Brique foraine

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La brique foraine, dite aussi brique toulousaine, est une brique de terre cuite. Elle a été utilisée du XIIIe siècle au XIXe siècle, remplacée depuis par des matériaux plus aisés à industrialiser, comme la brique creuse ou le parpaing.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'étymologie du terme « forain », du latin foraneus, qui vient de l'extérieur, permet de penser que ces briques étaient ainsi dénommées parce qu'elles n'étaient pas fabriquées sur place mais approvisionnées jusqu'aux chantiers depuis les briqueteries[1].

Origine[modifier | modifier le code]

La photo couleur montre une église aux murs de pierres blanches en bas, surmonté d'un étage en brique de terre cuite rouge.
Pierre et brique de la collégiale Saint-Salvi.

La brique de terre cuite est une évolution de celle en terre crue. Les Romains, gros consommateurs de brique dans leurs constructions, sont probablement ceux qui ont introduit la technique dans la région toulousaine. La période du haut Moyen Âge la voit être abandonnée au profit de la construction à ossature en bois et torchis.

La première utilisation attestée de la brique foraine est datée des alentours de l'année 1080, sur le chantier de l'église Saint-Sernin de Toulouse. À Albi, le renouveau de la brique est daté avec une précision décennale : entre 1220 et 1240. Le changement est visible sur les murs de la collégiale Saint-Salvi[2]. D'abord utilisée par le clergé et les riches maisons, la brique reste trop chère pour le peuple.

La généralisation de son usage viendra de l'interdiction du bois à cause des incendies. A Montauban, c'est l'incendie du 11 novembre 1614 qui pousse les consuls à agir. L'architecte Pierre Levesville dessine et les propriétaires sont contraints de respecter la généralisation de la brique, mais aussi l'alignement des maisons[3]. Celui de 1463 à Toulouse influence le choix des Capitouls, même si leur demande n'est pas bien respectée. Après plusieurs autres désastres et l'afflux d'argent du commerce du pastel, les constructions en brique se généralisent[4].

L'âge d'or de la brique foraine sera le XIXe siècle. L'industrialisation du procédé permet de diminuer les coûts de fabrication. L'usage d'argiles de nature différentes et de la maîtrise des températures de cuisson permet de varier la couleur des briques de l'ocre jaune au rouge orangé.

La brique foraine s'inscrit dans la tradition de la brique romaine, grande et plate elle est caractérisée (comme son ancêtre romaine) par un rapport largeur/longueur de 2/3, ce qui la différencie de la brique "standard" (aussi appelée par opposition "brique du nord" dans certaines publications[5]) au rapport largeur/longueur de 1/2. Cette différence de format entre les deux types de brique a induit de notables divergences dans la mise en oeuvre des appareils et des décors : la brique foraine ne se prêtant pas facilement à des jeux de décors géométriques, cela a favorisé le développement de la profession des tailleurs de briques dans le Midi toulousain.

Construction[modifier | modifier le code]

Fabrication[modifier | modifier le code]

La brique est issue d'un matériau disponible localement et en quantité, l’argile et les marnes que l'on trouve en abondance dans les plaines alluviales de la Garonne, du Tarn et de leurs affluents.

L'argile est malaxée avec de l'eau à la bonne texture avant d'être moulée. Après séchage, elle est enfournée pour la cuisson.

Mise en œuvre[modifier | modifier le code]

La brique est utilisée à plat pour la construction des murs et le pavage des sols. Son usage vertical permet la construction de voutes aussi complexes que celles en pierre. Seules les colonnes fines sont en pierre, la brique nécessitant une grande surface pour supporter la masse des voûtes.

La cathédrale Sainte-Cécile d'Albi a été bâtie exclusivement en briques foraines, avant que des aménagements de la Renaissance n'ajoutent un jubé et un baldaquin en pierre. Le palmier de l'église des jacobins montre l'élégance de la brique couplée à des colonnes de pierre.

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « La brique foraine », Brigitte Saulois, Le patrimoine en brique, 1993, Bibliographie d'Histoire de l'Art, CNRS
  2. Collectif, sous la direction de Jean-Louis Biget, Histoire d'Albi, Toulouse, Privat, , 360 p. (ISBN 2-7089-8327-X), p. 124
  3. « Laissez-vous conter la place nationale » (consulté le 12 mars 2015)
  4. « Toulouse rose, la ville de brique », Site « toulouse-tourisme.com » (consulté le 12 mars 2015)
  5. http://www.cite-episcopale-albi.fr/IMG/pdf/la_brique.pdf

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]