Bruit (Pensée complexe)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir bruit (homonymie).

Le bruit, en pensée complexe est une perturbation dans un système complexe. Ce concept est issu de la cybernétique.

Définition[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (avril 2017)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

La notion de bruit est très utilisée dans la pensée complexe, mais elle est mal définie[réf. nécessaire]. Pour Edgar Morin le bruit est un désordre[1]. En cybernétique un bruit est une perturbation[réf. nécessaire].

Dans le vivant[modifier | modifier le code]

Pour Morin c'est le désordre qui permet la création de l'ordre. Le bruit, c'est-à-dire une anomalie dans le déroulement d’un programme, peut détruire le système mais peut aussi le complexifier, c’est à dire le perfectionner. L’évolution de la vie depuis 3,5 milliards d’années a pu se faire en grande partie grâce à des anomalies dues au hasard, c.à d. au bruit. Les dysfonctionnements eux-mêmes sont assimilés à du bruit[2]. Dans le vivant le bruit a un effet désorganisateur mais organisateur au niveau supérieur. Il diversifie la cellule par rapport à sa voisine. Il en ressort une création possible de variété et de complexité régulatrice qui lui permettra éventuellement d’être adaptée à une situation nouvelle par rapport à l’état antérieur. À titre d'exemple la diversité du répertoire du système immunitaire est un effet produit par les mutations somatiques et les réarrangements chromosomiques aléatoires dus au bruit. Dans ces tissus la fréquence de ce mécanisme est beaucoup plus élevée que dans les autres tissus[3]. Lorsque le système continue à fonctionner et n’est pas détruit par le bruit on peut parler d’auto-organisation par le bruit. Le système possède des capacités de se réorganiser de façon non programmée à l’avance[4].

En cybernétique[modifier | modifier le code]

Atlan cite Gilbert Simondon pour qui le bruit permet à la machine d'être sensible à une information extérieure[5]. Les réseaux, par définition, créent beaucoup de bruit (d'imperfections). Longtemps on a cru que seuls les êtres vivants étaient capables d'intégrer du bruit. Il est apparu que les réseaux d’ordinateurs peuvent assimiler certains bruits. Ces bruits sont intégrés dans le programme soit dans des places vides soit en diminution de la redondance. La réduction de la redondance est compensée par une augmentation de la complexité et de la diversité[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Edgar Morin, La méthode. 1. La nature de la nature, Seuil, 1977, p. 242
  2. Edgar Morin, La méthode, 2. La vie de la vie, Seuil, 1980, p. 39, 49
  3. Henri Atlan, La fin du "tout génétique" ?, INRA, Paris, 1999, p. 27, 28
  4. Atlan, p. 69 à 73, 79 à 82
  5. Atlan, p. 24
  6. Atlan, p. 13, 27, 28, 33, 71

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Atlan, Le vivant post-génomique ou Qu’est-ce que l’auto-organisation ?, Odile Jacob, 2011

Articles connexes[modifier | modifier le code]