Bruno Mattei

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Mattei.
Bruno Mattei
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 75 ans)
Ostie ou RomeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Bruno Mattei, aussi connu sous le pseudonyme anglicisant de Vincent Dawn, est un monteur, réalisateur et scénariste italien de films de série Z, né le à Rome, et décédé d'une tumeur du cerveau le à Rome (Italie).

Biographie[modifier | modifier le code]

Bruno Mattei débute dans le cinéma en tant que monteur, comme son père, dont il reprend la société de montage dans les années 1950. Il aurait monté plus de 100 films, surtout dans le cinéma de genre populaire et continuera toujours, parallèlement à sa carrière de cinéaste, à monter des films pour d’autres productions. Il travaille ainsi aussi bien pour Sergio Sollima que pour Jesus Franco.

C’est tardivement, dans les années 1970, qu’il passe derrière la caméra : d’abord pour faire des films érotiques de commande sous divers pseudonymes, principalement dans le sous-genre "prison de femmes" ainsi que dans la nazisploitation. Il tourne même en partie le premier grand rôle d’Ilona Staller, alias la Cicciolina, dans « Cicciolina amore mio », un film soft qui vaudra pourtant à ses auteurs des condamnations à de la prison avec sursis.

Pour les besoins de son film « Virus Cannibale », il prend pour la première fois le pseudonyme Vincent Dawn, choisi en hommage à « Dawn of the dead » (« Zombie ») de George Romero. Sous ce patronyme, il s’essaie aux différents genres en vogue dans le cinéma bis italien : le post-apocalyptique (« Les Rats de Manhattan »), le gore (« Zombi 3 », dont il reprend les rênes après que Lucio Fulci soit, selon la version officielle, tombé malade en plein tournage) ou le policier (« Cop Game »). Il fait aussi du western (« Scalps » d’après un scénario de Richard Harrison et « Bianco apache ») ou du péplum (« Les 7 Gladiateurs » avec Lou Ferrigno et Sybil Danning !), sans grand succès. 

Ses films se caractériseront par une forte utilisation du stock-shot, afin de tromper le spectateur sur le lieu de l'action. Il a également réalisé des fausses suites de grands succès américains. C’est ainsi qu’après avoir longtemps caressé le projet d’un « Alien III » avant le film officiel de Fincher il sort dès 1990 un « Terminator II » vite rebaptisé « Shocking Dark » face à des menaces de procès de Cameron et dont l’affiche possède le même visuel que l’original. Il réalisera par la suite « Jaws V », film de requin où il utilise la musique de Star Wars. À la suite de problèmes judiciaires, « Jaws V » devient « Cruel Jaws ».

Après avoir remplacé dans des conditions houleuses Lucio Fulci sur le plateau de « Zombi 3 » aux côtés de Claudio Fragasso, il profite de la présence de son équipe de tournage aux Philippines pour demander à Fragasso de tourner « Zombie 4 : After Death ». Lui de son côté tourne en même temps « Mission Suicide : Strike Commando ». Mattei s’appuie d’ailleurs largement sur la force de travail de son collaborateur Claudio Fragasso en lui faisant tourner certaines scènes de ses films : Fragasso serait d’ailleurs, à l’en croire, en partie l’auteur du film « Les Rats de Manhattan ». Fatigué et fâché d’avoir vu Mattei tronçonner le montage de l’un de ses films, Fragasso finira par se tourner vers le cinéma de prestige (avec le polar « Palerme Milan aller simple »), puis vers le petit écran.

Lorsque, dans les années 1990, la production italienne s'essouffle, Mattei se tourne vers la télévision, comme de nombreux vétérans du bis italien, où il réalise quelques téléfilms érotiques.

Mattei devient peu à peu un réalisateur culte parmi les amateurs de cinéma bis, qui décident ensuite de contribuer à financer le retour de Mattei derrière la caméra pour de petits films tournés en vidéo. Coup sur coup, Mattei retourne tourner aux Philippines des films tels que « Snuff Killer », « Land of Death », « Cannibal World » et « The Tomb », qui aura le titre alternatif italien de « Non aprite quella tomba » (N'ouvrez pas cette tombe), qui plagie « Non aprite quella porta » (N'ouvrez pas cette porte), le titre italien de « Massacre à la tronçonneuse ». Il retrouve Mike Monty, puis Jim Gaines pour les besoins de films de morts-vivants (« Island of the Living Dead ») et de prison de femmes (« The Jail : a women’s hell », où Monty, décédé en août 2006, fait sa dernière apparition à l’écran). Atteint par des problèmes de santé, il sera hospitalisé en mai 2007 dans une clinique d'Ostie près de Rome, où il s'éteint le 21 mai 2007, alors même que son dernier film, « Zombies : The Beginning » était proposé au marché du film de Cannes[1].

Il a à son actif plus de 50 films, touchant à tous les genres et sous-genres du cinéma bis, les plus « nobles » comme les plus crapuleux : la comédie sexy, la Nazisploitation, le film de nonnes, le film de zombies, le film Mondo, le film de cannibales, le W.I.P., le péplum sadique, le film érotique, le western, le film de guerre... Bruno Mattei est toujours considéré comme une sorte de mouton noir du cinéma bis[2].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Autour des films[modifier | modifier le code]

  • Mondo cannibale et Land of Death ont été tournés simultanément aux Philippines.
  • De nombreux acteurs et figurants (phillippins, eux) ont participé à ces deux films réduisant ainsi d'autant plus les coûts.
  • Bruno Mattei fut un moment évoqué comme éligible au statut de pire réalisateur de tous les temps, statut finalement remporté par Ed Wood.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • David Didelot, Bruno Mattei. Itinéraires Bis, Artus Films, coll. « Cinéma bis », 2016.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. nanarland.com, « Nanarland - Bruno Mattei - la biographie par Nanarland », sur www.nanarland.com (consulté le 10 avril 2016)
  2. Cf. David Didelot, Bruno Mattei. Itinéraires Bis, Artus Films, coll. « Cinéma bis », 2016.

Liens externes[modifier | modifier le code]