Bruno Barrillot

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Bruno Barrillot
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PapeeteVoir et modifier les données sur Wikidata
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Activités

Bruno Barrillot, né le à Lyon et mort à Papeete le , est un lanceur d'alerte français, spécialisé dans le suivi des armes et du nucléaire. Il est cofondateur de l'Observatoire des armements en 1984.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fait des études de philosophie et de théologie à l'université catholique de Lyon, avant de devenir prêtre catholique. Aumônier du mouvement rural de la jeunesse chrétienne au diocèse de Lyon de 1972 à 1985[1], il rompt avec l'Église catholique française au milieu des années 1980, durant la crise des euromissiles, estimant que ses positions institutionnelles étaient « trop timorées »[2]. Il reste cependant proche de l'archevêque lyonnais, pour lequel il suit les dossiers de l'ONG communiste Mouvement de la paix[2].

Il est ensuite journaliste pour Libération Lyon (1985-1989)[1].

Il fonde en 1984, avec Patrice Bouveret[3] et Jean-Luc Thierry, permanent de Greenpeace-France pour les essais nucléaires[4], le centre de documentation et de recherche sur la paix et les conflits (CDRPC), qu'il dirige de 1985 à 2005[1] et qui devient en 2008 l'Observatoire des armements[2].

Il visite le site de Mangareva, dans l’archipel des Gambier en 1990[2]. Alors que la France a réalisé, entre 1960 et 1996, 210 essais dans le Sahara et sur les atolls de Mururoa et Fangataufa, en Polynésie française, ce n'est qu'en 2010 que la loi Morin[5] reconnaît un impact sanitaire sur les populations[2]. Jusqu'en 1985[6], la direction de la santé publique de la Polynésie française était confiée à des médecins militaires français[7]. Bruno Barrillot souligne qu'« aucun registre de cancers ni de leucémies n’était alors tenu et les archives des hôpitaux locaux ont été rapatriées en France où elles ne sont pas accessibles »[8]. Pourtant, sous l'impulsion de la 8e conférence régionale des directeurs de la santé des territoires du Pacifique Sud, un fichier du cancer est créé le 19 décembre 1980 par le bureau des statistiques sanitaires de la direction de la santé dirigé par le médecin-général François Chastel[9],[10].

À son retour en France, il reçoit divers soutiens, notamment de John Doom, directeur du bureau Pacifique du Conseil œcuménique des Églises, de Madeleen Helmer et du pasteur polynésien Taarii Maraea[1].

Il devient délégué pour le suivi des conséquences des essais nucléaires auprès du gouvernement polynésien[11]. Licencié lors du retour au pouvoir de Gaston Flosse, il devient assistant du sénateur Richard Tuheiava (2013-2014). Il est rappelé au poste de délégué en 2016 par Édouard Fritch[2]. Il met en cause « la propreté des 193 essais nucléaires français réalisés dans le Pacifique entre 1960 et 1996 »[11]. Alors que Marcel Jurien de la Gravière, alors délégué à la sûreté nucléaire de la Défense, avait reconnu que six de ces essais avaient « affecté plus significativement quelques îles et atolls » », entraînant des retombées sur des zones habitées, et ce jusqu'à Tahiti, Barrillot quant à lui estime qu'« au moins cinq archipels ont été touchés »[11], notamment l'archipel des Gambier situé à 400 km, sous le vent[11]. Par ailleurs, dans le même article, Bruno Barrillot estime que « les reliefs sous-marins du nord-ouest de l'atoll sont très fragilisés » par 3000 tonnes de déchets radioactifs et de matériel militaire immergés au large de Mururoa ainsi que par « les résidus des 147 essais souterrains ».

Il conseille aux victimes civiles et militaires, en France, en Polynésie française et en Algérie, de se rassembler, pour exprimer leurs revendications[2] : l’Association des vétérans des essais nucléaires (AVEN) est créée en 2001 et la même année, Moruroa e Tatou[12].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Audit atomique. Le coût de l'arsenal nucléaire français, 1945-2010
  • L'héritage de la bombe : Polynésie Sahara 1960-2002 . Les faits, les personnels, les populations
  • Les irradiés de la République : Les victimes des essais nucléaires français prennent la parole
  • Uranium appauvri : Le Choc des armes, le poids des conséquences
  • Ouvrage collectif "Dix ans d'objections en monde rural" vécu d'un groupe anti-militariste de la Loire et du Rhône depuis 1973. Supplément à "Des objections en monde rural", commission paritaire n°64382, directeur de publication Jean-Luc Denis.
  • Albert Decourtray : un évêque au fil des jours, Paris, Éditions ouvrières, coll. « À pleine vie », , 207 p. (ISBN 2-7082-2590-1).
  • L'Héritage empoisonné, Éditions Observatoire des armements
  • Armes légères : de la production à l'exportation, le poids de la France, avec Belkacem Elomari, Lyon, Observatoire des transferts d'armements, 1999 (ISBN 2-913374-06-9)
  • (coll.) Témoins de la bombe : mémoires de 30 ans d'essais nucléaires en Polynésie française, avec Marie-Hélène Villierme et Arnaud Hudelot, Papeete, Éditions Univers polynésiens, 2013
  • Victimes des essais nucléaires : histoire d'un combat, préf. de Christiane Taubira, Lyon, Observatoire des armements, 2010
  • Quelle justice pour les victimes des essais nucléaires ? Pour l'adoption du principe de présomption légale, préf. de Mgr Jean-Paul Teissonnière, contribution du Dr Abraham Béhar, Lyon, Association des vétérans des essais nucléaires, Observatoire des armements & Association Moruroa e tatou, 2007 (ISBN 2-913374-18-2)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d «Bruno Barrillot, une vie de combats», Radio 1 (Lyon), 26 mars 2017 [lire en ligne]
  2. a b c d e f et g Christine Chaumeau, « Mort du lanceur d’alerte Bruno Barrillot », sur lemonde.fr, .
  3. Patrice Bouveret, cofondateur et directeur de l'Observatoire des armements. Petite biographie sur le site de France-Inter [1]
  4. Hélène Crie-Wiesner, « Jean-Luc Thierry, responsable français de la campagne de Greenpeace contre les essais nucléaires, est interdit à Mururoa […] » (portrait), Libération, 29 janvier 1996, [lire en ligne]
  5. Loi Morin n° 2010-2 du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français (1) [lire en ligne]
  6. arrêté n°387 CM du 23 avril 1985. JOPF du 10 mai 1985, p.592[lire en ligne]
  7. arrêté n°3884 PEL du 9 juillet 1982. JOPF du 15 août 1982, p.877[lire en ligne]
  8. « Les victimes des essais nucléaires en Polynésie peinent à se faire indemniser », Sciences et avenir, 24 février 2016 [lire en ligne]
  9. Rapport annuel d'activité, direction de la santé publique, Polynésie française, année 1982, p.32.
  10. Registre des cancers de Polynésie française, bilan de 10 années de surveillance, 1997-2006. BISES n°1; 2010, p.2 [lire en ligne]
  11. a b c et d «Des tonnes de résidus dangereux en Polynésie», Le Parisien, 17 juillet 2012 [lire en ligne]
  12. Association Moruroa e Tatou, communiqué Papeete-Lyon, 2 juillet 2002, [lire en ligne]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]