Bronchectasie

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La bronchectasie ou bronchiectasie ou dilatation des bronches (DDB) est une infection chronique, le plus souvent acquise à la suite d'une maladie des bronches, du poumon ou de la plèvre. Elle est caractérisée par une dilatation des bronches de petit et moyen calibre et s'accompagne souvent d'une expectoration mucopurulente abondante, qui traduit l'infection surajoutée. Elles peuvent être localisées ou diffuses.

Un syndrome obstructif se développe. On a plus souvent un trouble ventilatoire mixte (baisse de la capacité pulmonaire totale et baisse du rapport de Tiffeneau (VEMS/CVF) en spirométrie).

Histoire[modifier | modifier le code]

La dilatation des bronches a été décrite pour la première fois par René Laënnec en 1819[1]. La première résection pulmonaire pour cette maladie a été réalisée en 1901 par Lothar Heidenhain et les premières imageries en 1922 par JA Sicard[1]. Le traitement est demeuré principalement chirurgical jusqu'à l'introduction des antibiotiques dans les années 1950, qui ont révolutionné la prise en charge[1]. Les hospitalisations pour des épisodes de surinfection ont ainsi été divisées par 5 au Royaume-Uni entre 1952 et 1960[2].

Définition[modifier | modifier le code]

Une bronchectasie, ou dilatation des bronches, est une anomalie morphologique correspondant à une augmentation de calibre permanente de tout ou partie de l'arbre bronchique[3]. On distingue ensuite les formes diffuses des formes localisées, et les dilatations cylindriques, variqueuses, ou sacciformes[3]. C'est une atteinte des bronches et des bronchioles.

Terrain[modifier | modifier le code]

La prévalence globale des lésions de DDB est inconnue, bien qu'elle semble plus élevée dans les populations défavorisées[3]. Adultes et enfants sont touchés par la maladie.

Chez les enfants et les adolescents des pays européens[1], l'incidence annuelle est en moyenne de 0,2 pour 100 000 (au Royaume-Uni en 2006-2007[4]) à 2,3 pour 100 000 (en Irlande, de 1996 à 2006)[5]. Dans les pays riches tels que la Nouvelle-Zélande, les Emirats arabes unis et les Etats-Unis d'Amérique, les enfants des populations pauvres sont touchés de manière disproportionnée par les dilatations des bronches[1]. Ainsi, en Nouvelle-Zélande, l'incidence annuelle parmi les enfants maoris est de 4,8 à 7,9 pour 100 000, contre 1,5 pour 100 000 pour les enfants d'ascendance européenne[1]. De même, les enfants aborigènes australiens et les enfants autochtones d'Alaska présentent des incidences de la maladie pouvant atteindre 140 à 735 pour 100 000[1]. Ces disparités sont directement reliées à la pauvreté[1],[6].

Causes[modifier | modifier le code]

Formes localisées[modifier | modifier le code]

Trois types de mécanismes peuvent mener à des bronchectasies localisées[3] : obstruction bronchique par un corps étranger ou une tumeur endobronchique (le plus souvent bénigne), compression extrinsèque de la bronche par des adénopathies péri-bronchiques (par exemple dans le cadre de granulomatoses), et enfin des tractions exercées sur l'arbre bronchique après remaniement après lobectomie pulmonaire.

Dans les deux premiers cas, les patients présentent souvent des pneumopathies à répétition[3]. Le traitement relève alors de la chirurgie, ou parfois de la bronchoscopie.

Les causes possibles sont multiples :

Formes diffuses[modifier | modifier le code]

Les bronchectasies diffuses s'inscrivent dans le cadre de maladies plus générales[3], infectieuses (séquelles de tuberculose pulmonaire, aspergillose pulmonaire allergique), génétiques (mucoviscidose et autres dyskinésies ciliaires comme le syndrome de Kartagener) ou congénitales (séquestration pulmonaire), mais aussi immunitaires (déficits congénitaux en immunoglobulines). Les maladies de système telles que la polyarthrite rhumatoïde, le lupus, ou le syndrome de Sjögren, sont également susceptibles de fournir des atteintes bronchiques[3]. L'inhalation de gaz chloré peut aussi être en cause[3]. La pollution de l'air intérieur des habitations a également été mise en cause, notamment par l'utilisation de feux ouverts pour le chauffage et la cuisine[7], mais aussi le tabagisme passif[6].

Manifestations cliniques[modifier | modifier le code]

Quelle que soit la cause, le tableau clinique est dominé par une toux chronique, avec importante production de crachats[3]. Les crachats peuvent être clairs, ou au contraire purulents, parfois teintés de sang, en particulier en cas de surinfection bronchique. Les trois quarts des patients décrivent aussi une dyspnée, et la moitié des douleurs thoraciques[3].

L'auscultation pulmonaire est souvent anormale, avec des crépitants (70 % des cas), des ronchis (44 % des cas) et des sibilants (34 % des cas)[3]. L'hippocratisme digital, autrefois considéré comme constant, n'est observé aujourd'hui que dans environ 5 % des cas[3].

Le diagnostic différentiel principal est la BPCO[3].

Examens complémentaires[modifier | modifier le code]

Aspect radiologique[modifier | modifier le code]

Explorations fonctionnelles respiratoires[modifier | modifier le code]

Traitement[modifier | modifier le code]

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Traitement médical[modifier | modifier le code]

Traitement chirurgical[modifier | modifier le code]

Pronostic et suivi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Gabrielle B. McCallum et Michael J. Binks, « The Epidemiology of Chronic Suppurative Lung Disease and Bronchiectasis in Children and Adolescents », Frontiers in Pediatrics, vol. 5,‎ (ISSN 2296-2360, PMID 28265556, PMCID PMC5316980, DOI 10.3389/fped.2017.00027, lire en ligne)
  2. C. E. Field, « Bronchiectasis. Third report on a follow-up study of medical and surgical cases from childhood », Archives of Disease in Childhood, vol. 44, no 237,‎ , p. 551–561 (ISSN 1468-2044, PMID 5345322, PMCID PMC2020072, lire en ligne)
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Alan F. Barker, « Bronchiectasis », New England Journal of Medicine, vol. 346, no 18,‎ , p. 1383–1393 (ISSN 0028-4793, PMID 11986413, DOI 10.1056/NEJMra012519, lire en ligne)
  4. A. Laverty, A. Jaffé et S. Cunningham, « Establishment of a web-based registry for rare (orphan) pediatric lung diseases in the United Kingdom: the BPOLD registry », Pediatric Pulmonology, vol. 43, no 5,‎ , p. 451–456 (ISSN 1099-0496, PMID 18383113, DOI 10.1002/ppul.20783, lire en ligne)
  5. A. A. Zaid, B. Elnazir et P. Greally, « A decade of non-cystic fibrosis bronchiectasis 1996-2006 », Irish Medical Journal, vol. 103, no 3,‎ , p. 77–79 (ISSN 0332-3102, PMID 20666070, lire en ligne)
  6. a et b Thomas Kovesi, « Respiratory disease in Canadian First Nations and Inuit children », Paediatrics & Child Health, vol. 17, no 7,‎ , p. 376–380 (ISSN 1205-7088, PMID 23904781, PMCID PMC3448538, lire en ligne)
  7. Stephen B. Gordon, Nigel G. Bruce, Jonathan Grigg et Patricia L. Hibberd, « Respiratory risks from household air pollution in low and middle income countries », The Lancet. Respiratory Medicine, vol. 2, no 10,‎ , p. 823–860 (ISSN 2213-2619, PMID 25193349, PMCID PMC5068561, DOI 10.1016/S2213-2600(14)70168-7, lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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