Bruno Guigue

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Bruno Guigue
Naissance
Toulouse, France Flag of France.svg
Profession
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

  • Aux origines du conflit israélo-arabe : l'invisible remords de l'Occident, 1999
  • Faut-il brûler Lénine ?, 2001
  • Économie solidaire : alternative ou palliatif ?, 2002
  • Les raisons de l'esclavage, 2002
  • Proche-Orient : la guerre des mots, 2003
  • Chroniques de l'impérialisme, 2017.

Bruno Guigue, né en 1962 à Toulouse, est un ancien haut fonctionnaire, chercheur en philosophie politique et analyste politique français.

Carrière[modifier | modifier le code]

Bruno Guigue est ancien élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm et de l'École nationale d'administration (promotion Jean Monnet 1990). Il est titulaire d'un master de philosophie et d'un master de géopolitique.

Haut fonctionnaire du ministère de l'intérieur de 1990 à 2008, il a notamment été sous-préfet pour la politique de la ville à Marseille de 1993 à 1995, directeur du contrat de ville de Saint-Denis de 1996 à 1998, directeur général adjoint des services de la Région Réunion de 1998 à 2007[1]. Parallèlement, il est maître de conférences associé en droit public à l'Université de La Réunion de 2001 à 2004[1]. En septembre 2007, Bruno Guigue est nommé sous-préfet de Saintes, dans le département de la Charente-Maritime[2]. Il a été limogé en mars 2008 par la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie pour avoir manqué à son « devoir de réserve », ayant publié une tribune libre critiquant la politique israélienne[1]. Le préfet de Charente-Maritime explique que Bruno Guigue, avant d'être limogé, était administrateur civil « détaché dans les fonctions de sous-préfet » et que, suite à son limogeage, il « est reversé dans son cadre d'origine » et « redevient administrateur civil », un autre corps de la fonction publique[3]. En janvier 2017, Sputnik le qualifie d'« ex-haut fonctionnaire »[4].

En octobre 2014, le site L'Eco austral indique que Bruno Guigue est « professeur de philosophie »[1], et début 2018, L'Obs le présente comme tel aussi[5].

Il est présenté en 2017 par le site Afrique Asie, comme « chroniqueur en politique internationale notamment à Afrique Asie »[6].

Auteur[modifier | modifier le code]

Il est l'auteur de deux ouvrages sur le conflit israélo-arabe : Aux origines du conflit israélo-arabe, l'invisible remords de l'Occident et Proche-Orient : la guerre des mots ainsi que d'une quinzaine d'articles de philosophie et de science politique dans les revues Études, Présence africaine et Raison présente. De plus, il est l'auteur d'un livre, Les raisons de l'esclavage, qui explore les rapports entre la pensée occidentale et le système esclavagiste. Il a aussi écrit un essai politico-historique sur la naissance du communisme moderne : Faut-il brûler Lénine ?.

D'après Le Monde, Bruno Guigue a publié des « tribunes sur la situation au Proche-Orient »[3]. Après qu'il ait été limogé en 2008 de sa fonction de sous-préfet en Charente-Maritime, le site L'Eco austral affirme que Bruno Guigue avait publié, outre la tribune qui a provoqué son limogeage, 18 tribunes « anti-sionistes »[1], et Bruno Guigue affirme qu'il faisait « des analyses géopolitiques depuis dix ans »[7]. D'après Le Figaro, Bruno Guigue est « réputé comme étant un spécialiste du Proche-Orient »[7].

Cause palestinienne[modifier | modifier le code]

Attaché à la cause palestinienne, il est président d'honneur du « Collectif Réunion Palestine Solidarité » et du « Collectif Saintonge Palestine Solidarité ». Selon le site L'Eco austral, Bruno Guigue a pu être entendu « lors de manifestations contre l’intervention israélienne à Gaza » en 2014[1].

La tribune sur Oumma.com[modifier | modifier le code]

Il publie depuis février 2005 des tribunes libres sur le site oumma.com[8].

En réponse à une tribune publiée le 27 février 2008 dans les colonnes du quotidien Le Monde, titrée « L'ONU contre les droits de l'homme »[9], il publie le 13 mars 2008 une réponse intitulée « Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l'ONU »[10]. Le 18 mars 2008, l'éditorialiste Luc Rosenzweig attaque cette tribune sur le site « france-israël.org »[11].

Le 20 mars 2008, Bruno Guigue est mis à pied par la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie qui, selon le ministère de l'Intérieur, « a été mise au courant mercredi [19 mars] du contenu de cette tribune et a immédiatement décidé de mettre fin [aux] fonctions [de M. Guigue] ». On lui reproche d'avoir décrit Israël comme le « seul État au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles » et d'ironiser sur « les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s'interrompt de torturer durant le shabbat »[3].

Jacques Reiller, le préfet de Charente-Maritime déclare : « C'est le principe même du respect du devoir de réserve qui était enfreint. Toute la fonction publique repose sur un devoir de réserve, une obligation de neutralité, qui correspond à l'égalité de traitement de tous les citoyens, quelle que soit leur sensibilité ou leur préférence », et ajoute : « Même s'il voulait publier un ouvrage sur les vases Ming, il devrait en référer, c'est la seule règle »[7]. La journaliste Esther Benbassa note que Bruno Guigues « s’est exprimé dans la tribune d’Oumma.com en tant que simple citoyen et non comme sous-préfet », et elle estime qu'il n'a pas contrevenu aux règles fixées par le chapitre 2 de l'Article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme concernant les limites de la liberté d'expression[12]. Pour Oumma.com, il est « juridiquement fondé de dire » que Bruno Guigue « est sorti de son devoir de réserve », mais le site affirme que François Zimeray, ambassadeur des droits de l'homme, est lui aussi sorti de son devoir de réserve une semaine avant, tenant des positions « anti-palestiniennes extrêmes », mais que lui n'a pas été sanctionné. Le site en déduit que Bruno Guigue a été l'objet d'une sanction politique, sous pression du « lobby pro-israélien français »[13].

Au Liban, le cheikh Mohammad Hussein Fadlallah, chef spirituel de la communauté chiite, a accusé le gouvernement français de « punir les détracteurs d'Israël » et estimé que « la France a perdu sa neutralité sur la scène proche-orientale »[réf. souhaitée]. D'après Oumma.com, la décision de « frapper » Bruno Guigue « est largement commentée à l’étranger, notamment dans les pays arabes »[13].

Bruno Guigue déclare : « Je pense seulement que la paix au Proche-Orient passe par l'application du droit international », et pose la question : « Est-ce un délit ? »[14]. Il intente un recours pour excès de pouvoir auprès du Conseil d'État[15]. Plusieurs associations[réf. souhaitée] ou personnalités lui ont apporté leur soutien, dont l'Union juive française pour la paix[16] et Mouloud AOUNIT, secrétaire général du MRAP[17], des associations militant pour le respect du droit international au Proche-Orient[réf. souhaitée], ainsi que plusieurs parlementaires , dont Patrick Braouezec, député (PCF) de Seine-Saint-Denis[17].

La journaliste Esther Benbassa voit dans le licenciement de Bruno Guigue « le signe de l’impossibilité de conduire un authentique débat dans notre pays et de l’influence des groupes de pression communautaires auprès des instances gouvernementales ». Elle déplore le ton « polémique » utilisé par Bruno Guigue dans sa tribune sur Oumma.com, et aussi qu'il n'ait pas sourcé ses affirmations. Elle affirme que lorsqu'il parle d’Israël comme « seul État au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles » , il tire sans doute son information d’Amira Hass, journaliste au quotidien israélien Haaretz. Et en ce qui concerne la phrase qui selon elle a probablement valu son limogeage à B. Guigue – « Ils [les admirateurs occidentaux d’Israël] doivent aussi se confondre d’admiration devant les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer durant le shabbat. » – elle estime que la source est la note 17 de la page 94 du livre Les Emmurés (2005) de Sylvain Cypel, journaliste au Monde, ex-correspondant à Jérusalem ayant vécu de longues années en Israël et lui-même d’origine juive[12].

Le journal L'Humanité condamne les propos de Bruno Guigue, les jugeant « intolérables » et s'ajoutant « au déchaînement et à l'inflation de qualificatifs haineux et de comparaisons inadmissibles auxquels se livrent divers protagonistes directs de la crise ». Le journal affirme notamment que le vice-ministre israélien de la Défense a promis une « shoah plus grande encore » aux palestiniens[14].

Le 8 avril 2009, le Conseil d'État a rejeté la requête du sous-préfet Bruno Guigue tendant à l'annulation de la décision ayant mis fin à ses fonctions de sous-préfet de Saintes[18]. Selon le site EuroPalestine, « les conclusions du rapporteur public (le magistrat chargé d'instruire l'affaire) étaient en faveur de l'annulation du décret présidentiel mettant fin aux fonctions de Bruno Guigue, aucun élément ne permettant de qualifier le texte de ce dernier comme outrancier, diffamatoire ou injurieux ». La formation de jugement n'a toutefois pas suivi ces conclusions[15].

Tribunes dans Afrique Asie[modifier | modifier le code]

Depuis 2016, Bruno Guigue publie une tribune presque chaque mois dans le magazine mensuel Afrique Asie[19]. Ces textes traitent en majeure partie des questions politiques au Moyen-Orient, avec quelques incursions en Afrique subsaharienne[20]. Ils paraissent dans l'édition "papier" du magazine et sont généralement repris sur le site internet.

Critiques[modifier | modifier le code]

Pour Guy Sorman, Bruno Guigue est un auteur qui « s'autoproclame spécialiste du moyen orient » et qui « publie des pamphlets antisionistes[21] ».

Le linguiste Michael Rinn de l'université de Bretagne occidentale note que Bruno Guigue qualifie la mémoire du génocide nazi « d'arme redoutable d'intimidation massive »[22].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Aux origines du conflit israélo-arabe : l'invisible remords de l'Occident, L'Harmattan, coll. « Questions contemporaines », Paris et Montréal, 1999, 145 p., (ISBN 2-7384-7304-0) – Réédition, revue et augmentée : L'Harmattan, coll. « Comprendre le Moyen-Orient », Paris, Budapest et Turin, 2002, 190 p., (ISBN 2-7475-2093-5)
  • Faut-il brûler Lénine ?, L'Harmattan, Paris, Montréal et Budapest, 2001, 144 p., (ISBN 2-7475-0160-4)
  • Économie solidaire : alternative ou palliatif ?, L'Harmattan, coll. « Économie et innovation », Paris et Montréal, 2002, 79 p., (ISBN 2-7475-1907-4)
  • Les raisons de l'esclavage, L'Harmattan, coll. « Économie et innovation. Krisis », Paris, Budapest et Turin, 2002, 125 p., (ISBN 2-7475-2119-2)
  • Proche-Orient : la guerre des mots, L'Harmattan, coll. « Comprendre le Moyen-Orient », Paris, Budapest et Turin, 2003, 110 p., (ISBN 2-7475-4250-5)
  • Chroniques de l'impérialisme, Editions Delga, 2017, Paris, 281 p. (ISBN 978-2-37607-129-7)
  • Liste des publications de Bruno Guigue sur Cairn.info

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « Où l’on reparle de l’antisioniste Bruno Guigue », Ecoaustral,‎ (lire en ligne)
  2. Décret du 31 août 2008, Journal Officiel de la République française, no 203, 2 septembre 2008, texte no 33.
  3. a, b et c Un sous-préfet limogé après avoir publié une tribune anti-israélienne, Le Monde, 23 mars 2008
  4. Sputnik, «L’année écoulée s’inscrit dans une phase de transition, entre deux états du monde», sur fr.sputniknews.com (consulté le 27 janvier 2018)
  5. « Bruno GUIGUE », sur L'Obs (consulté le 27 janvier 2018)
  6. « Bruno Guigue : «L’année écoulée s’inscrit dans une phase de transition, entre deux états du monde» », Afrique Asie,‎ (lire en ligne)
  7. a, b et c « Un sous-préfet limogé après des propos anti-israéliens », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  8. Tribunes de Bruno Guigue sur oumma.com.
  9. Le texte de l'article du Monde : « L'ONU contre les droits de l'homme »
  10. Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU de Bruno Guigue
  11. Billet de Luc Rosenzweig sur france-israel.org
  12. a et b « Fallait-il sacrifier le sous-préfet Bruno Guigue ? », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  13. a et b « Affaire Guigue : du devoir de réserve au droit réservé… », Oumma,‎ (lire en ligne)
  14. a et b « Le sous-préfet de Saintes limogé », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  15. a et b Webmaster, « La farce de la "solution à deux Etats", par Bruno Guigue* - CAPJPO - EuroPalestine », sur europalestine.com (consulté le 27 janvier 2018)
  16. « L’Union Juive Française pour la Paix exige la levée des sanctions contre Bruno Guigue », Oumma,‎ (lire en ligne)
  17. a et b ISM - International Solidarity Movement - Palestine, « France : Pétition de soutien à Bruno Guigue - Non à la sanction politique qui le frappe - Soutien Bruno Guigue », sur www.ism-france.org (consulté le 28 janvier 2018)
  18. CE, 8 avril 2009, M. Bruno G…, n° 316862 sur le site du Conseil d'État.
  19. « Afrique Asie », sur Afrique-Asie.fr
  20. « Tribune », sur Afrique-Asie.fr,
  21. Wonderful world. Chronique de la mondialisation (2006-2009). Guy Sorman, éditions Fayard, Paris, 2009
  22. article « Le pathos négationniste des sites islamistes », de Michael Rinn, p. 331-342, dans Les Discours de la haine: Récits et figures de la passion dans la Cité. Sous la direction de Marc Deleplace, éditions des Presses Universitaires du Septentrion, Villeneuve d'Ascq, 2009

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]