Bud Spencer

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bud et Spencer.
Bud Spencer
Description de cette image, également commentée ci-après

Bud Spencer en 2009.

Nom de naissance Carlo Pedersoli
Naissance
Naples, Italie
Nationalité Drapeau de l'Italie Italienne
Décès (à 86 ans)[1]
Rome, Italie
Profession Acteur
nageur
poloïste
Films notables On l'appelle Trinita (1970)
On continue à l'appeler Trinita (1971)
Deux Super-flics (1977)
Banana Joe (1982)

Carlo Pedersoli, plus connu sous son nom de scène de Bud Spencer, né le à Naples et mort le à Rome, est un acteur, nageur et poloïste italien.

Ancien sportif de haut niveau, il est notamment connu pour ses comédies d'action (westerns spaghetti notamment) tournées en duo avec Terence Hill. Il est également apparu en vedette unique dans de nombreux autres films.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, formation et débuts[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille aisée de la bourgeoisie de Naples, Carlo Pedersoli naît dans le quartier napolitain de Santa Lucia[2]. Pendant la deuxième guerre mondiale, il survit au bombardement de la maison familiale[3].

En 1940, sa famille émigre vers Rome, où il devient un excellent nageur et un brillant étudiant[2]. En 1947, il suit son père, industriel ruiné par la guerre, en Amérique du Sud (d'abord au Brésil à Rio de Janeiro, où il abandonne ses études et exerce divers petits métiers : bibliothécaire, ouvrier[2]), puis en Argentine, où son père tente de refaire sa vie. Carlo revient en Italie à l'âge de vingt ans, et reprend ses études de droit[4] et ses cours de nageur[2].

Il ne tarde pas à se faire remarquer du fait de ses qualités athlétiques. À tel point qu'il débute dans les mythiques studios romains de Cinecittà, dans des péplums (Quo Vadis, 1951)[2].

Sportif de haut niveau[modifier | modifier le code]

Carlo Pedersoli en 1950.

Ne pratiquant plus la natation en Amérique du Sud, Carlo Pedersoli revient dans les bassins à son retour dans la péninsule italienne et réussit de bons temps. Ainsi, malgré le manque d'entraînement, il devient le premier Italien sous la minute sur 100 mètres nage libre[2]. Le , il réalise 59 s 5. Il décide de persévérer dans la natation, même s'il le reconnait lui-même, il ne s'investit jamais pleinement dans la pratique de son sport. Il réussit, néanmoins, à abaisser le record d'Italie à 58 s 2.

Il obtient sept titres nationaux[2] et la médaille d'argent du 100 mètres nage libre des Jeux méditerranéens de 1951, derrière Alex Jany. Il joue également au water-polo à un haut niveau, puisque avec sa sélection nationale, il remporte la médaille d'or aux Jeux méditerranéens de 1955[4] et le championnat d'Italie 1956 avec la section nautique de la Lazio[5].

Cependant, il atteint ses limites aux Jeux olympiques, car en 1952, comme en 1956, il ne dépasse pas les demi-finales du 100 mètres. En 1956, il est ainsi invité à l'Université Yale, qui s'intéressait à ses performances. En 1957, lassé de la vie de sportif amateur, il repart en Amérique du Sud[4],[2]. Au Venezuela, il dirige, notamment, une équipe de construction de la Panaméricaine[5].

Acteur[modifier | modifier le code]

De retour en Italie, Carlo Pedersoli épouse en 1960 Maria Amato, la fille d'un producteur de cinéma[2], avec laquelle il a trois enfants, Giuseppe, Cristiana et Diamante. Aimant relever des défis, il devient tour à tour chanteur[6] ou inventeur, déposant plusieurs brevets[7].

Grâce à un physique imposant (plus d'un 1,90 m), il entame en 1967, à 38 ans, avec Dieu pardonne... moi pas ! de Giuseppe Colizzi[2], une longue série de western spaghetti où sa truculence rappelle Obélix. Comme la plupart des acteurs italiens de western spaghettis, il adopte un pseudonyme anglo-saxon, Bud Spencer (« Bud » d'après la marque de bière Budweiser et « Spencer » en hommage à son idole Spencer Tracy)[2].

Selon le producteur Matthias Wendlandt, si Terence Hill respectait les dialogues, Bud Spencer était plutôt là pour s'amuser. Les films dans lesquels il a joué montrent une certaine continuité avec son passé de sportif de haut niveau, refusant de se faire doubler par des cascadeurs jusqu'au début des années 1990. Avec Terence Hill, ils tournent dix-huit films ensemble, sur une période de vingt-sept ans. Malgré une qualité relative, la plupart reçoivent un succès international[4].

Dans On l'appelle Trinita (1970), le duo obtient un succès public certain qui ne se démentira pas, Bud Spencer jouant « le géant au cœur d'or, le cow-boy aventurier défenseur de la veuve et de l'orphelin, qui frappe dur mais toujours avec le sourire »[2].

En 2004, il tourne pour la dernière fois dans En chantant derrière les paravents d'Ermanno Olmi. Au total, il a joué dans une quarantaine de films[2].

Malgré sa grande popularité, il a regretté de ne pas être suffisamment considéré par le monde du cinéma, qui voyait avant tout en lui un acteur de série B[8] : « en Italie, Terence Hill et moi n’existons tout simplement pas [...] malgré la grande popularité que nous avons également aujourd’hui auprès des enfants et des plus jeunes. Nous n’avons jamais reçu un seul prix, ni n’avons été invités aux festivals. »[8].

Politique[modifier | modifier le code]

Aux élections régionales de 2005, Carlo Pedersoli est candidat dans le Latium sur la liste de Forza Italia[2], où il échoue à se faire élire[7]. Son entrée en politique était motivée par sa volonté de répondre aux appels du Premier ministre d'alors, Silvio Berlusconi[2].

Il déclara également qu'il avait tout fait dans sa vie à l'exception de danseur de ballet, jockey, et politicien, et que les deux premiers étaient tout simplement impossibles[7].

En 2013, il soutient la candidature de sa fille Cristiana aux élections municipales de Rome en tant que représentante du parti « Le Peuple de la liberté », qui par la suite est renommé Forza Italia[6].

Dernières années[modifier | modifier le code]

Bud Spencer en 2015.

Dans ses dernières années, éloigné du cinéma, Carlo Pedersoli ne dédaigne pas les invitations de la fédération italienne de natation, le comblant d'aise. Il a ainsi reçu en 2007 ses diplômes d'entraîneur en natation et water-polo à titre honorifique, lui, le dilettante[6]. Il a également été invité à remettre des médailles lors des Mondiaux de Rome en 2009.

À la fin de sa vie, il se consacrait à la rédaction de ses Mémoires, faisant de rares apparitions publiques[2], arrivant au troisième tome destiné au public allemand. Les deux premiers livres se sont vendus à plus de deux cent mille exemplaires[4].

Vie personnelle et mort[modifier | modifier le code]

Carlo Pedersoli était un pilote accompli, ayant eu des brevets de pilote d'avion mais aussi d'hélicoptère[9] ; il a par ailleurs fondé une entreprise de transport aérien, « Mistral Air », en 1984[7], dont il se sépare par la suite, mais qui est toujours en activité comme filiale de la Poste italienne[6].

Il mesurait 1,92 m pour un poids de 130 kg[réf. nécessaire] et parlait le français parfaitement[10]. Il a cru au communisme jusqu'à un voyage en Union soviétique[réf. nécessaire].

Dans une interview donnée au quotidien Il Messaggero, le 26 novembre 2014, il expliquait ainsi sa vision de la mort : « Non, elle ne me fait pas peur. En tant que catholique, elle est même source de curiosité. La curiosité d'épier ce qu'il y a au-delà, comme l'enfant qui démonte un jouet pour voir comment il fonctionne »[11].

Il meurt le , à l'âge de 86 ans dans un hôpital de Rome[12],[2], entouré de sa famille : « Papa s’est envolé en paix à 18 h 15. Il n’a pas souffert, il nous avait tous autour de lui et sa dernière parole a été “Merci” », a indiqué son fils, Giuseppe Pedersoli[8]. Ses funérailles ont lieu le à la basilique Santa Maria di Montesanto de Rome. Son vieil ami Terence Hill lui a rendu un dernier hommage durant la messe [13] . Il est inhumé au cimetière communal monumental de Campo Verano, désigné familièrement comme « le Verano ».

Palmarès sportif[modifier | modifier le code]

Natation[modifier | modifier le code]

Water-polo[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 2005 : le 17 janvier, il reçoit le Caïman d'Or de la Fédération italienne de natation[19].
  • 2007 : le 24 janvier, il reçoit des mains du président de la Fédération italienne, Paolo Barelli, un diplôme d'entraîneur de natation et de water-polo[20].

Filmographie complète[modifier | modifier le code]

Les films avec Terence Hill[modifier | modifier le code]

Article connexe : Terence Hill.

Bud Spencer et Terence Hill ont tourné 18 films ensemble (16 sortis en France en DVD - il manque Les Deux Missionnaires, toujours inédit en DVD, et avec Terence Hill sous son vrai nom de Mario Girotti, dans Annibal).

Films en solo[modifier | modifier le code]

Sous le nom de Carlo Pedersoli
Sous le nom de Bud Spencer

Télévision[modifier | modifier le code]

Personnages récurrents[modifier | modifier le code]

  • Inspecteur Rizzo « Piedone » (« pieds plats ») : 4 films (1973-1980)
  • Jack « Extralarge » Costello : 13 téléfilms (1991-1993)
  • Jack Clémenti « Le Professeur » : 6 téléfilms (1988-1989)

Discographie[modifier | modifier le code]

Album[modifier | modifier le code]

  • 2016 - Futtetenne

Single[modifier | modifier le code]

  • 1978 - Cock A Doodle Doo/My Name Is Zulu avec Gli Oliver Onions
  • 1979 - Grau-Grau-Grau/Freedom avec l'Orchestra Walter Rizzati
  • 2003 - Futtetenne

Version italienne[modifier | modifier le code]

Dans la version italienne de ses films en duo avec Terence Hill, Bud Spencer n'avait pas postsynchronisé sa propre voix, pour éviter d'imposer son accent napolitain à des personnages américains. Par conséquent, il fut doublé par le comédien Glauco Onorato.

Voix françaises[modifier | modifier le code]

Claude Bertrand a été la voix française la plus régulière de Bud Spencer entre 1972 et 1985 (à noter que les premiers films de Bud Spencer sont sortis en France à partir de 1972, après le succès des Trinita). Tout comme Spencer, Bertrand mesurait dans les 1,90 m et était physiquement très massif[21].

Distinction[modifier | modifier le code]

ITA OMRI 2001 GUff BAR.svg : Grand officier de l'ordre du Mérite de la République italienne (27 décembre 2008)[22]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) « Addio à Bud Spencer », Il tempo.it, 27 juin 2016.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q « L'acteur italien Bud Spencer est décédé », Le Figaro.fr, 27 juin 2016.
  3. « Bud Spencer, faux balourd et vrai bourlingueur », Le Monde, 17 décembre 2004.
  4. a, b, c, d et e « Farce de la nature », article de Pierre-Étienne Minonzio, publié dans le quotidien L'Équipe du jeudi 18 juillet 2013.
  5. a, b et c (it) « Auguri Bud Spencer L'affetto della Federnuoto », sur Federnuoto.it,‎ (consulté le 26 février 2014)
  6. a, b, c et d « Mort de Bud Spencer : Disques, JO, politique... Ce que vous ne saviez pas sur l'acteur », Fabien Randanne, 20 minutes.fr, 28 juin 2016 : « Au début des années 1960, sous son vrai nom, il a écrit et chanté deux chansons pour enfants. Une fois sa carrière d’acteur lancée, il a enregistré d’autres morceaux qui ont été commercialisés sans révolutionner la musique [...] Il a aussi écrit plusieurs textes de chansons pour d’autres interprètes, en étant crédité en tant que Carlo Pedersoli. Cette année [2016], il a sorti un album, Futtetenne (« Fous-t’en » en napolitain), composé de chansons en napolitain, en italien ou en français, dont J’aime Paris. »
  7. a, b, c et d (en) « Bud Spencer Biography » sur IMDb.com (consulté le 28 juin 2016).
  8. a, b et c « Décès de Bud Spencer, célèbre acteur du western spaghetti », 20 minutes.fr, 27 juin 2016.
  9. (it) « Bud Spencer vola sempre più in alto », sur Vogliadivolare.it (consulté le 26 février 2014)
  10. (it) « Pronto, parlo con Bud Spencer? », Ilaria Galateria, Vignaclarablog.it, 16 avril 2015 « Tra qualche mese uscirà un CD con dieci canzoni da me scritte ed interpretate in italiano, napoletano, francese, inglese e spagnolo. Conosco tante lingue, compreso il portoghese e il tedesco che ho imparato da piccino perché avevo una tata tedesca ».
  11. « Bud Spencer: «Mangio ergo sum» » (consulté le 27 juin 2016)
  12. « Addio a Bud Spencer » (consulté le 27 juin 2016)
  13. http://lci.tf1.fr/people/terence-hill-rend-un-dernier-hommage-a-bud-spencer-8756806.html
  14. Records d'Italie
  15. Palmarès des Jeux Méditerranéens 1951
  16. « Le rapport officiel des JO 1952 (volume 2), cf p.222 » [PDF], sur www.la84foundation.org (consulté le 26 février 2014)
  17. « Le rapport officiel des JO 1952 (volume 2), cf p.233 » [PDF], sur www.la84foundation.org (consulté le 26 février 2014)
  18. « Le rapport officiel des JO 1956 (volume 2), cf p.231 » [PDF], sur www.la84foundation.org (consulté le 26 février 2014)
  19. (it) Pedersoli reçoit le Caïman d'Or
  20. (it) Pedersoli reçoit 2 diplômes d'entraîneur
  21. Interview de Dominique Paturel sur l'édition DVD d'Attention les dégâts.
  22. (it) « Grande Ufficiale Ordine al Merito della Repubblica Italiana Sig. Carlo Pedersoli », Quirinale.it.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]