Bruère-Allichamps

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Bruère-Allichamps
Borne milliaire.
Borne milliaire.
Blason de Bruère-Allichamps
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Cher
Arrondissement Saint-Amand-Montrond
Canton Saint-Amand-Montrond
Intercommunalité Communauté de communes Cœur de France
Maire
Mandat
Patrick Ciajolo
2014-2020
Code postal 18200
Code commune 18038
Démographie
Population
municipale
566 hab. (2015 en diminution de 10,02 % par rapport à 2010)
Densité 41 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 46′ 06″ nord, 2° 25′ 57″ est
Altitude Min. 137 m
Max. 217 m
Superficie 13,9 km2
Localisation

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Bruère-Allichamps

Bruère-Allichamps est une commune française située dans le département du Cher, en région Centre-Val de Loire.

Géographie[modifier | modifier le code]

Bruère-Allichamps est située à 7 kilomètres au nord de Saint-Amand-Montrond sur la RD 2144 (ex-RN 144) qui est l’axe reliant Bourges (à 44 kilomètres au nord) à Montluçon (à 56 kilomètres au sud).

La commune est l'une des sept communes revendiquant le titre de centre de la France, et, historiquement, la première.

Selon les calculs du géographe français Adolphe-Laurent Joanne (1813-1881) qui écrit dans son dictionnaire Géographique « Le centre géométrique de la France, autant qu'on peut en déterminer un, se trouve dans la partie sud du département du Cher, au village de Bruère-Allichamps, à 7 km au nord-ouest de Saint-Amand-Montrond. »

Détails des calculs de Joanne :

« Le Centre de la France est compris entre les deux latitudes et les deux longitudes entre lesquelles pourrait s'inscrire la plus petite figure semblable à la France. Ce point est entre 46°51'32" et 46°40'02" de latitude et 0° et 0°10'33" de longitude orientale. Si l'on suppose un quadrilatère construit avec 4 points et dans lequel tient la France, le centre sera l'intersection des 2 médianes. L'une de ces médianes se confond avec le méridien passant par 0°5'15" de longitude est, et l'autre avec le parallèle situé à 46°45'47" de latitude. Ce point, situé à égale distance du nord et du sud de la France, de l'est et de l'ouest de la France, est situé à Bruère-Allichamps. »

Ces calculs ont été effectués entre 1860 et 1870, quand l'Alsace et la Lorraine étaient françaises, ainsi que Nice et le Savoie, mais sans prendre en compte les territoires cédés par l'Italie à la France par le Traité de Paris de 1947 (Tende et La Brigue). Les points géodésiques à l'époque avaient pour référence le méridien de Paris situé à +2°20'14" de celui de Greenwitch. La borne milliaire placée au centre de la France est classée parmi les Monuments historiques par arrêté du 26 août 1909.

La commune fait partie du canton de Saint-Amand-Montrond même après 2015[1],[2].

Localisation[modifier | modifier le code]

Rose des vents Saint-Loup-des-Chaumes Uzay-le-Venon Rose des vents
Farges-Allichamps N La Celle
O    Bruère-Allichamps    E
S
Nozières Orval Saint-Amand-Montrond

Histoire[modifier | modifier le code]

La borne dans les années 1920.

La commune de Bruère-Allichamps fut créée en 1884 par la fusion de Bruère et d'Allichamps.

Un important haras consacré à la production de chevaux destinés à la remonte de l’armée française (remplaçant ceux blessés ou tués au combat) a existé à Bruère-Allichamps, au lieu-dit Châteaufer. Il est fermé après la Première Guerre mondiale.

Pendant la guerre civile espagnole, il fait partie des camps d'internement destinés à l’assignation à résidence des réfugiés espagnols. Ils sont seulement 55 début janvier 1939. Mais c’est surtout au moment de l'effondrement de la république espagnole, qui provoque la Retirada, que les arrivées de réfugiés sont importantes. Entre le 30 janvier et le 9 février 1939, 3 002 réfugiés espagnols fuyant devant les troupes de Franco, arrivent dans le Cher[3],[4]. Ils sont acheminés en quatre convois à la gare de Bourges[5].

L’hébergement n’est pas très confortable : les dortoirs sont aménagés dans les écuries, dont certaines sont dépourvues de portes[6]. Les réfugiés sont essentiellement des femmes et des enfants, les hommes sont retenus dans les camps du Midi[7]. Ils sont soumis à une quarantaine stricte, du fait des risques d’épidémie. Un hôpital de fortune est aménagé dans avec 40 lits à Châteaufer[8]. Le courrier est limité, le ravitaillement, s'il est peu varié et cuisiné à la française, est cependant assuré[9]. Au printemps et à l'été, le camp de Châteaufer devient le centre de regroupement départemental pour les réfugiés hébergés dans des centres ruraux créés dans les petites communes[10]. Malgré les facilités offertes à ceux qui veulent rentrer en Espagne (et les incitations), ils sont encore 912 en décembre 1939[11] et 600 en février 1940[12]. Certains enfants sont déplacés à la Maison familiale pour enfants de Bourges[12].

La mémoire de ce camp d’internement de réfugiés espagnols se transmet : à l’abbaye de Noirlac, une table ronde sur le sujet a eu lieu en novembre 2012, et des rencontres annuelles commémorent ces évènements depuis 2010 à Châteaufer et Noirlac[13].

Articles détaillés : Retirada et Histoire du département du Cher.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 2014 Didier Vandeporta    
2014 en cours
(au 26 septembre 2014)
Patrick Ciajolo[1] SE Fonctionnaire

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[15].

En 2015, la commune comptait 566 habitants[Note 1], en diminution de 10,02 % par rapport à 2010 (Cher : -0,73 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
237 312 338 118 301 335 327 354 361
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
358 377 384 396 440 408 1 023 1 085 1 061
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 073 1 093 1 053 889 987 835 751 798 735
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
735 669 649 631 609 573 580 629 566
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Prieuré Saint-Étienne d'Allichamps XIIe siècle. L’ancienne église Saint-Étienne d’Allichamps est inscrite sur l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques : arrêté du 19 février 1926. L'église est classée parmi les Monuments Historiques : arrêté du 9 août 2007, qui annule l’inscription du 19 février 1926[20].
  • Le château de Châteaufer (1670). Le corps de logis en totalité, la chapelle située à l'extrémité sud du bâtiment de communs est en totalité, les façades et les toitures des deux bâtiments de communs situés dans l'avant-cour, à l'exception de la chapelle inscrite en totalité, le portail d'entrée et le mur de clôture de l'avant-cour, les fossés, l'avant-cour, la cour et le jardin sont inscrits sur l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques : arrêté du 12 septembre 2002[21].
  • La colonne (borne milliaire), extraite des carrières de La Celle, érigée par l’empereur romain Caracalla (au début du IIIe siècle), cette borne milliaire indiquait les 3 directions de la voie romaine : Avaricum – Aquae Neris – Mediolanum Castrum (Bourges – Néris les Bains – Châteaumeillant). Avant d’arriver à son implantation actuelle, elle a bien voyagé : à la chute de l’Empire romain, les Wisigoths l’emmenèrent dans le cimetière romain d’Allichamps où elle fut transformée en sarcophage. Elle fut découverte par le prieur Pajonnet au milieu du XVIIIe siècle et, après bien des péripéties, elle fut installée à son emplacement actuel (sur la RD 2144), c’est-à-dire à 200 m de son emplacement initial. La borne milliaire est classée monument historique en 1909[22].
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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

La scène d'ouverture du film L'Argent de poche de François Truffaut a été tournée à Bruère-Allichamps : une fillette envoie une carte postale depuis le "centre de la France" à son camarade.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Armorial des communes du Cher.
Blason de Bruère-Allichamps Blason Parti : au 1er d'azur au pont d'une arche et deux demies d'argent, mouvant des flancs, maçonné de sable et posé sur une champagne ondée d'or, au chef cousu de gueules, bastillé de deux pièces et chargé d'une fasce alésée cousue d'azur surchargée de trois fleurs de lis d'or, au 2e de sinople à la colonne d'or.
Détails
Adopté en mai 2017.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Liste des maires du Cher et appartenance des communes aux cantons sur le site de la préfecture (consulté le 26 septembre 2014).
  2. Décret no 2014-206 du 21 février 2014 portant délimitation des cantons dans le département du Cher
  3. Jeanine Sodigné-Loustau, « L'accueil des réfugiés civils espagnols de 1936 à 1940. Un exemple : la région Centre », Matériaux pour l'histoire de notre temps, no 44,‎ , p. 43 (lire en ligne).
  4. Didier Arnold, « Les réfugiés de la Guerre d'Espagne dans le Cher. 1936-1946, documents disponibles aux Archives départementales du Cher », Archives départementales du Cher, (consulté le 25 mars 2013).
  5. Alain Gardant, « L'enfance pendant les deux conflits mondiaux », dans L'enfance dans le Cher (1830-1945) (lire en ligne), p. 3 (consulté le 25 mars 2013).
  6. Geneviève Dreyfus-Armand, « Les enfants, ces oubliés de la diaspora républicaine espagnole », dans Rose Duroux, Exils, passages et transitions : Chemins d'une recherche sur les marges, Presses universitaires Blaise Pascal, , p. 39.
  7. Dreyfus-Armand, op. cit., p. 35.
  8. Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 44.
  9. Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 43-44.
  10. Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 46.
  11. Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 47.
  12. a et b Gardant, op. cit., p. 4.
  13. Anne-Lise Dupays, « Noirlac honore ses réfugiés espagnols de 1939 », L'Écho du Berry,‎ (lire en ligne) (consulté le 25 mars 2013)
  14. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  18. Notice no PA00096746, base Mérimée, ministère français de la Culture
  19. Collectif - DIREN (Direction Régionale de l'Environnement), « L'Abbaye de Noirlac (Fiche 6) : Allée principale, pré, cour, jardins. », dans Direction Régionale de l'Environnement, Atlas des sites du département du Cher., Centre du développement durable, , 110 p. (lire en ligne [PDF]), pages 41 à 43.
  20. Notice no PA00096748, base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. Notice no PA18000020, base Mérimée, ministère français de la Culture
  22. Notice no PA00096747, base Mérimée, ministère français de la Culture

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Ferdière et Yannick Rialland, « La prospection archéologique systématique sur le tracé de l'autoroute A 71 (section Bourges-sud du Cher). 1e partie /Systematic archaeological survey along the route of the a 71 motorway (section from Bourges to the Southern limit of the department of the Cher) (Part one). », Revue archéologique du Centre de la France,, t. 33,‎ , pages 42 à 81 (DOI 10.3406/racf.1994.2709, lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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