Bourrage d'urnes

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Le bourrage de l’urne consiste à introduire des bulletins de vote supplémentaires dans l’urne. Ces bulletins de vote supplémentaires sont favorables à une liste ou à une candidature.

Les pratiques[modifier | modifier le code]

Première méthode[modifier | modifier le code]

Un membre truqueur du bureau de vote profite de l’absence des membres trompés – qui, en général, sont du camp politique adverse – pour glisser un ou plusieurs bulletins de vote supplémentaires dans l’urne.

Seconde méthode[modifier | modifier le code]

Un électeur complice du membre truqueur glisse deux enveloppes au lieu d’une au moment du vote.

Troisième méthode[modifier | modifier le code]

Lors de l’ouverture de l’urne après la clôture du scrutin, les membres du bureau de vote regroupent les bulletins de vote par centaines. Chacun étant soucieux de son comptage, personne ne fait attention à ce qui se passe autour.

Un membre truqueur, qui généralement ne dit rien ou prétexte un manque de place sur la table, prend un petit paquet d’enveloppes pour le mettre de côté mais sans s’éloigner pour ne pas éveiller de soupçons. Profitant de l’inattention générale, le membre truqueur ajoute en toute discrétion un ou plusieurs bulletins de vote, préparés à l’avance.

La régularisation[modifier | modifier le code]

Le bourrage de l’urne a pour conséquence première que les émargements des électeurs sont inexacts. La mission première du membre truqueur est donc que le nombre de bulletins de vote soit égal au nombre de signatures.

Le membre truqueur doit être au fait de deux choses :

  • Au premier tour, il ne pourra signer qu’à la place de personnes dont il connait l’absence certaine pour les deux tours. Le Code électoral permet à un électeur de signer par ses simples initiales,
  • Au second tour, peu importe qu’il connaisse l’électeur ou pas, il pourra signer à la place de l’électeur qui a voté au premier tour et s’est abstenu au second tour. Pour cela, il lui suffit simplement d’imiter la signature de l’électeur qui a voté au premier tour.


Première méthode[modifier | modifier le code]

Le membre truqueur profite de l’absence – pause toilettes, heures de repas, pause cigarettes, etc. - ou de l’inattention des membres trompés pour ajouter des signatures sur le cahier d’émargements. Cette opération se fait généralement quelques heures avant la fin du scrutin et pendant une période d’affluence. La période d’affluence permet d’être plus tranquille pour le membre truqueur.

En effet, le bureau de vote fermant à 20 heures verra peu de monde de 19 heures à 20 heures par exemple. Le fait d’effectuer cette opération vers la fin du scrutin permet d'identifier les cases vierges correspondant aux abstentionnistes et de signer à leur place. Il lui faut être sûr que l’électeur qu’il aura « fait voter » ne viendra pas ensuite.

Seconde méthode[modifier | modifier le code]

Cette méthode est employée pour le second tour d’une élection. Elle consiste à apposer des signatures à l’avance sur le cahier d’émargement de gens dont on connait l’absence. Les cahiers d’émargements ne sont jamais vérifiés par les membres du bureau de vote avant le scrutin.

Pour garder l’équilibre BULLETIN DE VOTE = ÉMARGEMENTS, lorsqu’un électeur se présente pour voter, le membre truqueur repère rapidement si cet électeur s’est présenté lors du premier tour. Si ce n’est pas le cas, le membre truqueur le fait signer sur la case du premier tour.

Aucun électeur lambda ne vérifie où il signe.

Troisième méthode[modifier | modifier le code]

Le membre truqueur se charge, à la clôture du scrutin, de compter lui-même les émargements et d’ajouter discrètement les signatures qui lui manquent.

Parallèlement, les membres trompés comptent les bulletins de vote. À la fin du comptage, les membres qui comptent les enveloppes demandent si cela correspond au nombre d’émargements. Le membre truqueur répond que OUI et personne ne pense à vérifier.

Si le membre truqueur n’a pas fini d’ajouter les signatures dont il a besoin, il répond que cela ne correspond pas au nombre d’enveloppes et les membres du bureau s’empressent de recompter les bulletins de vote, laissant ainsi un temps supplémentaire au membre truqueur pour ajouter des signatures.

Le membre truqueur peut tranquillement ajouter ensuite les signatures manquantes.

La prévention[modifier | modifier le code]

La première des préventions est que chaque bureau de vote soit constitué d’assesseurs de plusieurs camps politiques, de délégués de candidats ou de liste. La présence de nombreuses personnes d’horizons variés est le gage d’un scrutin surveillé et contrôlé qui respecte le choix des électeurs.

Première prévention[modifier | modifier le code]

Les membres du bureau de vote doivent s’assurer que le cahier d’émargements ne contient aucune signature lors du premier tour et aucune signature dans la case « Second tour » pour le deuxième tour.

Seconde prévention[modifier | modifier le code]

Les signatures du second tour sur le cahier d’émargement doivent être effectuées dans une couleur différente de celles du premier tour. Par exemple, les signatures se feront en NOIR lors du premier tour et en VERT lors du second tour.

Les membres du bureau de vote doivent s’assurer que ne figurent sur la table de l’assesseur qui fait signer le cahier d’émargement qu’un stylo qui correspond à la couleur choisie pour faire signer les électeurs.

Troisième prévention[modifier | modifier le code]

Le cahier d’émargement ne doit être ouvert par l’assesseur chargé de faire signer les électeurs qu’au moment ou l’électeur se présente à la table de vote et que son nom est énoncé pour vérification.

Quatrième prévention[modifier | modifier le code]

À la clôture du scrutin, l’ouverture de l’urne ne doit se faire qu’après que les membres du bureau de vote aient procédé collectivement au comptage des émargements.

Cinquième prévention[modifier | modifier le code]

Chaque urne dispose d’un compteur. Les membres du bureau de vote doivent s’assurer, à l’ouverture du scrutin, que ce compteur affiche le nombre 0000.

Si vous devez vous absenter, le membre truqueur n’hésitera pas à introduire des bulletins de vote dans l’urne à votre insu. Pour vérifier cela, avant de quitter le bureau de vote pour une absence, enregistrer mentalement le numéro du compteur de l’urne.

Gardez en mémoire qu’il faut à peu près entre 30 secondes et 1 minute 30 à un électeur pour voter. Soit en moyenne 1 minute. Si vous êtes absent durant 5 minutes, votre compteur ne peut avoir qu’augmenté d’environ 5 votes.

Si vous faites une pause cigarette par exemple, faites-la devant l’entrée du bureau de vote. Pendant cette courte pause, comptez mentalement le nombre d’adultes qui entrent dans le bureau de vote. À votre retour dans le bureau, regardez le compteur de l’urne. Il ne peut avoir qu’augmenté au maximum du nombre d’adultes qui sont entrés dans le bureau de vote.

Sixième et dernière prévention[modifier | modifier le code]

Les enveloppes bleues doivent être surveillées. Tout d’abord, les membres du bureau de vote doivent vérifier que le nombre d’enveloppes = nombre d’inscrits sur la liste d’émargements.

Les enveloppes sont, en général, regroupées par 100. Lorsque le compteur de l’urne approche le chiffre cent, assurez-vous qu’il s’agit bien d’un paquet de 100 qui est donné à la table de décharge. Et ainsi de suite à l’approche de chaque centaine.

Par exemple, si la table de décharge demande une centaine alors que le compteur de l’urne est à 280, cela veut dire qu’il manque 20 enveloppes par rapport au nombre de votants.

Dans ce cas, regardez dans les isoloirs que des enveloppes bleues ne soit pas laissées et regarder les poubelles des isoloirs pour vérifier que des enveloppes n’ont pas été jetées. S’il n’y a pas d’enveloppes dans les isoloirs et dans les poubelles, c’est qu’elles ont réellement disparu. Alors exigez de la table de décharge que chaque électeur ne prenne qu’une enveloppe bleue.

Et, surtout, à partir du moment où vous avez constaté cette anomalie, soyez très prudent sur la suite du scrutin.

Lorsque l’électeur arrive à la table de vote, regardez son bulletin de vote afin de vérifier qu’il n’a dans les mains qu’une seule enveloppe.

Explications sur l’utilisation des enveloppes bleues pour le truquage du vote

Aucun bureau de vote n’a 100 % de participation, si ce n'est peut-être dans les petits villages. Par exemple, pour un bureau de vote comprenant 1 000 électeurs inscrits, si on considère une participation de 90 % - ce qui est rare -, cela veut dire que 100 électeurs inscrits se sont abstenus (n'ont pas voté), donc que 100 enveloppes sont disponibles pour les membres truqueurs.