Bronzavia Industrie

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Bronzavia Industrie
logo de Bronzavia Industrie
Logo de Bronzavia
illustration de Bronzavia Industrie
Usine de Sartrouvile en 2015

Création Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Sartrouville
Drapeau de France France
Société mère SIFKA (Société d'investissement famille Krempp et associés)
Site web www.bronzavia.com

Bronzavia Industrie est une entreprise française de chaudronnerie spécialisée dans le secteur aéronautique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création années 1930[modifier | modifier le code]

En 1931, un ingénieur[Qui ?] invente une bougie performante pour moteur d'avion. Une usine est alors construite à Paris sous le nom de Bronzavia (Bronze comme le matériel des bougies et Avia comme aviation). L'usine produit également du matériel radio, des optiques, échappements, allumage moteur et toutes sortes d'équipements pour les avions[1].

En 1936, Marcel Bloch (devenu Marcel Dassault en 1946) réalise l'usine Bronzavia de Courbevoie (Boulevard Saint Denis) avec l'aide de l'architecte Georges Hennequin (fils)[2] à laquelle s'ajoutent les locaux de Potez (usine de construction aéronautique créée en 1919) quelques mètres plus loin. Des usines se créent également à Lyon et Blois[3] pour produire des moteurs d'avions et différentes pièces aéronautiques. À l'usine de Blois notamment sont fabriqués des matériels ménagers tels que des réfrigérateurs, des machines à laver et des radiateurs à gaz.

En 1937, Jean Daninos s'établit à son compte en tant qu'ingénieur conseil. Il collabore avec différentes sociétés aéronautiques comme Farman, Fairey et Bronzavia. Chargé de réorganiser le département de chaudronnerie aéronautique de cette dernière, il en devient alors l'un des directeurs techniques. À cette époque cette société est dirigée Henri Feuillée.

En 1939, Bronzavia crée une petite filiale, la société des Forges et les Ateliers de Construction d'Eure et Loir donnant l'acronyme commercial Facel. Basée à Dreux, Facel est dirigée par Marcel Koehler, nommé directeur général et son adjoint Serge Magne. Le président de Facel (non exécutif) est le général Aloïs Keller. (Marcel Koehler était déjà connu est pour avoir créé dans les années vingt la marque de motocyclettes sportive Koehler-Escoffier)[4]

Deuxième guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1940, à la suite de l'occupation des usines durant la guerre, celles-ci sont transférées à Colombes où se fabriquent des gazogènes pour les automobiles, en plus de la sous traitance pour Bronzavia. En 1941, le directeur technique Jean Daninos part aux États-Unis pour, dira-t-il, "poursuivre l'effort de guerre auprès des alliés" en dirigeant une nouvelle usine de sous traitance pour l'aviation militaire exploitant les brevets de Bronzavia : La General Aircraft Equipement Inc.

En 1944, toujours en période de guerre, le Délégué Militaire de la région de Paris reçoit un message de l'État-Major disant :" Si dans sept jours, Bronzavia n'a pas sauté, la R.A.F envoie cinq cent bombardiers sur Courbevoie ! ". Afin d'éviter alors que les alliés ne bombardent toute la ville de Courbevoie et ses alentours, un groupe de résistants (F.F.I)[5] dirigé par Pierre Pène décide de saboter le 3 Mars 1944 l'usine Bronzavia qui devient gênante[6]. L'usine de Lyon (27 chemin de Grange Rouge) avait connu le même sort, le 27 janvier 1944[N 1]

Développement et consolidation[modifier | modifier le code]

Après la guerre, Jean Daninos revient des États-Unis, rappelé par Henri Feuillée pour prendre la direction de Facel[7]. À partir de 1945, Facel est une société totalement indépendante dirigée par Jean Daninos qui, après la démission des anciens dirigeants en est nommé le P-D.G. Passionné d'automobiles de luxe et de sport, il oriente les activités de Facel vers l'automobile et créera en 1954 sa propre marque d'automobile de Grand Tourisme : Facel Vega.

En 1949, Air France rachète l'usine Bronzavia (Potez) de Lyon, l'ancienne usine de l'ingénieur constructeur Alessandro Anzani, créateur des premiers moteurs 3 cylindres en étoile[8] à refroidissement par air. Alessandro Anzani l'avait acquise en 1907 et vendue à Henri Potez en 1923. Puis en 1955, Bronzavia s'installe dans la zone industrielle du Petit-Nanterre. L'entreprise spécialisée dans la fourniture d'organes pour l'équipement aéronautique, y crée un centre d'essais pour le matériel de précision fabriqué dans l'usine mère de Coubevoie, puis une chaudronnerie pour la réalisation de pièces destinées à l'aviation.

En 1961, Bronzavia rachète l'entreprise Vermorel (fondateur Victor Vermorel) à Villefranche sur Saône afin de reprendre pied dans le secteur de l'automobile. L'activité est liquidée 4 ans plus tard[9]. En, 1968, Bronzavia crée la société Sermel (société d'étude et de recherches pour la mécanique, l’électricité et l'électronique) afin de concurrencer Microturbo en fabriquant des petites turbines à gaz[10].

En 1970, Bronzavia détruit son usine du boulevard Saint-Denis pour recentrer son activité à Nanterre. En, 1972, Microturbo reprend Sermel sus le nom d'IDA. Le 22 novembre 1973, le centre de Courbevoie livrait le dernier moteur à pistons ayant subi une révision générale dans ses ateliers.

Rachat Thomsom, Lucas, Steiner[modifier | modifier le code]

Logo "Steiner- Bronzavia" 1997

En 1982, à la suite de l'association de Thomson-CSF avec la société anglaise Lucas, Bronzavia se retrouve au sein d'une holding regroupant également Auxillec et Abg Semca. À la suite de la fusion avec Air Equipement (groupe Bendix) en 1986, la société devient Bronzavia Air Equipement (BAE) au sein de la holding franco-britannique Thomson-Lucas. Au début de février 1988, BAE Nanterre cède ses activités de mécano-soudure, chaudronnerie, formage de tissu composite et la vente de générateurs d'hydrogène et matériaux d'isolation spatiale[11] rue Jean Perrin, entraînant la fermeture de l'usine Bronzavia de Courvbevoie fin 1989. En 1991, la société Breguet Industrie, forme un groupe d'industries constitué des entreprises Delage Aéro Holding et Bronzavia Industrie[12]. En 1994, la société Steiner reprend la société Bronzavia Aéronautique pour ne faire plus qu'un, sous le nom de Steiner Bronzavia.

Les années 2000 et 2010[modifier | modifier le code]

En 2002, Bronzavia rachète puis absorbe la société HFT basée à Saint-Cannat, puis déménage son atelier à Alès. En 2005, l'usine de Nanterre, ouverte en 1970, ferme et déménage dans la Z.I des Perriers à Sartrouville.

En 2005, le groupe Eramet, unique actionnaire de Bronzavia Industrie, cède 80 % de ses parts à la holding financière SIFKA (Société d'investissement famille Krempp et associés), détenue à parts égales par Olivier et Guillaume Krempp[13], qui en prennent la direction respectivement en tant que président et directeur généralModèle:Référente insuffisante.

En juillet 2010, Bronzavia reprend l'activité d'Aéro92, ancienne filiale d'Auvergne Aéronautique, absorbée de son côté par le groupe Slicom[14]. L'activité d'Aéro92 est transférée de son site de Chilly Mazarin vers Sartrouville. Cette reprise apporte à Bronzavia des compétences techniques complémentaires, ainsi qu'une croissance de son chiffre d’affaires.

Activités[modifier | modifier le code]

Bronzavia Métiers 2016

Bronzavia est une société de chaudronnerie mécano-soudure (réservoirs hydrauliques, conduits d'échappement, lanceurs de la fusée Ariane ...) spécialisé dans le secteur de l'aéronautique. La société est basée à Sartrouville en France, et appartient au holding SIFKA (Société d'investissement famille Krempp et associés)[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'extrait qui suit relate l'opération menée à Lyon par une cinquantaine de membres des FTP-MOI : « Après avoir ligoté les équipes de maîtrise et d'entretien, ainsi que les gardes et les requis et après avoir coupé le téléphone, les résistants placent des explosifs en divers points de l'usine et partent après 21 h. Soixante-sept explosions se produisent entre 21 h 30 et 22 h 40. Dix-sept moteurs d'avions sont détruits ainsi que de nombreuses soudeuses électriques et des rectifieuses. Un incendie s'est également déclaré. les dégâts s'élèvent à plusieurs millions. L'usine employait 680 ouvriers, qui fabriquaient des moteurs d'avions pour l'armée allemande. En 1956, le chemin de Grange Rouge est devenu la rue Maryse Bastié et l'usine Bronzavia a disparu, avec l'ouverture de boulevard Jean XXIII. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Bronzavia Présentation » (consulté le 27 septembre 2015)
  2. « Les premiers pas industriels de Marcel Bloch » (consulté le 27 septembre 2015)
  3. « Rue Gambetta, un siècle plus tard », sur Lanouvellerepublique.fr,
  4. Ouvrage collectif : Jean-Paul Chambrette, Dominique Bel, Michel G. Renou et Michel Revoy, Facel-Vega, 1939-1964, Grand Tourisme à la française, Paris, ETAI, 2012 (réédité en 2013 et 2014), 702 p. (ISBN 978-2-7268-9718-8)
  5. « Forces françaises de l'intérieur », sur www.39-45.fr (consulté le 27 septembre 2015)
  6. « Sabotage usine Bronzavia », sur Fondation Résistance,
  7. « Facel Véga - Histoire de la marque automobile facel_vega », sur www.mesminiatures.com (consulté le 27 septembre 2015)
  8. FANDAVION, « Alexandre Anzani ::: http://fandavion.free.fr », sur fandavion.free.fr (consulté le 27 septembre 2015)
  9. « Vermorel | BERLIET », sur memoires-industrielles.fr (consulté le 1er octobre 2015)
  10. « Les moteurs (Bronzavia page 59) »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur Eurosae.com,
  11. « Bronzavia Nanterre », sur http://www.nanterre.fr/, (consulté le 13 janvier 2016)
  12. « Breguet - Constructeur - avionslegendaires.net », sur avionslegendaires.net (consulté le 28 septembre 2015)
  13. BdSP-DSI - Présentation Guillaume Krempp -DG, La chaudronnerie aéronautique selon Bronzavia, Usine Bronzavia Sartrouville, Aeronews TV, (lire en ligne)
  14. « Machines spéciales, usinage grande dimension, chaudronnerie, mécano soudure - Slicom Technologies », sur www.slicom-group.fr (consulté le 29 septembre 2015)
  15. « L'équipementier Bronzavia au rendez-vous du Bourget », sur iledefrance.fr,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel G. Renou, Facel-Vega, toute l'histoire, Paris, E.P.A, 1984 , réédité en 1994, 65 p. (ISBN 2-85120-447-5)

Liens externes[modifier | modifier le code]