Broue

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Broue
Auteur Claude Meunier, Jean-Pierre Plante, Francine Ruel, Louis Saia
Genre Comédie
Durée approximative 2 heures 20 minutes
Musique de scène Robert Marien
Site web http://www.broue.ca/
Date de création en français 21 mars 1979
Lieu de création en français Théâtre Les Voyagements, Montréal
Compagnie théâtrale Les Voyagements, Les 3M (depuis 1982)
Metteur en scène Michel Côté, Marcel Gauthier, Marc Messier, Francine Ruel, Johanne Seymour et Guy parent
Rôle principal Michel Côté, Marcel Gauthier, Marc Messier

Broue est une comédie théâtrale québécoise. L'action se déroule dans une taverne où différents personnages hauts en couleur échangent sur leurs travers. Présentée plus de 3 000 fois sur une période continue de 38 ans et vue par plus de 3 millions de spectateurs[1], Broue est considérée comme le plus grand succès de l’histoire du théâtre au Québec. Les comédiens de la pièce ont annoncé le 21 mars 2017 la fin des représentations de la pièce mythique en avril[2]. La dernière représentation a eu lieu le 22 avril 2017.

Le terme broue désigne la mousse de la bière au Québec. Les événements de la pièce se déroulent la veille du jour où les tavernes du Québec seront obligées de par la Loi à admettre les femmes. Les personnages y affluent pour célébrer cette tradition qui se perd avec la montée du féminisme.

Historique[modifier | modifier le code]

1979 - Création de Broue[modifier | modifier le code]

Les premières représentations de Broue ont eu lieu au théâtre des Voyagements situé au 5145 rue St-Laurent à Montréal. Le théâtre est une ancienne usine manufacturière qui a été réaménagée en salle de spectacle par la troupe de comédiens Les Voyagements. La salle avait une capacité de 80 spectateurs[3]. Broue, présentée pour la première fois le 21 mars 1979[4], était alors le premier spectacle offert dans ce nouveau théâtre[5]. Il s'agissait de la quatrième création en cinq ans de la troupe[6].

La troupe les Voyagements s'est formée en 1975. À ce moment, elle était composée de Marc Messier, Marcel Gauthier, Michel Côté ainsi que sa femme Véronique Le Flaguais[7]. Ils collaboraient fréquemment avec leur auteur maison Michel Garneau. Ils faisaient du théâtre expérimental, différent de ce qui était habituellement présenté. Leurs premières réalisations s’intitulent Les Voyagements, Rien que la mémoire, Adidou Adidouce toutes présentées à la Maison des Arts de La Sauvegarde. Dû à la vente de l’établissement, ils ont dû se mettre à la recherche d'un nouveau local[3],[4]. Pour cette raison, ils ont décidé de créer leur propre théâtre en investissant 3500$ chacun dans la rénovation de l'usine.

Pour démarrer leur projet, ils ont approché une dizaine d’auteurs pour produire des textes de 10 minutes sur le thème des tavernes. Leur auteur maison, Michel Garneau, était dans l'impossibilité de leur fournir les textes dû à la maladie[6]. Parmi les auteurs approchés, on comptait Claude Meunier, Jean-Pierre Plante, Francine Ruel, Louis Saia, Jean Barbeau, Germain Beauchamp, Gaston Caron et Robert Gurik[5],[6]. À la réception des textes, les comédiens Marc Messier, Marcel Gauthier et Michel Côté ont monté la pièce en deux semaines et demie[3] en triant les textes et en créant les transitions entre les scènes. Seuls les textes de Claude Meunier, Jean-Pierre Plante, Francine Ruel et Louis Saia ont été retenus.

La pièce prend la forme d’une série de neuf sketches mettant en scène 21 personnages typiques de l’époque des tavernes que les journalistes surnomment la faune. Les nombreux personnages sont tous joués par les trois mêmes comédiens. Toutes les scènes se déroulent dans un décor unique de la taverne Chez Willy. Le décor a été créé par Denis Rousseau et les costumes par François Laplante. La musique est réalisée par Robert Marien[5]. La mise-en-scène a été réalisée par Michel Côté, Marcel Gauthier et Marc Messier avec la participation de Francine Ruel, Johanne Seymour et Guy parent.

À l'été 1979, Broue a été présentée au théâtre de l'Atelier du parc Jacques Cartier à Sherbrooke suite à l'invitation du comédien Pierre Gobeil[4],[8]. La capacité du théâtre était de 150 spectateurs. Ils sont aussi retournés à l'été 1980, avec une pièce modifiée en grande partie et avec un décor démontable[9].

Années 1980 - Début du succès[modifier | modifier le code]

La compagnie Jean Duceppe leur offrit de présenter la pièce au théâtre Port Royal de la Place des Arts de Montréal à l’automne 1980 et ensuite partir en tournée dans toute la province. La pièce a été si bien accueillie par le public qu’une autre tournée était déjà planifié pour le printemps 1981. Selon les comédiens, ce fut un tournant important au succès et à la popularité de la pièce[2]. Ils ont ensuite créé leur propre compagnie de production Les 3M en 1982[10].

 De mars 1979 à décembre 1980, il y a eu 250 représentations dans la province de Québec et environ 70 000 spectateurs[4].  

Fin de Broue[modifier | modifier le code]

En 2004, les comédiens avaient annoncé, avec humour, une première tournée d’adieu[11]. Les comédiens ont songé pendant des années à la retraite avant de prendre une décision définitive. En novembre 2013, le maire de Trois-Rivières les avait reçus à l’hôtel de ville pour souligner la fin de la pièce alors que ce n'était pas le cas[12].

En décembre 2014, une nouvelle tournée d'adieu a été annoncée, mais vu la rapidité à laquelle les billets se sont vendus, ils ont renoncé à la retraite[13],[10].

La fin de Broue a été confirmée à l’émission Tout le monde en parle le 19 mars 2017 par les trois comédiens[2]. Les comédiens ont pris la décision en janvier 2017, sans en parler immédiatement. Leur âge avancée pour le rythme de tournée, leur équipe de producteurs (Jean-Claude l’Espérance et Louise Claude) qui parlaient de retraite, leur techniciens qui sont avec eux depuis plus de 30 ans et leur souhait de terminer avec des salles pleines qui était exhaussé furent les facteurs décisionnel de leur retraite[12],[8].

La dernière a donc eu lieu à la salle Maurice O’Bready du centre culturel de l’université de Sherbrooke le 22 avril 2017. Il s’agissait de la 3322e représentations et 3 394 195 spectateurs[13]Michel Côté comparait les adieux à chacun de ses personnages comme s’il les apportait au cimetière. Ils estiment de vivre la séparation avec leur personnage et la pièce comme un deuil[2],[13],[8]. La pièce a eu une durée totale de 38 ans avec la même distribution. Certaines critiques mentionnent que la magie et le succès de Broue vient de la complicité des trois comédiens et de leurs talents à interpréter leurs personnages. Ils arrivent à improviser sur scène lorsque la situation se présente sans perdre le fils de la pièce[14].

Des producteurs ont annoncés leur intérêt d’acquérir les droits d’auteur de la pièce Broue afin de la faire revivre dans un nouveau décor et avec de nouveaux comédiens[15]. Selon les comédiens, il faudra attendre quelques années afin de créer une nouvelle vision de la pièce.

Le décor, les costumes et les accessoires de la pièce Broue ont été donnés au Musée de la civilisation de Québec en avril 2018[16],[17]. Ils font désormais partis de la collection nationale du musée et seront présentés au public lors d'une exposition en 2019[16].

Autres versions[modifier | modifier le code]

La pièce a été traduite et adaptée dans différents pays à travers le monde notamment au Canada anglais, aux États-Unis, en Belgique et en France. Plus de 800 représentations ont eu lieues avec une distribution différentes ailleurs dans le monde[18].

Brew[modifier | modifier le code]

La pièce Broue a été traduite et adaptée pour le public anglophone en 1982 sous le nom Brew. La pièce a été traduite par Michel Fremont-Côté et David McDonald[19]. Elle a été jouée par les trois mêmes comédiens québécois qui ont dû suivre des cours d’anglais. La première a eu lieu au théâtre Centennial à Lennoxville, le 16 septembre 1982. Ensuite, ils ont joué au théâtre Centaur à Montréal, le théâtre anglophone le plus réputé de la province[20]. Ils ont ensuite tourné à Vancouver au East Cultural Centre le 31 décembre 1982[21]. La Centre Stage Company a importé la pièce au théâtre The Bluma Appel du centre St-Laurent à Toronto le 7 octobre 1983[22],[23]. La scène mettant en vedette un homme d’affaires anglophone et deux travailleurs de la construction francophone discutant dans leur propre langue maternelle n’a pas été traduite, elle a été jouée dans sa version originale.

En 1984, pour combler la demande au Canada anglais et aux États-Unis, la distribution a été donné aux comédiens Patrice L’Écuyer, Guy Mignault et Marcel Leboeuf[10],[24].

Le 13 juin 1984, la pièce a été jouée pour la première fois aux États-Unis au USA stage Company à Allentown[25].

Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique, la pièce a été produite dans les deux langues officielles du pays soit en français et en flamand.

La version française, Chez Willy, a été adaptée à la sauce belge par Martine Willequet et produit par Alain Leempoel. La pièce a démarré le 15 octobre 1990 à l'auditorium du Passage 44, à Bruxelles[26] et a été jouée pendant plus de 7 ans. C’est après avoir vu la version québécoise de Broue et avoir remarqué les similitudes entre la culture québécoise et belge qu’Alain Leempoel a eu le désir d’adapter la pièce[26],[27]. Les comédiens Bernard Cogniaux, Michel de Warzée et Michel Kartchevsky assurent l’exécution des personnages[28]. Les comédiens québécois ont participé à la mise-en-scène et à la production de la pièce Chez Willy. Il y a eu 400 représentations et 115 000 spectateurs. Certaines critiques belges ont mentionné «Plus belge que ça, tu meurs!» et «On ne pourrait pas imaginer cette pièce ailleurs qu’en Belgique!» alors que la pièce est québécoise[8]. Le slogan de la pièce indiquait «spectacle typiquement belge»[27].

La version flamande In’t Zicht van de Statie a été produite à deux reprises dans deux théâtres d’Anvers, soit en 1992 et en 2003.

France[modifier | modifier le code]

En décembre 2009, Thomas Le Douarec, metteur en scène et comédien français, a acquis les droits d’adaptation de la pièce pour en faire une version en France[29]. Ce n’est qu’en 2013 que la version française, renommée Cul sec, a été présentée pour la première fois.

La pièce a été à l’affiche lors de l’événement de théâtre du festival Off d’Avignon au théâtre Arto d’une capacité de 70 places, du 6 au 31 juillet 2013[30]. Elle a été adaptée par Michèle Bourdet et Thomas Le Douarec qui a aussi produit et assuré la mise-en-scène. Cette version française est une adaptation libre qui s’inspire de la structure et des personnages de la version originale, mais n’est pas une version de Broue à la française, il s’agit d’une nouvelle création[31],[32]. La taverne a été remplacé par un bistro de quartier nommé Chez Gigi[31]. Les personnages ont dû être transformés et adaptés ou même en inventer de nouveaux afin de mieux interpréter la culture française. Les comédiens Didier Constant, Philippe Vieux et Christian Mulot incarnent les personnages[31]. Selon Thomas Le Douarec, le plus dur a été de faire accepter les textes par les 7 auteurs québécois.

Le comédien Jacques Villeret avait déjà approché les auteurs de Broue auparavant pour en faire une adaptation, mais le projet a été avorté[30].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

[25],[33]

  • 22 novembre 1995 : Intronisation sur la Promenade des stars (Walk of Fame), Première cérémonie d’intronisation sur le trottoir de la rue Alexandre de Sève à Montréal;

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « En bref - La 3000e de Broue », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  2. a, b, c et d Caroline G. Murphy, « Les gars de «Broue» confirment la fin du spectacle mythique », Le Journal de Montréal,‎ (lire en ligne)
  3. a, b et c (en) Lawrence Sabbath, « Belly laughs abound in play on tavern life », Montreal Star,‎
  4. a, b, c et d Martine R.-Corrivault, « La phénoménale réussite d’une taverne au théâtre », Le soleil,‎
  5. a, b et c Martial Dassylva, « Le monde merveilleux des tavernes », La presse,‎
  6. a, b et c Jacques Larue-Langlois, « Rire à s’en tenir les côtes », Le devoir,‎
  7. Martial Dassylva, « C’est vous, c’est moi, c’est nous autres… », La presse,‎
  8. a, b, c et d Karine Tremblay, « Broue ferme taverne », La tribune,‎
  9. Karine Tremblay, « Deux étés à Sherbrooke », La tribune,‎
  10. a, b et c Yves Bergera, « Broue, cocktail d’humour et d’amertume », Le Droit,‎ (lire en ligne)
  11. Lise Millette, « Les comédiens de «Broue» songent à annoncer l'heure du «last call» », La Presse,‎ (lire en ligne)
  12. a et b Kim Alarie, « La dernière des dernières pour Broue », Le nouvelliste,‎
  13. a, b et c Ghislain Allard, « Des adieux émouvants pour les acteurs de Broue », Le Journal de Montréal,‎
  14. Chantal Guy, Hugo Pilon-Larose, « La dernière critique de Broue », La presse,‎
  15. Cédric Bélanger, « Broue va revivrre », Journal de Québec,‎
  16. a et b « Broue dans la collection du Musée », ICI radio-Canada,‎ (lire en ligne)
  17. « Broue entre au musée | André Duchesne | Théâtre », La Presse,‎ (lire en ligne)
  18. « Histoire | Broue », sur www.broue.ca (consulté le 4 avril 2017)
  19. (en) Devo, « Few surprise in tv season bow », Variety,‎
  20. (en) Maureen Peterson, « English Brew works – it’s a heady hit », The Gazette,‎
  21. « Broue de retour pour une 35e saison », Ici, Radio-Canada,‎
  22. (en) Martin Knelman, « Strange Brew », Saturday night,‎
  23. (en) Stewart Brown, « Belly right up, ‘cos Quebec tavern comedy one amazing Brew-ha-ha », The Spectator,‎
  24. Isabelle Houde, « Broue en 10 lieux », Le soleil,‎
  25. a et b « Au menu de Broue », Le journal de Montréal,‎
  26. a et b Bertin Leblanc, « De la «Broue» chez les Belges », Le soleil,‎ (lire en ligne)
  27. a et b Jacques De Decker, « Du côté de chez willy », Le soir,‎ (lire en ligne)
  28. Jacques De Decker, « CHEZ WILLY AU PASSAGE 44 », Le Soir,‎ (lire en ligne)
  29. André Duchesne, « Broue, bientôt 35 ans », La Presse,‎
  30. a et b Maxime Demers, « Broue à la conquête du public français », Le Journal de Montréal,‎ (lire en ligne)
  31. a, b et c Véronique Beaudet, « Les Français font Cul sec à Avignon », Journal de Montréal,‎
  32. Louis-Bernard Robitaille, « Broue à Paris, un objet rare… », La presse,‎
  33. « Presse - Broue - Les prix remportés », sur Broue.ca
  34. La Presse Canadienne, « Lise Dion, humoriste de l'année », Le devoir,‎ (lire en ligne)
  35. Presse canadienne, « Le public fait de Lise Dion l’humoriste de l'année », Le nouvelliste,‎ (lire en ligne)
  36. Louise-Maude Rioux Soucy, « Spectacle - Broue établit un record Guinness », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  37. Agnès Gaudet, « 2726 représentations en 27 ans par les mêmes comédiens », Le journal de Québec,‎
  38. La Presse Canadienne, « Les artisans de Broue décorés », La Presse,‎ (lire en ligne)
  39. Cédric Bélanger, « Les gars de Broue honorés par Julie Payette », Journal de Québec,‎

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lemieux Michèle, "15 ans de Broue 15 ans de rire 15 ans de vie" Le lundi 19 mars 1994' p. 8-21 (photo page couverture et 38 photos avec le texte de l'article)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]