Gothique de brique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Brique gothique)
Aller à : navigation, rechercher
Église Saint-Jacob de Toruń, Pologne.

Le gothique de brique (allemand : Backsteingotik) ou gothique baltique est un style d´architecture gothique du Nord de l´Europe, et plus particulièrement du Nord de l'Allemagne et des régions autour de la mer Baltique. Il s'est surtout répandu dans les villes culturellement allemandes de l'ancienne Ligue Hanséatique à partir du XIIIe siècle, puis bien au-delà par influence (Scandinavie, toute la Pologne, Allemagne du Sud). Les bâtiments sont essentiellement constitués de briques et le style de la décoration s'est adapté aux possibilités et aux limites de ce matériaux, conférant à cette architecture une identité bien particulière.

Une architecture gothique en brique s'est aussi développée à la même époque en Flandre, notamment à Bruges, et plus largement dans les anciens Pays-Bas, du fait des liens très étroits qu'entretenait la Flandre avec les villes hanséatiques d'Allemagne du Nord, bien que le style gothique flamand se soit quelque peu différencié. Il existe également un autre style gothique en brique important dans le Midi de la France, dans la région Toulousaine, qui correspond à la principale variante du style gothique méridional, la cathédrale d'Albi en est l'exemple le plus fameux, mais le format des briques (la brique foraine) y est nettement différent de celui des briques d'Europe du Nord, ce qui les apparente plutôt aux briques italiennes. En Italie il y a eu une continuité de constructions en brique depuis l'architecture paléochrétienne antique et la période byzantine (voir Ravenne) jusqu'au temps du gothique, notamment en Lombardie, Vénétie, Émilie-Romagne et Toscane où beaucoup d’édifices gothiques sont construits en brique, bien qu'elle n'y est pas toujours apparente car elle est parfois cachée par des enduits ou des placages de marbre, à l'intérieur mais aussi à l'extérieur (comme à Florence). L’architecture gothique de brique de la péninsule Ibérique a des origines différentes (voir architecture mudéjare).

La brique avait déjà été introduite en Allemagne avec l'architecture romaine antique (comme à Trèves), puis l'architecture carolingienne en faisait encore un usage plus ou moins important. Mais avant le XIIe siècle l'usage de ce matériaux s'était fortement tari (l’architecture ottonienne n’utilisait pratiquement que la pierre), et était inexistant dans les régions de la mer Baltique. L’utilisation de briques cuites en Europe du Nord s'est développée surtout au XIIe siècle avec le style "roman de brique". De nombreux éléments de style issus de l'architecture romane de brique d'Allemagne du Nord et du Danemark se sont perpétués et transcrits dans le gothique de brique. La transition vers le gothique s'est faite au XIIIe siècle en y intégrant les structures du gothique français (ainsi que quelques influences du gothique scaldien de Flandre, qui est en pierre), mais pour aboutir à la formation d'un style nouveau et très original. Au XVIe siècle, les constructions en brique évoluent cette fois vers le style "brique Renaissance".

Ce style est caractérisé par la rareté des sculptures, très répandues dans les autres styles gothiques, et par la sous-division créative des murs en utilisant le contraste entre les briques rouges, émaillées noires et le plâtre blanc. Les bâtiments de style gothique baltique ont la particularité d'être assez souvent exclusivement construits en brique, avec peu d'inclusions de pierre pour les parties délicates (colonnes, arcs des voûtes, meneaux, remplages en dentelle des fenêtres et des gâbles), qui sont souvent également faites de briques aux formes adaptées, contrairement à l'architecture gothique en brique d'autre régions d'Europe qui inclut généralement un peu plus de pierre. Les maisons sont souvent dotées d'un « pignon à échelons » (dit aussi « pignon à gradins » ou « pignon à redents »).

Un certain nombre de centres-villes riches en bâtiments de style gothique de brique sont classés au patrimoine mondial de l'UNESCO: Lübeck, Stralsund et Wismar en Allemagne, Toruń en Pologne (tandis que Gdańsk est inscrite sur la liste indicative), Riga en Lettonie et Bruges en Belgique. À Tallinn en Estonie les édifices gothiques sont principalement en pierre calcaire locale, mais avec le style baltique. Des bâtiments présentant ce style font aussi l'objet d'un classement indépendant: la forteresse teutonique de Marienbourg en Pologne, la cathédrale de Roskilde au Danemark et l'hôtel de ville de Brême en Allemagne.

Galerie[modifier | modifier le code]

La brique comme matériau de base[modifier | modifier le code]

La brique est fabriquée par moulage selon des gabarits à peu près immuables, variant selon les régions. Leur relative petite taille permet de les utiliser sans modifications, comme pour les claveaux d’un arc. Certaines formes particulières peuvent être moulées. Enfin, en fonction de la terre utilisée, certaines briques peuvent être taillées ou érasées pour obtenir des arrondis, des moulures, etc. Mais la brique est plus souvent utilisée en effets décoratifs selon la pose, avec la variation des joints, des angles, etc.

Le néogothique au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, le style néogothique entraine une renaissance du gothique de brique. Parmi les architectes importants de cette période, on compte Friedrich August Stüler à Berlin et Simon Loschen à Brême. Bien que le style ne devienne vraiment populaire qu'à partir des années 1860, un des exemples les plus anciens et connus est l'église de Friedrichswerder de Karl Friedrich Schinkel, achevée à Berlin en 1831. On trouve de nombreuses églises néogothiques de brique s'inspirant du style hanséatique dans tout le Nord de l'Allemagne, en Scandinavie, Pologne, Lituanie, Finlande, et Russie. On peut aussi mentionner de nombreuses églises néo-régionalistes en brique en Belgique (architecture néo-flamande), aux Pays-Bas et dans le Nord de la France.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hans Josef Böker: Die mittelalterliche Backsteinarchitektur Norddeutschlands. Darmstadt 1988. (ISBN 3-534-02510-5)
  • Gottfried Kiesow: Wege zur Backsteingotik. Eine Einführung. Monumente-Publikationen der Deutschen Stiftung Denkmalschutz, Bonn 2003, (ISBN 3-936942-34-X)
  • Angela Pfotenhauer, Florian Monheim, Carola Nathan: Backsteingotik. Monumente-Edition. Monumente-Publikation der Deutschen Stiftung Denkmalschutz, Bonn 2000, (ISBN 3-935208-00-6)
  • Fritz Gottlob: Formenlehre der Norddeutschen Backsteingotik: Ein Beitrag zur Neogotik um 1900. 1907. Reprint of 2nd ed., Verlag Ludwig, 1999, (ISBN 3-9805480-8-2)
  • Gerlinde Thalheim (ed.) et al.: Gebrannte Größe - Wege zur Backsteingotik. 5 Vols. Monumente-Publikation der Deutschen Stiftung Denkmalschutz, Bonn, Gesamtausgabe aller 5 Bände unter (ISBN 3-936942-22-6)
  • B. Busjan, G. Kiesow: Wismar: Bauten der Macht – Eine Kirchenbaustelle im Mittelalter. Monumente Publikationen der Deutschen Stiftung Denkmalschutz, 2002, (ISBN 3-935208-14-6) (Vol. 2 of series of exhibition catalogues Wege zur Backsteingotik, (ISBN 3-935208-12-X))

Notes et références[modifier | modifier le code]

(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Backsteingotik » (voir la liste des auteurs).