Bruant à gorge blanche

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Zonotrichia albicollis

Zonotrichia albicollis
Description de cette image, également commentée ci-après
Bruant à gorge blanche
Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Aves
Ordre Passeriformes
Famille Emberizidae
Genre Zonotrichia

Nom binominal

Zonotrichia albicollis
(Gmelin, 1789)

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Répartition géographique

Description de l'image Zonotrichiaalbicollis habitat.PNG.

Le Bruant à gorge blanche (Zonotrichia albicollis) est une espèce de passereau de la famille des bruants américains (embérizidés). Ce bruant est exceptionnel par la présence de deux morphotypes nécessitant une reproduction croisée (un type avec l'autre).

Description[modifier | modifier le code]

Cet oiseau mesure environ 16 cm. Les ailes rousses et la poitrine blanche facilitent l'identification. La population de ces bruants se divise en deux morphotypes, qui diffèrent par le plumage (raies blanches ou ocre, sur la tête) et le comportement (les premiers sont agressifs, changent fréquemment de partenaire et ont un chant riche ; les seconds sont monogames, défendent plus farouchement leur progéniture contre les prédateurs et ont un chant monotone). Les mâles d'un type s'accouplent presque toujours avec une femelle de l'autre type, et vice versa[a].

Habitats et répartition[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une espèce de l'Amérique du Nord, qui niche à l'est et au centre du Canada et en Nouvelle-Angleterre.

Il construit son nid sur le sol sous des buissons ou dans les branches basses des arbres dans les forêts à feuillage caduc ou mixtes. En hiver, il migre vers le Sud des États-Unis. Cet oiseau se retrouve rarement en Europe de l’Ouest.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Cet oiseau cherche sa nourriture sur le sol dans les sous-bois. Il mange surtout des graines, des insectes et des petits fruits.

Chant et appels[modifier | modifier le code]

Dickcissel d'Amérique mâle perché sur un poteau métallique, chantant cou tendu et bec ouvert.

Chants et appels

Enregistrement 1 :
Enregistrement 2 :

Écouter Bruant à gorge blanche
sur xeno-canto

Son chant est un sifflement haut et fort qui ressemble à Où es-tu Frédéric, Frédéric, Frédéric[1].

Reproduction : le moineau aux quatre sexes[modifier | modifier le code]

Ces oiseaux ont deux sexes au plan morphologique mais en quelque sorte quatre au plan génétique. Les bruants à rayures ocre ont deux copies semblables du chromosome no 2, alors que chez ceux à rayures blanches l'une des copies contient une inversion d'une large portion de ce chromosome (plus de 1 100 gènes). Il s'agit en fait de plusieurs inversions, qui ont modifié l'ordre des gènes dans le segment inversé. Plusieurs de ces gènes sont impliqués dans la coloration du plumage et le comportement (mais pas le développement sexuel). Comme pour le chromosome Y des mammifères ou W des oiseaux, les mutations sont plus nombreuses sur le chromosome modifié que sur sa version originale[2],[3].

Cet exemple extraordinaire n'a pas qu'un intérêt anecdotique, il illustre comment a pu commencer l'évolution des chromosomes sexuels comme XX/XY et ZW/ZZ.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les accouplements entre oiseaux du même morphotype existent mais sont extrêmement rares.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ou, selon Claude Mélançon, « Cache ton … (nez?) … Frédéric, Frédéric » : Charmants Voisins, Montréal, Granger frères, 1940, p. 152. Mélançon lui donne le nom de « chingolo à gorge blanche » et mentionne que son chant est transcrit en anglais « O-oh sweet Canada, Canada, Canada ». De même que le nom populaire de l'oiseau est en français petit-frédéric, en anglais il est sweet Canada.
  2. (en) Carrie Arnold, « The sparrow with four sexes » [« Le moineaux aux quatre sexes »], Nature, vol. 539,‎ , p. 482-484.
  3. (en) Elaina M. Tuttle, Alan O. Bergland, Marisa L. Korody, Michael S. Brewer, Daniel J. Newhouse, Patrick Minx, Maria Stager, Adam Betuel, Zachary A. Cheviron, Wesley C. Warren, Rusty A. Gonser et Christopher N. Balakrishnan, « Divergence and Functional Degradation of a Sex Chromosome-like Supergene », Current Biology, vol. 26,‎ , p. 344-350 (DOI 10.1016/j.cub.2015.11.069).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]