Boulton Paul Defiant

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Boulton Paul Defiant
Vue de l'avion.
Vue de l'avion.

Constructeur Drapeau : Royaume-Uni Boulton Paul Aircraft Ltd (en)
Rôle Avion de chasse
Statut Retiré du service
Premier vol
Mise en service Décembre 1939
Date de retrait 1942
Nombre construits 1 075
Équipage
1 pilote, 1 tireur
Motorisation
Moteur Rolls-Royce Merlin III
Nombre 1
Type Moteur en ligne refroidi par eau
Puissance unitaire 1 030 ch
Dimensions
Envergure 11,99 m
Longueur 10,77 m
Hauteur 3,70 m
Surface alaire 23 m2
Masses
À vide 2 755 kg
Maximale 3 785 kg
Performances
Vitesse maximale 487 km/h
Plafond 9 250 m
Rayon d'action 748 km
Armement
Interne 4 mitrailleuses de 7,7 mm en tourelle
Avionique
Radar AI Mk.4 ou Mk.6

Le Boulton Paul Defiant était un avion militaire britannique construit par Boulton Paul Aircraft Ltd (en) dans son usine de Wolverhampton. Il a servi comme chasseur lourd et chasseur nocturne dans la Royal Air Force au début de la Seconde Guerre mondiale.

Conception[modifier | modifier le code]

Issu de spécifications du British Air Staff de 1935, c'était un chasseur monomoteur biplace à ailes basses. Son armement était concentré dans une tourelle servo-motorisée armée de 4 mitrailleuses Browning de 0,303 pouces (7,7 mm). Cette tourelle, conçue en France par Antoine de Boysson à la Société d'Applications des Machines Motrices (SAMM), était produite sous licence au Royaume-Uni par Boulton-Paul et équipait la plupart des bombardiers britanniques de l'époque, elle leur permettait de se défendre efficacement contre les attaques des chasseurs ennemis. Le Defiant était donc quasiment conçu par Boulton-Paul autour de sa tourelle, dans un but offensif et non plus défensif. Il était destiné à s'en prendre aux bombardiers ennemis en les attaquant par en dessous, partie supposée la moins défendue. Ce type d'attaque était surnommé Schräge Musik par la Luftwaffe.

Ce concept, brillant en théorie s'avéra désastreux dans la pratique face aux escortes de chasseurs accompagnant les bombardiers, contre lesquels le Defiant, dépourvu d'armement tirant vers l'avant, n'avait que très peu de moyens de défense. Et cela d'autant plus qu'il utilisait le même moteur que le Hurricane, alors qu'étant plus lourd avec son deuxième homme d'équipage, il était par conséquent moins rapide que ce dernier.

Engagements[modifier | modifier le code]

Dans un premier temps, quelques succès locaux furent obtenus, lorsque des Messerschmitt Bf 109 confondaient les Defiant avec des Hawker Hurricane et les attaquaient par-derrière en plongeant, sachant que ces avions ne possédaient pas de tourelles arrière. Cette méprise s'avéra funeste pour eux, comme cela arriva au Squadron n° 264 au-dessus de Dunkerque le . Quand cette erreur de tactique fut corrigée, les victoires du Defiant cessèrent et les pertes s'accumulèrent.

Le même phénomène se reproduisit durant la bataille d'Angleterre. Le , neuf Defiant du Squadron n° 141 patrouillant au large de Folkestone furent surpris par des Messerschmitt Bf 109. En quelques minutes de combat inégal, cinq Defiant furent abattus (quatre pilotes et cinq mitrailleurs tués) et un sixième gravement endommagé. Seule l'arrivée des Hurricane du Squadron n° 111 sauva le Squadron n° 141 de l'anéantissement total. Après cet épisode tragique, qui devint célébre au sein du Fighter Command comme "le massacre des Innocents"[1], l'inefficacité du concept fut enfin officiellement reconnue. Le Defiant fut retiré des combats de jour et transformé en chasseur de nuit. Toutefois même dans ce rôle il ne fut pas un grand succès, son manque de puissance étant un handicap pour embarquer les premiers radars, primitifs et volumineux. Dès le printemps 1941 les Defiant commencèrent à être remplacés dans les unités de chasse de nuit par des Bristol Beaufighter, puissant bimoteur avec un radar dans le nez, ou des Mosquito. La carrière du Defiant dans la chasse de nuit s'acheva en mai 1942. L'avion fut ensuite relégué à des tâches secondaires, telles que le remorquage de cibles, ou le sauvetage en mer où sa grande endurance fut très appréciée. La dernière unité à le faire voler fut le Squadron 733 de la Fleet Air Arm à Ceylan jusqu'en octobre 1946.

Variantes[modifier | modifier le code]

  • Defiant Mk I : Chasseur biplace doté d'une tourelle construit à 723 exemplaires.
  • Defiant NF I : Defiant Mk I convertis en chasseur de nuit.
  • Defiant NF IA : Defiant Mk I dotés d'un radar d'interception.
  • Defiant Mk II : Chasseur de nuit équipé d'un moteur Rolls-Royce Merlin XX de 1 280 ch, de dérive agrandie et d'un radar d'interception Mk.4.
  • Defiant TT Mk I : Version destinée à tracter des cibles, plusieurs exemplaires furent convertis.
  • Defiant TT Mk III : Version destinée à tracter des cibles, 140 exemplaires furent construits.

Autres caractéristiques[modifier | modifier le code]

Survivants[modifier | modifier le code]

Defiant N1671 au RAF Museum (2013).

L'unique appareil complet survivant est un Defiant NF.I, immatriculé "N1671", exposé au Royal Air Force Museum de Hendon près de Londres[2],[3].

C'est l'un des 4 boulton Paul Defiant livrés le 17 septembre 1940 au No. 307 Polish Night Fighter Squadron de la base RAF Kirton in Lindsey (Lincolnshire, Angleterre. Il fut ensuite versé au No. 153 Squadron à la fin du mois d'octobre 1941, puis au No. 285 Squadron en 1942. En 1954, il fut déclaré stocké comme pièce de musée et exposé au RAF Museum à partir de 1971.

Cet appareil fut acheminé le 20 mai 2009 à l'aéroport de Roschester pour restauration par la Medway Aircraft Preservation Society (MAPS)[4]. Il retourna au musée de Hendon, le 6 décembre 2012[5].

Il existe néanmoins deux autres Defiant Mk.I partiellement en état, les N1766 et N3378[6].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Les éditions Impéria ont publié jusqu'à leur faillite en 1986 de nombreuses bandes dessinées de guerre en petit format (13 x 18 cm) en noir et blanc. Une de ces publications avait pour héros Battler Britton (en français : le Britannique Battant), un as (fictif) de la Royal Air Force. C'était l'adaptation française du Battler Britton publié au Royaume-Uni par Thriller Comics. La publication a duré 471 numéros entre juillet 1958 et juin 1986[7]. Le numéro 191 (dépôt légal : juillet 1967) comporte une histoire complète (56 planches) intitulée "Les Defiants", dans laquelle le héros se voit confier par l'état-major le commandement d'un Squadron de Defiants dont le personnel est démoralisé par les lourdes pertes subies de jour, et il les re-motive pour s'adapter à la chasse de nuit. A la fin de l'histoire, le premier Bristol Beaufighter plus moderne et puissant arrive pour remplacer les Defiant obsolètes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Mitch Peeke, 1940: The Battles to Stop Hitler, Pen and Sword, , 191 p., p. 75.
  2. Bowyer 1970, p. 270.
  3. "Boulton Paul Defiant 1." Royal Air Force Museum. Date : 12 janvier 2008.
  4. "Rare WWII fighter plane to land for restoration." Kent News, 18 April 2009. Retrieved: 22 May 2009.
  5. Aviation News March 2013 p. 19
  6. Simpson, Andrew. "Boulton Paul Defiant I N1671/837OM: museum accession no. 74/A/16." Royal Air Force Museum. Date : 12 janvier 2008.
  7. « Battler Britton » (consulté le 29 mai 2017).
  • Enzo Angelucci et Paolo Matricardi, Multiguide aviation – Les avions 3/ La seconde guerre mondiale : France, Allemagne, Angleterre, etc., Elsevier Sequoia, , 320 p. (ISBN 2-8003-0387-5), p. 65

Avions comparables[modifier | modifier le code]

L'équivalent naval du Defiant, dans la Fleet Air Arm, était le Blackburn B-25 Roc, qui était fabriqué dans la même usine et armé de la même tourelle. Comme le Defiant, le Roc eut une carrière très limitée en raison de sa lenteur et de la difficulté de combattre avec une tourelle orientable. Il fut rapidement remplacé dans le rôle de chasseur embarqué par des appareils de conception plus classique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]