Brantes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Brantes (homonymie).
Brantes
Brantes.
Brantes.
Blason de Brantes
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Arrondissement de Carpentras
Canton Vaison-la-Romaine
Intercommunalité Communauté de communes Pays Vaison Ventoux
Maire
Mandat
Roland Ruegg
2014-2020
Code postal 84390
Code commune 84021
Démographie
Gentilé Brantulois, Brantuloises
Population
municipale
78 hab. (2014[1])
Densité 2,8 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 11′ 39″ nord, 5° 20′ 03″ est
Altitude 546 m (min. : 425 m) (max. : 1 900 m)
Superficie 28,18 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Vaucluse

Voir sur la carte administrative de Vaucluse
City locator 14.svg
Brantes

Géolocalisation sur la carte : Vaucluse

Voir sur la carte topographique de Vaucluse
City locator 14.svg
Brantes

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Brantes

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Brantes

Brantes est une commune française, située dans le département de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village de Brantes est un village perché entre le mont Ventoux au sud et la Drôme au nord.

Accès[modifier | modifier le code]

Deux routes traversent la commune sur un axe est-ouest : la route départementale 41 au nord du village, sur la hauteur, et la route départementale 40 au sud, en contrebas en bordure du Toulourenc. Entre les deux, permettant d'atteindre le bourg, la route départementale 136.

La commune de Brantes est traversée par plusieurs sentiers de grande randonnée, les GR 4, GR 9 et GR 91, et sert de point de départ pour de nombreuses randonnées sur sentiers balisés.

Relief[modifier | modifier le code]

Le village est perché entre 500 et 600 mètres d'altitude avec au-dessus la barre du Charles (836 mètres) puis plus au nord la montagne de Geine (1 267 mètres).

Au sud, une vallée plus ou moins large où coule le Toulourenc (d'où le nom de « vallée du Toulourenc ») puis par delà la vallée du Toulourenc, le versant septentrional du mont Ventoux et le col des Tempêtes (1 829 mètres). Le mont Ventoux est classé « Réserve de Biosphère » par l'UNESCO depuis 1994.

Géologie[modifier | modifier le code]

Le mont Ventoux est constitué de calcaires urgoniens blanchâtres massifs, d'âge crétacé inférieur, et très clairs (d'où l'impression d'un sommet enneigé). Son importante élévation vient de la compression due à la formation de la chaîne pyrénéo-provençale, aujourd'hui disparue. Cette compression a bombé et fait chevaucher les roches de la montagne sur les terrains plus au nord, durant le crétacé supérieur et le début du tertiaire.

La vallée du Toulourenc, quant à elle, a un sol du quaternaire composés de dépôts fluviatiles, colluvions et éboulis.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Pont roman sur le Toulourenc.

La commune est arrosée par le Toulourenc, affluent de l'Ouvèze, au bas du village. Le pont qui l'enjambe, dit pont romain est un pont roman du XIIIe siècle[2].

Sur le territoire de la commune se trouve la source de la Fontnouvelle.

Végétation[modifier | modifier le code]

Le versant nord (ubac) du mont ventoux est moins ensoleillé. Ses pentes sont abruptes, faites d'éboulis et de falaises majestueuses et sa flore y est médioeuropéenne et non plus méditerranéenne. Parmi les végétations dominantes du versant nord[3], on trouve des chênes verts jusqu'à 620 mètres d'altitude puis des noyers de 620 à 800 mètres. De la garrigue aux herbes aromatiques comme le thym et la lavande vraie entre 800 et 910 mètres d'altitude. Ensuite, des hêtres de 910 à 1 380 mètres et des pins à crochets (sous-espèce de pins de montagne) jusqu'à 1 720 mètres d'altitude. Enfin, le secteur alpin au-dessus de 1 720 mètres d'altitude[4].

Sur les pentes de la barre du Charles et de la montagne de Geine, bois de chênes et pins.

Quelques champs au cœur de la vallée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Extrait de la carte de Jacques de Chieze (1627) montrant Brantes au pied du mont Ventaux.

Cité en 1163 sous le nom de "Brantule" et en 1254 sous "de Brantulis"[5]. Seigneurie des Baux depuis le XIIe siècle, Le , à Brantes, au pied du Ventoux, en présence de son épouse Alix des Baux, Odon de Villars fit donation à son neveu Philippe de Lévis des fiefs de Brantes, Plaisians et leurs dépendances, des seigneuries de Saint-Marcel, Roquefort, le Castellet, Cassis et Port-Miou, dépendantes de la baronnie d’Aubagne, ainsi que de La Fare-les-Oliviers, et Éguilles. Son neveu, en contrepartie devait lui servir de caution vis-à-vis de Raymond de Turenne dans l’observation d’un accord passé entre le vicomte, lui et son épouse Alix. En cas de non-respect de la part d’Alix et d’Odon, ces derniers devraient payer 50 000 florins à Raymond de Turenne[6],[7].

ce fief fut acquis par la Révérende Chambre Apostolique en 1320 et entre dans le Comtat Venaissin en 1320.

Après être passé dans les mains de plusieurs famille, Laurens, puis de Vincens, en 1697, le marquisat est acheté par Pierre du Blanc, seigneur de Buisson[5].

Durant les guerres de Religion, les protestants occupent le village[5].

Fin du XXe siècle, des passionnés se mettent en tête de restaurer le village.

François et Claude Morénas, qui ont été à l'initiative du balisage d'un nombre incalculable de sentiers de grandes randonnées, ont dit toute leur émotion en découvrant ce village :

« Le village en camaïeu confond ses toits patinés et ses façades grisées avec les rochers sur lesquels il se cramponne. Tout en escalier et en terrasses d'éboulis où s'accrochent les amandiers tordus, genévriers, genêts et ronces et de maigres prairies, tout ce qui pourrait, malgré la pauvreté du sol et la sécheresse, devenir droit, beau et vigoureux, a été grignoté par les chèvres. »

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial des communes de Vaucluse.
Blason de Brantes

Les armes peuvent se blasonner ainsi : D'azur à deux palmes d'or, accostées de deux fleurs de lis du même et accompagnées en chef d'une croisette ancrée d'argent et en pointe d'un croissant du même. [8]

créé en 1980 en reprenant les armoiries des familles Laurens et du Blanc

Toponymie[modifier | modifier le code]

La commune est appelée Brantas en occitan.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Mairie de Brantes.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 Mars 2008 Georgette Bernad    
Mars 2008 en cours Roland Ruegg SE Retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune fait partie de la Communauté de communes Pays Vaison Ventoux, qui fait elle-même partie du syndicat mixte d'aménagement de l'Aygues et du syndicat mixte d'aménagement du bassin de l'Ouvèze (SIABO).

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

La commune est incluse dans la zone de protection Natura 2000 « l'Ouvèze et le Toulourenc », sous l'égide du ministère de l'Écologie, de la DREAL Provence-Alpes-Côte-d'Azur, et du MNHN (Service du Patrimoine Naturel)[9].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[11],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 78 habitants, en diminution de -7,14 % par rapport à 2009 (Vaucluse : 2,58 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
320 355 440 448 491 440 442 470 471
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
410 381 376 385 394 321 325 319 284
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
265 266 241 200 167 139 143 114 96
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
100 90 85 85 63 65 80 83 78
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Habitat[modifier | modifier le code]

Habitat perché[modifier | modifier le code]

Brantes, village perché.
Vue sur le Toulourenc.

Ce type d'habitat est considéré comme typiquement provençal, il est surtout typiquement méditerranéen. Ces villages sis sur leur « acropole rocheuse », qui ont gardé leur aspect médiéval, forment par l'orientation des façades de leurs maisons - vers la vallée ou la voie de communication - un véritable front de fortification[14].

Fernand Benoit souligne leur origine quelques fois préhistorique en signalant que Cicéron, à propos des Ligures qui peuplaient la région, les dénomme castellani, c'est-à-dire habitants des castellas (Brutus, LXXIII, 256)[14].

Ces villages perchés se trouvent dans essentiellement dans les zones collinaires dont le terroir est pauvre en alluvions et où l'eau est rare. Ce qui est le cas général en Provence sauf dans la basse vallée du Rhône et dans celle de la Durance, où les terres alluvionaires abondent et surtout où l'eau est facilement accessible pour chaque propriété grâce à un puits creusé dans la cour de la maison[15].

De plus ce groupement en communauté refermée sur elle-même correspond à des régions de petites propriétés, où les seules terres fertiles se situent au fond de quelques vallons, et ce regroupement a facilité l'existence d'un artisanat rural indispensable aux villageois (charron, forgeron, etc.). À contrario, l'habitat dispersé implique de grands domaines qui tendent à vivre en autarcie. D'où la loi émise par Fernand Benoit « La misère groupe l'habitat, l'aisance le disperse »[15].

Économie[modifier | modifier le code]

Un très petit village vivant d'un peu de tourisme (une chambre d'hôtes) dont des artisans qui fabriquent des santons et des poteries (faïencerie), d'élevage caprins (agneau du Ventoux) et de fabrique de fromages, de fabrication de miel, quelques vergers d'amandiers, culture de la lavande et plantes aromatiques.

Commerce[modifier | modifier le code]

L'Auberge de Brantes, qui porte le label Bistrot de pays[16], adhère à une charte dont le but est de « contribuer à la conservation et à l’animation du tissu économique et social en milieu rural par le maintien d’un lieu de vie du village »[17]. Un café librairie et une librairie.

Vie locale[modifier | modifier le code]

La communauté de communes de la Vallée du Toulourenc se charge de la collecte et du traitement des déchets des ménages et déchets assimilés.

Pas de pharmacie ni d'équipement particulier de santé.

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'école.

Le village de Brantes possède une école, située en bordure du vieux village.

Sports[modifier | modifier le code]

Pas d'équipement collectif particulier hormis les chemins de randonnées et les aménagements divers aux abords du Toulourenc.

Sports pratiquées : randonnées pédestres.

Autres activités : chasse, pêche.

Cultes[modifier | modifier le code]

C'est un village de tradition catholique (église paroissiale Saint Sidoine, chapelles Notre-Dame-de-Piété et Saint-Jean-Baptiste et cimetière, chapelle saint Roch) malgré une prise du bourg par les protestants lors des guerres de religions. Il dépend du diocèse d'Avignon

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Brantes est un village aux ruelles en calades, aux passages voûtés, aux portes anciennes et aux vieilles maisons de pierre. Il est construit en nid d'aigle sur les contreforts de la montagne.

  • Vestiges d'un château féodal des seigneurs des Baux : pans de murs et deux citernes.
  • Église paroissiale Saint-Sidoine de 1684 avec décor intérieur en trompe-l'œil.
  • Chapelle Notre-Dame-de-Pitié des pénitents blancs, chapelle du début du XVIIIe siècle maintenant utilisée comme point info et pour présenter les nombreux travaux réalisés par l'association locale pour la restauration du site.
  • Chapelle Saint-Roch.
  • Chapelle Saint-Jean-Baptiste (XIIe).
  • Oratoires du Sacré-Cœur, de Saint-Joseph et Saint-Gens (XIXe).
  • Ancien lavoir.
  • Pont à une arche, style « romain », du XIIIe siècle.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Recensement 2010 », INSEE
  2. Brantes, sur le site vaison-ventoux-tourisme.com
  3. Jacques Galas, Les pays du Ventoux, page 32
  4. La réserve de biosphère du mont Ventoux
  5. a, b et c « Brantes sur le site du Quid »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  6. Robert Bailly, Dictionnaire des commuines de Vaucluse, Éd. A. Barthélemy, Avignon, 1985, p. 101.
  7. Louis Barthélemy, Inventaire chronologique et analytique des chartes de la maison des Baux, Marseille, 1882, Charte 1692.
  8. Armorial des Communes de Vaucluse (Conseil Général du Vaucluse).
  9. Responsabble Natura 2000
  10. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  14. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 43.
  15. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 44.
  16. La charte Bistrot de Pays
  17. L'implantation des Bistrots de pays en France métropolitaine en 2010
  18. Suppléant devenu député le 8/8/1963 au décès de Pierre Augier

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Brantes, un village provençal en terre papale, Sophie Bentin, Les éditions du Toulourenc, 2016 (ISBN 978-2-9554987-0-5).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]