Briquetage de la Seille

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La Vieille-Seille à Marsal

Le briquetage de la Seille est un site archéologique de la fin de l'âge du bronze (-850) à la conquête Romaine (-50) au sud du département de la Moselle, dans la vallée de la Seille, riche en briquetages.

Présentation du site[modifier | modifier le code]

Il est lié à l'exploitation des sources salées de cette région, résurgences d'une couche de sel du trias supérieur (Keuper). Les briquetages sont, à la fois, des récipients en argiles qui servaient à faire bouillir la saumure sur des fours à feux de bois et les bâtonnets d'argile cuite dont l'assemblage permettait une partie de l'évaporation de cette saumure. Une fois le sel cristallisé, on cassait ces moules pour récupérer le pain de sel, le briquetage désignant aussi par les archéologues ces débris. La technique est progressivement abandonnée après l'introduction du poêle à sel par les Romains (poêle en plomb qui se recycle ou s'oxyde jusqu'à tomber en poussière, si bien que les vestiges archéologiques de ce type de poêle sont rares[1]).

Les déchets de cette technique d'extraction du sel couvrent une superficie d'environ 120 hectares: répartis en six zones: les villages de Marsal, Moyenvic, Vic-sur-Seille, Salonnes; la butte de Châtry entre Vic et Moyenvic et le château de Burthécourt sur la commune de Salonnes. Ces restes, qui peuvent localement atteindre une épaisseur de plus de 10 m, ont formé un véritable radier, permettant l'établissement d'habitations dans ces zones marécageuses.

On d'ailleurs longtemps cru que c'était la fonction principale du briquetage: qu'il avait été réalisé, sans doute par les romains, pour permettre l'édification de routes et d'habitation[2]. Des fouilles récentes ont au contraire trouvé que c'est l'exploitation du briquetage qui a provoqué l'apparition des marais: l'alimentation des fours à entrainé un déboisement qui a provoqué une érosion accrue. Celle-ci, ajoutée aux 4 millions de mètres cubes de débris du briquetage, a comblé la vallée, sur une surface de 30 km2 et une épaisseur allant jusqu’à 12 m. Le lit de la Seille s’en est trouvé surélevé de 8 m, empêchant l’écoulement de la rivière, qui devient stagnante. La vallée devient marécageuse, ses habitants souffriront de goîtres et de maladies de la thyroïde, jusqu’à l’assèchement des marais à la fin du XIXe siècle[3].

Les fouilles archéologiques et leur intérêt[modifier | modifier le code]

La première étude du briquetage fut menée par l'ingénieur Félix Le Royer de La Sauvagère, mais les premières fouilles furent menées au début du XXe siècle par l'Allemand Johann Baptist Keune. Elles furent reprises entre 1969 et 1976 par Jean-Paul Bertaux.

Aujourd'hui, l'intérêt porté à ce « briquetage de la Seille » est des plus importants. Des campagnes de fouilles ont lieu tous les étés à Marsal depuis 2000. Dirigées par le Pr. Laurent Olivier, conservateur au Musée des Antiquités Nationales, et le Dr. Jo Kovacik, archéologue américain, ces fouilles permettent de dévoiler toute l'importance de cette industrie et ses retombées sur la société gauloise de l'époque.

En effet, on peut parler à ce sujet d'une véritable industrie du sel, en sont témoins les immenses quantités de débris de fours, mais également le matériel d'importation trouvé sur place, preuve d'un commerce développé. En plus de permettre de mettre à jour notre idée du briquetage, les fouilles permettent également d'y voir plus clair sur la société gauloise, jusqu'à il y a peu, encore très mal connue.

Ces fouilles ont pu révéler, outre la présence du briquetage, une évolution des techniques de production du sel, qui a fait l'histoire de la vallée de la Seille. Ont été également mises au jour des tombes datant de l'âge du fer, plus ou moins meublées, révélant des rangs sociaux différents. Des traces d'habitats ont d'ailleurs déjà été trouvées lors des fouilles antérieures.

En outre, le site du « briquetage de la Seille » est riche en informations. Il permet de se faire une idée de la vie de nos ancêtres, à travers leur lieu de travail, d'habitat, et d'inhumation.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Claude Hocquet, Hommes et paysages du sel. Une aventure millénaire, éd. Actes Sud, 2001
  2. Mémoires P288, Société d'archéologie lorraine et du Musée historique lorrain 1849
  3. Stéphane Foucart, « Pollutions antiques », Le Monde, 12 septembre 2009, p 17

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Félix-François Le Royer d'Artezet de la Sauvagère, Recherches sur la nature et l'étendue d'un ancien ouvrage des Romains, appelé communément briquetage de Marsal, avec un abrégé de l'histoire de cette ville et une description de quelques antiquités qui se trouvent à Tarquinpole, par M. d'Artezé de La Sauvagère… [Avec une lettre de Dom A. Calmet.], Paris : C.-A. Jombert, 1740
  • L. Olivier, Nouvelles recherches sur l’exploitation du sel de la Haute Seille à l’âge du Fer, in : Le Pays lorrain, 2003, 84, p. 15-26
  • L. Olivier, "Le briquetage de la Seille (Moselle) : bilan d'un programme de cinq années de recherches archéologiques", in : Les Cahiers lorrains, 2006, 1/2, p. 6-21.

Liens externes[modifier | modifier le code]