Boussole électorale

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Boussole électorale
Image illustrative de l'article Boussole électorale

Région Drapeau du Canada Canada
Création 2010
Type Organisme sans but lucratif
Fondateur Clifton van der Linden
Personnes clés Yannick Dufresne
Gregory Eady
Jennifer Hove
Clifton van der Linden
Site web www.boussoleelectorale.com

La boussole électorale est un outil d'éducation politique interactif qui permet aux utilisateurs d'explorer leurs positions dans le paysage politique lors d'une élection donnée. La Boussole électorale est conçue afin de fournir aux utilisateurs une évaluation personnalisée, facile à comprendre et à comparer. Les opinions d'un individu sur un ensemble d'enjeux politiques sont agrégés et illustrés dans un espace idéologique bidimensionnel qui comprend aussi la position des différents partis politiques.

La Boussole électorale est également le nom légal d'un organisme canadien sans but lucratif qui est responsable de développer et gérer l'outil du même nom.

L'outil de la Boussole électorale a été pour la première fois lancée lors des élections fédérales canadiennes de 2011. La Société Radio-Canada a parrainé et fait la promotion du projet lors de la campagne électorale. Durant la première semaine en fonction, l'outil de la Boussole électorale a attiré plus d'un million de répondants. À la fin des élections, près de deux millions de répondants l'avaient utilisée. Depuis, différentes versions de la Boussole électorale, toutes commandées la Société Radio-Canada, ont également été lancées lors de l'élection générale ontarienne de 2011, de l'élection générale albertaine de 2012, de l'élection générale québécoise de 2012 et de l'élection générale britanno-colombienne de 2013. En 2012, une version de la Boussole électorale en vue des l'élection présidentielle américaine a été lancée en collaboration avec The Wall Street Journal. Une Boussole électorale sera lancée prochainement en Australie en collaboration avec le diffuseur public Australian Broadcasting Corporation (ABC).

Historique[modifier | modifier le code]

La Boussole électorale fut fondée par Clifton van der Linden, un doctorant de l'Université de Toronto en science politique qui en est aussi le directeur exécutif. La conception de l'outil et les opérations de l'organisme sont assurées par Yannick Dufresne, Gregory Eady, Jennifer Hove et Clifton van der Linden. Les versions canadiennes de la Boussole électorale ont été supervisés par un comité conseil formé de plusieurs chercheurs universitaires émérites en science politique canadienne dont André Blais (Université de Montréal), Elisabeth Gidengil (Université McGill), Richard Johnston (Université de la Colombie-Britannique) et Neil Nevitte (Université de Toronto). Le comité directeur de la Boussole électorale développée pour les élections québécoises de 2012 était composé de François Gélineau, François Pétry et Éric Montigny de l'Université Laval, ainsi que de Patrick Fournier de l'Université de Montréal et Allison Harell de l'Université du Québec à Montréal.

Versions de l'outil[modifier | modifier le code]

Élections fédérales canadiennes de 2011[modifier | modifier le code]

La première version de l'outil de la Boussole électorale a été lancée le 26 mai 2011, soit la journée de l'annonce du début de la campagne électorale fédérale canadienne.

Les utilisateurs devaient répondre à 30 questions en utilisant des échelles Likert de 1 à 5. Les résultats apparaissaient dans un diagramme bidimensionnel indiquant la position du répondant par rapport aux position des différents partis politiques. Les deux dimensions sont définies comme suit: "gauche économique" versus "droite économique" et "conservatisme social" versus "libéralisme social". La position du répondant était incluse dans une ellipse calculée à partir de l'écart-type des réponses obtenues, et illustrait ainsi l'incertitude entourant la position de l'utilisateur qui dépend nécessairement de la concordance des réponses avec les dimensions idéologiques représentées par les deux dimensions. L'utilisateur pouvait également raffiner ses positions en accordant plus ou moins d'importance à certains des enjeux politiques.

Il était aussi demandé aux utilisateurs d'indiquer le niveau de confiance qu'ils accordaient aux différents chefs de partis politiques, ainsi que d'évaluer la compétence et de l'aptitude de ces mêmes chefs (à l'aide d'échelles de mesure de 1 à 10). Malgré le fait que ces réponses n'influençaient pas le calcul du positionnement de l'utilisateur dans l'espace bidimensionnel, le sommaire des notes accordées aux chefs étaient représentée sous forme de graphique dans la section "Votre choix de Premier ministre" de l'outil.

Toutes les recherches effectuées pour calibrer la position des partis politiques sont publiques et accessibles dans les sections informatives de l'outil. Les utilisateurs étaient capables de consulter les réponses de chaque parti, la source de ces réponses, ainsi que les citations des plateformes électorales justifiant celles-ci.

Élections provinciales ontariennes 2011[modifier | modifier le code]

Une nouvelle version de la Boussole électorale ontarienne a été développée et lancée le 19 septembre 2011 en vue des élections générales ontariennes de 2011. La nouvelle version était similaire à sa précédente, mais incluait de nouvelles fonctionnalités.

En plus de son interface améliorée, la fonctionnalité la plus remarquable était le tableau de bord qui offrait des mesures de proximité additionnelles entre l'utilisateur et les partis politiques. L'utilisateur pouvait d'ailleurs raffiner davantage ses résultats; il était ainsi possible d'indiquer l'importance accordée à chacun des trente enjeux discutés.

Comme dans la version créée pour les élections fédérales de 2011, la recherche et la méthodologie ayant mené au calibrage de l'outil étaient publiques et disponibles dans les sections informatives de l'outil[1].

Élections provinciales albertaines 2012[modifier | modifier le code]

Élections provinciales québécoises 2012[modifier | modifier le code]

Élection présidentielle américaine 2012[modifier | modifier le code]

Élections provinciales britanno-colombiennes 2013[modifier | modifier le code]

Élections fédérales australiennes 2013[modifier | modifier le code]

Critiques[modifier | modifier le code]

Des allégations d'un possible biais en faveur du Parti libéral du Canada ont été avancées à propos de la Boussole électorale durant la campagne électorale fédérale 2011. La première accusation provenait de Kathy Brock, professeure associée en science politique à l'Université Queen's. Kathy Brock notait qu'un utilisateur qui fournissait des réponses identiques et extrêmes à toutes les questions de la Boussole électorale (en sélectionnant "Fortement en accord" ou encore "Fortement en désaccord" à toutes les questions) serait, dans les deux cas, positionné plus près du Parti libéral dans l'espace bidimensionnel[2],[3] .

La Boussole électorale a réfuté ces accusations de biais en rappelant que les questions sélectionnées pour l'outil avaient été spécifiquement formulées afin d'éviter ce type d'accusation et que les résultats décrits par Kathy Brock pouvaient seulement être obtenus en testant aléatoirement l'outil ou en répondant malhonnêtement aux questions posées[4]. La Boussole électorale a également diffusé les résultats d'analyse des élections fédérales[5], lesquelles ont contribué à contrer d'autres critiques[6]. Les accusations de biais libéral ont largement été alimentées par Sun Media afin de renforcer sa position anti-CBC/SRC lors du lancement de Sun News Network, leur nouvelle chaîne de télévision anglophone[7],[8],[9],[10].

Parmi les autres critiques à propos de la Boussole électorale, l'une de celle-ci portait sur la construction de ses questions et plus spécifiquement sur le fait qu'elles ne respectaient pas les normes de conception d'un sondage fondé sur un échantillon aléatoire[11]. La Boussole Électorale a répondu à cette critique directement en répondant que "Les questions de la Boussole électorale n'ont pas été formulées selon les critères méthodologiques conventionnels utilisées pour les sondage d'opinion publique puisque la Boussole électorale n'est pas un sondage et qu'elle ne prétendait pas en être un. Les questions ont été formulées afin de permettre la différenciation entre les positions des partis politiques quant aux différentes valeurs politiques et qu'il était donc nécessaire que ces questions soient développées en fonction des discours électoraux actuels"[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « The Vote Compass Algorithm », Vote Compass,‎ 2011-09-19 (consulté le 2011-12-22)
  2. Samantha Butler, « CBC's voter quiz tool flawed, prof says », The Toronto Sun,‎ 2011-03-29 (lire en ligne)
  3. Kathryn Blaze Carlson, « CBC’s Vote Compass accused of bias », The National Post,‎ 2011-03-31 (lire en ligne)
  4. Kirk LaPointe, « Review: Vote Compass survey during federal election campaign », CBC Office of the Ombudsman,‎ 2011-06-21 (consulté le 2011-09-25)
  5. « Résultats des répondants à la Boussole électorale pour les élections fédérales canadiennes de 2011 », Boussole électorale,‎ 2011-12-04 (consulté le 2012-01-02)
  6. Michael Bolen, « Vote Compass: See The Story Of The 2011 Canadian Election In Two Minutes », Huffington Post Canada,‎ 2011-12-14 (lire en ligne)
  7. Simon Houpt, « Sun burns CBC in bid to hype tabloid TV », The Globe and Mail,‎ 2011-04-04 (lire en ligne)
  8. Nicholas Köhler, « Confused? You may be Liberal. », Maclean's,‎ 2011-04-07 (lire en ligne)
  9. John Michael McGrath, « Is the CBC's Vote Compass skewing left-wing? (Or, Internet survey produces dodgy results. The Sun is there.) », Toronto Life,‎ 2011-04-07 (lire en ligne)
  10. Andrew Potter, « Sun family values », Maclean's,‎ 2011-04-06 (lire en ligne)
  11. « CBC's Vote Compass is miscalibrated. Have you noticed? babblers have. », rabble.ca,‎ 2011-03-28 (lire en ligne)
  12. Clifton van der Linden, « Vote Turnout: Thinking Outside the (Ballot) Box », The Mark News,‎ 2011-12-14 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]