Bride sans mors

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Ne doit pas être confondu avec Bride ou Hackamore.
Bride sans mors de type western.

Bride sans mors est le terme générique qui désigne une grande variété de brides pour le cheval ou un autre animal, dépourvues de mors pour le contrôler. Le contrôle de la direction s'effectue grâce à la muserolle ou à un caveçon. Le terme de hackamore fut historiquement le plus utilisé pour désigner toutes les formes de brides sans mors. Cependant, depuis quelques années, de nouveaux systèmes de brides sans mors fonctionnent sans la muserolle lourde des véritables hackamores, faisant appel à des lanières qui se resserrent autour de la tête du cheval pour appliquer une pression de diverses manières. Ceux-ci sont souvent spécifiquement brevetés et commercialisés comme des « brides sans mors ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Guerrier Blackfeet montant avec une corde nouée autour de la mâchoire, illustration c. 1840-1843

Les premières brides utilisées au cours de la domestication du cheval étaient probablement des muserolles sans mors, fabriquées avec divers matériaux du type corde, cuir, ou tendon[1]. Cependant, les matériaux utilisés pour fabriquer des équipements autres que les morceaux de métal se désintègrent rapidement. Les preuves archéologiques de la première utilisation de modèles sans mors sont donc difficiles à trouver[2]. La plus ancienne preuve iconographique de l'usage d'une forme de bride sans mors remonte à des représentations de cavaliers Synian, datées d'approximativement - 1400[3]. La domestication du cheval est bien plus ancienne[4], les premières traces d'usage du mors parmi la culture Botaï remontent à environ 3500-3000 av. J.-C.[5],[6]. La probabilité est très forte qu'un système de bride ait été utilisé pour maîtriser le cheval avant le développement du mors.

Les anciens Mésopotamiens emploient des brides sans mors qui évoluent vers un objet nommé hakma[7], une sorte de lourde muserolle tressée dont l'usage remonte au règne de Darius dans l'ancienne Perse, vers - 500. Cet objet est précurseur du hackamore de style bosal et du caveçon français, en particulier le modèle moderne employé pour le travail à la longe[7].

Certains modèles modernes de brides sans mors sont issus de la bride de sécurité sans mors, un objet déposé en 1893, puis amélioré en 1912 et 1915[8].

Description[modifier | modifier le code]

Bride sans mors, vue du dessous

Une bride sans mors agit par pression sur des parties de la tête du cheval, telles que le nez et les joues, mais jamais sur la bouche. L'usage d'un tel objet est variable. Il peut être adapté au dressage des heunes chevaux, en cas de blessure buccale ou de sensibilité au mors, ou par simple préférence de l'utilisateur. Des brides sans mors sont souvent employées en endurance[9], en randonnée, et par les cavaliers adeptes de l'équitation éthologique. Il arrive d'en voir dans d'autres disciplines[1].

Controverses[modifier | modifier le code]

Cheval attelé sans mors à La Canée.

Les avantages des brides sans mors sur celles avec mors sont très controversés. Les hackamores et autres brides sans mors sont couramment utilisés pour les jeunes chevaux, en particulier si le cheval est débourré au moment où les dents permanentes font leur apparition. L'animal peut donc avoir des problèmes avec le mors dans sa bouche. Cependant les équitants plus traditionnels forment le jeune cheval un ou deux ans après la pousse des dents. Certains promoteurs de brides sans mors encouragent leur utilisation durant toute la vie du cheval. Quelques-uns vont jusqu'à suggérer que le mors peut causer des problèmes physiques et mentaux chez le cheval[10]. Cependant, les défenseurs des brides traditionnelles notent que, comme toute pièce de harnachement, une bride sans mors peut devenir un instrument douloureux entre de mauvaises mains[11]. Un autre problème important de la bride sans mors est que le rassembler tel qu'il est requis en dressage devient plus difficile, voire impossible. Tout mouvement latéral de la tête du cheval doit être demandé par le cavalier à travers des tractions de rênes, voire de grands mouvements des mains ou du bras[9].

Il y a également débat pour savoir s'il est possible d'atteler un cheval sans mors.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Kelly Howling, « Bitless Reveolution », Equine Wellness Magazine,‎ (lire en ligne).
  2. (en) « Discovery at al-Magar », sur Saudi Aramco World (consulté le 14 mars 2013)
  3. Miller 1974, p. 22.
  4. Bennett 1998, p. 21.
  5. (en) Anthony W. David et Dorcas Brown, « Eneolithic horse exploitation in the Eurasian steppes: diet, ritual and riding », Antiquity, no 74,‎ , p. 75-86.
  6. Robin Bendry, « New methods for the identification of evidence for bitting on horse remains from archaeological sites », Journal of Archaeological Science, vol. 34, no 7,‎ , p. 1036–1050 (DOI 10.1016/j.jas.2006.09.010)
  7. a et b Bennett 1998, p. 54-55.
  8. (en) Wendy Wainwright, « The Bitless Horse Part 1: A History of the Bitless Bridle » (consulté le 27 février 2008)
  9. a et b Edwards 2004, p. 101.
  10. (en) W. Robert Cook et Hiltrud Strasser, Metal in the Mouth. The Abusive Effects of Bitted Bridles, .
  11. Edwards 2004, p. 103-104.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Bennett 1998] (en) Deb Bennett, Conquerors: The Roots of New World Horsemanship, Amigo Publications Inc, , 1re éd. (ISBN 0-9658533-0-6)
  • [Edwards 2004] (en) Elwyn Hartley Edwards, The Complete Book of Bits and Bitting, Devonshire:David & Charles, Newton Abbot, (ISBN 0-7153-1163-8)
  • [Miller 1974] (en) Robert W. Miller, Horse Behavior and Training, Montana State University, Big Sky Books,
  • [Miller et Lamb 2005] (en) Robert W. Miller et Rick Lamb, Revolution in Horsemanship, Lyons Press, (ISBN 1-59228-387-X)