Breguet Type III

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Breguet Type III
Constructeur Drapeau : France Société anonyme des ateliers d’aviation Louis Breguet
Statut retiré du service
Premier vol
Mise en service
Équipage
3
Motorisation
Moteur moteur en étoile Canton-Unné 7 cylindres
Puissance unitaire 85
Dimensions
Envergure plan supérieur : 13,70 m
plan inférieur : 12,00 m
Longueur 9,15 m
Masses
À vide 0,703 kg
Maximale 1,150 kg
Performances
Vitesse maximale 80 km/h

Le Breguet Type III est un avion biplan réalisé par Louis Charles Breguet en 1911.

Conception[modifier | modifier le code]

Après le premier succès commercial remporté par le Breguet Type II (6 exemplaires vendus !), Louis Breguet s'associe à son frère Jacques Breguet et ils fondent ensemble à Douai au début de l'année 1911 la « Société anonyme des ateliers d’aviation Louis Breguet ». La société recrute plusieurs ingénieurs et techniciens, des pilotes. Elle installe à Douai des bancs d'essais et investit dans la construction d'un bureau d'études, de bureaux commerciaux et l'achat de machines-outils. Depuis l'été 1911, elle loue sur le plateau de Villacoublay, au sud de Paris, de vastes terrains où elle transfère son école d'aviation de Douai en septembre 1912. Un atelier de montage des machines et de réparation est installé près de l’école d’aviation de Villacoublay peu après[1].

Le Breguet type III se présente comme une grande machine à l'envergure imposante (près de quatorze mètres), capable de transporter cinq personnes, assises deux par deux et dos à dos derrière le gros moteur, qui peut être, selon le choix de l’acheteur :

Le train d'atterrissage est amorti par des ressorts et des amortisseurs oléopneumatiques, comme sur le Type II. Le système des commandes, cher au constructeur depuis le début, comprend deux leviers à main pour le gauchissement des ailes et le gouvernail de profondeur et un volant genre Deperdussin pour commander le gouvernail de direction. Breguet fait preuve d'un conservatisme certain, la plupart de ses concurrents à cette date ayant adopté le palonnier aux pieds système Blériot et le manche à balai. Le Breguet U3 dispose bien d'un palonnier aux pieds, mais il commande le gauchissement des ailes[1].

Engagements[modifier | modifier le code]

Responsable de l’aviation militaire française, le général Pierre Auguste Roques et son adjoint chargé des achats de moteurs et appareils, le colonel Auguste Édouard Hirschauer, proposent aux organisateurs de meetings aériens que les meilleurs pilotes civils soient intégrés aux pilotes militaires, et ceci notamment lors des manœuvres de Picardie qui se déroulent en . L'Armée dispose à ce moment de 41 pilotes brevetés et elle se sent particulièrement forte. Louis Breguet lui-même, qui est réserviste avec le grade de simple sapeur, pilote un biplan Breguet Type IV, faisant équipe avec le capitaine d'artillerie Louis Gabriel Madiot, observateur. Le ils effectuent une reconnaissance sur l’axe DouaiGrandvilliers (Oise). Ces manœuvres se soldent par la vente de deux biplans Breguet IV à l'Armée. Un des appareils va au colonel Hirschauer (Génie), l’autre au colonel Estienne (Artillerie), le futur « Père des chars » de la Première Guerre mondiale[1].

Ces deux premiers appareils sont suivis par l’achat de plusieurs autres Types III, IV et V. C’est à bord d’un de ces avions que le capitaine Madiot, breveté pilote, se tue le , devenant ainsi le premier pilote militaire français victime de l'aviation[1].

Le à La Brayelle, Louis Breguet réussit une performance que tous les journaux relatent : sur le nouveau biplan type III à moteur Canton-Unné, un appareil dont le poids à vide ne dépasse pas 700 kg, il parvient à transporter sur cinq kilomètres onze passagers (des enfants) entassés dans le fuselage, soit 600 kg de charge. L'avion a donc transporté douze personnes, certes choisies en raison de leur faible poids[1].

Piloté par Henri Brégi avec comme passager un journaliste du Petit Journal, un Breguet III militaire réalise en la première liaison aérienne CasablancaFès. Louis Breguet a mis son pilote et un avion à la disposition des militaires, embarrassés par la crise du Maroc où la France fait face à une crise internationale. Lâché par de nombreuses tribus, le Sultan de Fez fait appel à la marine allemande qui envoie une canonnière, la SMS Panther. De Casablanca à Fès, sur plus de 250 kilomètres, Brégi et son passager lâchent 10 000 tracts rappelant la position politique et militaire de la France au Maroc. Un conflit est ainsi évité[1].

Variantes[modifier | modifier le code]

G3

Appareil à moteur Gnome.

U3

Appareil à moteur Canton-Unné.

H-U3

U3 version hydravion à flotteurs. À l'issue d’un concours organisé par la Marine nationale française en , comprenant une course entre Paris et Deauville et des épreuves en mer, les hydravions Breguet H-U2 (Type II navalisé) et H-U3 surclassent tous leurs concurrents. La Marine achète deux H-U3, et les teste à Saint-Raphaël[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Gérard Hartmann, « Les premiers appareils Breguet », sur La coupe Schneider et hydravions anciens. Dossiers historiques hydravions et moteurs (consulté le 19 novembre 2017).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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