British Security Coordination

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Durant la deuxième guerre mondiale la BSC était basé entre les 35e et 36e étages de l'International Building, situé au sein du Rockfeller Center à New-York.

La British Security Coordination (BSC) était une organisation clandestine mise en place à New York par le Secret Intelligence Service britannique (MI6) en mai 1940 sur autorisation du Premier ministre Winston Churchill.

Son but était d'enquêter sur les activités de l'ennemi, d'empêcher le sabotage contre les intérêts britanniques dans les Amériques, et de mobiliser l'opinion pro-britannique dans les Amériques. Avec une massive campagne de propagande, la BSC influença la couverture médiatique du Herald Tribune, New York Post, Baltimore Sun, et de la Radio New York Worldwide[1]. Les informations fictionnelles diffusées par le Rockefeller Center ont ensuite été légitimement reprises par les autres radio et journaux, avant d'être retransmis au public Américain[1]. L'Antigermanisme entraîna la publication d'histoires dans d'importants organes de presse Américain en vue de détourner l'opinion public[2].

Le Bureau britannique de contrôle des passeports leur servait de couverture. BSC bénéficiait du soutien du chef de l'Office of Strategic Services des États-Unis, William Joseph Donovan (dont l'organisation était modelée sur les activités britanniques), et du président des États-Unis Franklin D. Roosevelt qui était farouchement anti-Nazi[3].

Commencement[modifier | modifier le code]

En tant que dirigeant de la British Security Coordination, William Stephenson avait pour mission de faire passer l'opinion public Américaine d'une position isolationniste à une tendance de soutien quant à la participation de l'Amérique dans la Seconde Guerre mondiale[4].

La déclaration de guerre à l'Allemagne par les Britanniques, le 30 septembre 1939, entraîna une rupture de liaison entre le SIS et le FBI en raison des Lois des années 1930 sur la neutralité. William Stephenson avait été envoyé aux États-Unis par le responsable du SIS afin de vérifier si l'organisation pouvait continuer à fonctionner. Bien que J. Edgar Hoover y était favorable, il ne pouvait aller à l'encontre du Département d’État sans autorisation; il considérait également que s'il obtenait l'autorisation, elle devrait impliquer une liaison personnelle entre Stephenson et lui-même sans qu'aucun autre département en soit informé. Dans cette éventualité Roosevelt approuvait la coopération.

La liaison était nécessaire car les ennemis des britanniques étaient déjà présent aux États-Unis et pouvaient s'attendre au soutien des immigrants allemands et italiens. Mais les autorités présentes ne s'intéressaient pas aux activités qui n'étaient pas directement dirigés à l'encontre de la sécurité américaine[5].

Le rapport de Stephenson concernant la situation américaine préconisait la création d'une organisation secrète qui agirait au-delà des simples activités du SIS, couvrirait toutes les opérations secrètes qui pourraient aider l'Angleterre, et permettrait l'entrée des États-Unis dans la guerre. Cette mission fut confiée à Stephenson et il prit la couverture traditionnelle d'Officier de contrôle des passeports en juin 1940. Bien que l'organisation à New York laissait à désirer, Stephenson pouvait faire appel à sa relation personnelle avec Hoover, au soutien du Canada, de l'Ambassadeur Britannique et de ses connaissances avec les intervenants américains.

Opérations[modifier | modifier le code]

Le bureau, qui fut établi pour les services de renseignement et de propagande, était dirigé par l'industriel canadien William Stephenson. Ses principales missions étaient de promouvoir les intérêts britanniques aux États-Unis, contrer la Propagande nazie, et protéger les Convois de l'Arctique des sabotages de l'ennemi.

La BSC était inscrite en tant qu'établissement étranger par le Département d’État. Elle opérait en dehors des bureaux du Rockefeller Center et était connue comme l'Office Britannique de Contrôle des Passeports. La BSC agissait plus en tant que siège administratif qu'opérationnel pour le SIS et la Direction des Opérations Spéciales ( Special Operations Executive ). Elle assurait la liaison entre les États-Unis, la sécurité britannique et les services de renseignements[6].

En 1940, un agent allemand -Weldrick-, qui travaillait sur des systèmes de sabotage contre les compagnies pétrolières américaines, était exposé dans des articles du New York Herald Tribune. L'expulsion de Weldrick des États-Unis et la démission forcé du dirigeant de Texaco entraîna un scandale public. La BSC créa une station radio WRUL, indépendante et non lucrative, à ondes courtes, et diffusa les histoires qu'elle souhaitait être disséminées dans le monde entier. Le fait que la station radio ait un large nombre d'auditeurs qui correspondait avec elle permettait de contrôler les réactions aux informations diffusées. Durant une période la station était, sans le savoir, un agent de la BSC ; après que les États-Unis entrèrent en guerre, les opérations de la WRUL furent contrôlées par les États-Unis.

Ce fut par l'intermédiaire de la BSC que les britanniques firent l'acquisition du puissant transmetteur "Aspidistra", qui fut utilisé par la Direction de la guerre politique (Political Warfare Executive pour la propagande, la diffusion de la BBC à l'étranger et la Royal Air Force dans la guerre contre l'Allemagne. La BSC s'appropria un transmetteur afin de communiquer avec le Royaume-Uni. Le transmetteur, sous le nom de Hydra, était basé à l'école de formation - Camp X (en) - de la BBC, à Whitby, dans l'Ontario[7]. Avant, et après l'entrée des États-Unis dans la guerre, le Camp X était utilisé pour former le personnel américain.

Bien qu'à cette époque le président américain et le premier ministre Premier ministre britannique coopéraient, l'arrivée d'espions britanniques rendit furieux J. Edgar Hoover, directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI), et déplut au Département d’État des États-Unis.

En dépit du fait que Stephenson et Hoover n'étaient pas d'accord, ils avaient coopéré de nombreuses fois dans des opérations d'espionnage contre les activités Nazi aux États-Unis. Bien qu'ils étaient d'accord pour que les britanniques n'engagent pas d'américains, la BBC fit le contraire. Les américains qui furent recrutés dans la BSC furent attribués des numéros d'identification commençant par les chiffres 4 et 8, visiblement représentant les 48 États.

Le romancier William Boyd, dans un article de 2006 pour The Guardian[8], déclarait que même si le nombre total d'agents de la BSC qui opéraient aux États-Unis est inconnu, il estimait que le nombre devait au moins tourner autour d'une centaine de personnes, et qu'il avait vu que les chiffres mentionnés s'élevaient à 3000 personnes.

Noël Coward avait vu Stephenson, communément appelé "Little Bill", à la fin du moins de juin 1940 pendant une tournée mondiale de propagande. Il écrivit que la suite du Hampshire house, avec ses fleurs de chintz grimpant sur les murs extérieurs, lui était devenue agréablement familière, et que Stephenson avait pris en quelques années une influence significative sur sa vie. Stephenson lui offrit un travail, mais Londres opposa son veto[9].

Lutte contre la contrebande et sécurité maritime[modifier | modifier le code]

L’Amérique du Sud neutre était une source importante de commerce pour les forces de l’Axe. Son importance s’est accrue après l’entrée des États-Unis dans la guerre. La compagnie aérienne italienne LATI (en) effectuait un service transatlantique entre Rome et Rio de Janeiro (Brésil) constituant une voie de passage pour des produits recherchés (platine, mica, diamants, etc.), des agents et des valises diplomatiques.

Le gouvernement brésilien était connecté à la compagnie par l’intermédiaire du beau-fils du président. Il était approvisionné aux États-Unis chez la compagnie Standard Oil – en dépit des protestations du Département d’État américain- ce qui rendait toutes connexions officielles inefficace. Pour réduire ses activités, la BSC avait décidé que les brésiliens devaient cesser leurs activités, le sabotage étant une inconvenance temporaire. À cette fin, la BSC avait rédigée une fausse lettre d’une telle exactitude que son authenticité ne pouvait être remise en question, même sous examen de juriste. La lettre qui prétendait venir du siège social de LATI fut envoyée à un cadre de la compagnie en poste au Brésil. La lettre contenait des informations compromettantes sur le président brésilien et les États-Unis, et sous-entendait l’existence de connexions avec un parti fasciste anti-gouvernemental. Suite au « cambriolage » de la maison de ce cadre, une photocopie de la lettre en question fut remise à un journaliste de l'agence Associated Press qui la rapporta immédiatement à l’ambassade américaine.

L’ambassade avait ensuite montrée la lettre au Président brésilien Getúlio Vargas, ce qui entraîna l’arrêt des activités de LATI et la confiscation de son personnel. Par la suite, le Brésil a rompu ses relations avec les puissances de l’Axe pour rejoindre les alliés[10].

Pour lutter contre la contrebande de produits à destination et en provenance d’Amérique, la BSC mit en place un réseau d’agents de surveillance sur des bateaux marchands. Ces agents étaient recrutés parmi les équipages (et les capitaines pro-britanniques) des vaisseaux marins. À leur arrivée, ils devaient rendre compte de leurs observations, leurs manifestes de cargaisons et leurs listes de passagers, à des agents du port. Avec des agents surveillants les quais de tous les côtés, des informations ont pu être rassemblées et les vaisseaux ou agents ennemis pouvaient être interceptés grâce à des listes noires d’employés américains et britanniques estimés douteux. En automne 1941, la BSC remit aux États-Unis le contrôle des agents en poste sur les vaisseaux et ports tout en conservant une partie du contrôle et des connexions avec les nouveaux commandants américains.

Employés importants[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) William Boyd, « The Secret Persuaders », The Guardian,‎ 19 août 2006 (lire en ligne)
  2. Ben Macintyre, « The Spy Who Raised Me », The New York Times,‎ 8 octobre 2006 (consulté le 30 novembre 2013)
  3. David Ignatius (en), « '45 papers detail British spying in U.S.' », Toledo Blade (en),‎ 1 octobre 1989 (lire en ligne)
  4. BURT A. FOLKART, « William Stephenson, 93; British Spymaster Dubbed 'Intrepid' Worked in U.S. », The Los Angeles Times,‎ 3 février 1989 (consulté le 30 novembre 2013)
  5. The Secret History of British Intelligence, p.xxvi
  6. Philip H.J. Davies 2004, p. 128, 131
  7. Davies, p. 137
  8. Boyd, William, "The Secret Persuaders", August 19, 2006
  9. Future Indefinite by Noel Coward, page 159, 194 (William Heinemann, London, 1954)
  10. BSC p. 288-290
  11. "The Irregulars: Roald Dahl and the British Spy Ring in Wartime Washington", 2008, Jennet Conan
  12. (en) Dorril, Stephen, Mi6: Inside the Covert World of Her Majesty's Secret Intelligence Service, Simon & Schuster,‎ 2002

Références[modifier | modifier le code]

  • Boyd, William, "The Secret Persuaders," The Guardian, 19 August 2006.
  • Conant, Jennet The Irregulars: Roald Dahl and the British Spy Ring in Wartime Washington (Simon and Schuster, 2008)
  • (en) Lynn Philip Hodgson (préf. Secret Agent Andy Durovecz), Inside-Camp X : Camp X, the top secret World War II 'secret agent training school' strategically placed in Canada on the shores of Lake Ontario, Port Perry, Ont, Blake Books,‎ 2000 (ISBN 0-968-70620-7)
  • (en) Bill Macdonald, The true Intrepid : Sir William Stephenson and the unknown agents, Vancouver, Raincoast Books,‎ 2001 (ISBN 1-551-92418-8) This book contains interviews with several Canadian employees of BSC in New York.
  • (en) Thomas E. Mahl, Desperate deception : British covert operations in the United States, 1939-44, Dulles, Va, Brassey's,‎ 1999 (ISBN 1-574-88223-6)
  • Stephenson, William Samuel, Roald Dahl, Tom Hill and Gilbert Highet (introduced by Nigel West), British Security Coordination: The Secret History of British Intelligence in the Americas, 1940-1945, Fromm International (June 1999) - (ISBN 0-88064-236-X) (first published in the UK in 1998) Reviewed by Charles C. Kolb (National Endowment for the Humanities), December, 1999.
  • (en) William Stevenson, A man called Intrepid : the secret war, New York, Harcourt Brace Jovanovich,‎ 1976 (ISBN 0-151-56795-6)
  • (en) Philip H.J. Davies (préf. Michael Herman), MI6 and the machinery of spying, London Portland, OR, Frank Cass,‎ 2004, 390 p. (ISBN 978-0-714-65457-7 et 978-0-714-68363-8, OCLC 52509590)