Brise-glace à propulsion nucléaire

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Le Yamal russe à propulsion nucléaire.

Un brise-glace à propulsion nucléaire est un navire capable d'opérer en continu, conçu pour frayer les voies maritimes gelées grâce à sa proue renforcée. Une propulsion nucléaire offre davantage de puissance et une plus grande autonomie que les systèmes à gazole. Par exemple, les brise-glaces du modèle Arktika peuvent naviguer à pleine puissance pendant 24 h avec 300 g d'uranium enrichi et rester quatre ans sans se ravitailler.

En plus de son application au dégagement des couloirs maritimes, les brise-glaces nucléaires jouent un rôle de transport eux-mêmes. Dans la mer de Kara ils servent à l'acheminement du nickel extrait à Norilsk, étant les seuls à pouvoir desservir les villes démunies de routes ou liaisons aériennes pendant le gel de la mer. En cas de navires prisonniers des glaces, les brise-glaces peuvent porter secours. Parmi de tels cas notables figurent le naufrage du Tcheliouskine en route vers l'Alaska le ou le convoi de treize cargos d'octobre 1983 prisonnier de la banquise qui broie la coque de deux d'entre eux avant qu'un brise-glace nucléaire ne vienne à la rescousse.

La Russie (et jadis l'URSS) est le premier et seul constructeur et opérateur de cette classe de vaisseau, employée pour assurer la navigation dans ses mers arctiques (notamment le passage du Nord-Est). La prochaine génération russe (prévue 2017) sera capable de briser les glaces jusqu'à trois mètres d'épaisseur[1],[2].

Les brise-glaces nucléaires ne produisent pas de déchets d'hydrocarbure ni n'émettent de gaz dans les airs de l'Arctique. Cependant, le danger nucléaire est réel car un réacteur nucléaire est à bord et il est nécessaire de charger et décharger le combustible au cours de sa vie. Un accident s'est déjà produit à la suite d'une fuite de combustible nucléaire usagé entreposé à Mourmansk[3].

Nom du navire Lancement Mise en service / retrait du service Dénomination du projet Type du navire Classe du navire Déplacement (t) Longueur (m) largeur (m)
NS Lenin (Ленин) 1957 1959-1989 92M Brise-glace Lénine 16 000 134 27,6
NS Arktika 1972 1975-2008 1052-1 Brise-glace Arktika 23 460 147,9 29,9
NS Sibir (en) 1977-1996 1052-2 Brise-glace Arktika
NS Rossiya (en) 1985-2013 10521-1 Brise-glace Arktika
NS Sevmorput (Севморпуть) (en) 1986 1988- 10 081 Porte-conteneurs brise-glace Sevmorput 260,3 32,2
NS Taimyr (Таймыр) (en) 1987 1989- 10580-1 Brise-glace fluvial Taimyr 21 000 149,7 30
NS Sovetskiy Soyuz 1990 - 10521-2 Brise-glace Arktika
NS Vaigach (en) 1990- 10580-2 Brise-glace fluvial Taimyr 21 100 149,7 28,87
NS Yamal 1992 10521-3 Brise-glace Arktika 23 455 150 30
NS 50 Let Pobedy 1993 2007- 10521 Brise-glace Arktika 25 840 159,6 30

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Deux nouveaux brise-glaces nucléaires pour la flotte russe », sur Mer et Marine,‎ (consulté le 31 janvier 2016)
  2. Ilia Kramnik, « La flotte de brise-glaces : gage de la puissance russe dans l’Arctique », sur french.ruvr.ru,‎ (consulté le 31 janvier 2016)
  3. Wolfgang Mertin, Brise-glace de l'Arctique (Arktis - die route der atomeisbrecher), documentaire 52 mm, 3 janvier 2009

Articles connexes[modifier | modifier le code]