Brittany Ferries

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B.A.I Brittany Ferries
logo de Brittany Ferries

Création
Fondateurs Alexis Gourvennec
Forme juridique Société anonyme
Slogan Une autre idée du voyage
Siège social Port du Bloscon, Roscoff
Drapeau de France France
Direction Christophe Mathieu, président du directoire
Jean-Marc Roue, président du conseil de surveillance
Actionnaires SOPARFI (64 %)
CCI bretonnes (26 %)
Activité Transport maritime
Filiales Brittany Ferries Economy
Effectif en augmentation 2 451 (en 2014)
SIREN 927 250 217
Site web http://www.brittany-ferries.fr/

Fonds propres en augmentation 130,970,800 € (2017)
Dette Increase Negative.svg 115,100,000 € (2017)
Chiffre d'affaires en diminution 442,264,100 € (2018)
454 900 000 (2017)
Résultat net en augmentation 8,000,400 € (2018)
Lignes opérées par Brittany Ferries

Brittany Ferries[1] est une compagnie maritime française fondée en 1972 à Roscoff par Alexis Gourvennec. Elle est spécialisée dans le transport de passagers et de véhicules entre la Bretagne, la Normandie, le sud de l'Angleterre, l'Irlande et l'Espagne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Brittany Ferries est née le sous l’impulsion d’Alexis Gourvennec, financée par la SICA de Saint-Pol-de-léon et par la chambre de commerce et d'industrie de Morlaix, afin de proposer des débouchés commerciaux aux coopératives agricoles bretonnes, sur le marché britannique suite à l'adhésion du Royaume-Uni à la Communauté économique européenne, tout en prenant en compte le développement touristique de la région. Le nom est alors BAI SA (pour Bretagne, Angleterre, Irlande), il s’agit d’une société anonyme au capital de 100 000 francs[2]. Pour permettre sa création et son développement, un port en eau profonde a été construit entre 1970 et 1972 : le port de Roscoff - Bloscon.

La première traversée de la Manche est effectuée le par le Kérisnel. Le bilan pour cette première année d’exploitation affiche 18 000 personnes transportées, 6 000 camions pour un chiffre d’affaires de 7,7 millions de francs. L’année suivante, l’entreprise change de nom pour devenir Brittany Ferries et un nouveau bateau, le Penn-Ar-Bed, augmente le trafic.

En 1976, la ligne Saint-Malo-Portsmouth est créée, et la compagnie achète L'Armorique. Les lignes Roscoff-Cork et Plymouth-Santander sont ouvertes en 1978 et deux autres ferrys rejoignent la flotte : le Cornouaille et le Prince of Brittany. En 1982 le capital social de l’entreprise est porté à 140 millions de francs et le Quiberon prend du service.

En 1985, Brittany Ferries rachète la compagnie Truckline Ferries et récupère deux bateaux de fret le Coutances et le Purbeck. L’année suivante, l'ouverture d’une nouvelle plate-forme à Caen-Ouistreham permet la desserte de Portsmouth et Cherbourg est relié à Poole ; BF achète le Duc de Normandie. Cette même année, le chiffre du million de passagers transportés est dépassé (1 142 000). En 1989, trois nouveaux bâtiments agrandissent la flotte : le Normandie Shipper (fret sur la ligne Caen-Portsmouth), le Trégastel (Cherbourg-Poole) et le Bretagne (Plymouth-Santander et Roscoff-Plymouth-Cork).

Le Bretagne à quai à Saint-Malo.

En 1990, Brittany Ferries transporte 2 639 000 passagers et trois millions en 1994, année de l’ouverture du tunnel sous la Manche, qui occupe dès lors un pourcentage important du trafic transmanche. En 2003, un nouveau navire, le Mont-Saint-Michel est mis en service sur la ligne Caen-Portsmouth, suivi du Pont-Aven en 2004 sur la ligne. En 2005, la compagnie affrète le Normandie Express, un catamaran rapide capable de relier Cherbourg à Portsmouth en trois heures ; le Val de Loire est vendu, remplacé par le Pont-Aven en 2006. Le chiffre d’affaires 2005 s’établit à 364,4 millions d’euros, en hausse de 5,1 % par rapport à l’année précédente. L’entreprise est la première compagnie maritime française de transport de passagers. C’est un des premiers employeurs de l’Ouest avec plus de 2 500 salariés permanents. L’ensemble de ses effectifs représente 20 % des effectifs de la marine marchande française.

L'année 2007 voit la mise en service du ferry de transport de fret Cotentin sur la ligne Cherbourg-Poole (et Poole-Santander le week-end). Construit par les chantiers Aker Yards d’Helsinki, le navire a une capacité de 120 unités fret.

Le chiffre d’affaires en 2009 s'établit à 332,3 millions d'euros (56 % pour le trafic passager, 23 % pour le transport des véhicules industriels, 20 % de ventes à bord, 2 % divers), avec 2 571 000 passagers, 789 000 véhicules de tourisme et 196 000 véhicules industriels. Elle compte 85 % de clients britanniques. Le nouveau navire L'Armorique effectue sa première traversée commerciale le , tandis que le Bretagne subit une refonte. Le fréteur Coutances cesse ses traversées commerciales aux couleurs de Brittany Ferries le 1er mai. Il a été vendu à la compagnie Conferrys, au Venezuela. Une nouvelle ligne est ouverte entre Santander et Portsmouth.

En octobre 2013, le fréteur MV Cotentin est affrété par la compagnie suédoise Stena Line sur la ligne KarlskronaGdynia sous le nom Stena Baltica.

En janvier 2014, la compagnie passe commande à STX France pour un ferry fonctionnant au gaz naturel liquéfié, avec une livraison prévue en 2016, le montant du contrat s'élevant à 270 millions d'euros. Ce navire, nommé Pegasis (Power efficient gaz innovative ship) pendant la phase de projet, pourra embarquer 2 450 passagers, 650 voitures et 60 camions. Il sera construit aux Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire[3]. Cependant, le , la compagnie annonce que la commande est suspendue, faute de financement suffisant[4].

En 2018, la compagnie affrète le Connemara et le positionne sur la ligne Roscoff-Cork, ce navire bat pavillon de complaisance Chypriote[5].

La même année, Brittany Ferries exploite 12 navires sur 11 lignes reliant le Royaume-Uni à la France, le Royaume-Uni à l’Espagne, la France à l’Irlande et l’Irlande à l’Espagne. Elle transporte environ 2,5 millions de passagers par an, dont 85 % sont britanniques, ainsi qu’environ 210 000 unités de fret. L’entreprise a confirmé un investissement de 450 millions d’euros pour le renouvellement de sa flotte. Trois nouveaux navires seront livrés après le Brexit. Le premier navire, le Honfleur, sera le premier navire propulsé au gaz naturel liquéfié à naviguer sur la Manche. Il entrera en service pendant l’été 2019 et sera exploité sur la ligne la plus fréquentée de la compagnie entre Portsmouth et Caen.

Lignes desservies[modifier | modifier le code]

Le Barfleur à Cherbourg.

Navires en service[modifier | modifier le code]

Le Pont-Aven partant de Roscoff.

NB : L'abréviation « MV » mentionnée dans la liste ci-dessous est d'origine anglaise et signifie Motor Vessel (navire à moteur), en opposition à « SS » signifiant Steam Ship (navire à vapeur) ; on trouve également « MS » pour Motor Ship. « HSC » signifie High Speed Craft (navire à grande vitesse soit en français « NGV »).

  • Le MV Bretagne : Saint-MaloPortsmouth (construit et mis en service en 1989, 151 mètres, 21 nœuds, 2 056 passagers)
  • Le MV Normandie : Caen/Ouistreham—Portsmouth (mis en service en 1992)
  • Le MV Mont-Saint-Michel : Caen/Ouistreham—Portsmouth (construit en 2002, mis en service le 20 décembre 2002, 173 mètres, 21 nœuds, 2 170 passagers)
  • Le MV Pont-Aven : RoscoffPlymouth, Roscoff—Cork, Plymouth—Santander, Portsmouth—Santander et Saint-Malo—Portsmouth en hiver (construit et mis en service en avril 2004, 185 mètres, 27 nœuds, 2 400 passagers)
  • Le MV Armorique : construit en Finlande chez Aker Yards Helsinki, a été livré le 26 janvier 2009 et a effectué sa première traversée le 10 février 2009 sur la route Roscoff—Plymouth en remplacement du MV Pont-l'Abbé (mis en service en 2006, 168 mètres, 23 nœuds, 1 500 passagers)
  • Le MV Cap Finistère : construit en Allemagne en 2001 est un navire qui appartenait à la compagnie grecque Attica. Acheté en décembre 2009 et rebaptisé Cap Finistère le 31 décembre 2009. Il assure les lignes Portsmouth—Bilbao et Portsmouth—Santander. Le navire a été lancé en mars 2010 à Cherbourg (construit en 2001, mis en service en 2010, 204 mètres, 29 nœuds, 1 500 passagers)
  • Le MV Barfleur : (1992-maintenant) a été affrété en 2012 par la compagnie DFDS Seaways qui l'exploite, en association avec la compagnie LD Lines, sous le nom de Deal Seaways. En 2013, Brittany Ferries le reprend sur la ligne Cherbourg—Poole après un lourd arrêt technique de réparations à la suite de son affrètement.
  • Le MV Étretat : (2014-maintenant) a été affrété en 2014 à la compagnie Stena RoRo qui l'exploitait, avec la compagnie LD Lines, sous le nom de Norman Voyager. En 2014, Brittany Ferries le positionne sur la ligne Le Havre—Portsmouth.
  • Le MV Baie de Seine : (2015-maintenant) a été affrété en 2015 à la compagnie DFDS Seaways qui l'exploitait, sous le nom de Sirena Seaways. En 2015, Brittany Ferries le positionne sur la ligne Le Havre—Portsmouth et la ligne Bilbao—Portsmouth.
  • Le MV Connemara : (2018-maintenant) sister-ship de l'Etretat, il a été affrété en 2018 à la compagnie Stena RoRo. La Brittany Ferries le positionne sur la ligne Roscoff-Cork-Santander.
  • Le HSC Normandie Express : Caen/Ouistreham—Portsmouth en h 30 et Cherbourg—Portsmouth en h 45 (mis en service en 2005). D'abord affrété il est acquis par la compagnie en mars 2007. Le Normandie Express a aussi navigué sur le circuit Le Havre-Portsmouth entre 2013 et 2015.
  • Le MV Pélican (depuis février 2016) il a été affrété à la Compagnie Maritime Nantaise.
  • Le MV Honfleur Caen/Ouistréham—Portsmouth (Actuellement en construction).

Navires retirés du service[modifier | modifier le code]

  • Le MV Kérisnel (1972-1974)
  • Le MV Penn-ar-Bed (1974-1984)
  • Le MV Armorique (1976-1993) a été revendu en 1993 à la compagnie Xiamen Ocean Shipping Co, en Chine et rebaptisé Min Nan
  • Le MV Cornouailles (1977-1989)
  • Le MV Prince of Brittany (1980-1989) puis renommé Reine Mathilde (1989-1991) puis Beauport (1991-1993) a été revendu en 1994 à la compagnie Stern Maritime Line
  • Le MV Coutances (1978-2008) a été revendu en 2009 à la compagnie Conferry, au Venezuela et rebaptisé Rosa Eugenia
  • Le MV Purbeck (1978-2003) a été revendu en 2003 à la compagnie Conferry, au Venezuela et rebaptisé Maria Rosario
  • Le MV Goëlo (1980-1982) a été revendu en 1982 à la compagnie Sol Lines, à Chypre et rebaptisé Sol Olympia
  • Le MV Quiberon (1982-2002) a été revendu en 2003 à la compagnie Linee Lauro, au Portugal et rebaptisé Giulia d'Abundo
  • Le MV Bénodet (1984-1985) puis renommé Corbière a été revendu en 1991 à la compagnie Estonian New Line, en Estonie et rebaptisé Linda I
  • Le MV Trégastel (1985-1991)
  • Le MV Duc de Normandie (1986-2005) a été revendu en 2005 à la compagnie TransEuropa Ferries, en Espagne et rebaptisé Wisteria
  • Le MV Duchesse Anne (1988-1996) a été revendu en 1996 à la compagnie Jadrolinija, en Croatie et rebaptisé Dubrovnik
  • Le MV Normandie Shipper (1989-1997)
  • Le MV Val de Loire (1992-2006) a été revendu en mars 2006 à la compagnie DFDS Seaways, au Danemark et rebaptisé King of Scandinavia
  • Le MV Pont-l'Abbé (2006-2009) a été vendue en 2009 à la compagnie Moby Lines, en Italie et rebaptisé Moby Corse
  • Le MV Cotentin (fréteur, 2007-2013) réalisait les liaisons Cherbourg—Poole, et Poole—Santander le week-end. Il est affrété depuis fin 2013 par la compagnie suédoise Stena Line sur la ligne KarlskronaGdynia sous le nom Stena Baltica.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sa raison sociale est Bretagne Angleterre Irlande
  2. Erwan Chartier, « Brittany Ferries, l’aventure des paysans armateurs », Becedia,‎ (lire en ligne, consulté le 2 mars 2017).
  3. STX. Brittany Ferries commande le ferry du futur - Pegasis, https://www.ouest-france.fr.
  4. Frédérique Le Gall, Brittany Ferries. La marche arrière, Le Télégramme, .
  5. Ouest-France Ferry Connemara : le « carton rouge » de Mor Glaz Le Connemara arrive à Brest le 8 mai 2018.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yvon Rochard, « Paysans et armateurs : Brittany Ferries, l’histoire d’un pari », ArMen, no 73, janvier 1996, p. 2-11
  • Rozenn Le Saint, « Brittany Ferries : Faire la Manche, ça ne paie plus », Capital, no 264,‎ , p. 34-35.