Boulghour

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Bulgur.

Le boulghour, appelé aussi boulgour, borghol, bourghol ou burghul, est un sous-produit du blé dur débarrassé du son qui l'enveloppe, précuit à la vapeur, séché et enfin concassé.

Etymologie[modifier | modifier le code]

Si l'origine du produit est typiquement moyen-orientale, l'étymologie du nom, elle, n'est pas connue avec certitude[1]. Le produit est ancien, attesté depuis le 14ème siècle[2] et s'est répandu avec l'expansion de l'empire ottoman. Il est donc nommé bulgur en turc, برغل en arabe, بلغور en persan, булгур en bulgare, Բլղուր en arménien... Des auteurs ont proposé une origine perse, turque[3], kurde[2], voire mongole (bulgharqai signifiant brisé, tombé)[1] du mot boulghour.

Origine[modifier | modifier le code]

Le boulghour est très utilisé dans la cuisine des pays du Moyen-Orient, notamment dans la cuisine syrienne et libanaise (taboulé, kebbeh, mjadra au bourghol…), mais aussi en Irak, presque comme plat principal, en Arménie, en Grèce et en Turquie. Il existe également en Tunisie et en Algérie un plat appelé borghol, qui se présente sous forme de soupe rouge à la tomate, dans lequel le boulghour est mélangé avec des pois chiches, de l'harissa et de l'ail, des fèves, le tout étant assaisonné de cumin et d'huile d'olive.

Le boulghour est un des ingrédients principaux du kishk, un mélange de boulghour et de yoghourt fermenté pendant une semaine, puis séché au soleil.

Fabrication[modifier | modifier le code]

Fabrication du boulghour dans un village du centre de la Turquie.

De l'eau est mélangée à du blé dur (celui-ci peut être de différents types, notamment de couleur rouge ou blonde) disposé dans un vaste récipient, généralement un baril ouvert d'un seul côté. Le tout est placé au feu jusqu'à ce que les grains soient cuits. Ceux-ci sont ensuite séchés par l'action du soleil, souvent sur un toit de maison. Après une semaine ou deux, les grains du blé sont ramassés puis concassés.

Pour éviter le rancissement, le boulghour devrait être conservé au frais et une fois réhydraté, il ne se garde pas plus qu'un produit frais[4].

Utilisation[modifier | modifier le code]

D'une granulométrie fine ou grossière, brun ou blanc, le boulghour est cuisiné par cuisson et/ou réhydratation. Il se cuit comme le riz, dans deux fois son volume d’eau jusqu’à absorption et évaporation complètes[4].

Il est généralement possible de remplacer le riz par le boulghour dans les plats à base de riz.

Aspects nutritionnels[modifier | modifier le code]

Le boulghour a les mêmes valeurs alimentaires que la semoule (autre sous-produit du blé dur). Son intérêt principal réside dans sa richesse en glucide à index glycémique bas et sa teneur en éléments minéraux.

Valeurs moyennes pour 100 g de boulghour cuit[4].

Fibres Lipides Protéines Ac. folique Niacine Fer Potassium Phosphore Magnésium Zinc
2,8 g 0,8 g 3,1 g 18 µg 1 mg 1 mg 68 mg 40 mg 32 mg 0,6 mg

Ses fibres insolubles régulent la glycémie et le taux de cholestérol et facilitent le transit intestinal. La bétaïne a un effet anti-inflammatoire. Son indice glycémique est moyen : 55[4]. L'énergie donnée pour 100 grammes est d'environ 1 400 kJ (kilojoules).

Sources[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Priscilla Mary Işın, Bountiful Empire: A History of Ottoman Cuisine, Reaktion Books, (ISBN 9781780239040, lire en ligne)
  2. a et b (en) Charles Perry, « Grain Cooking : Tales From the Bulgur Belt », Los Angeles Times,‎ (lire en ligne, consulté le 16 janvier 2020)
  3. Hélène Franconie, Couscous, boulgour et polenta : transformer et consommer les céréales dans le monde, KARTHALA Editions, (ISBN 9782811102852, lire en ligne)
  4. a b c et d Audrey Cyr, « boulghour », Site « passeportsante.net », (consulté le 5 décembre 2015).

Article connexe[modifier | modifier le code]

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