Bréviaire de Salisbury

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Bréviaire à l'usage de Salisbury
Bréviaire de Salisbury - BNF Lat17294 f8r Adoration Trinité.jpeg
Adoration de la Trinité, première grande miniature du manuscrit, f.8r
Artiste
Date
vers 1424-1460
Technique
enluminures sur parchemin
Dimensions (H × L)
25,5 × 17,5 cm
Format
712 folios reliés
Collection
N° d’inventaire
Latin 17294
Localisation

Le Bréviaire dit de Salisbury est un bréviaire à l'usage de Salisbury, enluminé à Paris vers 1424-1435 par le Maître de Bedford et son atelier pour Jean de Lancastre, duc de Bedford et complété jusque vers 1460. Il est actuellement conservé à la Bibliothèque nationale de France (Lat 17294).

Historique[modifier | modifier le code]

Le manuscrit a été commandé par Jean de Lancastre, duc de Bedford et régent de France à l'époque où Paris est sous domination anglaise, ses armes apparaissant à de multiples reprises dans l'enluminure et le calendrier comprenant les anniversaires de nombreuses personnes de son entourage. Plusieurs portraits du duc sont figurés ainsi que celui de sa femme. Sur la miniature du folio 518 (Sainte Parenté), la duchesse Anne apparaît dans la lettrine, derrière un fond présentant des « n » qui est une écriture phonétique de son prénom et par ailleurs, elle se retrouve reliée par des phylactères à sa sainte patronne, par l'intermédiaire d'un ange. Par ailleurs, dans les folios 375 (fête de saint André) et 497 (fête des saintes reliques), un personnage est représenté en habit de chanoine, assis sur un banc : il pourrait s'agir d'une allusion à son admission en tant que chanoine de la cathédrale Notre-Dame de Rouen, à l'occasion d'une cérémonie pendant laquelle il était trop malade pour se tenir debout. Enfin, saint Nicolas est représenté baptisant un bébé, sans doute une allusion à Henri VI d'Angleterre, dont le duc de Bedford assure la régence et né à la saint Nicolas[1].

Le manuscrit étant inachevé, on a longtemps pensé qu'il avait été abandonné après la mort du duc en 1435. Cependant, selon l'historienne de l'art anglaise Catherine Reynolds, le style de certaines enluminures indiquent une réalisation beaucoup plus tardive, jusqu'à 1460. Le Maître de Bedford lui-même se voit attribuer seulement 5 grandes miniatures et les médaillons correspondant (f.8, 56v, 106, 278v, 518), le reste étant donné à son atelier, le maître ayant sans doute simplement défini le dessin des principales miniatures. Ce travail se poursuit jusque dans les années 1440-1450 par des continuateurs de son style[2],[3].

D'après l'abbé Leroquais, le manuscrit a peut-être appartenu par la suite à Philippe de Morvilliers, président du Parlement de Paris, puis à son fils, Pierre de Morvilliers, garde des sceaux de France sous Louis XI. En 1625, il est donné à Camille de Neufville de Villeroy, il passe ensuite dans la bibliothèque des Jésuites de Lyon. Il appartient aux collections de Louis-César de La Baume Le Blanc de La Vallière. Quatre ans après sa mort, en 1784, il est acquis par la bibliothèque royale pour la somme de 5 000 livres[4].

Description[modifier | modifier le code]

Le bréviaire est à peu près complet : il contient un calendrier, le sanctoral, le temporal et le commun des saints. Seul le psautier est manquant, ce qui représente 120 folios environ, soit un total de 832 folios. Un tel recueil devait sans doute être conçu à l'origine pour être relié en deux tomes, séparant le temporal du sanctoral. Le bréviaire est conçu selon le rite de Sarum ou de Salisbury, qui a court le plus souvent en Angleterre à l'époque. C'est l'usage que suivent la plupart des livres liturgiques du duc de Lancastre. Toutes les pages auraient dû être ornées de 4 médaillons chacune, le tout entouré de décorations florales. Le programme d'enluminure aurait dû atteindre le nombre total de 6750 éléments picturaux, sans compter les lettrines ornées. Mais ce programme n'a jamais été achevé : c'est tout de même 4300 éléments qui ont été effectivement réalisés, essentiellement les médaillons groupés par quatre sur chaque page. On compte par ailleurs 46 grandes miniatures ainsi que de nombreuses lettrines historiées de simples têtes[5].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Victor Leroquais, Les Bréviaires manuscrits des bibliothèques publiques de France, t. 3, Paris, (lire en ligne), p. 271-348
    Contient la description de la totalité des miniatures du manuscrit
  • (en) Eleanor P. Spencer, « The Master of the Duke of Bedford: The Salisbury Breviary », The Burlington Magazine, vol. 108, no 765,‎ , p. 606-612 (lire en ligne)
  • Nicole Reynaud et François Avril, Les Manuscrits à peintures en France, 1440-1520, Flammarion, 1993-1998, 439 p. (ISBN 978-2-08-012176-9), p. 24 (notice 3)
  • (en) Catherine Isabel Reynolds, The Salisbury Breviary, Paris, Bibliotheque Nationale, MS.LAT.17294, and Some Related Manuscripts (PhD thesis), Courtauld Institute of Art (University of London),
  • Catherine Reynolds, « The Workshop of the Master of the Duke of Bedford : Definitions and Identities », in Patrons, Authors and Workshops. Books and Book Production in Paris around 1400. Ed. G. Croenen — P. Ainsworth, Louvain, Peeters, 2006, p. 437-472

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Spencer, p.608
  2. Reynolds, p.443-446
  3. Les Manuscrits à peintures en France, p.24
  4. Leroquais, p.347
  5. Spencer, p.606-608