Brandons de Bagnères-de-Luchon

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Le brandon de la Saint-Jean
Le brandon de la Saint-Pierre *
Domaine Pratiques rituelles
Lieu d'inventaire Occitanie
Haute-Garonne
Bagnères-de-Luchon
* Descriptif officiel Ministère de la Culture (France)

Le brandon (mot occitan, prononcer « brandou ») de Bagnères-de-Luchon fait l’objet d’une fête traditionnelle et populaire qui se déroule à Bagnères-de-Luchon et dans les communes de son canton, en Haute-Garonne (Midi-Pyrénées). Le brandon (nom donné à de gros troncs de bois) de la Saint-Jean (fête du feu) se déroule, comme son nom l’indique, le jour de la Saint-Jean, à l’occasion du solstice d’été, le . Cette fête annuelle autour du feu est signe de transmission et de régénération.

La ville de Bagnères-de-Luchon s’est prononcée, par la prise d’une délibération en conseil municipal en date du , pour le dépôt d’un dossier de candidature en partenariat avec l’Espagne et la Principauté d’Andorre afin de faire rentrer cette pratique au Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO[1],[2]. Les brandons de Bagnères-de-Luchon finalement inscrits en sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité lors de la dixième session du Comité intergouvernemental se tenant à Windhoek en Namibie dans le cadre des la pratiques des fêtes du feu du solstice d'été dans les Pyrénées.

La pratique fut au préalable inscrite à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France[3].

Historique[modifier | modifier le code]

L’origine exacte du premier brandon à Bagnères-de-Luchon est inconnue. Cependant, cette fête entre dans le cadre des pratiques rituelles liées au feu à l’occasion du solstice d’été. Or, ces célébrations remontent au temps des Celtes et du culte païen, bien avant la récupération chrétienne de la Saint-Jean. Les fêtes de la Saint-Jean étaient célébrées partout en France. À Paris, un grand bûcher place de Grève (aujourd’hui place de l’Hôtel de Ville) était allumé par le roi  de France en personne jusqu’à Louis XIV en 1648. Aujourd’hui la tradition perdure principalement en Alsace, en Bretagne, en Vendée et bien sûr dans les Pyrénées.

Cette tradition locale existant depuis la nuit des temps n’a jamais été interrompue, ce qui favorise le patrimoine culturel de la prise de conscience de son importance par la population locale et touristique.

Le brandon de la Saint-Jean[modifier | modifier le code]

Le brandon est formé à partir d’un sapin de 10 à 12 mètre de haut et 50 à 60 centimètres de circonférence, fourni par l’ Office National des Forêts dans le cadre d’un partenariat avec la municipalité. L’arbre écorcé est conduit sur le parvis d’un lieu symbolique de Bagnères-de-Luchon, les Thermes Chambert [4].

La préparation du brandon est un rituel ancestral très particulier qui attire la population en grand nombre, curieuse de redécouvrir ces savoir-faire.
Le brandon étant destiné à être brûlé, il faut qu’il soit suffisamment sec. Pour cela, le brandon est préparé de manière à accélérer le processus de séchage. Ainsi, le tronc est fendu sur une partie de sa longueur à l’aide de coins de fer. Les « lèvres » issues de cette coupe sont écartées et maintenue pas des cales de bois. Le tronc est ensuite ligaturé à l’aide de cercles de fer sur sa circonférence afin d’éviter l’éclatement[5].

Le brandon est ensuite élevé et planté verticalement. À la fin juin, le brandon doit être brûlé dans le cadre des feux de la Saint-Jean. On garnit alors les fentes creusées précédemment avec des copeaux de bois et de la paille. Cela doit rendre le brandon particulièrement combustible.
Le brandon est ensuite allumées à des dates bien particulières : à l’occasion de la Saint-Jean et à l’occasion de la Saint-Pierre.
Il peut arriver que le brandon soit allumé à une autre date, lors d’un évènement particulier, comme par exemple à l’occasion de la venue en du Roi des Belges Léopold II. Une seule année n’a pas vu ses brandons allumés, il s’agit de 2013. Les importantes crues et les dégâts provoqués n’ont pas permis de réaliser les brandons. Toutefois les fêtes ont été maintenues et deux grands bûchers ont remplacé les troncs garnis.

Une fête qui perdure[modifier | modifier le code]

La transmission se fait de génération en génération, au sein des familles. La valorisation de ce patrimoine est importante. Tout le monde se retrouve autour du brandon et des rituels auxquels il est associé. Les différentes associations qui organisent cette fête y sont pour beaucoup également. Elles organisent de temps à autre des ateliers formatifs pour les plus jeunes.

De plus, la Mairie, avec ses Services Techniques et d’Animation, joue un rôle très important dans le soutien aux us et coutumes et dans la diffusion et la convocation annuelle de la fête. Les Eaux et Forêts collaborent aussi dans ce créneau de la transmission en sélectionnant le pied qui après le travail traditionnel deviendra le Brandon de la Saint-Jean. Ce travail méticuleux est réalisé tous les ans, publiquement, devant les Thermes, par les Services Techniques/Charpentiers de la Mairie.

Ce savoir-faire traditionnel est transmis par la pratique, tous les ans, par les membres les plus âgés aux plus jeunes qui s’incorporent au fur et à mesure aux services.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • E.F. Dralet, Description des Pyrénées en 1813, première édition chez Arthus Bertrand, 1813.
  • Julien Sacaze et Edouard Piette, La montagne d’Espiaup, bulletin de la Société d’Anthropologie, 1877.
  • Armand de Quatrefage, Planche du brandon de la Saint-Jean, Introduction à l’étude des races humaines, 1887.
  • Eugène Truta, Arbre de la Saint-Jean à Saint-Aventin, (photographie).
  • Louis Saudinos, Le Brandon, étude régionaliste et populaire, années 1930.
  • Blaise Baylac, Le Brandon, .
  • Isaure Gratacos, Calendrier pyrénéen, rites, coutumes et croyances dans la tradition orale en Comminges et Couserans (La Saint-Jean « Era Clau de tot » la clef de tout, p 161 à 214), 1995.
  • Serge Brunet, Les prêtres des montagnes, la Vie, la Mort, la Foi dans les Pyrénées centrales sous l’ancien régime (p 29 et 30), 2001.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les brandons seront-ils classés à l’UNESCO, article du journal La Dépêche, 27 juin 2014
  2. Le brandon de la Saint-Jean ouvre la bal de l’été, article du journal La Dépêche, 24 juin 2015
  3. Fiche d’inventaire du « Brandon de la Saint-Jean à Bagnères-de-Luchon » au patrimoine culturel immatériel français, sur culturecommunication.gouv.fr (consultée le 27 octobre 2015)
  4. « Thermes Chambert », base Mérimée, Ministère français de la Culture (consultée le 27 octobre 2015)
  5. Luchonmag.com