Bruno Pinchard

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Bruno Pinchard
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Bruno Pinchard

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Bruno Pinchard, né au Havre est un écrivain français, docteur et professeur de philosophie, directeur de l'UFR de philosophie de l'université Jean-Moulin-Lyon-III depuis 2016.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bruno Pinchard est le fils du compositeur Max Pinchard[1].

Agrégé de philosophie et docteur d’État[2], il est un ancien élève de l’École normale supérieure et de la Scuola Normale Superiore de Pise. Il a été l’élève de Louis Althusser, d'Emmanuel Levinas, de Jacques Derrida et de Louis Marin[3].

Il a enseigné dans le secondaire, a été chercheur au CNRS dans l’équipe d’André Robinet et chargé de cours en philosophie médiévale à l’Université de Paris X, puis professeur des universités au Centre d'études supérieures de la Renaissance de 1991 à 2003. De 2007 à 2016, il dirige l’école doctorale de philosophie de la région Rhône-Alpes. Il est, à partir de 2003, professeur de philosophie et titulaire d'une chaire de la philosophie de la Renaissance et de l'âge classique[4] à l’université Jean-Moulin-Lyon-III[5].

En juin 2016, il est élu doyen de la faculté de philosophie pour un mandat de cinq années[5].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Dans Métaphysique et sémantique (1987), il montre que la philosophie scolastique a légué à la pensée occidentale l’idée d’une unité du monde fondée sur les relations stables établies entre les noms les plus universels.Mieux encore que toute fixation ontologique, cette analogie des noms demeure le moyen de lier le monde et de le protéger de la dissolution dans la pure et simple multiplicité. Pinchard a trouvé dans les mythologies du monde une manifestation récurrente de ce fond stable de l'univers. Il a emprunté à Malebranche l'idée que la connaissance ne pouvait s'effectuer qu'à partir d'une telle Etendue intelligible.

Les travaux en collaboration avec le mathématicien René Thom[a] autour de l'actualité d'Aristote dans la topologie contemporaine sont axés sur la critique de l'aspect anti-substantialiste de la phénoménologie. Dans la ligne de Leibniz, il a alors poursuivi la réhabilitation des « formes substantielles » qui conduisent à une approche dynamique des formes qualitatives de la nature[réf. souhaitée].

La pensée de l’absolu pour Pinchard est indissociable de la pensée du Livre, au sens mallarméen d’un système total de signes exigeant un rituel (Méditations mythologiques, 2002). Les mythes ne proposent pas un accès direct à l’être, mais sont replacés dans une dimension spatiale qui les rapproche des mouvements de la « matière subtile » chez Descartes. Il en découle ainsi à la fois un contrôle spatial des déploiements mythologiques et une géométrie centrée qui permet d’avancer de nouveaux parallélismes entre l’âme et le corps au sein d'un spatialité intégrale qu'il appelle Étendue mythologique. Au nom du primat de la mythologie et dans la suite des analyses fondamentales de Giambattista Vico, il a critiqué les thèses de Heidegger sur l’humanisme (2005) en ce qu'elles privilégient la question de l'être aux dépens de l'échange symbolique qui constitue les sociétés. À la question de l’être, Pinchard substitue toujours une dialectique des formes symboliques[réf. souhaitée].

Un tel recentrement symbolique, pensé à partir de Dante et de Rabelais[6], s’effectue autour d’un principe féminin organisateur des récits du monde (Bûcher de Béatrice, 1996). En débat avec les œuvres de Freud et de Lacan, ces travaux décrivent le passage d’une mythologie courtoise de l’amour à une pensée cosmologique de la différence sexuelle.[réf. nécessaire].

L'ensemble de ces avancées conduit à un dessein métaphysique qui cherche, après Aristote, à définir les catégories minimales d'une stabilité du monde. Mais c'est la philosophie de Hegel, relue à partir de la dynamique du dépassement Aufhebung, qui offre un accès renouvelé au défi de la destruction qui affecte cette stabilité. Héritière de la déconstruction selon Derrida, la philosophie contemporaine doit penser métaphysiquement l'échec de la métaphysique en une métaphysique de la destruction (2012). L'ouvrage Ecrits sur la raison classique, publié en 2015 explore les grandes métaphysiques des débuts de la science moderne: Descartes, Malebranche, Spinoza et Leibniz jusqu'à l'anti-cartésianisme de Pascal et Vico selon un nouveau partage entre les mythes et la raison.

En 2014, Pinchard développe également une réflexion sur les conséquences de la globalisation du capitalisme à partir des enjeux métaphysiques à l'œuvre dans la pensée de Karl Marx[7].

Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Membre de la Grande Loge nationale française (GLNF), il est vénérable maître de la loge de recherche Villard de Honnecourt[8]. Il donne en avril 2015 une conférence publique sur le thème de « féminité et initiation » dans les locaux de l'obédience[9]. En mai 2015, il est conférencier pour la GLNF en compagnie de l'historien Yves Hivert-Messeca pour le Grand Orient de France lors des « rencontres Lafayette », première rencontre de l'histoire entre les deux obédiences représentant les deux grands courants de la franc-maçonnerie[10],[11]. Il est également codirecteur de rédaction de la revue maçonnique Les Cahiers Villard de Honnecourt[12].

A l'occasion de la publication de son ouvrage Philosophie de l'initiation en 2016, il évoque son appartenance à la franc-maçonnerie[13]. Cet ouvrage reçoit en novembre 2016 et à l'occasion du Salon maçonnique du livre de Paris, le prix littéraire de la catégorie philosophie et société de l'Institut maçonnique de France[14].

Société Dantesque de France[modifier | modifier le code]

Bruno Pinchard est co-fondateur en janvier 2016 de la Société Dantesque de France (SddF) dont il a été elu président. Dans sa lettre de fondation, il invite plusieurs chercheurs et philosophes à réactiver l'initiative du professeur Laurencin et de Maurice Mignon d'avant la Seconde Guerre mondiale. En s'appuyant sur les nouvelles études historiques réalisées autour de l'image et l’œuvre de Dante Alighieri, de travailler à la transmission de la connaissance de sa pensée et de participer au réseau des sociétés dantesque dans le monde[15],[16]. L'équipe de direction et le comité scientifique de la société réunit de nombreux et éminents italianistes, des philosophes, de jeunes doctorants ainsi que plusieurs universitaires[16].

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Métaphysique et sémantique. Autour de Cajétan, Paris, Librairie philosophique, Vrin, 1987.
  • Savonarole. La Fonction de la poésie, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1989[17].
  • Pierre Magnard, Olivier Boulnois, Bruno Pinchard and Jean-Luc Solère, La demeure de l'être. Autour d'un anonyme. Étude et traduction du Liber de Causis, Paris, Vrin, 1990
  • La raison dédoublée. La fabbrica della mente, Paris, Aubier, 1992.
  • (dir.), Rationalisme analogique et humanisme théologique, la culture de Thomas de Vio, Il Gaetano, Actes du Colloque de Naples réunis par Bruno Pinchard et Saverio Ricci, Naples, Vivarium, 1993.
  • Vico. De l’antique sagesse de l’Italie, Paris, Flammarion, « GF », 1993.
  • (dir.), « Fine follie » ou la catastrophe humaniste, Paris, Champion, 1995.
  • Le Bûcher de Béatrice, essai sur Dante, Paris, Aubier, 1996.
  • Une juste plainte, une juste prière: Ariane et Orphée aux origines du chant orphique de Claudio Monteverdi ; Introduction à la connaissance du "Parlar cantando" et du chant humaniste à Annibale Gianuario, Fondazione Centro Studi Rinascimento Musicale, Fiesole, 1997.
  • (dir.), La légèreté de l’être, études sur Malebranche, Paris, Vrin, 1998.
  • (dir.), Pour Dante : I. Dante et l’Apocalypse. II. Lectures humanistes de Dante, Paris, Honoré Champion-CESR, 2001.
  • Méditations mythologiques, Paris, Les Empêcheurs de penser en rond, 2002[b].
  • Un Dieu pour la ville, une âme dans la ville, cours d’Agrégation de philosophie sur saint Augustin, CNED, 2004[18].
  • (dir.), Heidegger et la question de l’humanisme : faits, concepts, débats, Paris, PUF, 2005.
  • (dir.), en collaboration avec Yves-Charles Zarka, Y a-t-il une histoire de la métaphysique? Paris, PUF, 2005.
  • Éducation, transmission, rénovation à la Renaissance, textes sur la Renaissance réunis par Bruno Pinchard et Pierre Servet, ouverture de Jacqueline de Romilly, Cahiers du Gadges, n° 4, Diffusion Libraire Droz, Genève, 2006.
  • Recherches métaphysiques. Philosophie française contemporaine (Leçons données dans les universités japonaises, octobre 2008), édition bilingue, Tokyo, Nihon University press, 2009[19].
  • Philosophie à outrance, cinq essais de métaphysique contemporaine, Bruxelles, EME, 2010.
  • Rovesciamenti e rotazioni, Due saggi di metafisica contemporanea, a cura di Luigi Francesco Clemente, Nuovi Orizzonti, San Benedetto del Tronto, 2011[20].
  • Métaphysique de la destruction, Bibliothèque philosophique de Louvain n° 86, Peeters, 2012.
  • Ecrits sur la Raison classique, Kimé, 2015.
  • Marx à rebours, Paris, Kimé, 2014.
  • Philosophie de l'initiation, Paris, Dervy, 2016.

Distinction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. René Thom, La Transcendance démembrée, postface de la Raison dédoublée Paris, Aubier, 1992
  2. Cet ouvrage est disponible en roumain : Meditatii mito-logice, traduction de Dorin Ciontescu-Samfireag, préface et traduction trad. Ionel Buse, Édition Dacia, Cluj Napoca, 2010. En effet, le roumain : Meditatii mito-logice signifie "Méditations mytho-logiques". Voir la page de ce livre à la bibliothèque Fundația Noua Europă.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Hommage à Max Princhard », Le Havre Presse,‎ (lire en ligne).
  2. Bruno Pinchard, « La fabbrica della mente. Enquete sur l'achitectonique de l'humanisme de cajetan a vico », sur theses.fr, (consulté le 30 mai 2017).
  3. a et b « Travaux de Bruno Pinchard » [PDF], sur revue-alkemie.com (consulté le 30 mai 2017).
  4. Adèle Van Reeth, « Etre et Temps de Heidegger (2) La métaphysique a-t-elle oublié l’Homme ? », sur www.franceculture.fr, (consulté le 5 juin 2017)
  5. a et b « Bruno Pinchard nouveau Doyen de la Faculté de Philosophie », sur univ-lyon3.fr, (consulté le 19 mai 2016).
  6. http://maget.maget.free.fr/Filmo/rabelais.Pinchard.htm
  7. http://www.societelouisemichel.org/mardi-11-mars-apocalypse-marx-une-relecture-du-capital-avec-bruno-pinchard
  8. « Les Cahiers N°100 », sur glnf.fr, (consulté le 19 mai 2017).
  9. Jean louis Turbet, « « Féminité et initiation », conférence de Bruno Pinchard à la GLNF le 21 avril 2015 », sur www.jlturbet.net, (consulté le 21 mars 2017).
  10. « Le 28 mai : première rencontre GO - GLNF sous l'égide de Lafayette », sur glnf.fr, (consulté le 14 juin 2017).
  11. « Plus de quatre cents personnes aux premières rencontres Lafayette », sur hiram.be, (consulté le 14 juin 2017).
  12. Rédaction, « Organigramme », Les Cahiers Villard de Honnecourt, no 100,‎ , p. 4.
  13. Thibaut Gress, « Entretien avec Bruno Pinchard : Autour de Philosophie de l’Initiation », sur actu-philosophia.com, (consulté le 19 mai 2017).
  14. « Lauréats des prix littéraires de l'IMF– SAlon du livre maçonnique de Paris 2016 », sur /www.gadlu.info, (consulté le 30 mai 2017).
  15. Bruno Pinchard, « lettre fondation », sur dantesque.fr, (consulté le 30 mai 2017).
  16. a et b « Une Société dantesque en France », sur eticaedizioni.it, (consulté le 30 mai 2017).
  17. Référencé sur Sudoc.
  18. Référencé sur la page "Ouvrages" du site de B. Pinchard.
  19. Présentation du but de l'ouvrage, sur le site de l'université Lyon III.
  20. Référencé sur Sudoc.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]