Britomartis

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Britomartis
Mythologie minoenne et Mythologie grecque
Minos et Britomartis, Limoges environ 1600
Minos et Britomartis, Limoges environ 1600
Caractéristiques
Nom grec ancien Βριτόμαρτις
Fonction principale Déesse protectrice de la chasse et de la pêche
Fonction secondaire Déesse des filets et des pièges
Lieu d'origine Crète
Période d'origine préhellénique A
Culte
Région de culte Crète
Temple(s) Olous, Chersonèse et Lyttos
Date de célébration Festival de Britomarpeia
Famille
Père Zeus
Mère Carmé


Britomartis (grec ancien : Βριτόμαρτις) est une divinité minoenne du préhellénique A qui a trouvé sa place dans la mythologie grecque à la suite de nombreux recoupements qui restent flous. Son nom viendrait d’un dialecte crétois « Britus » (sucrée ou douce), « Martis » (jeune fille).

C’est une nymphe des montagnes qui avait une importance locale dans l'ouest de la Crète, à Lysos et Kydonia. Elle figure également sur les monnaies de la ville d'Olous.

Elle serait la fille de Zeus et de Carmé. Le mélange des traditions en fait une protectrice de la chasse et de la pêche en la confondant au culte d’Artémis et d’Aphaia, l’invisible patronne d’Égine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Souhaitant rester vierge et solitaire toute sa vie, elle fuit les hommes et gagne la Phénicie à Argos, puis la Céphalonie où elle est surnommée « Laphria » et adorée comme une déesse.

Ensuite, elle part en CrèteMinos tombe amoureux d'elle et la poursuit durant neuf mois. Pour lui échapper, elle saute d’une falaise dans la mer. Elle est récupérée par des pêcheurs qui la cachent dans des filets.

Après cet épisode, elle est à nouveau adorée comme une déesse par les Crétois sous le nom de « Dictynna » ou « Dictymna ». Elle gagne ensuite Égine sur la barque d'un pêcheur qui s'éprend d'elle et l'attaque.

Elle réussit à s'enfuir dans les bois, se cache dans le buisson sacré d'Artémis qui la rend invisible. Les Éginètes consacrèrent le lieu où Britomartis était devenue invisible. Elle devint la compagne favorite d'Artémis qui en fit une déesse.

Aspects[modifier | modifier le code]

Britomartis est un qualificatif qui ne correspondrait pas à la déesse et ne serait qu'un euphémisme puisqu’il apparaîtrait que la déesse ait été adorée par les minoens comme déesse de la chasse et de la montagne sous l’aspect de la maîtresse Potnia.

Son aspect inspirant la terreur a été atténué par l'appellation Britomartis, la "douce vierge" afin d’apaiser son aspect dangereux. En effet elle avait les caractéristiques d'une Gorgone, accompagnée d'une hache à double tranchant symbole de la puissance divine et tenant des serpents.

La déesse antique n'a jamais complètement disparu; elle est restée sur des pièces de la ville Olous, sous son nom ou celui de Diktynna, la déesse du Mont Dicté. Cette dernière est représentée avec des ailes, un visage humain et saisissant un animal dans chaque main tout comme Potnia Theron, la maîtresse des animaux.

Représentation[modifier | modifier le code]

Dans l'art minoen, sur des pièces de monnaie, des sceaux et des anneaux et comme partout en Grèce, Britomartis est représentée avec des caractéristiques démoniaques, porteuse d'une hache double et accompagnée d'animaux sauvages.

Selon Pausanias, la ville crétoise d'Olous possédait un temple consacré à Britomartis-Dictynna, avec une statue en bois (xoanon) de la déesse, due au ciseau de Dédale[1]. Dans la ville de Chersonèse, le port de la ville crétoise de Lyttos, et à Olous elle a été très vénérée et est souvent représentée sur les pièces. Le festival Britomarpeia a eu lieu en son honneur.

Dans l'allégorie de Spenser, Britomart connote la Reine Vierge, Élisabeth Ire d'Angleterre. Elle est une figure allégorique de la vierge Chevalier de la chasteté.

Évocation moderne[modifier | modifier le code]

La noyade de Britomartis, d'après un carton probable de Jean Cousin l'Ancien, tapisserie.

Arts[modifier | modifier le code]

Britomartis est une des 1 038 femmes représentées dans l'œuvre contemporaine de Judy Chicago, The Dinner Party, aujourd'hui exposée au Brooklyn Museum. Cette œuvre se présente sous la forme d'une table triangulaire de 39 convives (13 par côté). Chaque convive étant une femme, figure historique ou mythique. Les noms des 999 autres femmes figurent sur le socle de l'œuvre. Le nom de Britomartis figure sur le socle, elle y est associée à la déesse serpent, cinquième convive de l'aile I de la table[2].

Littérature[modifier | modifier le code]

Jeux vidéos[modifier | modifier le code]

Le temple de Britomartis apparait dans le jeu vidéo Assassin's Creed Odyssey, où il fait partie des lieux à visiter pour le joueur[5].

Sources[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pausanias, livre IX, ch. 40, § 3.
  2. Musée de Brooklyn - Britomartis
  3. Thomas Berger, Arthur Rex (en)
  4. Rick Riordan, Les Travaux d'Apollon : La Prophétie des ténèbres, page 104 - Dans le roman, la déesse se présente ainsi aux personnages ;"J'ai fait mes débuts en tant que déesse crétoise. Lorsque le reste de mon panthéon a disparu, Artémis m'a prise en amitié. J'ai rejoint ses Chasseresses et me voici, toujours là des millénaires plus tard, avec mes pièges et mes filets."
  5. Page du temple de Britomartis sur le wiki d'Assassin's Creed