Cette page est en semi-protection longue.

Brahim Ghali

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Brahim Ghali
إبراهيم غالي
Illustration.
Brahim Ghali en 2019.
Fonctions
Président de la République arabe sahraouie démocratique
En fonction depuis le
(4 ans, 11 mois et 7 jours)
Élection
Premier ministre Abdelkader Taleb Oumar
Mohamed Wali Akeik
Prédécesseur Khatri Addouh (intérim)
Mohamed Abdelaziz
Biographie
Nom de naissance Brahim Ghali
Date de naissance (74-75 ans)
Lieu de naissance Es-Semara, Sahara espagnol (selon le Polisario)
Marrakech, Maroc (selon le Maroc)[1]
Nationalité Sahraoui
Parti politique Front Polisario
Religion Islam
Résidence Tindouf, Algérie[2]

Brahim Ghali
Présidents de la République arabe sahraouie démocratique

Brahim Ghali (en arabe : إبراهيم غالي), né en 1946, est un militant indépendantiste sahraoui, élu président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et du Front Polisario le 9 juillet 2016. Il a été auparavant ministre de la Défense, un des membres fondateurs du Front Polisario, anciennement représentant de la RASD à Madrid et anciennement ambassadeur de la RASD à Alger. Partisan de la ligne dure du mouvement qui prône soit l’autodétermination, soit la lutte armée.

Biographie

Brahim Ghali est issu de la tribu du Reguibat. Il est né à Samra en 1946 au Sahara occidental (à l'époque encore colonie espagnole) selon le Polisario, ou à Marrakech selon le Maroc[1]. D'autres sources le donnent né en 1945[3] ou en 1949[4].

Ghali est un des membres fondateurs du Front Polisario en mai 1973[5] dont il a été été le premier secrétaire général. Avant son départ du Maroc, l’homme acquiert une réputation de contestataire en participant aux différentes grèves générales organisées par les militants indépendantistes. Il organise les premiers raids contre l'armée espagnole qui occupait le territoire encore colonie espagnole. Après le retrait des Espagnols en février 1976, il mène la guérilla contre les armées marocaine et mauritanienne, revendiquant, comme ses compagnons d’armes, l’indépendance du Sahara occidental[5].

Épaulé par El-Ouali Moustapha Sayed, dirigeant historique du Polisario, il est nommé par ce dernier, en 1976, ministre de la Défense, poste qu’il occupe de 1976 à 1991 avant de le perdre à la suite de dissensions politiques au sommet et d'être été nommé chef d'une région militaire[6],[7].

En 1999, Ghali est désigné en tant que représentant de la RASD en Espagne, un pays où « la cause sahraouie » bénéficie de nombreux soutiens, avant d'être nommé ambassadeur à Alger en 2008[8].

Il était le seul candidat à la succession de Mohamed Abdelaziz à la tête du Front Polisario.

En avril 2021, Brahim Ghali est admis dans un hôpital à Logroño, non loin de Saragosse en Espagne, révèle Jeune Afrique. Une évacuation qui « a fait l’objet de négociations menées au plus haut sommet de l’État algérien », indique le média francophone[9].

Accusations

En 2013, une plainte est déposée contre Brahim Ghali pour viol et abus sexuels à l’encontre d’une jeune femme, Khadijatou Mahmoud Mohamed Zoubeir. Par ailleurs, des prisonniers sahraouis portent plainte contre lui pour torture[10],[11]. C’est le cas d’El Kabch Mohamed Nafee, El Kharchi Lahbib et Chouiaar Mohamed Mouloud, qui décrivent en mars 2014, devant l’Audience nationale espagnole, les souffrances qu’ils auraient endurées pendant des années dans la prison dite « Errachid » (sud-ouest de l’Algérie) ; ils déclarent devant le juge qu’ils ont été témoins de l’assassinat de plusieurs personnes sous la torture pratiquée par des milices du Polisario[12],[13].

Un mandat d'arrêt est émis par la justice espagnole contre Brahim Ghali en novembre 2016 pour génocide, torture et viol[14]. Néanmoins, l'Audience nationale, la cour suprême espagnole, indique en 2021 qu'aucune poursuite à l'encontre de Brahim Ghali est en cours devant les juridictions espagnoles[15].

En avril 2021, il est hospitalisé en Espagne après une atteinte sévère par la Covid-19. Cette hospitalisation entraine une crise diplomatique majeure entre le Maroc et l'Espagne. Brahim Ghali est interrogé le , tout en étant hospitalisé, par un juge espagnol pour des plaintes de « tortures » et de « génocide » sans être inculpé[16],[17].

Notes et références

  1. a et b Sahara occi : Brahim Ghali seul candidat pour succéder à Mohamed Abdelaziz à la tête du Polisario, Jeune Afrique, 6 juillet 2016
  2. https://www.voaafrique.com/amp/le-nouvel-emissaire-de-l-onu-attendu-dans-les-camps-de-tindouf-au-sahara/4075567.html
  3. Paul Balta, « Le " mur " du triangle utile », Le Monde,‎ , p. 5 (lire en ligne)
  4. (es) Francisco Peregil, « Un militar y diplomático de la vieja guardia, nuevo líder del Frente Polisario », El Pais,‎ (lire en ligne)
  5. a et b L’homme s’en est allé, la lutte continue. El Watan, le 5 juin 2016
  6. Formation d'un nouveau gouvernement de la République arabe sahraouie démocratique. Le Monde, 2 septembre 1993
  7. « Nouvelle visite du Front Polisario à Rabat », Le Monde, 19 octobre 1996
  8. Brahim Gali ambassadeur de la RASD à Alger. Le Soir d'Algérie, 17 août 2008
  9. [Exclusif Algérie-Maroc : le président de la RASD Brahim Ghali hospitalisé d’urgence en Espagne] Jeune Afrique, 22 avril 2021
  10. Qui est Brahim Ghali, le candidat unique à la succession de Mohamed Abdelaziz?. Huffington Post, 5 juillet 2016
  11. Western Sahara-Polisario: New Leader Wanted by Spanish Justice, MedAfrica Times, 12 juillet 2016
  12. Atlasinfo, « #BalanceTonPorc : Khadijatou Mahmoud dénonce son viol par le chef du Polisario, Brahim Ghali », sur Atlasinfo.fr (consulté le 12 décembre 2017).
  13. "Procès à Madrid contre des tortionnaires du Polisario", La Nouvelle Tribune, 11 mars 2014.
  14. Thierry Oberlé, « Sahara occidental : les déboires judiciaires du chef du Polisario », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  15. (es) « La Audiencia Nacional niega que exista una orden de detención contra el líder del Polisario », sur La Rioja, (consulté le 27 avril 2021)
  16. « Le chef du Polisario auditionné en Espagne, sur fond de crise diplomatique avec le Maroc », sur france24.com, (consulté le 1er juin 2021)
  17. « Visé par deux plaintes, le chef du Polisario laissé libre à l’issue de son audition par un juge espagnol », sur lemonde.fr, (consulté le 1er juin 2021)

Voir aussi