Bréel

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Bréel
Bréel
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Orne
Arrondissement Argentan
Canton Athis-de-l'Orne
Intercommunalité Flers Agglo
Commune Athis-Val de Rouvre
Statut Commune déléguée
Maire délégué Nicole Rogue
Code postal 61100
Code commune 61058
Démographie
Gentilé Bréelois
Population 126 hab. (2015)
Densité 34 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 48′ 47″ nord, 0° 23′ 25″ ouest
Altitude Min. 73 m
Max. 241 m
Superficie 3,71 km2
Historique
Date de fusion
Commune(s) d’intégration Athis-Val de Rouvre
Localisation

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Bréel est une ancienne commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie, devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle d'Athis-Val de Rouvre.

Elle est peuplée de 126 habitants[Note 1], avec une densité de 33,96 hab/km2.

Géographie[modifier | modifier le code]

Bréel s'étend sur 3,71 km2 à une altitude moyenne de 157 mètres à proximité de la Roche d'Oëtre. Le point culminant est à 241 mètres d'altitude et l'endroit le plus bas se trouve à 73 mètres d'altitude.

La commune fait partie de la communauté d'agglomération Flers Agglo. Elle est également proche du parc naturel régional Normandie-Maine. La Rouvre est le principal cours d'eau qui baigne la commune. Cette rivière est fréquentée par des kayakistes en eau blanche, en contre-bas du bourg.

Bréel est située le long de la route de Truttemer-le-Grand à La Forêt-Auvray, suivant le cours d'une ancienne voie romaine.

Le territoire est traversé par de multiples chemins de randonnée à pied et à VTT.

Le village se situe au milieu du triangle Flers/Condé-sur-Noireau/Falaise, étant à environ 20 kilomètres de chacune de ces villes. La grande ville la plus proche est Caen, à 41,37 kilomètres au nord à vol d'oiseau.

Les gares les plus proches se trouvent à Briouze (12,52 kilomètres) et Flers (15,47 kilomètres).

Communes limitrophes de Bréel[1]
(comm. nouv. d'Athis-Val de Rouvre)
Ségrie-Fontaine
(comm. nouv. d'Athis-Val de Rouvre)
Saint-Philbert-sur-Orne La Forêt-Auvray
(comm. nouv. de Putanges-le-Lac)
Ségrie-Fontaine
(comm. nouv. d'Athis-Val de Rouvre)
Bréel La Forêt-Auvray
(comm. nouv. de Putanges-le-Lac)
Notre-Dame-du-Rocher
(comm. nouv. d'Athis-Val de Rouvre)
Sainte-Honorine-la-Guillaume La Forêt-Auvray
(comm. nouv. de Putanges-le-Lac)

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous la forme Brael vers 1335[2].

René Lepelley considère ce toponyme issu du bas latin d'origine gauloise brogilu, « petit bois », ayant donné le français breuil[3] (enclos, boisé ou non, où les bêtes étaient parquées). Ernest Nègre envisage quant à lui l'anthroponyme germanique Blidaldus[2]!

Bréel est composé de différents hameaux, contigus et situés dans le bourg (la Rôrie, l'Être aux Môres, l'Être aux Guislains, l'Oullière) ou isolés (le Val Fermé, le Douit de Bréel, la Bagottière, le Souquet, Oëtre). Le nom des hameaux l'Être aux Guislains et l'Être aux Môres sont formés avec les noms des vieilles familles bréeloises Môre et Guislain. Le mot Être est quant à lui un dérivé des mots âtre ou aître qui ici veulent dire « foyer ». Le hameau d'Oëtre se situe à l'extrémité nord du territoire communal de Bréel, à proximité de la fameuse roche d'Oëtre qui, elle, se situe sur la commune de Saint-Philbert-sur-Orne.

Le gentilé de la commune est Bréeloise et Bréelois.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les pittoresques gorges de la Rouvre, entre la Maison du Paysage et la Roche d'Oëtre à Saint-Philbert-sur-Orne.
Le blason des Corday.

Le château des Corday s’élevait jadis à l’emplacement de la ferme sise au lieu-dit la Cour de Bréel, près de l’étang qui existe toujours de nos jours. Un membre de la famille, Guillaume Corday, fut curé de la chapelle qui porte leur nom, pendant plus de cinquante ans, de 1476 à 1527.

Au XVIIIe siècle, Bréel comptait 675 habitants et tirait sa richesse de son sol granitique.

L’exploitation des carrières, sur un magnifique filon de granite, s’est poursuivie jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. De belles pierres taillées, nécessaires à la construction des demeures de Caen et même au-delà, sont parties de Bréel. La chapelle du Blanc Rocher (1855), nichée dans les bois, et la chapelle Saint-Joseph (1895), posée sur une butte face à un grand calvaire de granit, ont été construites par les carriers et sont les témoignages de cet essor.

L'ancien moulin de Bréel (appelé également moulin de Ségrie) abrite aujourd'hui la Maison de la rivière et du paysage.

En 1789, la paroisse dépendait du bailliage secondaire de Tinchebray, lui-même dépendant du grand bailliage du Cotentin.

En 1789 toujours, la paroisse dépendait de la sergenterie dite du Bailliage de Condé, de l'élection de Vire, et de la généralité de Caen. Du point de vue religieux elle relevait du diocèse de Séez.

En 1900, une cave de granite destinée à la production de cidre de Bréel a été présentée à l'exposition universelle de Paris.

Le , Bréel intègre avec sept autres communes la commune d'Athis-Val de Rouvre[4] créée sous le régime juridique des communes nouvelles instauré par la loi no 2010-1563 du 16 décembre 2010 de réforme des collectivités territoriales. Les communes d'Athis-de-l'Orne, Bréel, La Carneille, Notre-Dame-du-Rocher, Ronfeugerai, Ségrie-Fontaine, Taillebois et Les Tourailles deviennent des communes déléguées et Athis-de-l'Orne est le chef-lieu de la commune nouvelle.

Libération de Bréel et de la région alentour en 1944[5][modifier | modifier le code]

Lors de la bataille de Normandie, sur le front ouest de la poche de Falaise, le 15 août, au terme de l’opération Blackwater dont l'objectif était d’établir une tête de pont sur le Noireau, la 43e Wessex Infantry Division du Major-General Ivor Thomas franchit la rivière à Condé-sur-Noireau et libère Berjou le lendemain. Le 16, la 11e Armored Division entre dans Flers. Devant la chute imminente de Falaise, Le generalfeldmarschall Günther von Kluge, chef du Heeresgruppe B, fait un exposé téléphonique de la situation au général Alfred Jodl, chef des opérations à l’Oberkommando der Wehrmacht. Sans attendre l’accord du Fuhrer, von Klüge ordonne un repli immédiat de la 7e Armée et du Panzergruppe Eberbach à l’est de l’Orne, qui sera effectué en deux ou trois mouvements de nuit. À l’est de Flers, la défense repose sur le IIe Fallschim-Korps, avec son poste de commandement près de Sainte-Honorine-la-Chardonne. Les 9e et 10e SS-Panzer-Division se retirent vers Putanges, via Notre-Dame-du-Rocher. Le 17 août, la 11e Armoured Division progresse en deux colonnes composées de blindés et d’infanterie. L’objectif de la première est Putanges, via Athis-de-l’Orne et Notre-Dame-du-Rocher. La seconde, en parallèle et huit kilomètres plus au sud, part de Flers en direction de Briouze. Lors du franchissement de la Rouvre, au lieu-dit Le Pont Huan, le 3e Battalion Monmouthshire Regiment subit 25 pertes, le 2e Fife and Forfar Yeomanry Armoured Regiment perd deux blindés. À deux kilomètres plus au nord, juste après Taillebois, les Allemands, retranchés dans le secteur de Notre-Dame-du-Rocher, harcèlent les hommes de la 8e Rifle Brigade et du 23e Hussars. Le pont sur la Rouvre est détruit et les combats durent toute la nuit. À l’aube, le Royal Engineers a posé un pont, les Allemands se sont repliés. Notre-Dame-du-Rocher est libéré, ainsi que Bréel, alors que sur l’aile gauche, le 43e Reconnaissance Regiment de la 43e Infantry Division est à Ségrie-Fontaine.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Carte de Bréel et des communes alentour.
Liste non exhaustive des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1823 1843 Jacques Durand    
1872 - Jean Delarue    
1900 - Émile Dolbecq    
1965[6] mars 2008 Georges Marie    
mars 2008[7] décembre 2015 Nicole Rogue[8] SE Technicienne de laboratoire
Les données manquantes sont à compléter.

Le conseil municipal était composé de onze membres dont le maire et deux adjoints[8]. Ces conseillers intègrent au complet le conseil municipal d'Athis-Val de Rouvre le jusqu'en 2020 et Nicole Rogue devient maire délégué.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2015, la commune comptait 126 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2007, 2012, 2017, etc. pour Bréel[9]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2]. Bréel a compté jusqu'à 714 habitants en 1800.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
664714683696672705702706673
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
645658579548564515505477453
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
404363324241233225210207205
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2011 2013
203159149141150126135127125
2015 - - - - - - - -
126--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

La menuiserie Concept Bois, anciennement Menuiserie Rogue fondée par Henri Rogue, a été la seule entreprise de Bréel pendant de nombreuses années. Elle est aujourd'hui fermée.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

La chapelle de Corday.
La chapelle Saint-Joseph.
  • Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul (XVIe siècle) dont la chapelle de Corday, formant le transept sud, datant de la fin du XVe siècle est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 19 juillet 1926[12]. Cette chapelle était destinée à la sépulture de la famille seigneuriale des Corday et leur blason y figure sur la croisée d'ogives. Une Vierge à l'Enfant à l'oiseau des environs de 1500 fait l'objet d'un classement à titre d'objet[13]. À l'extérieur, au bas du gable de la chapelle, se trouvent deux bustes sculptés, l'un représentant un vivant et l'autre représentant un mort. Juste au-dessus, on peut lire l'inscription « Telz fusmes coe vo Tel seres coe no » qui veut dire « Nous avons été comme vous, vous serez comme nous ». À l'intérieur de l'église, des nervures courrent le long de la voûte. Les ornements se composent de pendentifs, de culs de lampe, et de statues de saints soutenues par des consoles ornées.
  • Chapelle Saint-Joseph, du XIXe siècle.
  • Chapelle du Blanc-Rocher, du XIXe siècle.

La vallée de la Rouvre[modifier | modifier le code]

Cette petite commune est très préservée en matière de bâti (constructions en granit). Le site de la Maison de la rivière et du paysage est en partie sur le territoire communal. Il est constitué de deux anciens moulins qui ont été réaménagés par les collectivités locales (conseil général de l'Orne, communauté de communes du Bocage d'Athis) et les AAPPMA de l'Orne pour l'accueil du grand public et des scolaires dans le cadre d'expositions et d'animations sur l'eau, la nature, l'environnement : la Maison du paysage (et son café-boutique « nature ») et la Maison de l'eau et de la rivière.

Le site est également équipé d'un parcours pêche-nature accessible au public à mobilité réduite, prolongé par un sentier pittoresque traversant les gorges de la Rouvre et remontant jusqu'au belvédère naturel de la Roche d'Oëtre, à Saint-Philbert-sur-Orne.

Ce secteur de la vallée de la Rouvre dispose d'un label d'espace naturel sensible du département de l'Orne, accueillant de nombreuses espèces animales ou végétales, dont certaines sont protégées aux niveaux national et/ou européen (loutre, moule perlière, écrevisse à pattes blanches, pilulaire commune, saumon, spergule printanière, osmonde royale…).

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Une « faites » des légumes et des jardins (2 à 3 000 participants sur un dimanche) est organisée tous les deux ans, en septembre, autour de la Maison du paysage par l'association gestionnaire du site : le CPIE (Centre permanent d'initiatives pour l'environnement) des collines normandes.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Plaque scellée dans l'église de Bréel, réalisée par Marcel Pierre.
  • Jacques de Caligny (1388-…), seigneur de Bréel ;
  • Guy Barbot (1726-…), seigneur de Bréel ;
  • Léonce Grimaldi (1735-…), seigneur de Bréel ;
  • Marcel Pierre (1897 à Bréel - 1969), artiste statuaire, sculpteur et peintre : l'artiste a réalisé pour son village natal le monument dédié aux Poilus de 14-18. Celui-ci est classé comme le plus original et le plus vivant au niveau national. De plus, dans l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de la commune, est scellée au mur une plaque commémorative réalisée par le sculpteur bréelois, en bas-relief représentant un Poilu gisant orné de feuilles de chêne et d'olivier, ainsi qu'une Croix de guerre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2015.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée »
  2. a et b Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, t. 2 : Formations non romanes ; formations dialectales, Genève, (lire en ligne), p. 834.
  3. René Lepelley, Noms de lieux de Normandie et des îles Anglo-Normandes, Paris, Bonneton, (ISBN 2-86253-247-9), p. 100
  4. « Recueil des actes administratifs du 9 décembre 2015 », sur le site de la préfecture de l'Orne (consulté le 11 juin 2018).
  5. Modèle:Stalingrad en Normandie d’Eddy Florentin, The black Bull de Patrick Delaforce, Fighting the Breakout de David Isby.
  6. « Journal de campagne », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 21 décembre 2014)
  7. « Nicole Rogue, nouveau maire », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 21 décembre 2014)
  8. a et b Réélection 2014 : « Bréel (61100) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 19 mai 2014)
  9. Date du prochain recensement à Bréel, sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 20112012201320142015 .
  12. « Église », notice no PA00110754, base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. « Statue : Vierge à l'Enfant à l'oiseau », notice no PM61000913, base Palissy, ministère français de la Culture.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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