Breguet 890 Mercure

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Breguet 890
Constructeur Drapeau : France Société anonyme des ateliers d’aviation Louis Breguet
Rôle Avion de transport de fret et de passagers
Premier vol
Nombre construits 2
Équipage
4
Motorisation
Nombre 2
Type Bristol Hercules 739 à 14 cylindres en double étoile
Puissance unitaire 2028
Dimensions
Envergure 30,62 m
Longueur 21,60 m
Hauteur 7,2 m
Surface alaire 101,20 m2
Masses
À vide 12 040 kg
Maximale 20 000 kg
Performances
Vitesse maximale 380 km/h
Plafond 7 800 m
Rayon d'action 1 000 km
Charge alaire 197,628 kg/m2

Le Breguet 890 Mercure est un prototype d'avion de transport français des années 1950.  

Conception[modifier | modifier le code]

Le Breguet Br 890 était un projet d’avion de transport conçu en 1948 en plusieurs versions. Ces appareils, tous extérieurement très similaires, étaient des monoplans de construction entièrement métallique, à ailes hautes cantilever, avec un train d'atterrissage tricycle rétractable, et à l’arrière du fuselage une rampe de chargement pour le fret lourd et les véhicules. L’empennage cruciforme était classique, avec une unique dérive, contrairement à son concurrent, le Nord 2501 « Noratlas », et son empennage bipoutre[1]. Les ailes étaient dérivées de modèles Breguet précédents, comme le Breguet 500 et le Breguet 761, et dotées de dispositifs hypersustentateurs. Le bord d'attaque pouvait être équipé de systèmes de dégivrage, soit thermique, soit pneumatique[2].

Variantes[modifier | modifier le code]

Breguet 890

La première version était un avion de transport civil. A l’époque les devises étrangères étaient rares en France. L’avion devait donc impérativement être équipé de moteurs français, ou construits en France sous licence. Le premier moteur choisi fut le Junkers Jumo 211 d’origine allemande, construit par l’Arsenal de l'aéronautique. Avec ce type de moteur, l’appareil se serait appelé Br 890J (J pour Jumo). Mais avant même le début de la construction du prototype, l’impossibilité apparut rapidement d’utiliser ce type de moteur, dont la fabrication en série ne se poursuivrait pas. Il fut donc décidé que le prototype serait équipé de deux Bristol Hercules 739 de 2 030 ch, qui devait être construit sous licence en France par la SNECMA, entraînant des hélices quadripales Rotol, et le prototype changea de nom pour devenir le Br 890H (H pour Hercules)[2].

Breguet 891

La seconde version était un avion de transport militaire destiné à répondre au programme n° 2081/48 du [2] émis par l'armée de l'air française qui souhaitait un appareil de conception nationale pour remplacer ses actuels avions de transport, conçus avant la Seconde Guerre mondiale : des Douglas C-47 « Dakota » américains et des Junkers Ju 52 allemands construits en France sous le nom de « AAC-1 Toucan »[1].

La version proposée par Breguet fut le Breguet 891, à deux moteurs SNECMA 14R (ex Gnome et Rhône 14R avant la nationalisation de cette société). Ce moteur, qui devait développer 1 600 ch et qui était très prometteur en 1938, n’atteignit cependant jamais les espoirs placés en lui[2]. Le Breguet 891 pouvait emporter 20 parachutistes, 24 blessés ou 2 jeeps[1].

Plusieurs variantes furent étudiées simultanément, avec des motorisations différentes :

Breguet 892

C'était une version civile, convertible entre transport de fret et de passagers, quadrimoteur doté de quatre moteurs Renault 12S de 500 ch chacun, actionnant des hélices tripales. Ce moteur était la version française du moteur allemand Argus As 411, produit sous licence par Renault pendant la guerre. Ce prototype fut désigné Br 892 R (R comme Renault). Il pouvait emporter 40 passagers, mais sa charge commerciale et sa vitesse étaient plus faibles que celles des versions bimoteurs. Il fut finalement porté au standard du 890H[2].

Breguet 893, 894 et 895

Trois autres versions furent étudiées mais non construites :

Engagements[modifier | modifier le code]

Aucun de ces appareils ne fut construit en série, seul le prototype de chaque version vola :

  • La première version à voler fut le quadrimoteur Breguet 892R « Mercure »[3] n° 01, immatriculé « F-WFDO », le . Par la suite, il fut renommé « Breguet 890 H n° 02 » mais conserva son immatriculation F-WFDO[2].
  • Le Breguet 891R « Mars »[4] est le n° 01, la version militaire bimoteur, immatriculé « F-WFRB », vola le [1].
  • Le dernier prototype à voler fut le Breguet 890 H « Mercure » n° 01, une autre version civile mais bimoteur. Immatriculé « F-WFRF », il effectua son premier vol le [2].

Cependant, ces appareils ne rencontrèrent aucun succès commercial. L’armée de l’air française préféra le Nord 2501 « Noratlas » au Breguet 891. Les compagnies aériennes civiles se sont satisfaites des très nombreux C-47 en surplus de guerre[1].

Les deux prototypes du Br 890 H, le n° 01 bimoteur d’origine et le n° 02 modifié, furent cependant utilisés par l’armée française en Afrique française du Nord. Transférés au Centre d'Essais en Vol (CEV), ils furent utilisés pour le transport de produits et de matériel vers les centres d’essais du Sahara, et notamment à Colomb-Béchar et Reggane, où était mise au point la première arme nucléaire française. Toute cette opération étaient ultra-secrète, et on ne dispose d’aucune photo de ces avions lors de ces transports[1],[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Clansman, « Breguet Br.890 Mercure », sur AviationsMilitaires, .
  2. a b c d e f g h et i Jacques Moulin, « 112 - Le Breguet 890 H « Mercure » », .
  3. Mercure est le dieu du commerce et des voyages dans la mythologie romaine
  4. Mars est le dieu de la guerre dans la mythologie romaine

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Cuny et Pierre Leyvastre, Les Avions Breguet (1940/1971), Larivière Collection Docavia, , p. 117-119.
  • Jean Cuny, « Breguet 990/875 », Trait d’Union, no 42,‎ , p. 11.

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