Brévon (Bugey)

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le Brévon
(Brevon)
Illustration
Cascade sur le Brevon à Saint-Rambert-en-Bugey.
le Brévon sur OpenStreetMap.
Caractéristiques
Longueur 4,3 km [1]
Bassin 9,1 km2 [2]
Bassin collecteur Bassin du Rhône
Débit moyen (Saint-Rambert-en-Bugey)
Nombre de Strahler 2
Organisme gestionnaire Syndicat Intercommunal d'Aménagement du bassin versant de l'Albarine (SIABVA)[2]
Régime pluvio-nival
Cours
Source la Buissona
· Localisation Saint-Rambert-en-Bugey
· Altitude 551 m
· Coordonnées 45° 58′ 58″ N, 5° 26′ 56″ E
Confluence Albarine
· Localisation Saint-Rambert-en-Bugey
· Altitude 289 m
· Coordonnées 45° 56′ 52″ N, 5° 26′ 13″ E
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche sans
· Rive droite Chandellas
Pays traversés Drapeau de la France France
Département Ain
Arrondissement Belley
Canton Saint-Rambert-en-Bugey
Régions traversées Auvergne-Rhône-Alpes
Principales localités Saint-Rambert-en-Bugey

Sources : SANDRE:« V2920560 », Géoportail, OpenStreetMap

Le Brévon, ou Brevon[note 1], est un ruisseau du massif du Bugey, une région naturelle du département de l'Ain, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Affluent de l'Albarine, et donc sous-affluent du Rhône par l'Ain, le Brévon est intimement lié à l'histoire de la ville de Saint-Rambert-en-Bugey.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Brevon fin mars 2013 à Saint-Rambert-en-Bugey.

De 4,3 km de longueur[1], le Brevon prend sa source au-dessus du hameau de Lupieu, à 551 m d'altitude, où il capte les eaux du versant Est du mont Luisandre 805 m. Il se jette dans l'Albarine à Saint-Rambert-en-Bugey, au niveau de l’église, 289 m d'altitude[3].

Communes et cantons traversés[modifier | modifier le code]

Ce ruisseau se trouve entièrement sur le territoire de la commune de Saint-Rambert, dans l'arrondissement de Belley.

Bassin versant[modifier | modifier le code]

Le Brevon traverse une seule zone hydrographique : L'Albarine du bief des Vuires à la Câline inclus (V292) d'une superficie de 229 km2.

Le bassin versant du seul Brevon est de 9,1 km2[2].

Organisme gestionnaire[modifier | modifier le code]

L'organisme gestionnaire est le Syndicat Intercommunal d'Aménagement du bassin versant de l'Albarine (SIABVA)[2].

Affluent[modifier | modifier le code]

Il possède un affluent, le ruisseau de Chandellas (rd[note 2]), 1,6 km, également contenu sur la commune de Saint-Rambert. Donc son rang de Strahler est de deux .

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Son régime hydrologique est dit pluvio-nival.

Aménagements et écologie[modifier | modifier le code]

Exploitation[modifier | modifier le code]

Le Brevon a alimenté la roue à aube d'une scierie.

Faune[modifier | modifier le code]

Le secteur du Brevon est suivi par l'AAPPMA de Saint Rambert[4]. L’habitat aquatique est pauvre du fait de l'importance des concrétions calcaires.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Pont sur le Brevon à Saint-Rambert-en-Bugey.

Le Brevon était originairement appelé « Bebronne ». Cet hydronyme d'origine gauloise repose soit sur une forme gauloise *bebrōnno, soit sur une forme gallo-romane *bebrōne. Le radical bebr- est celui du gaulois *bebros ou *bebrus « castor » qui aurait donné la forme *Bebrona, adapté en bas-latin sous la forme beber. Le second élément de l'hydronyme est soit le gaulois onno « cours d’eau » (cas le plus probable), soit un suffixe de présence gallo-roman -ōne, d'où le sens global de « rivière aux castors », ou éventuellement « endroit où il y a des castors ».

L'agglomération qui se forma à proximité pris le nom de Bebronna, Bebronnensis locellus jusqu'au VIIIe siècle[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Protohistoire[modifier | modifier le code]

A l'instar de l'abbé Jolibois qui reconnait dans l'hydronyme «Bebronne» un nom générique pour les sources consacrées[6],[7], certains auteurs, se basant sur la sacralité des confluents en Gaule[8], ont voulu voir dans le Brevon un ruisseau divinisé, un antique lieu de culte «récupéré» plus tard par l'église catholique[9] quand celle-ci voulut convertir les celtes.

Ve siècle : l'installation de Domitien[modifier | modifier le code]

Croix commémorant l'assassinat de Ragnebert.

Vers 838, le diacre Florus de Lyon cite le ruisseau dans la partie de son martyrologe consacré à Domitien du Bugey :

« au territoire de Lyon, au lieu qui est nommé vallée du Brevon, déposition du bienheureux homme de Dieu, Domitien, abbé, qui, le premier, mena en ce lieu la vie érémitique ; s'étant joint plusieurs disciples pour le service de Dieu, il institua un monastère ; célèbre par ses grandes vertus et ses glorieux miracles, dans une heureuse vieillesse, il fut réuni aux Pères »[10].

Suivant la légende tardive, le Brevon doit son nom à Domitien, qui aurait baptisé «Bebronne» le ruisseau sur les bords duquel il édifia, vers le milieu du Ve siècle, des constructions, soit un hospice et des oratoires[11]. Il est tentant de voir dans ces constructions l'origine de l'Abbaye et de la ville de Saint-Rambert[12].

VIIe siècle : le martyre de Ragnebert[modifier | modifier le code]

Sous le roi des Francs Thierry III, le chevalier Ragnebert, exilé dans le Bugey par le maire du Palais Ébroïn, est mis à mort le 13 juin 680 sur le chemin de l'abbaye de Saint-Rambert-en-Bugey, au bord du Brevon. Recueilli par les religieux du monastère, son corps est enseveli «dans le portique de l'église». Le grand nombre de pèlerins qui affluaient sur ces reliques entraina la création d'une agglomération près du ruisseau[12]. L'endroit perd son nom de Bebronna, ou Bebronnensis locellus, pour celui de Monasterium Sancti Ragneberti vers 807[2].

Suivant une légende populaire alternative et plus tardive, Ragnebert eut la tête tranchée et celle-ci, roulant dans le Brevon, serait arrivée jusqu'à « Fixemagne », c'est-à-dire Saint-Rambert-d'Albon, en flottant sur l'Albarine, l'Ain et le Rhône[12].

Une croix marque encore l'endroit du martyre de Ragnebert.

XIIe siècle : aux frontières de la Savoie[modifier | modifier le code]

Le brevon en crue, fin janvier 2018

A une époque indéterminée, les moines de Saint-Rambert édifièrent sur la rive opposée au monastère une tour de guet destinée à surveiller la vallée et qui deviendra le château de Cornillon. En 1196, l'abbé Régnier cèda ce château au comte Thomas Ier de Savoie en échange de sa protection[13], chacun étant maître d'une des deux montagnes situées de part et d'autre du Brévon[14]. Le Brevon devint ainsi une des frontières de la Savoie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Syndicat Intercommunal d'Aménagement du bassin versant de l'Albarine (SIABVA), Dossier Sommaire de Candidature du second Contrat de rivière de l'Albarine : État des lieux du bassin versant, , 116 p. (lire en ligne)Document utilisé pour la rédaction de l’article

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. le SANDRE 2012
  2. rd pour rive droite et rg pour rive gauche

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Sandre, « Fiche cours d'eau - Le Brévon (V2920560) » (consulté le 3 septembre 2012).
  2. a b c d et e (Syndicat Intercommunal d'Aménagement du bassin versant de l'Albarine (SIABVA) 2016, p. 38)
  3. Géoportail - IGN, « Géoportail » (consulté le 19 mai 2012).
  4. « L'Albarine », sur www.federation-peche-ain.com (consulté le 4 septembre 2013).
  5. Noms de lieux de Suisse Romande, Savoie et environs, Henry Suter: "Noms de Lieux de Suisse Romande, Savoie et environs".
  6. « ...une de ces fontaines saintes, une de ces Bébrones, si fréquentes et si vénérées des anciens Gaulois. »

    — Jean-François Jolibois, Dissertation sur l'histoire du pays des Dombes et de l'arrondissement de Trévoux, au temps des Celtes, sous les Romains, sous les Bourguignons, 1841

    .
  7. A Péan, Revue du Lyonnais : esquisses physiques, morales et historiques, Aimé Vingtrinier, (lire en ligne), « Origine de Lugdunum ».
  8. Francis Robin, « Sacralité des confluents en Gaule : de Mars à saint Martin dans les sites en Condate », Mythologie française : bulletin de la Société de mythologie française, no 198,‎ , p. 30-44 (présentation en ligne).
  9. A Péan, Revue du Lyonnais : esquisses physiques, morales et historiques, Aimé Vingtrinier, (lire en ligne), « Origine de Lugdunum ».
  10. (la) Henri Quentin, Les martyrologes historiques du moyen âge : étude sur la formation du martyrologe romain, Paris, J. Gabalda, , 745 p., in-8 (lire en ligne), « Le texte et les sources », p. 371.
  11. Jean-Irénée Depérys, Histoire hagiologique de Belley : recueil des vies des saints et des bienheureux nés dans ce diocèse, Saint Domitian, abbé, Bottier, , 404 p. (lire en ligne), p. 11.
  12. a b et c Anne Baud, Georgette Cornu, Marielle Martiniani-Reber, Jean-Michel Poisson, Jean-François Reynaud et Cécile Treffort, Saint-Rambert : un culte régional depuis l'époque mérovingienne, Paris, CNRS Éditions, coll. « CRA-Monographies » (no 14), , 218 p. (ISBN 2-271-05219-X, présentation en ligne, lire en ligne).
  13. Jean Létanche, Les vieux châteaux, maisons fortes et ruines féodales du canton d'Yenne en Savoie, Le livre d'Histoire-Lorisse, 1907 (ISBN 9782843738135) p. 74.
  14. A.Kersusan, Défendre la Bresse et le Bugey, p. 57, Édition Presses Universitaires de Lyon, 2005.
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