfants avec leur mari, reste avec la famille et dans le village de celui-ci, car les enfants sont considérées comme membre de la famille de leur père.

Traditionnellement, les Budjas étaient polygames, mais seuls les chefs pouvaient généralement se permettre d’avoir plusieurs femmes. En cas de décès, la veuve pouvait accepter d’épouser un des frères de son défunt mari.

Chez les Budjas Eloas, le lévirat, la coutume selon laquelle l'épouse d'un homme devient à sa mort l'épouse de son frère, se meurt. Par ailleurs, le code de l'honneur interdit de coucher avec la même femme que son frère.

Les Budjas sont connus pour le malemba (libulia ou mabulia en kimbuza), un plat à base de manioc bouilli, puis râpé et trempé afin de diminuer l'acidité[4].

La danse traditionnelle budja est appelée engundele[5].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Lievin Engbanda Lingonge, 2004, The Church as the Family of God, Xulon Press. (ISBN 978-1-59467-867-7)
  2. King Léopold II of Belgium, moreorless.au.com.
  3. Kawata Ashem-Tem, 2004, Bagó ya lingála mambí ma lokóta : Dictionnaire lingala. Karthala. (ISBN 2-84586-494-9)
  4. Radiookapi, carte postale de Bumba
  5. Danser pour réconcilier les ethnies, DigitalCongo.net, 14 juin 2005.
  6. Centre de recherche et d'information socio-politiques (CRISP), Études africaines du CRISP, Numéros 114-123, 1970.
  7. Nommée ministre du Portefeuille : Jeannine Mabunda exhorte les " budja " à plus d'ambition, Octave M. Luamuele, L’Avenir, 22 mars 2007. [consulté le 3 février 2010]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Albert François, « La campagne contre les Budjas », in Trois chapitres de l'épopée congolaise : la révolte des Batétéla, le chemin de fer du Bas-Congo, la campagne antiléopoldienne, Office de publicité, Bruxelles, 1949, p. 57 et suiv.
  • (fr) Joseph Maes et Olga Boone, « Budja », in Les peuplades du Congo belge : nom et situation géographique, Impr. Veuve Monnom, Bruxelles, 1935, p. 222 et suiv.
  • (fr) Pierre Kamba, Violence politique au Congo-Kinshasa, L'Harmattan, 2008, 430 p. (ISBN 9782296068582)
  • (fr) Mumbanza Mwa Bawele, Colonialisme et identité «Bangala» en Afrique centrale dans Bahru Zewde, Society, state, and identity in African history, 2008, pp. 87-104. (ISBN 9789994450251)
  • (fr) Ives Schillebeeckx, Grammaire et vocabulaire lingala-budja, Buta : Édition des Missions de l'abbaye de Tongerloo, 1925.
  • (fr) Jean Baptiste Soupart, « Les coutumes budja », Bulletin des juridictions indigènes et du droit coutumier congolais, 1938
  • (fr) Jean Baptiste Soupart, « Les tatouages chez les Budja », Bulletin des juridictions indigènes et du droit coutumier congolais, 1938, 6e ann., 12, p. 317-325
  • (fr) Jean Baptiste Soupart, « De la contrainte par corps pour dettes chez les Budja (Congo) », in Bulletin des juridictions indigènes et du droit coutumier congolais, 1941, n° 1, p. 2
  • (fr) Émile Vandervelde, Les derniers jours de l'État du Congo : journal de voyage (juillet-octobre 1908), La Société nouvelle, 1909, 198 p.
  • (nl) E. van den Bergh, Bij de Budjas, Norbertijner Abdij, Postel, 1934, 164 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :