Bouzon-Gellenave

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Bouzon-Gellenave
Bouzon-Gellenave
La motte féodale d’Esparsac
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Gers
Arrondissement Mirande
Intercommunalité Communauté de communes Armagnac Adour
Maire
Mandat
Nicole Duclos
2020-2026
Code postal 32290
Code commune 32063
Démographie
Gentilé Bouzonnais - Bouzonnaise
Population
municipale
184 hab. (2018 en diminution de 4,66 % par rapport à 2013)
Densité 18 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 41′ 19″ nord, 0° 01′ 50″ est
Altitude 150 m
Min. 101 m
Max. 200 m
Superficie 10,29 km2
Élections
Départementales Canton de l'Adour-Gersoise
Législatives Première circonscription
Localisation
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Bouzon-Gellenave

Bouzon-Gellenave (Boson e Gelanava en gascon) est une commune française située dans le département du Gers, en région Occitanie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Bouzon-Gellenave est une commune de Gascogne située dans l'Armagnac entre Aignan et Termes-d'Armagnac. Le village s'étire sur les derniers coteaux qui précèdent la plaine des Landes de Gascogne. Par beau temps, on peut apercevoir la chaîne des Pyrénées.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Bouzon-Gellenave[1]
Sorbets Bétous Sabazan
Fustérouau Bouzon-Gellenave Aignan
Termes-d'Armagnac Pouydraguin

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Bouzon-Gellenave se situe en zone de sismicité 2 (sismicité faible)[2].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le Midour et le Petit Midour, affluents en rive gauche de la Midouze dans le bassin versant de l'Adour, traversent le territoire de la commune.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est une commune formée de quatre paroisses ayant fusionné au XIXe siècle, à savoir Bouzon, Gellenave, Mimort et Saint-Go.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le domaine de Saint-Go, berceau du Bataillon de l'Armagnac fut un haut-lieu de la Résistance. En 1941, Maurice Parisot, haut fonctionnaire révoqué par Vichy en tant que résistant, prend la gérance du domaine agricole de Saint-Go et s’y installe avec toute sa famille ; outre Saint-Go, il gère une dizaine d’autres propriétés dans le Sud-Ouest ce qui lui permet d’obtenir toutes les autorisations nécessaires pour circuler librement.

Esprit lucide, il avait écrit en 1939 à un ami : "Mais qui en France et en Angleterre comprend que les chefs que l’Allemagne s’est donnée sont des bêtes de proie ?". Lorrain d’origine, il est, comme son épouse Jeanne, profondément blessé et choqué par les conditions humiliantes de l’armistice. C’est ainsi qu’il poursuit en 1940 : "tout est consommé, à l’humiliation de la défaite ils ont ajouté l’infamie d’une capitulation qui nous rend parjures et renégats".

Capitaine de réserve d’infanterie il décide, dès son arrivée à Saint-Go, d’utiliser l’expérience acquise à la toute fin de la Première Guerre mondiale pour constituer dans la clandestinité une unité militaire et la mener au combat contre l’occupant : ce sera le Bataillon de l’Armagnac.

Maurice Parisot étudie d’abord son environnement encore largement favorable à Vichy ; il observe, écoute, scrute son entourage. Il prend contact avec des réfugiés lorrains et alsaciens et des militaires opposés au régime de Vichy qui souhaitent continuer la lutte, tel Maurice Moreau. Il prend aussi contact avec les gens du lieu, dont Abel Sempé d’Aignan, futur sénateur du Gers, Jean Laborde, futur député-maire d’Auch, Jean Ducos, maire de Bouzon-Gellenave, etc.

C’est au château de Saint-Go que se prépare et s’organise dès 1942, dans la clandestinité, le Bataillon de l’Armagnac, qui va devenir une grande unité équipée, armée, instruite, prête au combat pour chasser l’occupant. Il y a beaucoup de mouvements, d’allées et venues, de contacts, de rencontres décisives mais l’organisation et la confiance mutuelle permettent de garder le secret. Le Bataillon de l’Armagnac est né à Saint-Go sur « cette colline enchantée », comme l’appellera le sénateur Abel Sempé dans ses mémoires.

Maurice Parisot est en liaison avec le mouvement [[Combat (Résistance)]], l’Organisation de résistance de l'Armée (ORA) et l’Armée Secrète (AS) mais il tient à son indépendance. Affilié au commandement territorial de l’AS, puis aux Forces Françaises de l’Intérieur (FFI), commandées en 1944 à Toulouse par Serge Ravanel, il leur sera toujours parfaitement loyal.

Dès 1943, un parachutage est réalisé par le BCRA sur le domaine de Saint-Go ; les armes sont aussitôt emportées et cachées à proximité dans la chapelle romane du Bouzonnet. En 1944, les parachutages se multiplient grâce au Special Operations Executive (SOE) britannique ; cette organisation est dirigée localement par le colonel George Starr, dit « Hilaire » fondateur du réseau Weelright, qui trouvera refuge auprès du Bataillon de l’Armagnac à Avéron-Bergelle après l’attaque de son PC à Castelnau-sur-l’Auvignon le 21 juin 1944.

Le 6 juin 1944, des camions partent de Saint-Go et rejoignent Panjas où le curé de la paroisse, l’abbé Talès, farouche anti-Nazi, a préparé l’accueil de plus de 500 maquisards venus de toutes parts sous l’autorité du capitaine Parisot. Jeanne son épouse, restée à Saint-Go, passe trois jours émouvants à inscrire des volontaires qui rejoignent ceux qui sont déjà formés. Ils seront plus de 1000 en quelques jours.

Le 3 août, une voiture d’officiers allemands et deux camions pénètrent dans la propriété de Saint-Go en début d’après-midi. Ils mettent le personnel en joue devant un mur, mais n’exécutent personne ; seul un ouvrier en congé ce jour-là sera tué à Termes-d’Armagnac. Josepha, jeune Polonaise courageuse, a juste le temps d’aider Serge Taesch, blessé au combat, à se cacher dans le foin au-dessus de l’écurie. Les Allemands vident la maison, chargent les camions et boivent beaucoup d’armagnac… Ils s’en vont après avoir mis le feu au château et s’être assurés que le bâtiment était totalement détruit. Heureusement, Maurice Parisot était à son PC d’Avéron-Bergelle, Jeanne Parisot à Auch et Françoise, leur fille, chez des amis. À l’annonce de la destruction du château, la réaction spontanée de Maurice Parisot sera seulement de dire : "Cela simplifiera (les choses) pour le prochain déménagement".

Le 6 septembre 1944, après de nombreux engagements toujours victorieux à Estang et Aire-sur-l’Adour par exemple, et après le mémorable combat de L’Isle-Jourdain qui anéantit la colonne des Allemands quittant le Gers, le lieutenant-colonel Parisot est tué près de Toulouse, sur le terrain d’atterrissage de fortune de Francazal, par l’hélice d’un avion en provenance d’Afrique du Nord ; il avait 44 ans.

Des obsèques grandioses sont célébrées dans la cathédrale d’Auch ; après les remises de décorations et le défilé de troupes devant la mairie, le convoi funèbre rejoint le cimetière de Saint-Go où le lieutenant-colonel Parisot est inhumé.

Le lieutenant-colonel Monnet, son adjoint, lui succède à la tête du Bataillon devenu demi-brigade de l’Armagnac, puis Régiment Parisot ; il continuera le combat sur le front de l’Atlantique.

" … par le serment d’une cinquantaine d’hommes et de femmes venus de partout, Saint-Go fût le cœur, l’âme, le fer des audaces qui font les héros. Il n’est pas une ferme autour de cette colline enchantée qui ne connût autre chose que l’amour du combat et la foi en la Résistance". (Abel Sempé, "La colline enchantée" in Au service de l’économie et de la liberté en Gascogne, 1980.)

Un Espace Parisot a été inauguré par la Coopérative de Plaimonnt, actuelle propriétaire du domaine viticole, dans l’ancienne métairie, appelée Lartigolle. Celle-ci avait abrité en 1936-1937 de jeunes juifs en provenance d’Allemagne et d’Europe centrale qui fuyaient le nazisme et se préparaient à émigrer en Palestine. "L’esprit de résistance" régnait déjà à Saint-Go.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
? 1941
(révoqué)
Jean Ducos ? Révoqué par le Gouvernement de Vichy[3]
2001 2014 Nicole Duclos[4] SE  
2014 9 mai 2016
(décès)
Jean-Pierre Tison DVD Retraité de l'enseignement
2016 En cours Nicole Duclos SE  
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[6].

En 2018, la commune comptait 184 habitants[Note 1], en diminution de 4,66 % par rapport à 2013 (Gers : +0,82 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1841 1846 1851 1856
151146172222588562539538524
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
523516504471518505546511457
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
422341301306285263246236213
1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015 2018
190175181176167181192192184
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Fête : 1er dimanche de juillet[9].

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le grand tumulus à Saint-Go.
  • L'église Saint-Martin de Bouzon, de style roman et datant du XIIe siècle. Elle a été très remaniée. Son chevet circulaire est éclairé par trois fenêtres primitives en plein cintre et très étroites. Sa voûte en cul-de-four a été refaite au XIXe siècle.
  • Église Saint-Fris de Saint-Go.
  • L'église Saint-Pierre de Gellenave, de style roman. Elle est située près du Midour, sur un verdoyant coteau. Elle possède un chrisme et abrite un mobilier classique.

La chapelle de Bouzonnet

Elle a été sauvée récemment des ruines. C'est une merveilleuse petite église de campagne du XIIe siècle. Elle est construite en grand appareil de pierre. Son chevet est semi-circulaire. Il est éclairé par une fenêtre axiale avec archivolte à damiers reposant sur des modillons sculptés. À l'intérieur, l'abside a conservé sa voûte en cul-de-four de pierre. La chapelle est inscrite à l'inventaire des monuments historiques depuis 1975[10].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Carte IGN sous Géoportail
  2. Plan séisme
  3. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9619550z/f9.item.r=canton.zoom
  4. Site de la préfecture - fiche de Bouzon-Gellenave
  5. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  9. Michel de La Torre, Gers : Le guide complet de ses 462 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », (ISBN 2-7399-5032-2, notice BnF no FRBNF35576310)
  10. « Ancienne chapelle du Bouzonnet », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 1er juillet 2020)