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Brandt (entreprise)

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Brandt France
logo de Brandt (entreprise)
Logo de Brandt

Création 1924
Dates clés 1993 : cession par Thomson
2000 : fusion avec Moulinex
2005 : rachat par Fagor
2014 : rachat par Cevital
Disparition 2025 : liquidation judiciaire des activités françaises
Fondateurs Edgar Brandt
Forme juridique Société par actions simplifiée à associé unique
Slogan Pour tous les jours et même les autres (depuis 2013)
Siège social Rueil-Malmaison
Drapeau de la France France
Direction Daniele Degli Emili
Actionnaires Groupe BrandtVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité Fabrication d'appareils électroménagers
Produits Électroménagers, Smart TV, Mobiles, Smartphones[1]
Société mère Drapeau de la France Groupe Brandt
Effectif 847 en 2021
SIREN 801 250 531
Site web www.brandt.com

Chiffre d'affaires en augmentation 235 782 907 € en 2023
232 723 945 € en 2022
Résultat net en augmentation -17 852 182 € en 2023 (perte)[2]
- 25 606 071 € en 2022

Brandt, officiellement Brandt France, est une société française d'électroménager, filiale du groupe Brandt[3], appartenant lui-même au conglomérat algérien Cevital. Elle a été fondée en 1924 par Edgar Brandt au sein des établissements Brandt, à l'origine spécialisés dans la fabrication d'armements légers.

L'ensemble du groupe Brandt (hors Algérie) est mis en liquidation judiciaire le , par le tribunal des affaires économiques de Nanterre et fait licencier plus de 700 salariés[4]. La filiale algérienne Brandt (Algérie) n'est pas concernée et reste la seule entité à continuer la commercialisation de la marque en 2026[5].

La marque Brandt a fait partie de nombreux groupes aux noms différents.

Hotchkiss-Brandt (1956–1966)

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Mortier Brandt AM-50 exposé au Defence and Garrison Museum (en) d'Aalborg.

En 1956, la société des Établissements Brandt, fusionne avec l'entreprise Hotchkiss et renomme sa société Hotchkiss-Brandt. Dès cette époque, cette société d'armement possède une usine qui fabrique des machines à laver (la SGAE de Lyon) et des réfrigérateurs Brandt (SCOMAM[6] à Laval)[7].

Thomson-Brandt (1966–1982)

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En 1966, Hotchkiss-Brandt fusionne avec la Compagnie française Thomson-Houston (CFTH) et prend le nom de Thomson-Houston-Hotchkiss-Brandt, puis Thomson-Brandt.

En 1968, l'activité électronique de Thomson-Brandt est regroupée avec la Compagnie générale de la télégraphie sans fil (CSF) pour donner naissance à Thomson-CSF. Le groupe Thomson-Brandt subsiste avec pour seule activité l'électroménager (marques Brandt et Thomson).

Thomson SA (1982–1992)

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En 1982, Thomson-Brandt et Thomson-CSF sont nationalisées par le gouvernement de Pierre Mauroy, et les deux entreprises sont fusionnées sous le nom de Thomson SA (société anonyme). Au sein de ce nouvel ensemble, les activités électroménager de Thomson-Brandt se retrouvent dans le pôle Thomson Consumer Electronic Company (TCE) en 1987.

Brandt SA, filiale de l'Italien El.Fi (1992–2001)

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En 1992, Thomson acquiert la branche électroménager de De Dietrich puis cède quelques mois plus tard toutes ses activités électroménager à El.Fi SpA, constructeur italien d'appareils électroménager blancs, le numéro 3 italien, sous les marques Ocean, Samet et Sangiorgio. El.Fi est une filiale du groupe italien Elettro Finanziaria S.p.A. Celui-ci regroupe toutes ses marques françaises d'électroménager (De Dietrich, Brandt, Vedette, Thomson, Sauter, Thermor) dans une unique filiale nommée Brandt SA.

En 2000, sous la pression gouvernementale, El.Fi est « invité » à reprendre Moulinex en faillite virtuelle. El.Fi fusionne Brandt avec Moulinex et devient propriétaire à hauteur de 74,3 % du nouvel ensemble nommé Moulinex-Brandt, ayant plus de 20 000 salariés[8].
Brandt devient la filiale gros électroménager du nouvel ensemble, qui voit s'ajouter à son catalogue la marque Sauter.

Elco-Brandt (2002–2005)

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En septembre 2001, l'Italien El.Fi fait faillite. Moulinex et la branche petit électroménager seront reprises en partie par le groupe SEB. Toute la branche gros électroménager, les marques et les usines en Italie et en France sont reprises par le groupe électroménager israélien Elco.

En 2002, la filiale française Brandt SA devient Elco-Brandt, la branche électroménager du groupe Elco, numéro 1 en France ; l'entité possède alors cinq marques françaises (Brandt, De Dietrich, Thomson, Vedette, Sauter) et trois marques italiennes (Ocean, SAMET (it) et San Giorgio (électroménager) (it)).

Fagor-Brandt (2005–2014)

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En 2005, Elco-Brandt est rachetée par le groupe associatif espagnol Fagor. La nouvelle entité française est rebaptisée Fagor-Brandt et devient sa filiale française.

Le , Fagor-Brandt, qui emploie 1 800 salariés, annonce son dépôt de bilan[9]. Le même jour, mais quelques heures plus tard, les autorités espagnoles annoncent également le dépôt de bilan de l'ensemble du groupe[10].

Au mois de décembre 2013, le Journal officiel annonce que le groupe en redressement judiciaire recevra une aide de l'État de dix millions d'euros pour relancer en partie le site d'Orléans[11].

La marque et les entreprises qui fabriquaient les produits Brandt ont été rattachés au groupe espagnol Fagor à la suite de son dépôt de bilan le .

Groupe Brandt (2014–2025)

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Le , le conglomérat algérien Cevital reprend les activités françaises du groupe Fagor-Brandt[12].Le groupe Cevital prévoyait de reprendre également les activités espagnoles et polonaises du groupe Fagor, mais l'offre de reprise de l'activité en Espagne n'a pas été retenue par la justice espagnole et l'usine polonaise du groupe Fagor a finalement été reprise par BSH Hausgeräte[13].

En difficulté au moment de la reprise par Cevital en 2014, Brandt est en meilleure santé depuis 2016[14] et a réussi le pari de sa relance. Ainsi, alors que le PDG du groupe algérien Issad Rebrab avait promis de conserver 1 225 employés sur les 1 760 qui y travaillaient avant le rachat, il y en avait 1 200 qui officiaient encore dans l'entreprise[15].

Le groupe Brandt, comprenant les marques Brandt, Sauter, Vedette et De Dietrich et dernier fabricant français de gros électroménager, est placé en redressement judiciaire le [16]. Brandt cherche un investisseur ou un repreneur pour rebondir[17].

Le , le groupe Brandt est finalement placé en liquidation judiciaire par le tribunal des activités économiques de Nanterre, entraînant la suppression de 700 emplois[4]. Malgré un projet de reprise en scop soutenu par l’État, la région Île-de-France et les collectivités locales, la solution n’a pu aboutir. Cette décision marque la fin d’un groupe industriel centenaire, symbole de l'industrie française[4]. Au-delà d'une très forte concurrence asiatique, certains médias algériens analysent une chute de Brandt « à l'image des relations franco-algériennes » ainsi qu'une filiale étrangère « en perte chronique » dans laquelle l'Algérie n'avait plus d'intérêt à la soutenir, le groupe Cevital s'étant rapproché du pouvoir algérien depuis l'arrestation d'Issad Rebrab[18],[19],[20],[21].

Le 24 décembre 2025, l'entreprise française Thomson Computing, dévoile un projet de reprise de l’usine principale de Brandt à Saint-Jean-de-la-Ruelle[22].

Marques et produits

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Brandt et les marques du groupe couvraient une gamme très large d'appareils électroménagers : lave-vaisselle, lave-linge, sèche-linge, réfrigérateurs, congélateurs, caves à vin, cuisinières, fours, hottes, fours à micro-ondes, et s'est également diversifiée dans le petit électroménager, avec des bouilloires, grille-pain, centrifugeuses…

Sites de production

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En 2025 la production de gros-électroménager est réalisée essentiellement dans trois usines :

  • deux en France :
    • Saint-Jean-de-la-Ruelle, pour les cuisinières, fours, tables vitrocéramique et induction,
    • Vendôme, pour les hottes décoratives, fours, tables vitrocéramique et induction et fours à micro-ondes encastrables ;
  • une en Algérie :
    • Sétif[27] ; le complexe de Sétif, d’une superficie de 95 000 m2, qui a nécessité un investissement de 250 millions d’euros, produit annuellement, à partir du premier trimestre 2017, huit millions d’appareils dont le taux d’intégration sera de 70 à 80 %. Il emploie dans un premier temps 4 000 salariés. Il est en mesure de produire annuellement 500 000 appareils d'équipement domestique et industriel[28] (téléviseurs, cartes électroniques, lave-linge, cuisinières et climatiseurs) dont 90 % serait destinés à l’exportation[29] ; avec cette usine, le groupe Cevital émet le souhait de devenir le plus grand exportateur d’électroménager vers l'Europe et la région MENA[30].

Anciens sites de production[31] :

  • Aizenay (France) : micro-ondes, l'usine a été reprise par Variance Technologies en 2013 mais a continué à fournir le groupe Brandt en micro-onde jusqu'en 2015 ; la production de micro onde ayant été transférée sur le site de Vendôme[32] ;
    Ancienne usine Fagor-Brandt de Lyon-Gerland.
  • Lyon (France) : site de production qui était spécialisé dans la fabrication de lave-linge à ouverture par le haut des marques Brandt, Thomson, Vedette.
    En 2005, la production a commencé à être transférée en Pologne[33],[34] puis l'usine a été vendue en 2010 à la société SITL. Elle a continué à fournir des lave-linges top jusqu'en 2014 avant de déposer le bilan[35] ;
  • La Roche sur Yon (France) : lave-vaisselle, sèche-linge et machines à laver à chargement par le haut (à grande capacité ou séchant). Le site a été fondé en 1958 par Jean Esswein[36].
    Le site a été repris en 2013 par Nicolas Ravallec, Philippe Boudard et Pierre Julien[37], renommé S20 Industries en l'honneur du fondateur monsieur Esswein, et a continué de fournir Brandt en lave-linge séchant et en sèche-linge jusqu'en 2019[38],[39]. Le site fournissait également des lave-vaisselle à Brandt jusqu'en 2016. Un an plus tard, Daan Technologies annonce un partenariat avec S20 Industries en vue de relancer la filière française du lave-vaisselle en 2018 avec Bob (lave-vaisselle)[40]. Fin avril 2019, S20 Industries est placée en redressement judiciaire, mettant fin au partenariat avec Daan Technologies[41].
    En juillet 2019, S20 Industries est liquidée et seule une offre de reprise partielle portant sur 27 emplois dans le petit électroménager a été retenue[42]. Le site cesse donc de fournir Brandt en gros électroménager ;
  • Verolanuova (Italie) : réfrigérateurs, usine qui a été vendue, le projet de reprise a échoué[43],[44],[45] ;
  • Nevers (France) : composants (moteurs électriques) : usine Brandt Components vendue en 2004 au groupe ATB qui deviendra Selni[46], l'entreprise est placée en liquidation judiciaire faute de repreneur, sa dernière commande honorée a été passée par S20 Industries (repreneur du site de la Roche sur Yon)[47],[48]
  • Lesquin (France) : réfrigérateurs, congélateurs et caves à vin, fermé en janvier 2005[49],[50],[51].

Références

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  1. « Smartphone », sur brandt algérie.
  2. https://www.societe.com/societe/brandt-france-801250531.html
  3. « Groupe Brandt », sur Groupe Brandt (consulté le ).
  4. a b et c « Brandt : le tribunal prononce la liquidation du dernier fabricant de gros électroménager en France, 700 emplois supprimés », sur Le Figaro, (consulté le )
  5. « Sauter, Vedette, de Dietrich : que vont devenir les marques du groupe Brandt ? », sur www.latribune.fr, (consulté le )
  6. À la suite des établissements Borel.
  7. Brandt, sur le grand livre de la TSF.
  8. Moulinex, sur Boursilex
  9. FagorBrandt: journée cruciale pour les salariés avec la réunion du CCE La Croix, 6 novembre 213
  10. Fagor et sa filiale française déposent le bilan. Le Monde, 6 novembre 2013
  11. Peut-être un espoir pour les ex-Fagor Brandt de Lyon. France 3, 3 décembre 2013
  12. Le spécialiste de l'électroménager FagorBrandt sauvé Le Figaro, 15 avril 2014
  13. « Plus petit, Brandt réussit le pari de la relance », sur lesechos.fr, (consulté le ).
  14. Adrien Cahuzac, « Brandt, à la reconquête du marché français », L'Usine nouvelle,‎ (lire en ligne)
  15. « Cinq choses à savoir sur Issad Rebrab, le PDG de Cevital qui investit à Charleville-Mézières », France 3 Grand Est,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. « Brandt en redressement judiciaire : la fin d'un fleuron du "Made in France" », sur TF1 INFO,
  17. Capital, « En difficulté, le fabricant d’électroménager Brandt cherche un investisseur ou un repreneur pour rebondir », sur Yahoo Finances,
  18. « Liquidation de Brandt en France : la chute spectaculaire de la vitrine européenne de Cevital », sur Médiaterranée, (consulté le )
  19. La rédaction de Mondafrique, « La liquidation du groupe Brandt, un naufrage entre Paris et Alger », sur Mondafrique, (consulté le )
  20. Ali Idir, « France : clap de fin pour la marque Brandt », sur TSA, (consulté le )
  21. Mohammed Iouanoughene, « Cevital concède la liquidation de Brandt France, sa vitrine européenne », sur Maghreb Émergent, (consulté le )
  22. « Liquidation de Brandt : l’industriel français Thomson Computing propose un projet de reprise de l’usine », sur Le Figaro, (consulté le )
  23. « INPI – Service de recherche marques », sur bases-marques.inpi.fr (consulté le )
  24. « INPI – Service de recherche marques », sur bases-marques.inpi.fr (consulté le )
  25. « INPI – Service de recherche marques », sur bases-marques.inpi.fr (consulté le )
  26. « INPI – Service de recherche marques », sur bases-marques.inpi.fr (consulté le )
  27. « Cévital ouvrira une usine FagorBrandt à Sétifen 2016 ». Algérie-Focus, 12 juin 2014.
  28. Le groupe s'engage à faire de l'Algérie un pays exportateur vers les quatre coins de la planète. Brandt, déjà un mastodonte de l’électroménager!. Liberté, 3 juin 2016.
  29. Groupe Cevital : mise en service du complexe Brandt à Sétif. El Watan, 2 juin 2016.
  30. Groupe Cevital : Mise en service du complexe Brandt à Sétif. El Watan, 2 juin 2016.
  31. Implantations du groupe Fagor-Brandt
  32. « La reconversion réussie des anciens sites vendéens », sur lesechos.fr, (consulté le )
  33. FagorBrandt va arrêter la fabrication de lave-linge en France, sur l'Usine Nouvelle. L'Usine nouvelle, Adrien Cahuzac, 27 janvier 2011
  34. pour-les-lave-linge-de-lyon_856885 Un nouveau cycle pour les lave-linge de Lyon. Libération, 29 octobre 2012
  35. « Usine de produits chimiques dite société chimique de Gerland et Usine de matériel électroménager dite Confort rationnel par l'électricité, puis Société Générale d'appareillage électrique actuellement la CIAPEM - Fagor-Brandt - Inventaire Général du Patrimoine Culturel », sur patrimoine.auvergnerhonealpes.fr (consulté le )
  36. « Industrie. L’entreprise S20 Industries à nouveau en difficulté à La Roche-sur-Yon », Ouest France,‎ (lire en ligne)
  37. « La reconversion réussie des anciens sites vendéens », sur Les Echos, (consulté le )
  38. « Aux Ajoncs, S20 Industries relève la tête », ouest France,‎ (lire en ligne, consulté le )
  39. « S20 Industries : le tribunal de commerce accorde deux semaines de plus pour trouver un repreneur », sur France Bleu, (consulté le )
  40. « Bob, un lave-vaisselle mobile pour jeunes actifs », FIGARO,‎ (lire en ligne, consulté le )
  41. « S20 Industries : la start-up qui devait faire fabriquer son mini-lave-vaisselle dans l'usine quitte le navire », sur ici, par France Bleu et France 3, (consulté le )
  42. « Le tribunal de commerce de La Roche-sur-Yon liquide S20 Industries », sur actu.fr (consulté le )
  43. L'Usine Nouvelle, « FagorBrandt veut vendre son site italien de Verolanuova - Electroménager », usinenouvelle.com/,‎ (lire en ligne, consulté le )
  44. (it) Edizioni Brescia S.p.A., « Verolanuova, di Brandt restano solo i capannoni Epilogo in tribunale », Bresciaoggi.it,‎ (lire en ligne, consulté le )
  45. (it) « La protesta dei 400 dell’ex Ocean che non vogliono esser dimenticati », Corriere della Sera,‎ (lire en ligne, consulté le )
  46. education-programme, « Un itinéraire chaotique, Thomson-Selni », sur C'est la vie ! Images d'archives (consulté le )
  47. « Faute de repreneur, l'entreprise Selni de Nevers va fermer : 74 salariés perdent leur emploi », Le Journal du Centre,‎ (lire en ligne)
  48. « Quatre mois après la fermeture définitive, le matériel de l'usine Selni de Nevers vendu aux enchères pour 416.000 € », Le Journal du Centre,‎ (lire en ligne)
  49. « Brandt Industries va fermer son usine de Lesquin », sur lesechos.fr, (consulté le )
  50. « Les salariés d’Elco-Brandt veulent attaquer un tribunal de commerce », sur www.20minutes.fr (consulté le )
  51. « Elco - Lesquin (Nord) : Reprise bidon et licenciements », sur Lutte Ouvrière : Le Journal (consulté le )