Francis Bout de l'An

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Bout de l’An)
Aller à : navigation, rechercher
Francis Bout de l'An
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Autres informations
Membre de

Francis Bout de l’An, né en 1910 et décédé le est un collaborationniste français, surtout connu pour avoir été responsable du service de propagande et d'information, puis secrétaire général, de la Milice française pendant l'Occupation.

Biographie[modifier | modifier le code]

Professeur d'histoire et de géographie, il est d’abord militant à gauche et proche du Parti communiste français. Il devient en 1932 vice-président de la Ligue d’action universitaire républicaine et socialiste (LAURS). Déçu par un voyage en URSS, il rompt avec le communisme et se rapproche du fascisme.

Nommé professeur à Téhéran, puis à Damas, il revient en France pour participer à la campagne de 1940. Démobilisé, il retourne en Syrie pour y assumer les fonctions de vice-président de la Légion française des combattants. Revenant une nouvelle fois en Métropole, il intègre la Milice et en devient, au début de 1944, le secrétaire général, ce qui fait de lui le principal adjoint de Joseph Darnand.

La prise en otage de sa femme Simone le 6 juin 1944 lors de la Libération de Saint-Amand-Montrond (Cher, en zone libre) par les troupes du maquis Surcouf / Combat, le décide à faire reprendre la ville à l’aide de miliciens et de troupes allemandes, le 8 juin 1944. Un bain de sang et de destructions s’abat alors sur la ville : prises d’otages, exécutions, assassinats, incendies. Malgré la libération de sa femme, de ses enfants et de sa mère, la grand-mère et les enfants seront libérés en 24 heures. Par contre, les 13 jeunes Francs-Gardes qui la gardaient et qui s'étaient rendus sans se défendre seront étranglés avec des bretelles de parachutes lors du repli du maquis.

Le mois de juillet voit s’enchaîner rafles et exécutions sordides des juifs cachés dans cette discrète petite ville ; 36 personnes : hommes, femmes, enfants, vieillards seront massacrés dans les puits de Guerry, la Milice ne jouant aucun rôle dans cette affaire dont les coupables furent la Gestapo de Bourges et ses supplétifs[1]. Le calme ne revient à Saint-Amand qu’après la fuite de Bout-de-l’An[2].

Il continue sa route vers Sigmaringen, puis l’Italie où il rejoint Pierre Laval et Abel Bonnard à Bolzano. À la fin de la guerre, il dirige encore une troupe formée d’une poignée de miliciens dans le nord de l’Italie.

Il est condamné à mort par contumace mais échappe aux recherches. Il décède à Bolzano (Tyrol du Sud) le 7 septembre 1977, âgé de 67 ans.

Onomastique[modifier | modifier le code]

Son nom de famille[3] inhabituel vient du fait que son grand-père fut nommé Pierre Bout de l’An pour avoir été recueilli, enfant abandonné, un 29 décembre 1850.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Figuéras, La libération de Madame Bout de l'An, Lectures Françaises, octobre 1992.
  2. La ville est libérée le 13 septembre 1944
  3. Répartition par départements (France, 1891-1990) du patronyme « Bout de l An » fournie par l’Insee et présentée par le site Géopatronyme.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Philippe Randa, Dictionnaire commenté de la collaboration française, Jean Picollec, 1997
  • Jacqueline Humber-Buisson / Luc Martin, Un été meurtrier, 2004
  • Tzvetan Todorov, une tragédie française. Éditions du Seuil, 1994